scholarly journals Jeunes adultes et vie précaire : la place grandissante des ressources intermédiaires

2002 ◽  
pp. 151-161
Author(s):  
Jean-François René
Keyword(s):  

RÉSUMÉ Se fondant sur un corpus d'une vingtaine de récits de vie déjeunes adultes québécois en situation de précarité socio-économique, cet article vise d'abord à montrer l'existence d'une certaine fragmentation dans la manière dont se constitue leur rapport avec les diverses ressources qui leur sont accessibles (formelles, intermédiaires, informelles). S'attardant plus particulièrement à trois figures de jeunes précaires, il fait également ressortir l'importance grandissante des ressources intermédiaires pour ces jeunes adultes. Une utilisation toutefois très variable, qui va du tremplin vers l'intégration à la gestion de la dépendance en passant, et ce pour un nombre croissant d'entre eux, par le seul espace de vie où il leur est possible de se faire « une place » autrement.

2016 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 129-148
Author(s):  
Anne-Marie Emard ◽  
Sophie Gilbert

L’arrivée d’un enfant dans la vie de parents consommant des drogues – des parents surreprésentés dans les cas de mauvais traitements rapportés aux instances de la protection de la jeunesse – peut être considérée comme un tremplin afin de se sortir de son mode de vie de consommation. Par contre, ce levier, à lui seul, est rarement suffisant pour soutenir un réel changement dans la trajectoire de ces jeunes, marquée par la progressive désinscription sociale et l’actuel risque d’intervention par les services de protection de l’enfance. À partir d’entretiens réalisés dans le cadre d’une recherche de plus grande envergure sur la parentalité chez les « jeunes adultes en difficulté », notre étude a pour objectif de mieux comprendre l’expérience de la parentalité jumelée à la consommation de drogue chez des jeunes vivant en contexte de précarité socioéconomique, en s’intéressant plus particulièrement à la manière dont ces parents investissent leur enfant et leur consommation de drogue. L’analyse par « catégories conceptualisantes » a été utilisée afin de soutenir une modélisation de la place de cet enfant et du rôle de la consommation de drogue dans le parcours de ces jeunes parents. En découlent de nouvelles pistes pour l’intervention auprès de cette clientèle présentant des défis majeurs pour les cliniciens.


2006 ◽  
Vol 81 (1-2) ◽  
pp. 47-74
Author(s):  
Robert J. Gordon

Résumé Après 50 ans de rattrapage du niveau de productivité des États-Unis, l’Europe accumule du retard depuis 1995. En effet, le taux de croissance de la production horaire n’atteignait, sur le Vieux Continent, que la moitié de celui des États-Unis en 1995-2003 et cet écart annuel a ramené le niveau de la productivité européenne de 94 % du niveau des États-Unis à seulement 85 %. Un cinquième du rattrapage européen (de 44 % à 94 %) effectué dans le demi-siècle précédent a été complètement perdu depuis 1995. Des études désagrégées portant sur les secteurs industriels laissent entendre que la principale différence entre l’Europe et les États-Unis se trouve dans les industries ayant recours aux technologies de l’information (TI), notamment le commerce de gros et de détail, de même que le courtage des valeurs mobilières. Le contraste dans la vente au détail attire l’attention sur les barrières réglementaires et l’aménagement du territoire en Europe empêchant le développement des grands magasins de détail du type de ceux qui ont rendu possible une bonne partie des gains de productivité aux États-Unis. Depuis des décennies, les États-Unis et l’Europe ont choisi des directions opposées en matière de politiques publiques ayant une incidence sur le développement urbain. Les États-Unis ont favorisé des zones métropolitaines à basse densité et fortement dispersées en construisant des autoroutes dans les villes et en étranglant le transport public, en accordant des réductions d’impôts à la propriété résidentielle et en permettant aux gouvernements locaux de maintenir une faible densité d’occupation avec l’imposition d’une taille minimale pour les lots résidentiels. Par contre, les Européens ont choisi des politiques tout autres, en encourageant l’occupation résidentielle de haute densité et les districts commerciaux au coeur des villes, tout en décourageant les installations nouvelles en zones suburbaines et « exurbaines », lesquelles conviennent si bien au développement des grands magasins actuels. La partie centrale de cet article s’inspire d’une récente publication de Phelps (2003) selon laquelle le dynamisme économique est d’une part stimulé par des politiques qui favorisent la concurrence et la souplesse du financement par capitaux propres et d’autre part étouffé par des institutions corporatistes, conçues pour protéger les producteurs en place et empêcher les nouveaux venus de se tailler une place. Certaines valeurs culturelles européennes découragent l’ambition et l’indépendance des adolescents et des jeunes adultes, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. Si la concurrence, le corporatisme et la culture peuvent contribuer à expliquer les divergences transatlantiques dans la croissance de la productivité, elles mettent aussi en lumière, dans les deux continents, des lacunes institutionnelles profondément ancrées et susceptibles de persister. La dernière section de l’article identifie les racines profondes du climat plus favorable à l’innovation aux États-Unis qu’en Europe, notamment le système ouvertement concurrentiel des universités privées et publiques, les subventions gouvernementales accordées aux universités sous la forme d’aide à la recherche en fonction d’une évaluation par les pairs plutôt que par l’entremise de bourses sans conditions libérant les étudiants du premier cycle des droits de scolarité, la prédominance mondiale des écoles de commerce et des sociétés de conseil en gestion des États-Unis, l’excellente protection des brevets, l’infrastructure financière flexible permettant de mobiliser du capital de risque à l’intention des innovations prometteuses, les avantages d’une langue commune, la migration intérieure sans entraves et enfin, un environnement accueillant pour les immigrés hautement qualifiés.


2007 ◽  
pp. 1-16
Author(s):  
Maxime Bélanger ◽  
Anne Quéniart
Keyword(s):  

Cet article porte sur le phénomène des jeunes adultes ayant terminé leurs études, occupant un emploi mais continuant à vivre chez leurs parents. Après avoir rappelé les principales orientations théoriques de cette recherche ainsi que la démarche méthodologique, l’article traite des motivations de ces jeunes à demeurer chez leurs parents et l’impact qu’a ce mode de vie sur leur définition de soi et sur la manière de se percevoir comme autonome ou non. Ensuite, les dernières parties sont consacrées aux principaux éléments qui favorisent le développement de l’individualisation de ces jeunes, c’est-à-dire leur capacité à se construire comme adulte autonome dans un rapport contraint par une certaine dépendance et par le respect de certaines normes parentales, mais également aux obstacles pouvant l’entraver.


2006 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 106-121
Author(s):  
Yves Lecomte
Keyword(s):  
De Se ◽  

Résumé L'expérience accumulée au cours des années auprès des psychotiques risque de se perdre dans la confusion si on ne prend pas soin d'y introduire des questions repères et d'y répondre au moins partiellement. Dans ce texte, nous nous poserons les questions suivantes en tentant de communiquer à travers elles notre expérience et les éléments de réponse que nous y avons puisées : 1. Quelle est la dynamique de la rencontre avec le psychotique en phase aiguë? Quelle réponse doit-on choisir parmi les trois qui sont possibles : l'enkystement, l'intégration ou l'accompagnement? 2. Quelles sont les étapes du processus d'équilibration chez un jeune schizophrène? 3. Existe-t-il un modèle d'accompagnement efficace? Nous terminerons cet article par quelques interrogations qui pourraient servir de pistes pour d'éventuelles recherches.


2007 ◽  
Vol 32 (1) ◽  
pp. 159-179 ◽  
Author(s):  
Emmanuel Stip ◽  
Juliette Sablier ◽  
Amir Ali Sephery ◽  
Stéphane Rivard ◽  
Chantal Cloutier ◽  
...  

Dans cette étude exploratoire, les auteurs examinent les différentes évaluations ergothérapiques et neuropsychologiques utilisées pour analyser qualitativement et quantitativement les déficits rencontrés par les patients schizophrènes. Les auteurs estiment qu’il est nécessaire d’explorer davantage leurs répercussions dans la réalisation des activités de la vie quotidienne (AVQ) et domestique (AVD) et ainsi, ont voulu vérifier si la distinction entre deux niveaux d’autonomie fonctionnelle pouvait se traduire en différences au plan cognitif et clinique chez (25) 23 patients inclus dans un programme pour jeunes adultes (schizophrenia spectrum DSM-IV criteria) à Montréal. Ces patients avaient l’opportunité, au sein du programme clinique, de se soumettre à des évaluations d’ordre neuropsychologique ainsi qu’à des évaluations offertes par le service d’ergothérapie grâce à un outil très fréquemment utilisé par les ergothérapeutes intitulé Assessment of Motor and Process Skills (AMPS). L’objectif de cet article est de conjuguer deux regards possibles, issus de deux disciplines différentes, sur une activité très courante pour les êtres humains, à savoir « faire la cuisine », chez des personnes souffrant de schizophrénie, dont le fonctionnement dans la vie quotidienne est perturbé.


2008 ◽  
Vol 192 (8) ◽  
pp. 1641-1656
Author(s):  
Jean-Paul Dommergues ◽  
Alexia Letierce ◽  
Olivier Bernard ◽  
Dominique Debray

Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document