scholarly journals Les conditions de travail au Québec

2014 ◽  
Vol 68 (4) ◽  
pp. 590-607 ◽  
Author(s):  
Élise Ledoux ◽  
Pierre-Sébastien Fournier ◽  
Danièle Champoux ◽  
Pascale Prud’homme ◽  
Marie Laberge ◽  
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Résumé Cet article présente les travaux d’une communauté de chercheurs du Réseau de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec (RRSSTQ), créée en 2006, laquelle s’intéresse aux questions d’âges et de rapports sociaux en milieux de travail, en lien avec les conditions de travail et la santé et la sécurité du travail. De disciplines diverses (ergonomie, sociologie, psychosociologie, communication, droit, éducation), cette communauté réalise des recherches à partir d’enquêtes et d’études de terrain s’appuyant sur une approche compréhensive des phénomènes. Cette problématique se situe dans un contexte social singulier marqué, entre autres, par la mondialisation des marchés, une introduction massive des nouvelles technologies, une transformation des formes d’emploi, ainsi qu’un vieillissement de la main-d’oeuvre dans les pays industrialisés. Ces transformations créent des conditions particulières de rétention et d’intégration de la main-d’oeuvre dans les milieux de travail. À partir des données de l’Enquête québécoise sur des conditions de travail, d’emploi et de santé et de sécurité du travail (EQCOTESST), réalisée en 2008, auprès d’un échantillon représentatif de 5 071 répondants, l’objectif de cette étude est de tracer un portrait des conditions de travail en fonction de l’âge des travailleurs au Québec. L’article propose l’interprétation de ce portrait à partir d’un cadre d’analyse s’appuyant sur une approche diachronique des dynamiques âge-travail-santé dans le but de mieux orienter les interventions en milieu de travail.

2006 ◽  
Vol 31 (3) ◽  
Author(s):  
Chang-de Liu

Abstract: Through in-depth interviews with Taiwanese newspaper workers, this paper illustrates the “de-skilling” effects of information and communication technologies (ICTs) on journalists. In recent years, Taiwanese reporters have experienced an increase in workload and an intensification of managerial control due to the introduction of new technologies in the newsroom. Using ICTs in the workplace consequently has harmed journalists’ working conditions and autonomy. Moreover, ICTs have led to a trivialization of reporting tasks and devaluation of reporters’ experience and knowledge. The degradation of reporting work resulting from the use of ICTs has enabled managers at Taiwanese newspapers to hire young employees to fill the jobs of experienced reporters and to reduce salary costs. Résumé : En se fondant sur des entretiens en profondeur menés avec les employés de quotidiens taiwanais, cet article illustre la déqualification de journalistes causée par les technologies de communication et de l’information (TCIs). Depuis quelques années, les reporters taiwanais ont subi une augmentation de leur charge de travail et du contrôle administratif exercé sur eux à la suite de l’introduction de nouvelles technologies dans les salles de nouvelles. Ainsi, les TCIs au travail ont porté atteinte aux conditions de travail et à l’autonomie des journalistes. En outre, les TCIs ont banalisé les tâches des reporters et ont dévalué leur expérience et leur savoir. La dégradation du travail journalistique résultant de l’introduction des TCIs a permis aux dirigeants des quotidiens taiwanais d’engager de jeunes employés à la place de reporters expérimentés et de réduire les salaires.


2007 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 117-138 ◽  
Author(s):  
Michel Vézina

RÉSUMÉ Dans les pays occidentaux, les problèmes de santé mentale sont en croissance et représentent l'une des principales causes de morbidité de la population, avec une prévalence annuelle qui varie de 15 à 25 %. Les conséquences de cette morbidité se font sentir de façon importante au chapitre de la capacité de travail des individus. Plusieurs éléments liés notamment à l'évolution de l'organisation et des conditions de travail au cours des dernières années incriminent le milieu de travail dans l'explication de l'origine de cette nouvelle « épidémie ». S'il y a une relative unanimité sur l'importance des problèmes de santé mentale au travail, il n'en va pas de même de la compréhension de l'origine de ces problèmes, et par voie de conséquence, des stratégies à mettre en oeuvre pour les contrer. De l'ensemble des recherches qui ont tenté d'expliquer ce phénomène, trois approches sont considérées de façon particulière : l'approche causaliste, l'approche cognitiviste et enfin, l'approche de la psychodynamique du travail. Même si l'approche cognitive permet de comprendre pourquoi certains facteurs de stress identifiés par l'approche eausaliste peuvent être pathogènes, elle apparaît un peu réductionniste en ramenant les problêmes de santé mentale au travail à l'échec des efforts d'adaptation des individus. Contrairement à l'interprétation cognitive et aux actions individuelles auxquelles nous conduit l'approche du stress, la psychodynamique du travail débouche sur un questionnement de l'intelligibilité de l'origine organisationnelle des problèmes de santé mentale au travail, en analysant l'interface dynamique et évolutive entre les objectifs que poursuivent l'individu, l'organisation et le groupe de travail.


2013 ◽  
Vol 54 (2-3) ◽  
pp. 439-459
Author(s):  
Sophie Fantoni-Quinton

Les pathologies mentales en milieu de travail recouvrent non seulement les troubles mentaux d’origine non professionnelle, mais également les nombreux cas de souffrances du fait du travail (dus à l’organisation et aux relations du travail). Concernant les souffrances dues au travail, le système juridique français a une double action. En amont, il impose à l’employeur d’améliorer dans un processus continu les conditions de travail de chacun des travailleurs pour prévenir une altération ou une détérioration de l’état de santé du salarié. En aval de la survenue d’une altération de la santé mentale des salariés, il existe, dans le droit français de l’(in)aptitude, des outils incitatifs, voire coercitifs, pour imposer à l’employeur l’adaptation du poste de travail d’un salarié en difficulté et son reclassement en cas d’inaptitude au poste antérieur ou de handicap avérés. Cependant, ce droit de l’(in)aptitude qui concerne chaque salarié recèle des limites inhérentes à la question même de la santé mentale au travail.


2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 99-105
Author(s):  
Viviane Portebois

Résumé Dans un souci de mieux comprendre la réalité quotidienne que vivent les jeunes praticiennes du social au plan de la vie professionnelle, cet article de nature exploratoire fait le bilan d'entrevues réalisées auprès de jeunes chercheures et de jeunes cliniciennes ayant accumulé moins de dix années de pratique. La synthèse de ces entrevues met notamment en relief l'incidence de la précarité des conditions de travail sur les aspirations professionnelles, le rapport au travail et sur les rapports intergénérationnels en milieu de travail.


2003 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 9-24 ◽  
Author(s):  
Serge Genest

Résumé Un, deux, trois... bistouri Technologie, symbolisme et rapports sociaux en salle d'opération L'étude comparative des systèmes médicaux a permis que se multiplient les recherches sur le système biomédical, surtout depuis le début des années 1980. C'est dans la foulée de tels travaux que se situe cette ethnographie des salles d'opération. Construits dans un univers technologique de plus en plus sophistiqué, les rapports de travail entre infirmières, anesthésistes et chirurgiens n'en sont pas moins le produit des multiples facettes des rapports sociaux et de leur dimension symbolique. L'auteur propose d'examiner comment la technologie structure les rapports de travail, dans quel sens les rapports sociaux de la société globale influencent ce qui se passe dans la salle d'opération et jusqu'à quel point les conditions de travail permettent de reproduire les rituels qui s'y déroulent.


2019 ◽  
Vol 73 (4) ◽  
pp. 840-877 ◽  
Author(s):  
Olivier Brolis ◽  
François-Xavier Devetter

Cet article vise, en s’appuyant surL’Enquête Conditions de travail(2013), à construire une typologie des professions relevant d’un statut « ouvrier » ou « employé » à partir du niveau et du type de qualité de l’emploi qu’elles induisent. Cette approche de la qualité d’emploi par les professions apparaît importante pour trois raisons complémentaires : d’abord, parce que la nature de la profession s’avère déterminante au-delà des caractéristiques des individus qui l’occupent pour expliquer les écarts en termes de qualité de l’emploi; ensuite, du fait de l’importance de la nature des professions dans la détermination des règles encadrant le travail; et, enfin, en raison du rôle joué par les politiques publiques dans le soutien de la qualité dans certaines professions.Dans un premier temps, nous élaborons un faisceau de 15 indicateurs mesurant les différentes dimensions de la qualité d’emploi en combinant des variables relatives à la relation d’emploi (rémunération notamment), au niveau d’attractivité non matériel des tâches à effectuer (comme le degré d’autonomie ou nouer des rapports sociaux de qualité) ou, encore, les conditions de travail (notamment les contraintes liées au travail ou aux pénibilités vécues par les salariés comme les pénibilités physiques).Dans un second temps, nous menons, sur la base de ces 15 indicateurs, une classification ascendante hiérarchique qui fait apparaître huit classes de professions. Les lignes de fracture qui les opposent, permettent ensuite d’établir une hiérarchisation partielle des professions en termes de qualité de l’emploi.Enfin, nous précisons la composition de ces classes (professions concernées et caractéristiques sociodémographiques des individus) et soulignons une concentration de certains types de travailleurs au sein des professions de bonne ou de mauvaise qualité.


2011 ◽  
pp. 53-77 ◽  
Author(s):  
René Laperrière

Les nouvelles technologies de l’information et des communications posent des problèmes sociaux inédits, particulièrement en ce qui concerne la protection de la vie privée des personnes. Elles donnent naissance à une société de surveillance généralisée et ajoutent aux moyens de contrôle social. En transformant le droit et sa pratique, elles peuvent contribuer à aggraver les inégalités devant la loi. La réglementation ne suffit pas à enrayer l’accumulation et la diffusion incontrôlées des renseignements : elle doit être complétée par des arrangements contractuels et des initiatives non juridiques faisant appel à la participation des décideurs et des citoyens, et conduisant à une redéfinition des rapports sociaux entre individus, corporations et État.


2005 ◽  
Vol 48 (5) ◽  
pp. 655-665 ◽  
Author(s):  
Jae-Sung Choi ◽  
Soochan Choi

Although migrant workers have emerged as a major force throughout Korean industry, they are often alienated by disadvantageous labor conditions as well as social discrimination as a whole. Social workers in the work-place can themselves utilize the micro and macro procedures of assisting troubled newcomers. French Bien que les travailleurs immigrés en soient venus à occuper une place prépondérante dans l'industrie coréenne, ceux-ci se trouvent souvent aliénés parce qu'on leur impose des conditions de travail désavantageuses et sont victimes de discrimination. Les travailleurs sociaux en milieu de travail peuvent s'impliquer personnellement à travers des procédures micro et macro afin de venir en aide à ces nouveaux venus en difficulté. Spanish Aunque los trabajadores migratorios en la industria coreana se han convertido en una fuerza importante, a menudo están alienados, son discriminados socialmente, y trabajan en condiciones laborales desventajosas. Los trabajadores sociales en los lugares de trabajo pueden utilizar procedimientos micro y macro para ayudar a los recién llegados en sus problemas.


Author(s):  
Catherine Beaudry ◽  
Mélanie Gagnon

Les employeurs se montrent de plus en plus préoccupés par le bien-être au travail du personnel pour diverses raisons. Les conséquences négatives associées au mal-être au travail alimentent cet intérêt pour la question, au nombre desquelles sont recensés l’absentéisme et le présentéisme, la diminution de la performance organisationnelle, une hausse des conflits en milieu de travail ainsi que de mauvaises relations avec la clientèle et une augmentation du taux de roulement. Or, avoir la volonté d’améliorer le bien-être au travail nécessite une réflexion profonde sur les sources de la souffrance au travail. Le présent article propose, sur la base de la littérature existante en la matière, de se doter d’un cadre conceptuel pour mieux cibler et comprendre ces sources de souffrance. Il s’efforce donc de mettre en évidence les facteurs organisationnels contribuant à la souffrance au travail. Bien que non exhaustives, les sources de souffrance variant en fonction des individus, l’analyse de quatre catégories de facteurs se veut féconde : l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations interpersonnelles et le déséquilibre entre les contributions et les rétributions. C’est en décelant les facteurs de souffrance en milieu de travail que les responsables des ressources humaines en organisation pourront déployer des pratiques de gestion favorisant le bien-être.


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