Cas clinique : Une jeune femme de 26 ans a été traitée par chimiothérapie puis chirurgie lourde et chimiothérapie adjuvante pour un sarcome d’Ewing des tissus mous envahissant l’aile iliaque droite. Elle a nécessité des opioïdes forts par voie intraveineuse pendant la période de traitement, et ceux-ci ont été poursuivis plusieurs mois après, avec des effets secondaires sévères, à type de syndrome de manque, de somnolence et d’impossibilité de réinvestir la vie quotidienne. Un relais par méthadone per os a permis une levée des effets secondaires très rapide, une réinsertion familiale et professionnelle et sevrage complet en quelques mois sans reprise des douleurs.
Discussion : Les opioïdes forts sont le traitement de référence de la douleur intense en oncologie, et le recours à la voie parentérale est justifié si le contrôle per os est insuffisant. Il est cependant impératif de revenir à une voie orale et de réduire progressivement les doses dès que l’étiologie de la douleur est contrôlée, au risque sinon d’induire des effets délétères potentiellement sévères, tant médicaux que psychosociaux.