scholarly journals Le partenaire invisible : les conditions de travail dans l’évaluation et l’intervention sociales

2005 ◽  
Vol 35 (3) ◽  
pp. 375-385
Author(s):  
Maurice Moreau ◽  
Michelle Desrosiers

Cet article soulève l'importance des caractéristiques personnelles et socio-démographiques sur la position de l'individu dans l'organisation et la division du travail, et du rôle que jouent les conditions de travail dans les problèmes sociaux. Les auteurs présentent, en seconde partie, quelques pistes d'intervention en milieu de travail, attirant l'attention sur le rôle que peut y jouer l'intervenant social.

2007 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 117-138 ◽  
Author(s):  
Michel Vézina

RÉSUMÉ Dans les pays occidentaux, les problèmes de santé mentale sont en croissance et représentent l'une des principales causes de morbidité de la population, avec une prévalence annuelle qui varie de 15 à 25 %. Les conséquences de cette morbidité se font sentir de façon importante au chapitre de la capacité de travail des individus. Plusieurs éléments liés notamment à l'évolution de l'organisation et des conditions de travail au cours des dernières années incriminent le milieu de travail dans l'explication de l'origine de cette nouvelle « épidémie ». S'il y a une relative unanimité sur l'importance des problèmes de santé mentale au travail, il n'en va pas de même de la compréhension de l'origine de ces problèmes, et par voie de conséquence, des stratégies à mettre en oeuvre pour les contrer. De l'ensemble des recherches qui ont tenté d'expliquer ce phénomène, trois approches sont considérées de façon particulière : l'approche causaliste, l'approche cognitiviste et enfin, l'approche de la psychodynamique du travail. Même si l'approche cognitive permet de comprendre pourquoi certains facteurs de stress identifiés par l'approche eausaliste peuvent être pathogènes, elle apparaît un peu réductionniste en ramenant les problêmes de santé mentale au travail à l'échec des efforts d'adaptation des individus. Contrairement à l'interprétation cognitive et aux actions individuelles auxquelles nous conduit l'approche du stress, la psychodynamique du travail débouche sur un questionnement de l'intelligibilité de l'origine organisationnelle des problèmes de santé mentale au travail, en analysant l'interface dynamique et évolutive entre les objectifs que poursuivent l'individu, l'organisation et le groupe de travail.


2013 ◽  
Vol 54 (2-3) ◽  
pp. 439-459
Author(s):  
Sophie Fantoni-Quinton

Les pathologies mentales en milieu de travail recouvrent non seulement les troubles mentaux d’origine non professionnelle, mais également les nombreux cas de souffrances du fait du travail (dus à l’organisation et aux relations du travail). Concernant les souffrances dues au travail, le système juridique français a une double action. En amont, il impose à l’employeur d’améliorer dans un processus continu les conditions de travail de chacun des travailleurs pour prévenir une altération ou une détérioration de l’état de santé du salarié. En aval de la survenue d’une altération de la santé mentale des salariés, il existe, dans le droit français de l’(in)aptitude, des outils incitatifs, voire coercitifs, pour imposer à l’employeur l’adaptation du poste de travail d’un salarié en difficulté et son reclassement en cas d’inaptitude au poste antérieur ou de handicap avérés. Cependant, ce droit de l’(in)aptitude qui concerne chaque salarié recèle des limites inhérentes à la question même de la santé mentale au travail.


2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 99-105
Author(s):  
Viviane Portebois

Résumé Dans un souci de mieux comprendre la réalité quotidienne que vivent les jeunes praticiennes du social au plan de la vie professionnelle, cet article de nature exploratoire fait le bilan d'entrevues réalisées auprès de jeunes chercheures et de jeunes cliniciennes ayant accumulé moins de dix années de pratique. La synthèse de ces entrevues met notamment en relief l'incidence de la précarité des conditions de travail sur les aspirations professionnelles, le rapport au travail et sur les rapports intergénérationnels en milieu de travail.


2014 ◽  
Vol 68 (4) ◽  
pp. 590-607 ◽  
Author(s):  
Élise Ledoux ◽  
Pierre-Sébastien Fournier ◽  
Danièle Champoux ◽  
Pascale Prud’homme ◽  
Marie Laberge ◽  
...  

Résumé Cet article présente les travaux d’une communauté de chercheurs du Réseau de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec (RRSSTQ), créée en 2006, laquelle s’intéresse aux questions d’âges et de rapports sociaux en milieux de travail, en lien avec les conditions de travail et la santé et la sécurité du travail. De disciplines diverses (ergonomie, sociologie, psychosociologie, communication, droit, éducation), cette communauté réalise des recherches à partir d’enquêtes et d’études de terrain s’appuyant sur une approche compréhensive des phénomènes. Cette problématique se situe dans un contexte social singulier marqué, entre autres, par la mondialisation des marchés, une introduction massive des nouvelles technologies, une transformation des formes d’emploi, ainsi qu’un vieillissement de la main-d’oeuvre dans les pays industrialisés. Ces transformations créent des conditions particulières de rétention et d’intégration de la main-d’oeuvre dans les milieux de travail. À partir des données de l’Enquête québécoise sur des conditions de travail, d’emploi et de santé et de sécurité du travail (EQCOTESST), réalisée en 2008, auprès d’un échantillon représentatif de 5 071 répondants, l’objectif de cette étude est de tracer un portrait des conditions de travail en fonction de l’âge des travailleurs au Québec. L’article propose l’interprétation de ce portrait à partir d’un cadre d’analyse s’appuyant sur une approche diachronique des dynamiques âge-travail-santé dans le but de mieux orienter les interventions en milieu de travail.


2005 ◽  
Vol 48 (5) ◽  
pp. 655-665 ◽  
Author(s):  
Jae-Sung Choi ◽  
Soochan Choi

Although migrant workers have emerged as a major force throughout Korean industry, they are often alienated by disadvantageous labor conditions as well as social discrimination as a whole. Social workers in the work-place can themselves utilize the micro and macro procedures of assisting troubled newcomers. French Bien que les travailleurs immigrés en soient venus à occuper une place prépondérante dans l'industrie coréenne, ceux-ci se trouvent souvent aliénés parce qu'on leur impose des conditions de travail désavantageuses et sont victimes de discrimination. Les travailleurs sociaux en milieu de travail peuvent s'impliquer personnellement à travers des procédures micro et macro afin de venir en aide à ces nouveaux venus en difficulté. Spanish Aunque los trabajadores migratorios en la industria coreana se han convertido en una fuerza importante, a menudo están alienados, son discriminados socialmente, y trabajan en condiciones laborales desventajosas. Los trabajadores sociales en los lugares de trabajo pueden utilizar procedimientos micro y macro para ayudar a los recién llegados en sus problemas.


Author(s):  
Catherine Beaudry ◽  
Mélanie Gagnon

Les employeurs se montrent de plus en plus préoccupés par le bien-être au travail du personnel pour diverses raisons. Les conséquences négatives associées au mal-être au travail alimentent cet intérêt pour la question, au nombre desquelles sont recensés l’absentéisme et le présentéisme, la diminution de la performance organisationnelle, une hausse des conflits en milieu de travail ainsi que de mauvaises relations avec la clientèle et une augmentation du taux de roulement. Or, avoir la volonté d’améliorer le bien-être au travail nécessite une réflexion profonde sur les sources de la souffrance au travail. Le présent article propose, sur la base de la littérature existante en la matière, de se doter d’un cadre conceptuel pour mieux cibler et comprendre ces sources de souffrance. Il s’efforce donc de mettre en évidence les facteurs organisationnels contribuant à la souffrance au travail. Bien que non exhaustives, les sources de souffrance variant en fonction des individus, l’analyse de quatre catégories de facteurs se veut féconde : l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations interpersonnelles et le déséquilibre entre les contributions et les rétributions. C’est en décelant les facteurs de souffrance en milieu de travail que les responsables des ressources humaines en organisation pourront déployer des pratiques de gestion favorisant le bien-être.


2005 ◽  
Vol 3 (1-2) ◽  
pp. 168-170
Author(s):  
Clément Cormier

Le titre même de cette communication indique dès le départ deux lacunes majeures des recherches sociologiques sur le Canada français. Il est en effet bien symbolique que l'on doive traiter comme un même sujet les études sur les milieux de travail et l'analyse de la stratification sociale. Ceci indique combien nous avons encore peu développé ces deux domaines de recherche. Nous croyons pourtant qu'une connaissance plus précise de la division de notre société en classes et en strates sociales apporterait l'armature centrale à presque toutes nos recherches sociographiques. Il est frappant de constater, en parcourant notre littérature sociologique, combien nos chercheurs déplorent souvent cette lacune. L'appartenance à une strate ou à une classe sociale constitue en effet une des variables les plus communément utilisées en recherche sociologique. Le fait que l'on ne puisse s'appuyer sur un ensemble de travaux dans ce domaine impose donc toujours de sérieuses limitations à nos recherches. De même, dans une société industrielle et technologique qui vient tout juste de succéder à une société de type agricole et artisanal, les milieux de travail sont des objets d'étude privilégiés pour le sociologue. L'évolution globale des occupations, les transformations des conditions de travail dans un grand nombre d'emplois, l'adaptation à de nouveaux modes et à de nouveaux milieux de travail, la mobilité professionnelle, voilà autant de problèmes qui se présentent dans l'usine, dans l'entreprise commerciale, dans le bureau, dans l'école ou l'université, etc. C'est dans ces cadres en évolution que se façonne une partie de la culture et de la mentalité de la population. Les traditions marxistes et durkheimienne à la fois nous ont appris à ne pas minimiser — sinon à privilégier — l'impact de l'infrastructure de la division du travail sur l'ensemble socio-culturel. C'est donc sous le signe de cette double lacune que se situe le présent exposé. Ceci n'est cependant pas dit pour diminuer l'importance des travaux déjà faits. Les jalons posés prennent au contraire une plus grande valeur du fait qu'ils indiquent une première orientation pour les recherches que l'on peut espérer dans un avenir prochain. En analysant ces travaux, il m'a semblé qu'on pouvait les regrouper sous trois thèmes principaux : l'évolution historique de la structure occupationnelle, la répartition des groupes ethniques dans les différentes catégories d'emplois et les études de stratification et de mobilité sociales. Ce sont ces trois thèmes que je me propose de présenter successivement.


Author(s):  
Clémentine Gozlan

Cet article montre que le développement de nouveaux dispositifs pour favoriser l’intégration professionnelle des doctorants s’inscrit dans des conditions politiques, institutionnelles et scientifiques. Nous abordons l’évolution du rôle et de la place du doctorant « de biais », telle qu’elle se donne à lire dans les discours et les réformes menées par les acteurs qui orientent les politiques scientifiques depuis les années 1990 en France. La diversité des situations des doctorants en sciences humaines et sociales en France nous invite à appréhender leurs conditions de travail et leurs orientations professionnelles comme tributaires de facteurs sociaux – tels que l’ouverture de leur discipline au marché et à la société civile, le degré de division du travail et les modes de production du savoir dominant, dont la forme et l’importance varient selon les disciplines. Le sort hétérogène des doctorants peut alors être considéré comme un révélateur de l’organisation du travail scientifique en France.  


Author(s):  
Sheila M. Neysmith ◽  
Barbara Nichols

RÉSUMÉCette étude porte sur les similitudes et les différences entre les méthodes de soins utilisées par trois groupes de prestateurs de soins, soit les proches parents, les femmes au foyer et les bénévoles. Dans le contexte des conditions de travail, des questions ayant trait au milieu de travail, à l'isolement, à la communication, aux réactions, à l'autonomie, à la motivation et au choix font l'objet d'une comparaison au sein de ces trois groupes. Même si les capacités fonctionnelles des personnes âgées bénéficiant des soins étaient semblables, les circonstances touchant la prestation de soins variaient beaucoup. L'étude démontre que le contexte au sein duquel les soins sont prodigués représente un élément clé dans le cadre de discussions futures en matière d'établissement de politiques. Elle suggère que les tâches particulières relatives à la prestation de soins ne sont qu'un élément secondaire servant à comprendre le contexte dans lequel chaque prestateur de soins accomplit son travail.


2005 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 271-280 ◽  
Author(s):  
Denise Couture

À partir d'entrevues faites en 1974 auprès de vingt et un omnipraticiens dans huit C.L.S.C. du Québec, on étudie la façon dont ces médecins conçoivent la répartition des tâches à accomplir dans cette organisation. On s'interroge sur la pertinence de cette division en trois secteurs (médical, social, action communautaire) que l'on retrouve dans la plupart des C.L.S.C. On note que le fait que le personnel des autres secteurs ait été, dans certains cas, engagé avant le médecin, rend souvent plus difficile son adaptation à ce nouveau milieu de travail. À l'intérieur du secteur médical même, deux principes, entre autres, semblent gouverner la répartition des tâches entre médecins: pouvoir établir sa «clientèle» en quelque sorte et acquérir le plus d'expérience clinique possible. Le salariat est relié à une haute fréquence d'échanges entre médecins alors que la rémunération à l'acte ne l'est pas. Les rapports médecin-infirmière sont aussi influencés par la variable mode de rémunération. Dans les C.L.S.C. où les médecins sont à salaire et à contrat, on assiste à une sorte d'éclatement du rôle de l'infirmière. Enfin, au cours de l'étude des échanges entre omnipraticiens de C.L.S.C. et spécialistes souvent rattachés aux hôpitaux, on s'interroge sur la capacité de cette organisation qu'est le C.L.S.C. à fournir au médecin omnipraticien une niche prestigieuse qui puisse rivaliser avec l'hôpital, à ses yeux.


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