scholarly journals Utilisation de l'hydrochimie d'un bassin versant de lac collinaire tunisien pour l'étude de la recharge de la nappe alluviale

2005 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 245-263
Author(s):  
J. P. Montoroi ◽  
O. Grünberger ◽  
S. Nasri

En climat méditerranéen, les ressources en eau des bassins sédimentaires sont rares. Pour limiter les écoulement de surface et recharger les nappes souterraines, des lacs collinaires ont été construits sous une pluviométrie annuelle comprise entre 250 et 500 mm. Des échantillons d'eau ont été prélevés dans le bassin versant d'El Gouazine, situé en Tunisie centrale, pour mieux expliciter le fonctionnement hydrochimique et la recharge de la nappe phréatique d'un lac collinaire très filtrant. Les eaux ont été échantillonnées à deux périodes distinctes (retenue presque asséchée et retenue pleine), en amont de la retenue dans le bassin versant et en aval dans l'aquifère alluvial. Trois faciès chimiques (bicarbonaté calcique, chloruré sodique et sulfaté calcique) caractérisent les eaux de nappe, l'eau de la retenue étant sulfatée calcique. La roche-mère et la nappe phréatique sont chimiquement très dépendantes. Les isotopes stables de l'eau montre que la nappe amont est peu profonde et d'origine météorique. L'eau de la retenue se mélange avec les eaux souterraines en conservant un caractère météorique en période d'écoulement et en acquérant un caractère évaporé en période d'assèchement. La nappe alluviale aval est alimentée par les eaux mélangées de la retenue. L'altération d'un affleurement gréseux forme un aquifère en rive gauche du lac expliquant en partie les pertes par infiltration. Les principaux processus géochimiques, qui se produisent au cours de l'écoulement de la nappe dans les formations superficielles, permettent une compréhension partielle du fonctionnement hydrochimique de la retenue et de son bassin versant.

2019 ◽  
pp. 65-71
Author(s):  
K. Semari ◽  
L. Benayada

Le bassin versant de la Macta est situé au nord-ouest de l’Algérie, il s’étend sur une superficie de 14 389 km2 avec une population de 1 231 824 habitants en 1998 et de 1 724 905 habitants en 2008. Il est caractérisé par un climat semi-aride, les valeurs de pluies moyennes annuelles varient entre 200 et 404 mm durant la période 1980-2011, avec une moyenne de 285 mm. On a déterminé deux périodes distinctes : une période sèche (1981-1995), caractérisée par une tendance à la diminution des précipitations, et une période humide (1996-2011), caractérisée par une tendance à l’augmentation des précipitations. Toutefois, cette augmentation n’a pas un grand effet sur les quantités d’eau écoulées à travers les cours d’eau principaux (oued El Hammam et oued Mekerra), l’écoulement est donc déficitaire. La diminution des potentialités en eaux souterraines et superficielles conduit à une situation hydrique déficitaire pour le bassin versant de la Macta. En effet, les besoins sans cesse croissants en eau, pour tous les secteurs, dépassent les ressources en eau disponibles. Le but de ce travail est d’examiner les causes et les facteurs aggravants du manque d’eau et de proposer des solutions. Afin de réduire les pénuries d’eau, il faut agir sur la demande en eau par la mise en place des programmes de sensibilisation et de tarification des ressources en eau et par la lutte contre les fuites dans les canalisations et le gaspillage de l’eau.


2019 ◽  
Vol 31 (4) ◽  
pp. 401-414
Author(s):  
Namira El Amrani Paaza ◽  
Marie Larocque ◽  
José Benavente Herrera

La région de Settat a connu durant ces deux dernières décennies une croissance démographique importante et un essor économique majeur par l’implantation d’une zone industrielle. En plus, cette région est connue par son caractère agricole, surtout en cultures céréalières (grenier du Maroc). Cette croissance a été accompagnée par une augmentation des débits des effluents liquides urbains et industriels qui sont directement évacués dans l’oued Boumoussa considéré comme égout à ciel ouvert et qui ont induit une détérioration de la qualité de ces eaux. Tout cela a eu un impact sur l’aquifère de Settat du point de vue hydrodynamique et de qualité des eaux souterraines. Pour pallier à cette problématique, une étude pluridisciplinaire a été menée au moyen de l’analyse physicochimique et de l’analyse des isotopes stables de l’eau. Les études antérieures et les analyses présentées ici révèlent une pollution chimique des eaux de la nappe par les écoulements superficiels de l'oued Boumoussa. Les résultats montrent la présence d’un phénomène d’évaporation de l’eau souterraine ainsi que la présence d'un recyclage des eaux d’irrigation qui se mêlent à la recharge naturelle (précipitation) pour alimenter l'aquifère de Settat. Les résultats ont permis de proposer, sur la base des données physicochimiques et isotopiques, un modèle conceptuel de circulation des eaux au niveau de l’aquifère plioquaternaire de Settat pour une meilleure gestion de la ressource en eau.


2011 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 71-96 ◽  
Author(s):  
Jean Ghislain Tabué Youmbi ◽  
Dénis Ntamack ◽  
Roger Feumba ◽  
Emmanuel Ngnikam ◽  
Joseph Wéthé ◽  
...  

La présente étude traite de la vulnérabilité des nappes phréatiques et de la proposition d’un périmètre de protection dans le bassin versant de la Mingoa, menacées par les foyers de pollution notamment les latrines traditionnelles représentant 83 % des ouvrages d’assainissement individuel. Ces nappes phréatiques sont fortement sollicitées par près de 63 % des ménages non raccordés au réseau SNEC1 (LESEAU2, 2004). Le coefficient d’occupation des sols est de 90 %. La méthode repose sur les enquêtes, les observations directes et les analyses en laboratoire. Les résultats indiquent que l’épuration totale en zone non saturée selon la méthode Rehse est effectuée à plus de 3 mètres, les eaux souterraines sont de mauvaise qualité microbiologique. Deux zones de protection sont définies en tenant compte du contexte sociodémographique, pédologique et environnemental.


2016 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 149-166 ◽  
Author(s):  
André Firmin Bon ◽  
Jules Rémy Ndam Ngoupayou ◽  
Guillaume Ewodo Mboudou ◽  
Georges Emmanuel Ekodeck

Les eaux souterraines du socle altéré et fissurédu bassin de l’Olézoa, dans le centre-sud du Cameroun,assurent l'alimentation en eau d’une partie importante despopulations environnantes. Cependant, les caractéristiqueshydrogéologiques de ces aquifères de socle restent malconnues. La présente étude constitue une premièreapproche pour caractériser et mieux appréhender lastructure et le fonctionnement de ces aquifères de socle. Elleest fondée sur la description des profils pédologiques,des investigations structurales, le suivi de l’hydrométrieet de la piézométrie. Les résultatspréliminaires montrent que le profil d’altérationest de type polyphasé similaire à ceux des autresformations granito-gneissiques du monde soumises aux cyclesd’altération et d’érosion. On est enprésence d’une altération ancienne (10 à 20m d’épaisseur) issue du démantèlement dessystèmes latéritiques et d’une altérationrécente (2 à 3 m d’épaisseur)développée sur substratum sain. Le profil présenteen outre des microreliefs d’altération dont ladistribution spatiale peut influencer très localement ladynamique des écoulements. Cette dynamique est similaireà ce qui est généralement observé au seindes formations de socle, sous-climat tropical humide. Lescaractéristiques hydrométriques etpiézométriques indiquent que l’aquifèreprésente, par endroits, des zones fortementhétérogènes. La structuration tectonique anciennecontrôle l’orientation du réseau hydrographique.Ainsi, le modelé du paysage, qui est façonné parle réseau hydrographique, est à l’origine desécoulements souterrains d’amont en aval conforme auxgrandes lignes de la topographie. La distribution de cesécoulements montre l’influence possible despropriétés physiques et hydrauliques des terrains enamont du puits sur les systèmes d’écoulementssouterrains. Cette étude contribue à la connaissance dela structure et du fonctionnement hydrodynamique des aquifèresdu socle. Elle montre des liens structurels avec les autresaquifères décrits dans le monde et desspécificités régionales qui influencentl’hydrodynamisme du socle altéré et fissuré.


2005 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 185-198 ◽  
Author(s):  
A. Dupuy ◽  
R. Moumtaz ◽  
O. Banton

L'usage quasi systématique de fertilisants sur de grandes surfaces a conduit la majorité des aquifères superficiels à un grave niveau de contamination par les nitrates. Des essais de gestion environnementale de cette problématique agricole sont conduits à l'échelle du bassin versant afin d'estimer les flux de nitrates percolant vers la nappe. La présente étude reprend les résultats issus de la modélisation d'un bassin versant dans le but d'appréhender l'évolution de la concentration en nitrates dans les eaux de la nappe. L'importance des conditions hydrogéologiques dans les relations entre zones non saturée et saturée a été mise en évidence par la comparaison des concentrations calculées dans la zone non saturée et observées dans la nappe. En règle générale, les concentrations sont très semblables pour les zones proches des limites amont du bassin, et se différencient de plus en plus vers l'aval du système. Une dilution semble se produire entre les flux percolant des différentes zones non saturées et les flux d'eau et de nitrates s'écoulant dans l'aquifère. Afin de tester cette hypothèse, un modèle de dilution basé sur les flux d'eau et de nitrates dans les zones non saturée et saturée est développé. Appliqué sur l'axe d'écoulement principal du système, le modèle de dilution permet de reproduire adéquatement les concentrations observées dans la nappe à partir de celles calculées dans le sol avec une erreur maximale variant de 1 à 22%. Le couplage d'un modèle environnemental pour la zone racinaire du sol avec un modèle de dilution simple peut permettre le calcul des concentrations en nitrates dans la zone saturée. Toutefois, la prise en compte des conditions hydrogéologiques du système est nécessaire à un calcul de dilution efficace basé sur les valeurs des flux de percolation.


2005 ◽  
Vol 10 (1) ◽  
pp. 23-40 ◽  
Author(s):  
A. Dupuy ◽  
O. Banton ◽  
M. Razack

Au cours des dernières décennies, la hausse de la productivité agricole s'est accompagnée d'une forte augmentation des fertilisations azotées qui a entraîné l'augmentation des concentrations en nitrates dans les eaux souterraines. Récemment, les études sur la gestion des pollutions diffuses agricoles ont intégré l'échelle du bassin versant hydrologique. Dans cet article, une approche basée sur un découpage en secteurs pédologiquement et agronomiquement homogènes a été élaborée pour permettre l'utilisation d'un modèle d'évaluation (AgriFlux), et obtenir les flux d'eau et de nitrates sortant de la zone racinaire sur l'ensemble d'un bassin. La modélisation du bassin de La Jannerie a porté sur une période de quatre ans impliquant 19 zones de simulation. L'influence du cycle végétatif des cultures et leur nature sur l'évolution des flux de nitrates a été mise en évidence par des simulations préliminaires, de même que l'influence du type de sol. L'évolution des concentrations moyennes saisonnières en nitrates sortant de la zone racinaire montre que les fertilisations minérales ne sont pas les seules sources importantes de nitrates dans les sols. Les pratiques culturales, comme le retournement des prairies, l'enfouissement des résidus de récoltes ou l'assolement, ont une forte influence sur la dynamique spatiale et temporelle des flux de nitrates percolant vers la nappe.


2009 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 1-13 ◽  
Author(s):  
Abourida Aahd ◽  
Vincent Simonneaux ◽  
Errouane Sadik ◽  
Berjami Brahim ◽  
Sghir Fathallah

Résumé L’agriculture irriguée est une des composantes essentielles du développement économique du Haouz avec le tourisme et l’artisanat. Elle représente plus de 85 % de la consommation en eau du bassin versant du Tensift. L’aridité climatique qui règne dans la région, ainsi que les périodes de sécheresse récurrentes depuis une dizaine d’années, induisent une mobilisation de plus en plus importante des eaux souterraines et de surface, avec un recours croissant à l’irrigation. L’objectif principal de cette étude est la détermination des volumes d’eau pompés à partir de la nappe phréatique, dont l’essentiel est destiné à l’irrigation. Pour ce faire, nous avons établi une carte d’occupation du sol par classification de trois images Landsat TM acquises à trois dates différentes. Cette carte nous a permis de localiser les différentes cultures irriguées et d’estimer les consommations totales à partir des besoins en eau standard des cultures (méthode FAO). En comparant ces chiffres avec les volumes d’eau de surface attribués par l’organisme en charge de la gestion de l’irrigation à partir d’eau de surface au niveau de la plaine (ORMVAH - Office Régionale de Mise en Valeur Agricole du Haouz), nous avons pu estimer le volume d’eau moyen pompé pour l’irrigation à 481 Mm3, valeur comprise dans l’intervalle (271; 691) Mm3•an‑1 associé aux incertitudes sur l’estimation des consommations des cultures. Par ailleurs, l’interpolation graphique entre les débits réels estimés lors de l’enquête de terrain 1986 et 1971 et les autorisations de débits attribués par l’agence de bassin au niveau de la zone fournit une estimation des pompages effectifs d’environ 495 Mm3•an‑1.


2005 ◽  
Vol 15 (2) ◽  
pp. 459-492 ◽  
Author(s):  
N. Aghzar ◽  
H. Berdai ◽  
A. Bellouti ◽  
B. Soudi

Dans les périmètres irrigués du Maroc, la pollution nitrique diffuse des eaux souterraines augmente le risque de détérioration de la qualité des ressources hydriques et engendre un risque sanitaire pour la population rurale s'approvisionnant le plus souvent directement de l'aquifère. La présente étude, réalisée dans le périmètre du Tadla (3600 km2), située au centre du Maroc, vise à faire l'état des lieux de la contamination des eaux souterraines par les nitrates et à identifier les causes potentielles de cette pollution. Le suivi de la concentration des eaux souterraines en nitrates a été réalisé durant la période août 1996 - avril 1998 dans un réseau de cent puits. Les paramètres du milieu physique et des pratiques culturales ont été déterminés soit par des mesures au champs, des analyses au laboratoire ou par enquête auprès des agriculteurs dans un réseau de 40 sites. Les résultats sont présentés sous forme de cartes thématiques par le SIG. Le niveau actuel de la pollution nitrique des eaux souterraines dans le périmètre irrigué du Tadla commence à devenir critique. De part la pollution ponctuelle mise en évidence aux alentours de quelques agglomérations urbaines et à l'aval des sucreries, les zones dont les teneurs en nitrates des eaux souterraines dépassent 50 mg NO3- /l sont localisées en aval des Béni Amir et en aval et à l'Est des Béni Moussa Est. Béni Moussa Ouest reste en général moins polluée que Béni Moussa Est. Les apports excessifs en eau et en engrais azotés pour les cultures pratiquées (blé, betterave, cultures maraîchères, arboriculture et luzerne), sont les causes directes de la pollution diffuse. Par ailleurs, il est certain que la texture du sol (argileuse, argilo-limoneuse et limono-argileuse), la teneur en argile (29% à 55%) et tous les paramètres qui leurs sont corrélés notamment la réserve utile du sol, réduisent le risque de lixiviation des nitrates en profondeur et assurent en conséquence un contrôle naturel de la pollution nitrique des eaux souterraines. Néanmoins, tous les autres facteurs étudiés notamment le niveau des nappes faible par rapport au sol (<4m-12m), la vitesse d'infiltration du sol en milieu saturé généralement élevée (20-450 mm/h), les teneurs assez importantes du sol en matière organique (1.5%-3.5%) et en azote total (0.10%-0.15%), joueraient positivement sur la vulnérabilité de la nappe à cette pollution. De même, le pouvoir de minéralisation élevé des sols couplé aux conditions écologiques favorables à une minéralisation intense de la matière organique native du sol, assez caractéristique des régions irriguées à climat méditerranéen, seraient en partie responsable de cette pollution. Néanmoins, Aucune corrélation n'a été mise en évidence entre la teneur en nitrate des eaux souterraines et les combinaisons linéaires des variables du milieu physique. Ceci serait dû à l'homogénéité du milieu physique et à l'accumulation de la pollution suivant le sens d'écoulement des nappes de l'amont vers l'aval hydraulique. Vu le niveau d'intensification agricole que connaît cette région, la situation risquerait de s'aggraver rapidement induisant, en dehors de toute mesure de prévention, la détérioration de la qualité des eaux souterraines dans cette région.


2010 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 289-301 ◽  
Author(s):  
Nassima Belli ◽  
Lahouel Mesbah ◽  
Samira Chebab ◽  
Mustafa Tekouk ◽  
Essaid Leghouchi

L’évaluation globale des résultats d’analyses physico-chimiques de certaines sources d’eaux d’alimentation, situées dans le bassin versant de l’oued Nil dans la ville de Jijel, met en évidence un profil de concentration du plomb et du cadmium qui dépasse de loin les normes requises. Dans l’objectif d’étudier les effets sous-jacents de la concentration la plus élevée détectée de ces deux métaux sur les biomarqueurs du stress oxydant, quatre lots de rats mâles adultes ont été exposés, via l’eau de boisson, à des concentrations ×0, ×1, ×10 et ×100 les concentrations environnementales du plomb et du cadmium, détectées dans les échantillons de l’eau analysée, pendant quatre semaines. L’évaluation toxicologique a montré une réponse biochimique caractérisée par une augmentation hautement significative des taux cytosoliques et mitochondriaux de la superoxyde dismutase chez les rats exposés aux concentrations ×10 et ×100 du mélange plomb-cadmium par rapport aux rats exposés à la concentration ×0. Les résultats de notre étude indiquent une diminution très significative de l’activité de la catalase dans les cytosols et les mitochondries pour le niveau d’exposition ×1 et hautement significative pour les niveaux d’exposition ×10 et ×100. La diminution du glutathion réduit dans les cytosols pour les niveaux d’exposition ×10 et ×100 traduit l’altération des mécanismes des défenses non enzymatiques. Une atteinte très sévère des membranes biologiques dans les mitochondries et les cytosols est objectivée par une augmentation des taux du malondialdéhyde pour tous les niveaux d’exposition de ×1 à ×100.


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