scholarly journals La loi de position ou de l’explication en phonologie historique

2009 ◽  
Vol 15 (2) ◽  
pp. 199-231 ◽  
Author(s):  
Yves-Charles Morin

Résumé On attribue un grand nombre des changements historiques ayant affecté le timbre des voyelles en français à l’effet de la loi de position, qui dans une de ses formulations, dit que les voyelles ont tendance à s’ouvrir en syllabe fermée et à se fermer en syllabe ouverte. Nous examinons ici différentes interprétations de cette loi (formulation, portée, progression dans le temps, valeur descriptive et explicative), et montrons que celle-ci ne constitue qu’un schéma vague, souvent incorrect et sans vraie valeur explicative. Nous proposons au contraire que les changements décrits par la loi de position s’expliquent essentiellement en fonction de la durée vocalique, et en particulier que les voyelles longues tendent à se fermer et les voyelles brèves à s’ouvrir.

2009 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 207-228 ◽  
Author(s):  
LAURENT PRÉVOT ◽  
LAURE VIEU ◽  
NICHOLAS ASHER

ABSTRACTLes théories cherchant à capturer la cohérence discursive (Mann & Thompson, 1987; Asher & Lascarides, 2003) offrent des cadres théoriques stimulants pour analyser de nombreux phénomènes discursifs. Ils peinent parfois cependant à fournir des définitions de relations combinant précision et robustesse pour des travaux d'annotation à grande échelle permettant, par exemple, de constituer des corpus annotés en relations discursives. Le cas des relations d'Élaboration et d'Arrière-plan constitue une parfaite illustration de ce problème. La plupart des théories discursives les incluent, parfois sous des noms différents, et l'on pourrait penser que leur définition et la manière de les reconnaître est maintenant établie. Cependant, en dépit du fait que ce sont les relations les plus courantes dans les corpus, c'est à leur sujet que les annotateurs ont le plus de problèmes. Elles sont souvent prises l'une pour l'autre. Dans cet article nous examinons la source de ces problèmes et nous proposons une solution basée sur la distinction d'une relation d'Élaboration d'entité, que nous formalisons en SDRT.


2009 ◽  
Vol 41 (1) ◽  
pp. 239-261 ◽  
Author(s):  
Henri Eckert

Résumé La raison généralement avancée pour rendre compte du fait que les jeunes Québécois occupent de plus en plus souvent des emplois salariés durant leurs études prend appui, au-delà des circonstances économiques qui ont favorisé cette évolution, sur leur désir d’autonomie financière. L’explication sociologique d’un phénomène aussi massif peut-elle pourtant se satisfaire de l’invocation de ce seul motif ? Pour en décider, nous proposons d’examiner d’abord l’évolution du phénomène et d’en souligner la généralité. Dans un second temps, nous examinons les raisons évoquées par les jeunes eux-mêmes pour travailler pendant leurs études et le poids du motif de l’autonomie financière parmi elles. Dans un troisième temps, nous examinons les interprétations possibles de ces raisons et les enjeux sociaux plus globaux du cumul études-emploi. Au terme de ce parcours, l’explication sociologique du phénomène nous paraît devoir prendre en compte la question de l’intégration sociale des jeunes et les transformations des modes de socialisation de la jeunesse actuelle. Plus qu’à la seule recherche d’autonomie financière, le cumul études-emploi renverrait ainsi à une nouvelle conception de la jeunesse.


2013 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 101-110 ◽  
Author(s):  
Jacques Joly ◽  
Marc Tourigny ◽  
Marielle Thibaudeau

Un très grand nombre de programmes de prévention ou d’intervention, qui ont fait l’objet d’expérimentation ou non et dont l’efficacité a été évaluée ou non, sont implantés régulièrement en milieu scolaire. Malheureusement, il semble que ces programmes soient souvent implantés de manière non fidèle aux programmes conçus pour être efficaces. Or l’application non fidèle d’un programme peut affecter sérieusement son efficacité et l’évaluation de ses effets. Dans le cadre de cet article, nous présentons le concept de fidélité d’implantation de programmes et de sa mesure, nous discutons des facteurs qui y sont associés et des conséquences d’une implantation de programme non fidèle. Enfin, nous proposons certaines stratégies visant à améliorer l’implantation des programmes de prévention ou d’intervention en milieu scolaire.


2006 ◽  
Vol 82 (1-2) ◽  
pp. 87-118 ◽  
Author(s):  
Anyck Dauphin ◽  
Abdel-Rahmen El Lahga ◽  
Bernard Fortin ◽  
Guy Lacroix

Résumé Récemment, un nouveau cadre théorique d’analyse s’est développé dans le but d’analyser les comportements des ménages avec deux conjoints. Cette approche, qualifiée de modèle collectif, suppose que chaque conjoint a des préférences individuelles et que les choix du ménage sont Pareto-optimaux. Toutefois, les études empiriques réalisées jusqu’à maintenant sur les modèles collectifs ont porté essentiellement sur des ménages à deux décideurs et ignorent le comportement des ménages qui en comptent potentiellement un plus grand nombre (p. ex., couples vivant avec des enfants adultes ou avec des personnes âgées dans les pays développés, familles élargies dans les pays en développement). Le but de cet article est double : dans un premier temps, nous présentons de façon synthétique les principaux tests qui ont été proposés pour vérifier empiriquement les contraintes du modèle collectif dans un tel contexte. Nous proposons également un test qui s’avère être équivalent à un autre test présenté dans la littérature mais qui dans certains cas s’avère plus facile à mettre en oeuvre. Dans un deuxième temps, nous testons le modèle collectif à plusieurs décideurs à l’aide d’une enquête sur des microdonnées britanniques. L’échantillon retenu comprend des couples avec un enfant de 16 ans et plus. Les résultats rejettent le modèle collectif avec un ou deux décideurs mais ne le rejettent pas dans le cas de trois décideurs.


2010 ◽  
Vol 31 (1-2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Serge Occhietti ◽  
Claude Hillaire-Marcel
Keyword(s):  

Une courbe de distribution des datations des mers post-glaciaires de l’Est du Canada a été obtenue en intégrant l’erreur calculée par les laboratoires. La plupart des variations notées sur la courbe semblent refléter, de façon qualitative, des fluctuations climatiques secondaires. Les valeurs positives de la courbe correspondraient à des améliorations climatiques et à des remontées eustatiques supérieures ou égales au relèvement isostatiques; les valeurs négatives indiqueraient un abaissement relatif du niveau de la mer par rapport au socle ainsi que différentes étapes de la glaciation. Les repères chronologiques de la courbe ont été associés à des événements paléogéographiques connus actuellement au Québec et ailleurs. De ce fait, la courbe constitue un cadre chronologique de référence, avec toutes les limites qu'elle implique. Cette courbe est susceptible de montrer des décalages importants par rapport aux âges solaires. Chaque datation est en effet soumise aux limites de la méthode du 14C et aux variables qui modifient la teneur initiale en 14C des organismes marins. Nous proposons donc un cadre chronologique étalonné en temps 14C — coquilles de mers froides. Sa validité est assurée par le grand nombre de datations analysées uniformément. Sa signification paléoclimatique semble être attestée par la distribution des mêmes modes d'une mer post-glaciaire à l’autre et par des corrélations concordantes avec les phénomènes connus notamment dans la région des Grands Lacs.


2009 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 117-143 ◽  
Author(s):  
Abdelkader Fassi Fehri

Résumé Dans cet article, nous proposons un traitement unifié des différents usages des formes pronominales arabes de troisième personne (qu’il s’agisse de pronoms personnels, de copules ou d’explétifs). Nous montrons que cet objectif ne peut être atteint qu’en recourant à une (sous)spécification lexicale ou syntaxique appropriée. En second lieu, nous examinons la variation des formes explétives dans les langues, ainsi que celle des formes d’accord compatibles avec celles-ci. Nous montrons que dans les cas simples, les deux classes de formes sont liées, la liste des formes explétives étant dérivable de celle des formes pronominales de troisième personne qui peuvent être légitimées dans le contexte des formes d’AGR. En outre, un paramètre argunemtal est proposé pour AGR, selon lequel certaines langues autorisent uniquement un NP argumental dans Spec AGR. Par contre, d’autres langues autorisent également des NP non-argumentaux, mais elles requièrent que les traits phi (spécifiés) soient légitimés par des NP argumentaux (qui sont membres de chaînes explétives).


Author(s):  
Pierre Devolder

La problématique de la réforme de nos pensions légales, dans le contexte bien connu du vieillissement de la population, reste plus que jamais d’actualité en Belgique. Les récentes prévisions budgétaires illustrent la nécessité urgente de revoir les mécanismes de notre système de pension pour en assurer une soutenabilité financière et une adéquation sociale. Si la France affiche une volonté claire de mener à bien, dans les prochains mois, une réforme fondamentale de ces régimes de retraite au travers d’un régime universel à points, force est de constater que le débat semble s’être essoufflé chez nous ces derniers mois dans le contexte de crise politique. Pourtant, la Commission de réforme des pensions 2020-2040 avait, dès 2014, proposé dans son rapport une réforme de l’ensemble de nos régimes de pension légale. Le projet était basé sur un système à points : chacun accumule durant sa carrière des points de retraite en fonction de ses rémunérations; ces points s’additionnent chaque année; à l’âge de la retraite, la somme de ces points est reconvertie en euros au travers de la valeur du point, pour déterminer le montant de la pension. Ce nouveau mécanisme, perçu comme une révolution par rapport à nos systèmes actuels, permet de répondre aux grands défis du vieillissement. Mais il a suscité aussi beaucoup d’incompréhensions et de réactions négatives. Le concept de point a été vu comme une idée peu transparente. L’incertitude, réelle ou fantasmée, mais ressentie par un grand nombre de personnes quant à l’évolution de la valeur du point a focalisé l’attention. Face au rejet du concept de pension à points mais réaliste face à la nécessité de réformer le système, nous proposons l’alternative suivante : le compte individuel pension. Ce système vise à mieux garantir en cours de carrière la formation progressive des droits à la pension légale, tout en permettant la mise en place d’un nouveau cadre répondant aux mêmes objectifs de viabilité à moyen et long terme que la pension à points. Cette nouvelle proposition, qui fonctionne toujours dans une logique de répartition, consiste à créer pour chacun durant sa carrière un compte individuel pension, exprimé en euros et qui fonctionne à l’image d’un compte courant : d’une part ce compte est crédité chaque année par le nouveau droit de pension de l’année en cours (une quotité de la future pension), d’autre part il est revalorisé en liaison avec l’évolution des salaires. Ce mécanisme permet donc de sécuriser progressivement en cours de carrière les droits au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’âge de la retraite. L’incertitude fait progressivement place à la sécurité.Par ailleurs, le système contient comme dans le régime à points, un certain nombre de paramètres qui permettront de s’adapter aux réalités démographiques et économiques. Ce système permet également, comme dans la pension à points, une flexibilité en termes de décision individuelle relative à l’âge de la retraite ou de pension partielle, grâce à un mécanisme de responsabilisation.S’agissant d’un système exprimé en euros, le compte individuel pension permettra une communication et une transition plus facile par rapport aux mécanismes existants. Il peut être perçu à ce titre comme une évolution par rapport aux systèmes actuels plutôt qu’une révolution.


2018 ◽  
Vol 46 ◽  
pp. 08006
Author(s):  
Marine Wauquier ◽  
Cécile Fabre ◽  
et Nabil Hathout

Dans ce travail, nous examinons sur le plan distributionnel le sens de dérivés morphologiques, et plus précisément des noms d’agent déverbaux en-eur,-euse et-rice, et des noms d’action dé verbaux en-age, - ion et-ment. Nous utilisons une approche distributionnelle automatisée et un lexique dérivationnel. Nous proposons une représentation de l’information distributionnelle permettant d’examiner le sens prototypique des dérivés et l’instruction sé mantique prototypique des suffixes. Nous montrons notamment que la différence entre les suffixes-eur,-euse et-rice ne relève pas seulement du genre et que les dérivés en-age,-ion et-ment présentent des profils spécifiques sur le plan distributionnel.


Author(s):  
Razika Tahi ◽  
Farida Bouarab-Dahmani ◽  
Ali Khelid

Ces deux derniêres décennies, l'environnement social et culturel en Algérie a connu, dans les domaines de l'information et de la communication, un grand bouleversement avec l'apparition de nouvelles technologies. Les campus universitaires ont essayé de suivre cette mutation en se dotant de moyens informatiques didactiques adéquats et três performants (laboratoires multimédia, médiathêque, espace Internet, espace audiovisuel, etc). Puis, un Programme National de télé-enseignement três ambitieux a été mis en place par le Ministêre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, ce qui a permis de mettre en service, dès 2008, des cellules de télé- enseignement et de visioconférences dans un grand nombre d'universités. Cependant, malgré ces investissements importants en équipement sophistiqué, les usages des Technologies de l'Information et de la Communication dans l'Enseignement n'ont pas suivi le même rythme de croissance. Il y a une sous-utilisation de ces outils de travail qui sont de puissants outils à potentiel cognitif. Situation aggravée par les routines pédagogiques, administratives, bureaucratiques, et managériales qui ont engendré des inerties à tous les niveaux. Bien que théoriquement les TICE puissent être considéré comme un instrument pédagogique adapté au milieu universitaire, sa mise en pratique est assez difficile à mettre en oeuvre car elle nécessite des changements dans la gestion au sein de l'université. L'objet de cette communication concerne la visioconférence. Si cette derniêre doit correspondre théoriquement à un besoin réel dans l'enseignement au sein des universités algériennes, son usage n'en est rien dans la pratique. L'usage de la visioconférence en Algérie est des plus déconcertants. Aprês cinq ans de sa mise en service, les salles équipées du matériel adéquat sont encore sous utilisées et parfois même pas utilisées!! L'une des plus grandes contradictions entre les objectifs MESRS et l'usage de la visioconférence est que d'une part la tutelle désire diffuser l'enseignement à un três grand nombre d'étudiants (des milliers), et d'autre part les salles de visioconférence ne peuvent recevoir qu'un nombre limité d'étudiants (généralement inférieur à 100). Alors comment concilier cet objectif et l'usage de ce matériel ? Doit-on prendre le risque de faire des investissements supplémentaires alors que les premiers investissements n'ont pas été rentabilisés ? Nous ne croyons pas que ce serait une bonne solution, pour cela nous proposons dans cette communication, aprês la présentation d'un état des lieux de la visioconférence en Algérie (sur la base d'un sondage), des usages pouvant répondre aux besoins nationaux tout en tenant compte des potentialités humaines disponibles.


Théologiques ◽  
2017 ◽  
Vol 23 (2) ◽  
pp. 31-58
Author(s):  
Jean-François Roussel

La Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) a traité abondamment du rôle des Églises dans le système des pensionnats autochtones et de leurs responsabilités pour surmonter cet héritage. La théologie est interpellée elle aussi par le rapport final de la CVR et par les implications de la « réconciliation ». Après avoir résumé l’histoire des pensionnats et expliqué l’origine de la CVR, nous rendons compte de ses résultats. Nous exposons les demandes que la CVR adresse spécifiquement aux Églises et aux coalitions oecuméniques. Nous examinons certaines critiques et mises en garde exprimées avant et pendant la CVR concernant le projet de réconciliation, les risques liés au mandat de la CVR et les aspects communicationnels des audiences. Nous engageons ensuite une réflexion théologique sur le thème de la réconciliation. En conclusion, nous proposons quelques pistes de réflexion pour le travail de la théologie après la CVR.


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