scholarly journals L’impact du choc démographique sur le niveau de vie à long terme

2009 ◽  
Vol 65 (3) ◽  
pp. 364-395
Author(s):  
Pierre Fortin

RÉSUMÉ Toutes les sociétés industrielles évoluent maintenant dans un régime de sous-fécondité qui relève de causes profondes et durables (notamment technologiques) et qui s’accompagne d’un changement radical et définitif du rôle des femmes. Sur le plan de l’emploi comme sur le plan des salaires, le ralentissement démographique qui en découle aura sans doute des conséquences favorables sur les enfants du baby-bust qui ont aujourd’hui moins de 25 ans et des conséquences défavorables pour les enfants du baby-boom qui entrent aujourd’hui dans le groupe des 45 ans ou plus. Un calcul économique de première approximation fondé sur le modèle de croissance de Solow prévoit une baisse du profil de la consommation globale par adulte qui pourrait atteindre 5 ou 6 pour cent au Canada d’ici 2011-2016, mais qui s’atténuerait par la suite. Le choc démographique n’entraînerait donc pas de tragédie économique. Ce résultat dépend surtout des effets opposés qu’auront sur la consommation la chute du taux de croissance démographique (favorable) et l’augmentation du rapport de dépendance (défavorable).

2008 ◽  
Vol 27 (4) ◽  
pp. 399-406 ◽  
Author(s):  
Benjamin H. Gottlieb ◽  
Alayna A. Gillespie

RÉSUMÉEn Amérique du Nord, 40 à 50 pour cent des aînés participent activement à titre de bénévoles officiels à la prestation de divers services de santé et de services sociaux. Nous avons passé en revue des études empiriques sur les raisons motivant le bénévolat chez les aînés, ainsi que sur les bienfaits sur le moral et la santé que ces derniers tirent de cette expression d'altruisme. La connaissance de la nature exacte et du nombre d'activités bénévoles nécessaires pour produire ces effets est limitée, et les études n'ont pas encore permis de déterminer les mécanismes behavioristes et psychologiques en cause. Nous proposons que les aînés bénévoles pourraient jouir d'une bonne santé et vivre longtemps parce que, en étant utiles à d'autres, ils ont le sentiment qu'on a besoin d'eux et qu'ils sont appréciés. Nous présentons plusieurs points de vue théoriques sur l'importance du bénévolat au plan du développement personnel, discutons des défis imposés au bénévolat par la génération du baby-boom, et déterminons les priorités futures en matière de recherche.


2006 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 111-137 ◽  
Author(s):  
A. Gordon Darroch ◽  
Michael Ornstein

Résumé Suite aux travaux pionniers de Pentland, un grand nombre d'historiens canadiens du 19e siècle ont postulé l'existence d'un marché du travail partagé pendant la période cruciale s'étendant de 1850 à 1870. D'après cette hypothèse, on assiste à cette époque à la création d'un prolétariat sans terres, élément essentiel à la transformation du pays, d'une économie agricole et commerciale à une économie industrielle et capitaliste. Ce groupe naissant était partagé suivant l'ethnie, les travailleurs Anglais et Ecossais occupant les emplois spécialisés, les Irlandais étant relégués aux emplois non spé- cialisés. On soutient que ce partage interne, s ajoutant aux salaires élevés versés aux travailleurs les plus prévilégiés, permit au Canada d'éviter en grande partie le radi- calisme ouvrier, alors que la réserve de personnel compétent épargna aux industries canadiennes les coûts élevés de la formation. Cependant une étude des recensements de 1861 et 1871 dans le centre-sud de l'Ontario indique que, en majorité, les immigrants irlandais catholiques et protestants travaillaient non pas à des emplois industriels peu rémunérés, mais bien à Vagriculture. Une enquête informatisée sur 10,000 hommes cou verts par les deux recensements et dont l'emploi est connu, fournit des renseignements sur un certain nombre de questions. L'analyse des données révèle les différences suivantes dans la composition de la population active masculine entre 1861 et 1871: a) la proportion de personnes nées en Ontario passer de 27 à 40 pour cent, alors que le nombre de personnes nées en Irlande baisse de 24 à 15 pour cent; la proportion de personnes nées en Ecosse et en Angleterre demeure essentiellement inchangée: b) pour ce qui est des emplois, il y aun mouvement du travail d'ouvriers vers iagriculture et, dans une moindre mesure, vers les occupa- tions artisanales et non-manuelles; la grande majorité des fermiers (84 pour cent en 1871) est propriétaire et non locataire; c) ni l'ethnicité ni la religion ne déterminaient l'occupation; à l'exception d'une concentration d'Irlandais d'origine dans les milieux ouvriers, la population active ne semble pas avoir été départagée suivant l'ethnicité ou Vappartenance religieuse. Une proportion relativement élevée de travailleurs nés en Ontario (30 pour cent en 1861 et 25 pour cent en 1871) était constituée de fermiers et de leurs fits; d) pendant cette période les différences entre nationalités au sein des groupes occupationnels s'aténuent, quoique les Irlandais catholiques continuent d'être sur- représentés chez les ouvriers, tout comme les Anglais d'origine dans les occupations bourgeoises et artisanales. S'il y a une certaine spécialisation occupationnelle par groupe ethnique, la concertration n'est pas assez prononcée pour appuyer l hypothèse selon laquelle la population était profondément partagée suivant l'ethnicité; e) une analyse des emplois par groupes d'âge laisse croire qu'il n'y a pas de mouvement d'abandon de l'agriculture et, conséquemment, pas de prolétarisation de la population au cours des années 1860. Au contraire, il y eu un accroissement de la proportion de fermiers et une diminution de la proportion d'ouvriers. Chaque groupe occupationnei suit un modèle de croissance particulier, avec des variations dans le temps; f) i établisse- ment de liens entre les données des deux recensements permet certaines conclusions sur la question de la permanence dans l'emploi. Près de 90 pour cent de ceux qui étaient fermiers en 1861 se réclamaient du même groupe occupationnei une décennie plus tard, alors que seulement un tiers des ouvriers faisaient de même. Dans l'ordre, les artisants, les professionnels et les marchands/fabricants se situent au centre de l'échelle pour ce qui est de la permanence. Un nombre relativement peu élevé de fils de fermiers (7 pour cent) sont devenus ouvriers ou artisans. Le groupe occupationnei le moins stable est celui des travailleurs non-manuels, où seulement 30 pour cent ont gardé le même genre d'emploi. Les données indiquent une mobilité occupationnelle assez élevée dans le temps, et l'absence de dépeuplement rural ou d'une crise de l'agriculture; g) sauf pour les travailleurs non-spécialisés, la mobilité semble dépendre plus de l'occupation que de l'âge. Le taux de mobilité est le plus élevé pour les travailleurs âgés de moins de 25 ans, particulièrement chez les ouvriers, alors qu'il est moins prononcé entre 25 et 54 ans. Au delà de cet âge, seuls les artisans ont une certaine mobilité. En tenant compte de l'ethnicité dans les calculs, un seul phénomène important peut être identifié: les ouvriers Irlandais catholiques avaient plus fortement tendance à demeurer dans cette catégorie pendant assez longtemps. A une époque où Vindustrialisation urbaine prenait de l'ampleur, la production indé- pendante de produits de base pas des familles d'agriculteurs devint également plus courante. La mobilité occupationnelle était généralisée, ce manifestant particulière- ment du groupe des ouvriers, vers celui des agriculteurs.


Author(s):  
Joëlle Gaymu ◽  
Marc-Antoine Busque ◽  
Jacques Légaré ◽  
Yann Décarie ◽  
Samuel Vézina ◽  
...  

RÉSUMÉL’ensemble des sociétés occidentales connaissent actuellement une croissance considérable des personnes âgées de 75 ans et plus. De nombreux changements familiaux affectant ces sociétés, il est pertinent de se demander qui prendra en charge les aînés de demain en cas de besoin d’assistance. Cet article compare les projections démographiques du réseau familial des personnes âgées de 75 ans et plus jusqu’en 2030 au Canada et en France. Au cours des 25 années prochaines, le vivier des aidants familiaux potentiels, constitué des conjoint(e)s et des enfants, s’élargira en raison des effets du Baby Boom (dont l’ampleur a été particulièrement forte au Canada) et de la proportion croissante de femmes qui ont un conjoint. Les populations les plus tributaires de l’aide formelle – sans soutien potentiel provenant d’un enfant ou d’un conjoint – augmenteront à un rythme beaucoup plus soutenu au Canada (123 pour cent) qu’en France (34 pour cent), mais moins rapidement toutefois que l’ensemble des personnes âgées. Les politiques publiques de ces deux pays devront être adaptées afin de soutenir adéquatement des effectifs croissants de personnes âgées confrontés à la dépendance de leurs conjoints. Au Canada, ces politiques devront, de plus, faire face à une hausse, plus forte qu’en France, du nombre d’aînés qui dépendront des services d’aide formelles.


2018 ◽  
Vol 46 (2) ◽  
pp. 303-322
Author(s):  
Michaël Boissonneault ◽  
Yann Décarie ◽  
Jacques Légaré

Au Canada, une part importante des soins de longue durée sont prodigués en institution de santé. Ces soins sont associés à des coûts importants, lesquels risquent d’augmenter encore plus rapidement avec l’avancée en âge des membres des cohortes nombreuses du baby-boom. Cependant, les gouvernements font de plus en plus d’efforts pour contenir ces coûts en favorisant le soutien à domicile. Cette situation rend le fait de projeter la population vivant en institution de santé très difficile. Nous présentons dans cet article la projection faite par le modèle de microsimulation LifePaths. Cette projection est faite en supposant le risque d’institutionnalisation constant dans le temps et prévoit un quadruplement des effectifs pendant la période 2011-2051. Étant donné le contexte politique, nous doutons qu’une telle augmentation se réalise. Nous proposons différents scénarios de réduction du nombre de personnes vivant en institution de santé. Les projections tiennent alors compte du transfert d’un certain nombre de personnes vivant en institution vers la population en ménage privé. Nous montrons comment ces personnes peuvent être choisies sur la base de certaines combinaisons de caractéristiques telles l’âge, le niveau de scolarité, le statut matrimonial et le nombre de proches survivants. Enfin, nous quantifions l’augmentation du nombre de personnes projetées comme vivant en ménage privé avec incapacité grave, qui pourrait être accrue de 67 pour cent pendant la période 2011-2051 si l’on suppose que le nombre de personnes vivant en institution de santé reste constant dans le temps.


1991 ◽  
Vol 100 (1) ◽  
pp. 79-88
Author(s):  
Christian Ruby
Keyword(s):  

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