scholarly journals Les personnes itinérantes souffrant de troubles mentaux graves et persistants à Montréal : profil, services d’urgence psychiatriques et nouvelles interventions

2008 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 43-68
Author(s):  
Jean Fortier ◽  
Marie-France Thibaudeau ◽  
Paule Campeau

Résumé Cet article rend compte des principaux résultats d'un projet du CLSC des Faubourgs1 portant sur l'intervention auprès des personnes itinérantes souffrant de troubles mentaux graves et persistants. Le projet comporte deux volets : une recherche qui décrit les personnes itinérantes fréquentant les urgences psychiatriques de garde à Montréal et les services qui leur sont dispensés et un projet pilote d'intervention auprès d'un échantillon de la population. La première partie de l'article présente les résultats de la recherche et aborde la question de l'accessibilité de la population aux services psychiatriques et les multiples difficultés reliées, d'une part, aux personnes, à leur maladie, à leurs conditions de vie et à leur résistance aux soins et, d'autre part, à l'organisation des services du réseau de la santé et des services sociaux et à l'existence de ressources dans la communauté pour cette population. La deuxième partie de l'article décrit et évalue sommairement une expérimentation de suivi systématique individuel (case management) et s'intéresse à la question de l'approche d'intervention à privilégier auprès de la population compte tenu de ce qui précède.

2015 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 121-135 ◽  
Author(s):  
Alain Lesage

Cet essai, rédigé en deux articles compagnons (Partie I & II), est destiné mettre en valeur le service public de cinq psychiatres du Département de psychiatrie de l’Université de Montréal ayant oeuvré au niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour les politiques de désinstitutionnalisation et l’organisation des services de psychiatrie communautaire pour les personnes avec des troubles mentaux graves. Il s’agit des Drs Camille Laurin, Denis Lazure, Arthur Amyot, Luc Blanchet et André Delorme. Dans cette première partie, l’essai proposera comme grille de lecture de la recherche sur les services, quatre références, soit les arguments pour des soins dans la communauté des psychiatres et chercheurs britannique et italien, Thornicroft et Tansella ; Les enjeux systémiques dans toute réforme de l’infirmière et chercheure canadienne Paula Goering ; la proposition de régulation du système de santé du chercheur québécois en administration de la santé le Professeur André-Pierre Contandriopoulos ; et enfin la tension structurelle entre le secteur médical et social signalée par le sociologue américain de la santé Leutz. L’essai enchaînera avec un narratif des phases connues de la désinstitutionnalisation, soit la phase asilaire (pré-1960), communautaire (1960-2000) et différentiée (depuis 2000). L’essai signalera la marche inexorable vers un hôpital sans mur, un travail interdisciplinaire, des tensions entre le curatif et la réadaptation et le financement décroissant qui avec une organisation et un leadership contesté ou essoufflé, donne lieu à des déficits que sont la transinstitutionnalisation dans l’itinérance et dans le système judiciaire.


2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 105-123 ◽  
Author(s):  
Pascale Mantoura ◽  
Marie-Claude Roberge ◽  
Louise Fournier

Au Québec et ailleurs dans le monde, la préoccupation s’accentue en regard de la santé mentale de l’ensemble de la population et de la nécessité de concentrer plus d’énergie sur les interventions préventives et de promotion. Il est alors recommandé que les acteurs de santé publique agissent en tant que chef de file de l’action de promotion de la santé mentale et de prévention des troubles mentaux et établissent les partenariats nécessaires avec les acteurs des secteurs de la santé, des services sociaux et des autres secteurs indispensables à l’action en santé mentale. Les acteurs de santé publique au Canada ne sont toutefois pas encore suffisamment soutenus dans ce rôle. Ils expriment, entre autres besoins, celui d’avoir accès à des cadres structurants qui clarifient leur action en santé mentale. Cet article propose un cadre de référence pour soutenir l’action en santé mentale des populations. Ce cadre identifie les différentes dimensions propres à l’intervention en faveur de l’amélioration de la santé mentale de la population et de la réduction des inégalités de santé mentale. L’article illustre enfin comment l’application de la responsabilité populationnelle au niveau local permet de mettre en pratique les différentes dimensions de ce cadre de référence. Ultimement il permet aux acteurs de santé publique de mieux cerner leur action en faveur de la santé mentale des populations.


2007 ◽  
Vol 25 (2) ◽  
pp. 179-194 ◽  
Author(s):  
Hélène Denoncourt ◽  
Marcel Desilets ◽  
Marie-Carmen Plante ◽  
Johanne Lapante ◽  
Micheline Choquet

Résumé L'équipe itinérance a pour mandat de favoriser l'accessibilité des soins et des services sociaux aux personnes itinérantes de tous âges. Elle a aussi développé des services spécifiques outreach adaptés à la réalité du phénomène de l'itinérance à Montréal. Le principe fondamental qui sous-tend la pratique de l'équipe est l'universalité des soins, tant l'accès que la qualité ; tous les citoyens ont droit à la même attention de la part du réseau de la santé et c'est dans cette optique que les services sont offerts aux personnes itinérantes. Cet article se limite à un seul aspect des activités de l'équipe : la pratique outreach auprès des personnes souffrant de troubles mentaux graves et persistants. Nous décrivons notre environnement outreach, notre clientèle, une trajectoire outreach — illustrée par quelques exemples cliniques — les obstacles rencontrés et, enfin, nous partageons nos observations et suggestions.


2006 ◽  
Vol 31 (1) ◽  
pp. 19-46 ◽  
Author(s):  
David Norman Weisstub ◽  
Julio Arboleda-Flórez

Cet article examine le statut des personnes souffrant de troubles mentaux à la lumière des instruments internationaux en matière de droits humains et évalue si les droits de ces personnes sont respectés dans le contexte canadien. Les auteurs estiment que bien que les systèmes de pays tels que le Canada garantissent des protections civiles et constitutionnelles significatives à l’ensemble de leurs citoyens, incluant ceux qui souffrent de troubles mentaux, il en est bien autrement au chapitre de l’accès aux services sociaux. Les auteurs discutent de la nécessité de corriger cette lacune. Enfin, ils estiment qu’il faut surveiller de près l’apparente dissonance entre les droits internationalement reconnus à des soins adéquats et à la protection contre la discrimination, et leur application restreinte en contexte canadien.


2015 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 137-149
Author(s):  
Alain Lesage

Cet essai, rédigé en deux articles compagnons (Partie I & II), est destiné mettre en valeur le service public de psychiatres du Département de psychiatrie de l’Université de Montréal ayant oeuvré au niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour les politiques de désinstitutionnalisation et l’organisation des services de psychiatrie communautaire pour les personnes avec des troubles mentaux graves. Il s’agit des Drs Camille Laurin, Denis Lazure, Arthur Amyot, Luc Blanchet et André Delorme. Dans cette seconde partie, la période 2003-2015 sera couverte. Elle marque la fin du Comité de la santé mentale du Québec (1971-2003), et ses travaux féconds interdisciplinaires. 2003, c’est l’entrée au ministère du Dr André Delorme qui y détient sans doute un des records de longévité, servant depuis 2003 à la Direction de la santé mentale transférée sous la nouvelle Direction des affaires médicales et universitaires du MSSS également créée en 2003. Cette phase voit l’émergence depuis le modèle de psychiatrie communautaire d’une approche différentiée, les cliniques spécialisées ou l’approche par programme-clientèle. Mais ce dernier modèle ne dispose pas des ressources nécessaires pour s’étendre et éviter des difficultés d’accès. L’essai conclut avec une discussion sur l’impact de la toute nouvelle gouvernance du système de la santé et des services sociaux du Québec, la loi 10. En simplifiant le système de santé en deux lignes (soins primaires dans les bureaux des médecins de famille, avec soutien infirmier et social ; soins spécialisés par le personnel des centres intégrés de santé et de services sociaux [CISSS]), il sera soutenu qu’il y a des opportunités pour un financement plus équitable et un système plus équilibré de santé mentale au Québec.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S32-S32
Author(s):  
M. Horn ◽  
P. Thomas

L’association entre schizophrénie et violence a longtemps été controversée, mais les données issues des études les plus récentes établissent un lien clair entre schizophrénie et risque de violence. Néanmoins, tous les patients schizophrènes ne présentent pas un risque égal de passage à l’acte violent. Différents facteurs de risque ont ainsi pu être identifiés, tels l’intensité de la symptomatologie psychotique, l’impulsivité ou les comorbidités addictives. Récemment, différents auteurs ont émis l’hypothèse de différents sous-groupes de patients schizophrènes à risque de comportements violents : la majorité des actes commis par les patients schizophrènes représenteraient des gestes de violence mineure alors que les actes de violence majeure ne seraient commis que par une faible proportion de ces patients. Pour l’ensemble de ces patients, des difficultés persistent dans l’établissement de leur responsabilité pénale. Le code pénal français prévoit l’irresponsabilité pénale pour les personnes atteintes, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli leur discernement ou le contrôle de leurs actes. Pour autant, la reconnaissance de la responsabilité pénale des personnes atteintes de troubles mentaux semble en augmentation, augmentant ainsi le nombre de patients schizophrènes en détention. Une première partie aura pour objectif d’approfondir l’étude des facteurs de risque des comportements violents, en intégrant l’hétérogénéité des gestes de violence, à partir d’une étude descriptive de patients schizophrènes incarcérés. Une attention particulière sera portée sur les liens existant entre troubles de la familiarité et passages à l’acte violents. Une deuxième partie s’intéressera aux facteurs neurobiologiques des comportements violents des patients schizophrènes, grâce à l’étude du lien entre impulsivité et violence en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Enfin, une troisième partie abordera la question de la responsabilité de ces patients souffrant de troubles mentaux et présentant des comportements violents, et s’intéressera notamment aux nouvelles techniques d’approches expertales de la responsabilité.


Author(s):  
Habib Chaudhury

RÉSUMÉCe livre est une importante addition au domaine du logement des personnes âgées. Le livre offre une collection de chapitres regroupant une gamme de sujets relatifs aux politiques de l'état, de la planification et des modèles, et de la livraison des services sociaux et de santé. Dans la première partie du livre, les auteurs se penchent sur plusieurs questions d'accessibilité de logements en relation aux politiques de logement, de la mise en oeuvre et des défis connexes. La deuxième partie du livre est consacrée à l'utilisation de plusieurs études de recherche pour éclaircir les vrais milieux de vie en relation à l'accessibilité, l'inclusion sociale, les choix de styles de vie et les possibilités intergénérationnelles. Les sujets des 11 chapitres comprennent : le logement du « troisième âge » ; les maisons de longévité ; les politiques de logements accessibles ; les technologies des maisons averties ; la démence et la technologie ; l'intégration versus la ségrégation ; le partage de logement ; les communautés-retraite. Les étudiants, les personnes responsables du logement et/ou des politiques, les professionnels de conception et de planification, les travailleurs sociaux, les promoteurs, les bénévoles plaidant pour les personnes âgées et les groupes communautaires profiteront de ce livre.


2007 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 115-136 ◽  
Author(s):  
Wilfrid Pilon ◽  
Rodolphe Arsenault

RÉSUMÉ Cette étude se situe dans le contexte de la réorganisation des services de santé et des services sociaux au Québec et vise à décrire les caractéristiques physiques et mentales des personnes demeurant au centre hospitalier psychiatrique. Dans la première étude, 146 personnes présentant une déficience intellectuelle dont 74 forment le groupe en externe (dans la communauté) et 72, le groupe interne (hospitalisé). Les résultats indiquent que 84 % des personnes présentant une déficience intellectuelle demeurant en institution présentent des besoins suffisamment importants aux trois variables santé, déficits et comportements pour justifier un encadrement plus intensif. La variable qui influence le plus l'intégration sociale est celle des comportements préjudiciables. Comme les personnes demeurant en institution et qui devront éventuellement intégrées la communauté, ont un degré d'incapacité élevé et des comportements préjudiciables plus nombreux, l'encadrement devra être soutenu et intensif auprès des sujets et des responsables de services. Dans la deuxième étude, 928 personnes en milieu institutionnel souffrant de troubles mentaux ont été étudiés selon les variables, âge, sexe, diagnostic et les scores agglomérés de l'Inventaire du niveau de soins et l'autonomie fonctionnelle. Les résultats démontrent que la proportion de femmes de 35 ans et plus croit progressivement par rapport aux hommes. La répartition des diagnostics est principalement la schizophrénie se situant approximativement à 70 %. L'âge devient un facteur important dans l'évaluation des soins physiques des personnes souffrant de problèmes mentaux. La population interne est vieillissante et les femmes sont de plus en plus nombreuses dans ces groupes d'âge. Ces personnes présentent davantage des troubles physiques et une autonomie déclinante. En vertu du soutien requis par ces personnes au moment de l'intégration dans la communauté, on devra offrir des ressources plus structurées et plus spécialisées pour répondre à leurs besoins.


2007 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 170-194 ◽  
Author(s):  
Jennifer Beecham ◽  
Alain Lesage

RÉSUMÉ Les « dots » ou système de dotation par patient peuvent être définies comme des sommes globales ou des subventions récurrentes, que les autorités de la santé se donnent entre elles ou versent aux autorités locales ou aux organismes sans but lucratif, pour les soins prodigués dans la communauté, plutôt que dans un hôpital, aux personnes souffrant de troubles mentaux graves et persistants. Cet article décrit comment les dots et d'autres processus ont été élaborés en Angleterre afin d'encourager la fermeture d'hôpitaux psychiatriques. Le contexte de ce financement des soins (avant les réformes engendrées par le National Health Service et le Community Care Act de 1990) montre certaines similitudes avec les dispositions en cours au Québec. Les auteurs résument une évaluation au long cours du programme de redéploiement dans deux hôpitaux psychiatriques de Londres qui ont fermé, afin d'examiner le type de services utilisés dans la communauté par d'anciens patients de ces hôpitaux et comparer les coûts de l'hôpital à ceux des soins communautaires. Après avoir quitté l'hôpital, les patients doivent recourir à d'autres services sociaux et de santé ; tout développement des soins communautaires pour ces patients doit à tout le moins refléter ceux fournis en milieu hospitalier. On examine dans quelle mesure la dotation par patient peut être appliquée au Québec pour réduire davantage les séjours de longue durée dans les hôpitaux. À certains égards, les systèmes britanniques et québécois se ressemblent, mais il existe aussi des différences organisationnelles et politiques. Il ne serait pas raisonnable de transférer en bloc le système anglais au Québec, mais d'importants aspects de son implantation et de ses procédures peuvent servir à guider le développement de mécanismes de financement au Québec en vue du transfert de ressources de l'hôpital vers des services dans la communauté.


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