Le débat sur la gestion scolaire et sa dimension religieuse en Ontario français : une communauté divisée (1980-1998)

2021 ◽  
Vol 61 (2-3) ◽  
pp. 487-514
Author(s):  
Danika Gourgon
Keyword(s):  

Cet article fait l’étude du débat sur les enjeux religieux de la gestion scolaire au sein du milieu associatif franco-ontarien. Ce débat montre la persistance, du moins dans certains milieux, du rôle structurant du référent religieux dans l’institutionnalisation de la francophonie ontarienne après le désengagement public de l’Église et les bouleversements idéologiques de la Révolution tranquille. Ce phénomène a été largement négligé par l’historiographie. Dans les années 1980, l’espace public de la collectivité franco-ontarienne est de plus en plus caractérisé par un pluralisme idéologique, culturel et religieux qui ne conduit pas, néanmoins, à évacuer le catholicisme de la conscience identitaire d’une partie substantielle de la population francophone de la province. Dans ses revendications pour obtenir le contrôle de ses institutions scolaires, le réseau associatif réclame ainsi un double réseau de conseils scolaires de langue française, catholiques et publics, à la grandeur de la province, qu’il obtient finalement en 1998.

2021 ◽  
Vol 61 (2-3) ◽  
pp. 319-346
Author(s):  
Serge Miville

Cet article cherche à comprendre l’impact des stratégies discursives utilisées par SOS Montfort dans l’espace médiatique franco-ontarien durant la crise entourant la fermeture de l’hôpital Montfort entre 1997 et 2002. En analysant les principaux journaux régionaux de langue française de la province, l’auteur évalue la capacité mobilisatrice du discours nationalitaire que génèrent les défenseurs de l’hôpital à travers le prisme des régionalismes en Ontario français. Alors que SOS Montfort tente de faire de la fermeture de l’hôpital une crise provinciale et nationale, les Franco-Ontariens d’autres régions doivent, de leur côté, composer avec la réelle possibilité de perdre l’accès à des soins de santé en français en raison du processus de rationalisation des services de santé à l’échelle de la province. Si SOS Montfort a réussi à faire de la fermeture de Montfort une crise importante en Ontario français en puisant dans l’imaginaire référentiel franco-ontarien, son incapacité d’inclure les enjeux d’ordre régionaux dans son discours a limité sa force de frappe à l’extérieur d’Ottawa où l’hôpital n’offre aucun service.


2019 ◽  
Vol 2 (4) ◽  
pp. 92-107
Author(s):  
Christian Bergeron

Le Canada est un pays enrichi par le multiculturalisme et l’immigration, mais la protection et la valorisation de la langue française demeurent un enjeu majeur. Spécifiquement, les membres des communautés francophones en situation linguistique minoritaire au Canada (hors Québec) vivent des réalités variées et complexes. Dans ce contexte, certains luttent pour leurs survies afin d’éviter l’assimilation, alors que d’autres s’harmonisent avec la situation linguistique majoritaire anglophone, tout en conservant une identité linguistique francophone. Dans cet article, je porterai un regard analytique sur l’importance de préserver le pluralisme des accents francophones pour contrer l’insécurité linguistique chez les communautés francophones en situation linguistique minoritaire au Canada. Pour se faire, à partir de données du dernier recensement de Statistique Canada, je dresserai un portait des Franco-Ontariens de la province de l’Ontario ainsi que de l’immigration francophone. Ensuite, j’étudierai une capsule vidéo du groupe franco-ontarien Improtéine ainsi que des situations épilinguistiques afin d’étudier la notion d’insécurité linguistique, dont le rôle des accents. La typologie du linguiste français Louis-Jean Calvet sera utilisée pour analyser les situations épilinguistiques, à savoir l’insécurisation statutaire, formelle et identitaire. En conclusion, je présenterai des pistes de réflexion, inspirées des travaux de l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, qui pourront être pertinentes pour contrer l’insécurité linguistique. 


2007 ◽  
Vol 1 (1) ◽  
pp. 70-91
Author(s):  
Mirelle Gélinas

Résumé Cette étude part du point de vue que la thérapie familiale est une activité politique, basée sur des intérêts, une idéologie et des relations de pouvoir. L'auteure a analysé le discours de seize thérapeutes familiaux dans la région d'Ottawa-Carleton. Elle dégage différents enjeux socio-politiques qui sous-tendent la pratique de la thérapie familiale en Ontario français. Les discours analysés dénotent le caractère hétérogène de la communauté francophone, lequel reflète les diversités de la structure sociale ontarienne. Elle suggère des pistes possibles pour un renouvellement des pratiques de thérapie familiale en contexte minoritaire.


2005 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 83-93
Author(s):  
Jacinthe Michaud
Keyword(s):  

Cet article a pour objectif d'examiner et de discuter deux difficultés soulevées par l'enseignement de l'intervention féministe auprès d'étudiantes inscrites au programme d'études des femmes au Collège universitaire de Glendon de l'Université York en Ontario. La première difficulté a trait à l'enseignement du mouvement des femmes lui-même, de l'espace social et du rapport à l'État. La seconde touche à l'interaction avec les femmes et à l'apprentissage de l'inclusion et de la diversité. À partir du cours «Études des groupes de femmes et du travail communautaire en Ontario français», l'auteure expose les résistances des étudiantes à l'apprentissage de ces problématiques, résistances qui sont autant de défis posés à l'ensemble des programmes d'études des femmes.


Author(s):  
François Paré

Dès le tournant des années 1970, en Ontario français comme en Acadie, une véritable anthropologie du sujet minoritaire s’est formée autour du théâtre de Jean Marc Dalpé et Michel Ouellette et surtout de la poésie minimaliste de Patrice Desbiens. D’autres œuvres, cependant, par des auteurs comme Andrée Christensen, Andrée Lacelle, Hédi Bouraoui, Gérald Leblanc ou Herménégilde Chiasson, inspirés par le désir de rendre compte de la remarquable polyvalence des rapports de symbiose entre le soi et l’autre, se sont élaborées en marge des débats sur l’identité. Plusieurs de ces textes aux fortes dimensions spiritualistes se sont inspirés d’esthétiques qui dépassaient largement les confins du Canada français et de l’Acadie, appartenant plutôt à des enjeux littéraires continentaux ou même mondiaux. Pour les fins de cette étude, deux dialogues poétiques, peu souvent commentés, alimenteront notre réflexion : Conversations, recueil de dialogues publié par Herménégilde Chiasson en 1998 et réédité en 2006, et Survenance, œuvre radiophonique à deux voix composée par Andrée Lacelle en 2000. À l’encontre du théâtre, le dialogue poétique a permis de présenter une vision plus organique de l’identité du sujet contemporain. Abstract The early 1970s saw the birth in French-speaking Ontario and Acadia of the full anthropological figure of the minority subject, as reflected in a body of theatrical works by Jean Marc Dalpé and Michel Ouellette, as well as in Patrice Desbiens’s minimalist poetry. However, other writers such as Andrée Christensen, Andrée Lacelle, Hédi Bouraoui, Gérald Leblanc, and Herménégilde Chiasson appeared instead to favour a more clearly symbiotic conception of the relations between the self and the others. Borrowing from spiritualistic traditions, their writings tended to reflect artistic movements at play not only in French Canada and Acadia, but also in North America and indeed the world. This essay explores in detail two lesser-known poetic dialogues, looking first at Conversations, published by Herménégilde Chiasson in 1998 (2006 for the paperback edition), and secondly at Survenance, a radio play written by Andrée Lacelle in 2000. Moving away from the centrality of the theatre, these works sought to present a more dialogic and inclusive vision of contemporary subjective identities.


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