scholarly journals La communication et les relations interpersonnelles des adultes présentant un trouble du spectre de l’autisme : une revue systématique des programmes d’intervention

2019 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 117-146
Author(s):  
Bernard Michallet ◽  
Jennifer Taylor ◽  
Claire Dumont ◽  
Julie McIntyre ◽  
Mélanie Couture

Ces dernières années, de nombreux chercheurs se sont intéressés aux meilleures pratiques d’intervention pour améliorer la participation sociale des enfants autistes. Les interventions auprès des adultes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) visant l’amélioration des relations interpersonnelles et de la communication restent toutefois peu documentées. Cette recherche a pour objectif : 1) d’identifier les interventions visant à améliorer la communication et les relations interpersonnelles des personnes de 16 à 40 ans présentant un TSA; 2) de documenter les caractéristiques et l’efficacité de ces interventions. Une recension systématique des écrits a été réalisée. Les interventions proposées dans les écrits recensés se divisent en trois catégories : les interventions de groupe, les interventions informatisées et les interventions selon une approche écosystémique. La majorité des programmes vise l’intégration sociale par diverses stratégies telles que l’amélioration des capacités de résolution de problèmes, la reconnaissance des émotions, la compréhension d’inférences, etc. Quoique prometteurs, ces programmes rencontrent des problèmes de transfert, de maintien et de généralisation des apprentissages. De plus, on ne peut conclure, avec un niveau de preuve suffisant, quant à l’efficacité des interventions recensées. La discussion porte sur l’applicabilité et l’efficacité des programmes, ainsi que sur le rôle des intervenants auprès des adultes présentant un TSA. Des recherches futures devront porter sur la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation de tels programmes.

2021 ◽  
Vol 10 (3) ◽  
pp. 196-224
Author(s):  
JF. Filiatrault ◽  
N. Boucher ◽  
P. Archambault ◽  
C. Croteau ◽  
I. Gélinas ◽  
...  

En 2018 et 2019, la Société de transport de Montréal (STM) a élaboré une formation visant à faciliter l’utilisation des transports en commun par des personnes ayant des limitations fonctionnelles motrices. Après deux groupes tests, un groupe focalisé a été réalisé auprès d’experts provenant des milieux communautaires, réadaptation et gouvernemental afin de la bonifier. Au printemps 2019, la formation a été offerte à douze personnes ayant des limitations fonctionnelles motrices. Une équipe interdisciplinaire de chercheurs a réalisé l’évaluation. Avant la formation, les participants ont d’abord été évalués concernant leurs connaissances du réseau de transport ainsi qu’à l’égard de leurs objectifs et capacités de déplacements. Après la formation de sept heures comprenant des activités théoriques et pratiques puis d’un bref entraînement individuel, les personnes devaient documenter douze trajets faits de manière autonome à l’aide d’un carnet de voyage afin de connaître les effets de la formation/entraînement dans leur utilisation du transport régulier. Finalement, après avoir effectué leurs déplacements, leurs points de vue ont été recueillis à l’aide d’entrevues individuelles. Les résultats de la recherche indiquent que la mise en place d’un programme de formation et d’entraînement à l’utilisation des réseaux de bus et de métro accessibles vient augmenter l’utilisation du transport régulier et facilite la participation sociale. Ce projet démontre toute l’importance des exercices pratiques, des mises en situation, de planification des déplacements, de la résolution de problèmes et de la défense de ses droits comme usager du réseau de transport régulier.


2017 ◽  
Vol 62 (2) ◽  
pp. 94-113
Author(s):  
Nadine Lacroix ◽  
Normand Boucher ◽  
Patrick Villeneuve

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie chronique évolutive présentant de nombreuses particularités qui peuvent avoir comme impact que les personnes atteintes vivent des obstacles à leur participation sociale. Quatre-vingt-neuf participants ont répondu à des questionnaires afin de faire un portrait de la participation sociale et d’identifier les facteurs l’influençant. L’analyse des données a permis de relever certaines caractéristiques de la maladie, dont le diagnostic, la symptomatologie et le portrait socioéconomique des personnes atteintes, pouvant avoir un impact sur la participation sociale, puis les facteurs influençant spécifiquement certains rôles sociaux (loisirs et relations interpersonnelles). L’article se termine en soulevant l’importance du rôle d’accompagnateur du travailleur social auprès de personnes vivant avec la SEP.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 656-656
Author(s):  
M.A. Birem ◽  
M. Bensaida

Malgré le développement de molécules plus spécifiques, les neuroleptiques ne demeurent qu’un traitement partiellement efficace de la schizophrénie. Une proportion importante de patients, 30 à 40 %, ne montre qu’une rémission partielle des symptômes psychotiques. Les symptômes psychotiques persistants représentent un défi majeur pour les soins psychiatriques, car ils sont accompagnés d’un risque augmenté d’hospitalisations non-volontaires et interfèrent avec le fonctionnement social et professionnel.Pourquoi un programme d’entraînement cognitif ?D’une part, on peut relever la richesse des savoirs sur les distorsions métacognitives dans la schizophrénie.D’autre part, il y a bien là une intention de réduire le fossé actuel entre la compréhension avancée des processus cognitifs et métacognitifs dans la schizophrénie et son utilisation pratique dans le traitement clinique.Elle renvoie aux connaissances que nous avons de notre propre fonctionnement cognitif et au pilotage de nos comportements grâce à la mise en œuvre de procédures adaptées.Elle traduit en quelque sorte l’aptitude à réfléchir sur ses propres processus cognitifs et à les contrôler, ce qui inclut des connaissances sur : pourquoi, comment, quand s’engager dans des activités cognitives variées.Des programmes ont été conçus pour cibler les erreurs cognitives communes et les biais de résolution de problèmes associés à la schizophrénie et aux psychoses en général. Ces erreurs et biais peuvent à eux seuls ou combinés culminer dans le développement et le maintien de fausses croyances jusqu’aux délires.La psychose n’est pas un événement soudain et momentané. Le plus souvent, elle est le résultat de changements graduels dans la façon d’appréhender ses propres pensées et l’environnement social. L’amélioration des compétences métacognitives pourrait agir de façon prophylactique sur les rechutes psychotiques.


2018 ◽  
Vol 59 (1-2) ◽  
pp. 77-97
Author(s):  
Julie Castonguay ◽  
Hélène Carbonneau ◽  
Julie Fortier ◽  
Émilie Raymond ◽  
Mireille Fortier ◽  
...  

Cet article propose une description et une analyse critique du processus de recherche participative mis en oeuvre au sein du projet Habitats, milieux de vie et participation sociale des aînés. L’analyse critique met l’accent sur des conditions favorables à la réussite de ce processus, sur des difficultés rencontrées au cours de la mise en oeuvre du projet Habitats et sur des solutions pour les surmonter. Le projet Habitats a suscité des retombées locales et a inspiré d’autres projets de recherche qui permettront d’approfondir des réalités liées à l’habitat, aux milieux de vie et à la participation sociale des aînés.


2014 ◽  
Vol 42 (2) ◽  
pp. 84-99 ◽  
Author(s):  
Lalina Coulange ◽  
Carine Reydy

Dans cet article, nous décrivons et étudions un dispositif collaboratif entre chercheurs, professeurs et élèves de fin d’école primaire (10-11 ans) centré sur la résolution de problèmes mathématiques. À travers l’analyse de trois exemples de problèmes expérimentés dans ce contexte, nous nous interrogeons sur les procédures que les élèves sont à même de développer pour résoudre les problèmes proposés et sur les potentialités de ces problèmes à contribuer à l’enseignement de savoirs algébrico-numériques chez les élèves. Ces analyses nous conduisent à interroger le rôle des formules et de leur production dans la démarche de modélisation algébrique a priori visée. Les résultats de notre étude nous amènent alors à considérer deux entrées possibles qui favoriseraient l’enseignement de savoirs préalgébriques à l’école primaire. Enfin, la recherche menée nous incite à penser que les représentations initiales des élèves et des enseignants sur ce qu’est une démarche de recherche en mathématiques ont une influence conséquente sur la mise en oeuvre des situations expérimentées.


Author(s):  
Michele Alves Correa Rebelo ◽  
Francieli Alves Correa Bizatto

Le processus de démocratisation a réduit le rôle de l’État. L’institutionnalisation de certains canaux de consultation et d’évaluation a suscité des réflexions sur l’efficacité de la participation populaire à la formulation d’améliorations, à la mise en œuvre de nouvelles politiques publiques et à l’innovation des services publics. La contribution démocratique peut se faire par l’entremise de conseils de gestion, de bureaux d’ombudsman, d’audiences publiques, entre autres. Ainsi, l’article vise à identifier les possibilités d’innovation dans le secteur public par la participation populaire. Pour le développement de ces travaux, la méthode de recherche exploratoire de nature qualitative a été utilisée. L’importance du thème est basée sur la nécessité de comprendre les ambivalences des processus sociaux et des attitudes des acteurs impliqués, tant dans les expériences qui innovent dans la gestion de la chose publique, ainsi que dans ceux qui maintiennent les pratiques traditionnellement développées inchangées. L’analyse met l’accent sur le potentiel d’innovation de la fonction publique par une participation populaire efficace, par le biais de rétroactions et de canaux institutionnalisés, visant à marquer la rupture de la façon actuelle de gérer. La participation sociale peut influencer l’expansion des espaces de participation, l’inclusion de nouvelles demandes, la prise de décisions et, par conséquent, fournir de l’innovation dans le secteur public. Malgré la nécessité d’études empiriques et de recherches pour corroborer la dynamique de l’innovation dans la fonction publique par la participation effective de l’utilisateur.


2009 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 63-94
Author(s):  
Sylvie Vandaele ◽  
Mariana Raffo ◽  
Sylvie Boudreau

Résumé L’expansion du secteur des sciences biomédicales dans le marché de la traduction ainsi que les spécificités du domaine sont propres à susciter une réflexion sur la formation à donner aux futurs traducteurs. L’opération traduisante étant considérée comme une activité de résolution de problèmes, l’enseignement doit amener les apprenants à prendre conscience de leurs propres mécanismes cognitifs et à les examiner, voire à les modifier, et à se construire une architecture de connaissances sur laquelle fonder leurs décisions traductionnelles. Par ailleurs, la complexité des notions spécialisées et le grand nombre de ressources accessibles peuvent se révéler déroutants. Il devient ainsi nécessaire de construire des outils ad hoc visant des objectifs pédagogiques spécifiques. Le site BiomeTTico est offert en ligne pour consultation et interrogation, principalement à des fins pédagogiques, et vise à favoriser la reconnaissance, la formulation et la catégorisation des problèmes et des pistes de solution en réponse au questionnement soulevé par le mandat de traduction. Envisagé comme un centre de documentation, mais aussi comme moyen de valoriser différents produits issus de la recherche, il ne cherche pas l’exhaustivité, mais plutôt la pertinence. Dans ce contexte, le rôle du professeur en tant qu’expert activement engagé dans la construction de telles ressources est envisagé comme pivot, c’est-à-dire comme un point d’appui grâce auquel les étudiants peuvent (ré-)organiser et intégrer connaissances et compétences.


Author(s):  
BL Riley ◽  
KL Robinson ◽  
J Gamble ◽  
DT Finegood ◽  
D Sheppard ◽  
...  

Introduction La résolution de problèmes complexes du type de la prévention des maladies chroniques présente des défis particuliers pour la création et le transfert de connaissances, soit le passage de la connaissance à l’action (PCA). Les approches axées sur le PCA respectant les principes de la pensée systémique sont jugées prometteuses, mais les stratégies pour les mettre en place ne sont pas bien comprises. Dans cet article, nous présentons les résultats d’une analyse de plusieurs approches systémiques axées sur le PCA dans le but de déterminer comment optimiser leur mise en oeuvre et leur efficacité. Méthodologie Un groupe consultatif de cinq personnes a choisi neuf initiatives représentant une diversité d’enjeux et de formes organisationnelles. Pour chaque cas, l’information a été recueillie à partir de documents et par l’entremise d’entrevues téléphoniques avec des personnes-ressources de chaque organisation. Après la vérification des descriptions de cas, une analyse inductive a été effectuée à la fois pour chaque cas et entre les cas. Résultats Ces cas ont révélé cinq lignes directrices permettant de passer de la conception de systèmes de PCA à leur mise en oeuvre : 1) établir et entretenir des relations, 2) coproduire et organiser les connaissances, 3) créer des boucles de rétroaction, 4) les encadrer comme des interventions systémiques plutôt que comme des projets et 5) envisager des variations dans le temps et selon les lieux. Conclusion Les résultats de cette analyse contextuelle constituent un départ modeste pour transformer en résultats concrets les concepts systémiques de PCA. L’utilisation des stratégies mises au jour pourrait améliorer le PCA pour la résolution de problèmes complexes en matière de santé publique. Les stratégies elles-mêmes pourront bénéficier de l’évolution d’une science visant à comprendre l’adaptation et l’apprentissage constant des politiques et des interventions pratiques, ce qui renforcera les relations durables et comblera les lacunes des systèmes, et pas simplement celles des données probantes. Les approches systémiques de PCA tireront également des bénéfices d’évaluations rigoureuses.


2018 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 289-311
Author(s):  
Marie Gagnon ◽  
Élise Milot

Plusieurs adultes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) reçoivent des services en soutien à leur intégration dans la société. Par contre, des experts mettent en lumière la présence d’inadéquations entre leurs besoins et les services reçus, ce qui complique l’exercice d’une participation sociale pleine et entière. À cet égard, 11 adultes, dont le profil réfère à un haut niveau de fonctionnement social ou au syndrome d’Asperger, âgés de 19 à 32 ans ont été interrogés lors d’une recherche qualitative, sur ce qui facilite et fait obstacle à leur participation sociale. Des entrevues semi-dirigées ont été réalisées et retranscrites avant de faire l’objet d’une analyse thématique de contenu. Le cadre théorique choisi, le Modèle du développement humain - Processus de production du handicap 2 (MDH-PHH 2), a guidé l’analyse des données. Les résultats mettent en lumière les points de vue généralement hétérogènes des participants à l’égard des obstacles et des facilitateurs rencontrés dans l’atteinte de leurs objectifs de participation sociale. Les relations interpersonnelles, l’éducation et le travail ressortent comme des domaines centraux à leur participation sociale. De plus, les participants se sont exprimés sur les services reçus, lesquels peuvent être mal adaptés ou, au contraire, favoriser l’atteinte de leurs objectifs de participation sociale. Cette étude permet donc de montrer l’hétérogénéité des points de vue des personnes vivant avec un TSA et rappelle, ainsi, l’importance de prévoir des services flexibles et adaptés à chaque personne.


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