scholarly journals LA PRÉCARITÉ DES DROITS LINGUISTIQUES SCOLAIRES OU LES SINGULIÈRES DIFFICULTÉS DE MISE EN OEUVRE DE L’ARTICLE 23 DE LA CHARTE CANADIENNE DES DROITS ET LIBERTÉS

2019 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 335-370
Author(s):  
Daniel Proulx

La constitutionnalisation des droits à l’instruction dans la langue de la minorité pose des difficultés de mise en oeuvre très particulières. D’abord, il s’agit de droits de nature sociale, c’est-à-dire de droits qui requièrent préalablement, pour leur existence même, le concours actif des pouvoirs politiques provinciaux par voie législative ou exécutive. Dès lors, est-il possible de recourir aux tribunaux pour leur demander de forcer littéralement un parlement ou un gouvernement inactif à intervenir ? Ce texte propose quelques ébauches de réponse à cette question épineuse. Du même coup, il fait ressortir 1° de quelle façon les rapports normaux entre gouvernants et gouvernés s’en trouvent transformés en matière de libertés publiques et 2° à quel point l’équilibre des pouvoirs publics canadiens est bouleversé par une incontestable remise en cause du rôle traditionnel de nos tribunaux.

2019 ◽  
Vol 140 (1-2) ◽  
pp. 43-84
Author(s):  
Manuela Martini

Résumé L’association entre industrie de la construction et sous-traitance est une évidence à la fin du XIXe siècle, tout comme aujourd’hui. Pourtant l’histoire des mutations du statut du sous-traitant et des formes du travail au forfait dans le bâtiment au début du XXe siècle est encore peu étudiée. Pour aborder cette question, cet article prend pour objet un virement institutionnel majeur dans la définition du « tâcheron » en France : la réforme sur les abus du marchandage dans la seconde moitié des années 1930. Ce dispositif classifie et ordonne les relations entre les acteurs économiques aux intérêts divergents impliqués dans la chaîne de la sous-traitance : maître d’ouvrage, maître d’œuvre, sous-traitant, ouvriers travaillant pour le sous-traitant. Formalisant l’état des lieux de la jurisprudence et détaillant les modalités de la mise en œuvre du marchandage, il permet ainsi de s’interroger sur les caractères marquants d’une forme clé d’organisation du travail de la deuxième industrialisation.


Sens public ◽  
2015 ◽  
Author(s):  
Sabine Lavorel

Ces dernières années, différentes évolutions en faveur des langues amérindiennes se sont fait jour dans les législations latino-américaines. Ces réformes sont révélatrices de l’attention portée par les États latino-américains à la préservation des langues parlées par une part significative de leur population, mais désormais menacées de disparition. L’objet de cette contribution est donc d’analyser la portée effective de ces évolutions juridiques récentes et de s’interroger sur la nature et l’étendue des droits reconnus aux peuples amérindiens en matière linguistique. À l’évidence, ces législations linguistiques reflètent la volonté politique d’inscrire l’identité (les identités) des sociétés latino-américaines dans le droit. Émerge ainsi un « droit démotique » révélateur d’une redéfinition du pacte social fondé sur une meilleure reconnaissance des différences culturelles et identitaires qui traversent les populations nationales. Ces évolutions traduisent également une meilleure mise en œuvre des textes internationaux relatifs aux droits des peuples autochtones. Pour autant, force est de constater que parmi les mesures étudiées, rares sont celles accordant de véritables droits linguistiques substantiels.


2019 ◽  
Author(s):  
David Houle

Dans le contexte canadien, les gouvernements provinciaux jouent un rôle important dans l’élaboration des politiques de lutte aux changements climatiques, notamment par leurs efforts de mise en œuvre de mécanismes de tarification du carbone. Cet ensemble diversifié d’instruments de politiques publiques vise à imposer un prix sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) avec l’objectif d’inciter les consommateurs et les entreprises à tenir compte de l’impact de leurs décisions sur le climat. L’intérêt des gouvernements provinciaux en matière de protection du climat n’est pas nouveau. Les premiers plans d’action provinciaux dans ce domaine datent de 1995. À l’époque, après avoir considéré l’adoption d’une taxe carbone dans les années 1990s (Macdonald et coll., 2011), le gouvernement fédéral libéral avait annoncé un ensemble d’actions en changements climatiques afin de mettre en œuvre le Protocole de Kyoto, ratifié par le Premier Ministre Jean Chrétien en décembre 2002 (Harrison, 2007). Durant cette période, les actions fédérales en matière de protection du climat culminèrent par la publication, le 16 juillet 2005, de l’Avis d’intention pour réglementer les émissions des gaz à effet de serre qui sont produites par les grands émetteurs finaux, une réglementation visant les grandes entreprises et qui incluait plusieurs mécanismes de tarification du carbone .L’élection d’un gouvernement fédéral conservateur en 2006 changea la donne de manière fondamentale. Pour plusieurs observateurs et dirigeants provinciaux, il semblait maintenant peu probable que le gouvernement fédéral s’engage sur la voie de la tarification du carbone. L’approche privilégiée par le nouveau gouvernement fédéral était celle d’une réglementation sectorielle, basée sur des normes réglementaires traditionnelles (une approche parfois d’écrite comme ‘command-and-control’) consistant essentiellement à fixer des cibles d’émission que les industries devaient respecter sans que des mécanismes de flexibilité (par exemple, des permis échangeables) soit disponibles. Bien que des négociations aient été entamées avec de nombreux secteurs industriels (Munroe, 2016), seulement deux secteurs ont été réglementés, celui des transports et des centrales au charbon (Commissaire à l’environnement, 2012). C’est dans ce contexte que les provinces, de plus en plus au fait des impacts des changements climatiques sur leur territoire et des opportunités économiques créées par la croissance des industries vertes, devinrent plus actives en matière de changements climatiques. Elles craignaient moins, comme cela était le cas sous les précédents gouvernements fédéraux de Jean Chrétien et Paul Martin, un possible dédoublement de leurs efforts avec ceux du fédéral (Houle et coll., 2014, Houle, 2015). Certains gouvernements provinciaux incluant le Québec, l’Ontario, la Colombie-Britannique, le Manitoba, et l’Alberta adoptèrent des approches innovatrices en matière de changements climatiques. Simultanément, ces provinces firent preuve d’une préférence en faveur de la tarification du carbone, qui constitua un élément central de leur politique climatique, via l’adoption de taxes sur le carbone ainsi que de systèmes d’échange de droits d’émission (Houle, 2015). De manière inattendue, l’adoption de ces instruments peut être observée autant dans les provinces où une majorité de la population supporte la tarification du carbone que dans celles où seulement une minorité d’électeurs s’expriment en sa faveur. Doit-on en conclure que les décideurs publics ne tiennent pas compte de l’opinion publique sur la question de la tarification du carbone? Ce chapitre va explorer cette question tout d’abord en définissant la tarification du carbone et montrant le momentum à l’échelle international en faveur de son adoption. Par la suite, pour comprendre le lien entre l’opinion publique et l’émergence de la tarification du carbone dans le contexte canadien nous examinons tout d’abord l’évolution de l’opinion publique à ce sujet et, en particulière, les différences interprovinciales. La dernière section de ce chapitre propose des études de cas, en commençant par celui de la Colombie-Britannique où la taxe carbone instaurée dans cette province fit l’objet d’une intense controverse, surtout pendant les élections provinciales de 2009. Nous comparons ensuite cette campagne électorale avec d’autres élections provinciales de cette période, notamment celles de l’Ontario de 2011 et du Québec en 2012. Ces comparaisons nous permettent de constater, lorsqu’elles sont associées aux observations des données d’opinion publique, que le manque de support initial pour la tarification du carbone n’a, règle générale, empêcher les gouvernements provinciaux de s’engager dans cette voie.


Author(s):  
Said Haouassia

L'objectif général du présent article est de relater un état des connaissances dont on dispose à  propos de l'évaluation des acquis cognitifs des étudiants au cycle supérieur au Maroc, pour proposer des pistes  pour l'améliorations de la qualité des démarches d'apprentissage  que connaissent les institutions supérieur  de l'éducation et de la formation ; notre article  s'est articulé autour des quatre questions :de quelle informations nous disposons sur les acquis des étudiants ?quelle est la cause de la rareté d'informations  sur les acquis des étudiants ?Pourquoi devrait-on élargir notre savoir sur les acquis des étudiants ?Comment faire évoluer  les pratiques d'évaluation des acquis ? L'exploration de cette question nous amener  à  reposer un certain nombre de questions  quant au fonctionnement  des formations universitaires, La méthodologie mise en oeuvre  a cherché  de mettre en oeuvre ces doubles objectifs, en diversifiant et corrélant les sources d'information. Nous avons privilégié Trois méthodes complémentaires. Premiêrement, l'analyse de la situation actuelle, basé sur  des quatre questions évoquées ci-dessus, s'est basé  sur une étude de documents. Ainsi que  Des entretiens semi-dirigés ont aussi été menés, en référence aux quatre questions, auprês d'un nombre restreint de responsables pédagogiques .Une troisième piste a  procédé à  une étude de cas, visant à  comparer qualitativement et dans le détail, les pratiques d'évaluation des acquis des étudiants d'une même section  dans deux universités différentes  à  enrichir l'ensemble du notre  bilan sur l'évaluation des acquis des étudiants.


2019 ◽  
Vol 21 (3) ◽  
pp. 473-496
Author(s):  
André Braën

La constitution canadienne renferme plusieurs dispositions qui octroient des droits linguistiques aux deux minorités de langue officielle. L’intervention de l’État est généralement requise pour leur mise en oeuvre. Dans le cas où l’État n’y donne pas suite, quel rôle peut jouer l’action en dommages ? L’auteur analyse, sur une base comparée droit civil / common law, les diverses situations où une contestation judiciaire reposant sur une action en dommages pourrait connaître des chances de succès.


2012 ◽  
Vol 36 (1) ◽  
pp. 46-68 ◽  
Author(s):  
Paulin G. Djité

En dépit de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789, article 11), suivie de la Charte des Nations Unies (1945), de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948 : article 2) et de la Convention européenne des droits de l’homme (1950 : articles 4, 6, 10 11, et 14) dont plusieurs articles renvoient à la langue ou présentent une pertinence spécifique à ce propos, de nombreux pays africains, dont la Côte d’Ivoire, ont choisi la langue de l’ancien colonisateur comme langue officielle au moment de leur accès à l’indépendance. Toutes leurs institutions, tous leurs textes juridiques et tous les droits fondamentaux de leurs citoyens sont formulés uniquement et exclusivement dans une langue que la majorité de la population ne parle pas et ne comprend pas. Les droits de l’homme et du citoyen ne trouveraient-ils leur expression que dans la langue de l’ancienne puissance coloniale ? Nous nous proposons ici, après un bref aperçu historique, de répondre à cette question du point de vue de la sociolinguistique du développement : c’est-à-dire, du point de vue de l’impact de la politique des langues, ou de l’absence de celle-ci, sur le quotidien du citoyen, et tout particulièrement dans le cas de la Côte d’Ivoire et terminons cet article avec une réflexion plus générale sur le comportement et les attitudes linguistiques de l’État de Côte d’Ivoire et de ses citoyens.


2021 ◽  
Author(s):  
Charles Ragin ◽  
Howard Becker

De quoi un cas est-il le cas ? Cette question hante l’ouvrage classique dirigé par Charles Ragin et Howard Becker. Délaissant les débats classiques sur la généralisation et le rôle de la théorie dans l’étude de cas, il nous invite à réfléchir à ce qu’est faire cas. Quelle que soit la modalité mise en oeuvre, par déduction, induction ou abduction, l’opération du faire cas est centrale, épistémologiquement et méthodologiquement, pour saisir l’intérêt de l’étude de cas en sciences sociales. En s’attachant à ouvrir l’idée de cas et donc à ne pas restreindre celui-ci à la seule étude monographique, ni d’ailleurs à la seule approche qualitative, cet ouvrage repose sur un choix explicite et clair : tenter d’expliciter les procédures par lesquelles on constitue un cas en liant ses particularités à des éléments plus généraux et ceci en rendant compte de l’extrême variété des façons d’y parvenir.


2021 ◽  
pp. 51-60
Author(s):  
Sandrine Sebban

Conçue avant tout comme relevant d’une problématique de l’espace, la schizophrénie nous interroge sur le fait que le sujet ne parviendrait ni à habiter son corps ni le monde. Un contexte hospitalier, sous-tendu par un fond théorique se référant au mouvement de la psychothérapie institutionnelle, pourrait permettre de travailler cette question à partir de la notion d’ « espace polyphonique multi-référentiel ». En articulation avec cette idée, la mise en œuvre d’ateliers médiatisés par la voix chantée et la musique pourrait potentiellement aider les patients à fabriquer de l’espace dans les structures hospitalières, quand bien même la musique se propose généralement comme un art du temps.


Author(s):  
Vera Galindabaeva

Cet article porte sur le contexte spécifique de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une politique publique en vue de la préparation de grands événements sportifs en Russie. Cette question est analysée à travers le cas spécifique de la mise en place de mesures d’éradication des animaux errants dans les villes de Kazan et Sotchi avant les Universiades de 2013 et les JO d’hiver de 2014. L’article permet ainsi de mettre en évidence les subtils jeux d’acteurs locaux ainsi que les logiques néo-patrimoniales caractéristiques des politiques publiques de restructuration urbaine, amenant l’auteure à proposer le modèle de « machines de croissance néo-patrimoniales » spécifique au contexte post-soviétique.


2014 ◽  
Vol 32 (3) ◽  
pp. 81-101 ◽  
Author(s):  
Antonios Vlassis

Le présent article tente de saisir l’action politique du secrétariat de l’UNESCO vis-à-vis de la gestion de l’interface entre le commerce et la culture, ainsi que ses marges de manoeuvre face aux entrepreneurs de la diversité des expressions culturelles. Alors que la plupart des études relatives à cet enjeu supposent que le secrétariat général reste largement favorable au processus de l’élaboration et de la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité culturelle, nous nous interrogeons ici sur les conditions – empiriquement sondées – qui permettent au secrétariat d’agir. Notre analyse démonte alors l’idée courante selon laquelle l’UNESCO était à l’avant-garde de la Convention et illustre les raisons pour lesquelles l’organisation a adopté une position conservatrice sur cette question et a mis en oeuvre un certain nombre de stratégies qui tiennent compte de logiques institutionnelles propres à l’UNESCO.


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