Performativité de la prise de parole. Enseignements à partir du cas du Lucernaire
Pour Hirschman (1983, 1986, 1995), en cas d’insatisfaction, nous n’avons pas que la sortie (exit) ou la loyauté (loyalty) comme capacité d’action, nous pouvons aussi prendre la parole (voice). Mais qu’est-ce qui rend une prise de parole performative ? Nous proposons d’étudier la prise de parole non comme une argumentation ou un signe mais comme une performance (Schechner, 1995, 2002). Une étude exploratoire qualitative, où une prise de parole a consisté simultanément en une grève de la faim et en la dramatisation de cette protestation dans une pièce de théâtre, montre un ensemble de dynamiques performatives. Cinq enseignements quant à la performativité de la prise de parole sont proposés, concernant l’existence de porte(s) de sortie, la théâtralité et la performance, le parasitage de la parole, le rôle des différents contextes et l’ouverture à la conciliation.