scholarly journals La représentation politique comme lien émotionnel

2019 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 203-227
Author(s):  
Christian Le Bart

L’objectif de cette contribution est de réfléchir au lien démocratique qui unit représentés et représentants du point de vue des émotions. Nous privilégierons une approche historique pour rendre compte du cas français. Selon un premier modèle, les émotions sont strictement encadrées au sommet de l’État. Ce modèle n’a évidemment pas disparu, mais il est concurrencé depuis quelques années par un modèle fondé sur le relâchement partiel, y compris au sommet de l’État, des contraintes de sang-froid. Le politique n’est plus seulement celui qui perçoit les émotions de la foule et qui sait les traduire en actions publiques; il est celui (ou celle) qui les éprouve avec intensité. Il s’émeut comme tout un chacun face aux drames collectifs et il se réjouit lors des liesses collectives; il peut même assumer publiquement des émotions personnelles liées à la carrière politique ou à la vie privée.

2005 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 75-86 ◽  
Author(s):  
Elisabeth Souza Lobo

Dans cette note, l'auteure examine la documentation brésilienne d'abord sur les mouvements sociaux et la participation des femmes à ces mouvements, s'attardant particulièrement à ceux basés sur des articulations particulières entre vie privée et pratiques publiques (clubs de mères, luttes urbaines, revendications de garderies, de logements, etc.). Elle tente ensuite de saisir, dans les travaux des années 1980, l'émergence des femmes comme sujets collectifs, en rapport avec les questions de citoyenneté et d'égalité des droits et dans leur représentation au sein des institutions politiques et syndicales. Elle en conclut qu'au Brésil, l'enracinement profond des femmes dans les mouvements sociaux ne s'est pas traduit en légitimité politique.


1982 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 246-254 ◽  
Author(s):  
Janusz Tazbir

M'étant interrogé, il y a quelques années, sur l'accueil réservé aux œuvres de Thomas More et sur leur diffusion en Pologne, j'ai tenté de définir les raisons pour lesquelles les utopies classiques n'avaient pas trouvé de résonance parmi les citoyens de la République nobiliaire. Elles sont multiples. Ainsi, presque toutes les représentations de la société idéale, depuis la Politique de Platon, les visions de More ou de Campanella, jusqu'aux utopies du siècle des Lumières, préconisent une ingérence très poussée dans la vie privée des citoyens, un contrôle continu exercé sur eux par des censeurs spécialement institués à cette fin, la soumission à des normes très rigoureuses de discipline sociale — en un mot, un fonctionnement de l'État qui est en contradiction flagrante avec les institutions de la Pologne des xvie-xviie siècles. Comme le remarque à juste titre Claude Backvis, l'utopie naît dans des conditions où elle ne peut en aucune mesure être réalisée. Elle réclame tout parce qu'elle n'est en mesure de rien obtenir ; son maximalisme vient de ce qu'on pense impossible de modifier, de quelque façon que ce soit, les rapports sociaux et politiques existants. C'est la raison pour laquelle la noblesse polonaise qui, à l'époque de la Renaissance, avait largement les moyens de transformer l'État, ne recherchait pas de compensation dans la création imaginaire d'un monde idéal, utopique. Plus tard, le conservatisme de l'État polonais, son hostilité déclarée à tout changement, s'opposèrent efficacement tant à la création de variantes polonaises qu'à la réception des versions étrangères de l'utopie.


2006 ◽  
Vol 148 (1) ◽  
pp. 81-102 ◽  
Author(s):  
Christine Errera
Keyword(s):  

1991 ◽  
Vol 43 (3) ◽  
pp. 539-563 ◽  
Author(s):  
François Rigaux
Keyword(s):  

Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document