Une approche contextualiste des relations voix/gestes dans les improvisations de Tanya Tagaq : un « acte performanciel »
La pratique artistique de Tanya Tagaq se caractérise par le recours à de nombreux effets vocaux, issus tant du katajjaq que d’autres traditions musicales, que la chanteuse semble coordonner à des mouvements et des gestes expressifs. L’hypothèse est que les mouvements du bras, des mains, du corps de Tagaq sur scène possèdent, tout comme les sons qu’elle produit, une dimension symbolique pertinente pour la performance et se coordonnent dans une même expression. Peut-on identifier une typologie de correspondances voix/gestes lors d’une performance de Tagaq? Pour explorer son geste musical en rapport avec la production du son, les données ont été générées par la captation des mouvements et de la voix lors de performances scéniques (LARC et Palais Montcalm, Québec, janvier-février 2016), à partir d’un système de motion capture (VICON), d’un microphone de gorge et d’un traitement informatique. On explorera ici un terrain symbolique, éclaté, souvent inaccessible car métaphorique, et peu foulé par la recherche, notamment du fait de la singularité de Tagaq qui intègre autant des éléments de sa culture inuit que ceux de la culture transnationale. Étant donné sa signification expressive pour l’auditoire, il s’agit de saisir ce que pourrait signifier ou exprimer le mouvement corporel en lien avec les émissions vocales de l’artiste.