scholarly journals Coût Global, Conséquentisme et Stratégie de Développement Durable

2018 ◽  
Vol 20 (1) ◽  
pp. 114-122
Author(s):  
Paul Bouvier-Patron

Reprenant une opposition habituelle court/long terme, nous interrogeons l’inflexion de l’analyse de la rentabilité d’entreprise lorsqu’elle s’écarte de la logique de court terme. L’horizon de calcul n’est qu’un aspect de la question car ce qui prime tout autant est la logique de comptabilisation des éléments. A court terme, cette comptabilisation est trop limitative. Il importe de s’intéresser a minima, ex post, à la comptabilisation des coûts au long du cycle de vie du produit mais surtout, ex ante, au niveau de la conception et d’adopter une démarche conséquentiste pour asseoir une stratégie de Développement Durable d’entreprise.

Author(s):  
Christian Gollier ◽  
Jean Hindriks

L'investissement socialement responsable (ISR) a le vent en poupe (avec une part de marché de 10 % en Europe) et cela se comprend. Dans un contexte de suspicion sur la finance et ses excès, et sur la capacité de l'Etat à réguler les marchés pour impulser un mode de développement plus responsable, plus durable et plus solidaire, les citoyens se sont donnés comme mission d'organiser ce développement eux-mêmes. L'investissement socialement responsable offre, à cet égard, une alternative intéressante à l'intervention publique, fondée sur la logique de marché. Les citoyens étant aussi des investisseurs, ils peuvent exprimer leurs valeurs éthiques au travers de leurs choix d'investissements qui ensuite doivent inciter les entreprises à mieux tenir compte des conséquences environnementales et sociales de leurs actions dans le long terme. Sans vouloir diminuer l'importance de cet argument, ce numéro de Regards économiques vise à donner une série de balises pour transformer les bonnes intentions en actions concrètes et faire de l'ISR un outil de développement durable et responsable sur le long terme. Ces balises sont les suivantes : Le droit qu'ont les citoyens d'organiser eux-mêmes un mode de développement plus responsable n'a de sens que s'il s'accompagne de la capacité d'exercer effectivement ce développement et d'en assurer le contrôle effectif. Il y a donc un impératif de plus de clarté et de transparence sur la façon précise dans laquelle l'ISR s'incarne sur le terrain et les formes concrètes qu'il épouse. Il n'existe aujourd'hui aucun consensus sur la définition précise de ce qu'est un investissement socialement responsable. On se contente d'approches générales de sélection des investissements ex-ante sur base de critères variables selon l'endroit et le temps. Une approche d'impact ex-post plus centrée sur les bénéficiaires supposés nous semble plus féconde. C'est l'approche par en bas qui manque pour décrire l'impact au quotidien et sur le terrain de l'ISR. Il est illusoire de penser que l'ISR va remplacer l'Etat. En fait l'explosion de l'ISR en France (augmentation par trois du volume en deux ans) est principalement attribuable à l'obligation faite par l'Etat d'inclure au moins un fonds ISR dans les plans de pension. L'Etat a aussi un rôle crucial à jouer pour réguler et vérifier la transparence et la régularité des fonds ISR. L'Etat a enfin la capacité d'influencer le comportement de tous via la fiscalité et de réinvestir l'argent dans des investissements socialement responsables. Donc, si l'ISR responsabilise les citoyens, il ne doit pas pour autant déresponsabiliser l'Etat. La définition d'un investissement socialement responsable et l'évaluation des fonds ISR passe inévitablement par la définition d'une mesure des coûts et bénéfices sociaux de l'investissement. Faire le bien commun ne suffit pas pour être ISR. Encore faut-il le faire du mieux possible. Pour cela, il faut impérativement fixer des valeurs aux dimensions extra-financières des projets, améliorer leur comparabilité, et assurer la cohérence globale des évaluations. On s'assure ainsi que seuls les projets plus performants, au sens du bien commun, seront mis en œuvre. Les discours généreux et généraux sonnent creux. En revanche la preuve d'un vrai succès exerce une influence profonde et durable. Il est nécessaire de mener une réflexion poussée sur la manière d'organiser l'ISR, d'augmenter sa transparence et de mesurer son impact. C'est à cela que nous devons prêter attention pour que cette bonne intention d'un ISR puisse effectivement se transformer en réalité et produire une dynamique positive et vertueuse de la finance. C'est l'objet de ce numéro de Regards économiques : «Changer la finance !».


Author(s):  
Christian Gollier ◽  
Jean Hindriks

L'investissement socialement responsable (ISR) a le vent en poupe (avec une part de marché de 10 % en Europe) et cela se comprend. Dans un contexte de suspicion sur la finance et ses excès, et sur la capacité de l'Etat à réguler les marchés pour impulser un mode de développement plus responsable, plus durable et plus solidaire, les citoyens se sont donnés comme mission d'organiser ce développement eux-mêmes. L'investissement socialement responsable offre, à cet égard, une alternative intéressante à l'intervention publique, fondée sur la logique de marché. Les citoyens étant aussi des investisseurs, ils peuvent exprimer leurs valeurs éthiques au travers de leurs choix d'investissements qui ensuite doivent inciter les entreprises à mieux tenir compte des conséquences environnementales et sociales de leurs actions dans le long terme. Sans vouloir diminuer l'importance de cet argument, ce numéro de Regards économiques vise à donner une série de balises pour transformer les bonnes intentions en actions concrètes et faire de l'ISR un outil de développement durable et responsable sur le long terme. Ces balises sont les suivantes : Le droit qu'ont les citoyens d'organiser eux-mêmes un mode de développement plus responsable n'a de sens que s'il s'accompagne de la capacité d'exercer effectivement ce développement et d'en assurer le contrôle effectif. Il y a donc un impératif de plus de clarté et de transparence sur la façon précise dans laquelle l'ISR s'incarne sur le terrain et les formes concrètes qu'il épouse. Il n'existe aujourd'hui aucun consensus sur la définition précise de ce qu'est un investissement socialement responsable. On se contente d'approches générales de sélection des investissements ex-ante sur base de critères variables selon l'endroit et le temps. Une approche d'impact ex-post plus centrée sur les bénéficiaires supposés nous semble plus féconde. C'est l'approche par en bas qui manque pour décrire l'impact au quotidien et sur le terrain de l'ISR. Il est illusoire de penser que l'ISR va remplacer l'Etat. En fait l'explosion de l'ISR en France (augmentation par trois du volume en deux ans) est principalement attribuable à l'obligation faite par l'Etat d'inclure au moins un fonds ISR dans les plans de pension. L'Etat a aussi un rôle crucial à jouer pour réguler et vérifier la transparence et la régularité des fonds ISR. L'Etat a enfin la capacité d'influencer le comportement de tous via la fiscalité et de réinvestir l'argent dans des investissements socialement responsables. Donc, si l'ISR responsabilise les citoyens, il ne doit pas pour autant déresponsabiliser l'Etat. La définition d'un investissement socialement responsable et l'évaluation des fonds ISR passe inévitablement par la définition d'une mesure des coûts et bénéfices sociaux de l'investissement. Faire le bien commun ne suffit pas pour être ISR. Encore faut-il le faire du mieux possible. Pour cela, il faut impérativement fixer des valeurs aux dimensions extra-financières des projets, améliorer leur comparabilité, et assurer la cohérence globale des évaluations. On s'assure ainsi que seuls les projets plus performants, au sens du bien commun, seront mis en œuvre. Les discours généreux et généraux sonnent creux. En revanche la preuve d'un vrai succès exerce une influence profonde et durable. Il est nécessaire de mener une réflexion poussée sur la manière d'organiser l'ISR, d'augmenter sa transparence et de mesurer son impact. C'est à cela que nous devons prêter attention pour que cette bonne intention d'un ISR puisse effectivement se transformer en réalité et produire une dynamique positive et vertueuse de la finance. C'est l'objet de ce numéro de Regards économiques : «Changer la finance !».


CFA Digest ◽  
2003 ◽  
Vol 33 (3) ◽  
pp. 8-9
Author(s):  
Ann C. Logue
Keyword(s):  
Ex Post ◽  

1993 ◽  
Vol 108 (2) ◽  
pp. 135-138
Author(s):  
Pierre Malgrange ◽  
Silvia Mira d'Ercole
Keyword(s):  
Ex Post ◽  

Author(s):  
Richard Adelstein

This chapter elaborates the operation of criminal liability by closely considering efficient crimes and the law’s stance toward them, shows how its commitment to proportional punishment prevents the probability scaling that systemically efficient allocation requires, and discusses the procedures that determine the actual liability prices imposed on offenders. Efficient crimes are effectively encouraged by proportional punishment, and their nature and implications are examined. But proportional punishment precludes probability scaling, and induces far more than the systemically efficient number of crimes. Liability prices that match the specific costs imposed by the offender at bar are sought through a two-stage procedure of legislative determination of punishment ranges ex ante and judicial determination of exact prices ex post, which creates a dilemma: whether to price crimes accurately in the past or deter them accurately in the future. An illustrative Supreme Court case bringing all these themes together is discussed in conclusion.


Land ◽  
2020 ◽  
Vol 9 (3) ◽  
pp. 70 ◽  
Author(s):  
Quentin Grislain ◽  
Jeremy Bourgoin ◽  
Ward Anseeuw ◽  
Perrine Burnod ◽  
Eva Hershaw ◽  
...  

In recent decades, mechanisms for observation and information production have proliferated in an attempt to meet the growing needs of stakeholders to access dynamic data for the purposes of informed decision-making. In the land sector, a growing number of land observatories are producing data and ensuring its transparency. We hypothesize that these structures are being developed in response to the need for information and knowledge, a need that is being driven by the scale and diversity of land issues. Based on the results of a study conducted on land observatories in Africa, this paper presents existing and past land observatories on the continent and proposes to assess their diversity through an analysis of core dimensions identified in the literature. The analytical framework was implemented through i) an analysis of existing literature on land observatories, ii) detailed assessments of land observatories based on semi-open interviews conducted via video conferencing, iii) fieldwork and visits to several observatories, and iv) participant observation through direct engagement and work at land observatories. We emphasize that the analytical framework presented here can be used as a tool by land observatories to undertake ex-post self-evaluations that take the observatory’s trajectory into account, or in the case of proposed new land observatories, to undertake ex-ante analyses and design the pathway towards the intended observatory.


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