scholarly journals L’État québécois est-il un État-parent?

2018 ◽  
Vol 58 (3) ◽  
pp. 549-579 ◽  
Author(s):  
Jean-François Laniel

Cinquante ans après les États généraux du Canada français (1966, 1967 et 1969), les liens entre communautés francophones au Québec et hors Québec semblent de nouveaux à l’ordre du jour. Ils sont tout particulièrement discutés depuis la Politique du Québec en matière de francophonie canadienne (2006), et plus encore depuis les déclarations récentes de Jean-Marc Fournier, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, proposant « une autre vision de la francophonie canadienne » (2015-2016). Signe d’une mutation relationnelle et référentielle d’importance, ces nouveaux liens entre communautés francophones participent d’une transformation de la conception québécoise et francophone du Canada, que l’on retrouve notamment dans le document Québécois, notre façon d’être Canadiens. Politique d’affirmation du Québec et des relations canadiennes (2016). Pour autant, l’État québécois est-il un État-parent à l’endroit des francophones hors Québec? Telle est la question heuristique qui traversera cet article. L’objectif n’est pas d’offrir une réponse définitive à cette question, mais plutôt de mieux comprendre, grâce à elle, les relations historiques et contemporaines entre communautés francophones et québécoises, sises dans le cadre canadien. Pour ce faire, nous proposons un cadre d’analyse à visée synthétique des relations entre communautés francophones au Québec et hors Québec, à l’aune de la dynamique identitaire et politique, celle du nationalisme transfrontalier et de l’État-parent. En ce sens, il s’agit d’une synthèse entendue comme chantier, celui de l’étude du triangle des relations entre l’État québécois, les francophones hors Québec et l’État canadien.

2006 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
Author(s):  
Chrystel Morgan

L’article suivant se propose d’étudier le transformisme dans les oeuvres de Diderot en l’appliquant plus particulièrement à la vue diderotienne du monstre. L’hypothèse que nous proposons est le fait que Diderot pense que le monstre n’est pas en soi « monstrueux » mais que c’est la société qui impose ce libellé aux personnes qui sont « différentes ». Le « monstre », pour Diderot est un produit normal de la nature où tout se transforme. Seule la matière perdure. Qu’est qu’un monstre ? Cette question a hanté l’homme, depuis la nuit des temps. De nombreuses


2014 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 75-88
Author(s):  
Annemarie Dinvaut

Le sensoriel et l’expression plastique sont-ils des outils de formation pertinents pour aller à la rencontre de l’altérité et de la diversité linguistique et culturelle ? Nous nous proposons de répondre à cette question en analysant des productions d’étudiants : ceux-ci rendent compte de leur fréquentation d’une langue par une création plastique qui privilégie les aspects sensoriels de cette expérience. Ce double processus les amène à une réflexion métalinguistique et à une posture d’accueil du plurilinguisme. We sketch our languages and develop teaching skills Abstract: Are sensorial and plastic activities appropriate tools to develop language awareness and intercultural skills, in a college of education? To answer this question, we ask students to express their sensorial and affective experience of a language they choose: scrutinizing their productions enables us to see the impact of this activity, regarding their metalinguistic reflection and their receptiveness to linguistic and cultural plurality.


2003 ◽  
Vol 55 (3) ◽  
pp. 533-560
Author(s):  
Eric Edo

RésuméLe problème de Jung-Nagata (cf. [J], [N]) consiste à savoir s'il existe des automorphismes dek[x; y; z] qui ne sont pas modérés. Nous proposons une approche nouvelle de cette question, fondée sur l'utilisation de la théorie des automates et du polygone de Newton. Cette approche permet notamment de généraliser de façon significative les résultats de [A].


2019 ◽  
Vol 140 (1-2) ◽  
pp. 165-202
Author(s):  
Liliane Hilaire-Pérez ◽  
Helen Clifford

Résumé La sous-traitance dans les métiers londoniens est un phénomène massif au XVIIIe siècle qui transforme l’économie et la culture technique artisanales. Elle est liée à la recherche de producteurs qualifiés capables de répondre à la demande en nombre d’articles hautement composites, censés varier les effets visuels et fonctionnels des objets de consommation. L’économie de la variété, appliquée à une production importante, favorise l’extension des circuits entre producteurs et l’essor des marchés de production, c’est-à-dire une organisation ramifiée complexe fondée sur la mobilisation d’opérateurs externes spécialisés, sous l’égide d’artisans-entrepreneurs. Nous nous proposons d’examiner l’impact de cette organisation du travail sur la culture technique et les identités professionnelles en milieu artisanal. On abordera cette question d’une part à travers l’écrit économique, d’autre part à partir d’actes de la pratique.


2010 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 39-61 ◽  
Author(s):  
Marcos Ancelovici

Résumé Comment expliquer l’émergence et le déclin de mobilisations contestataires ? Afin de répondre à cette question, nous développons une critique du modèle du processus politique sur la base de la théorie des champs de Pierre Bourdieu. Partant de l’idée voulant qu’une multitude d’espaces institutionnels organisés selon des logiques différentes coexistent au sein de chaque société, nous proposons de remplacer la notion de structure des opportunités politiques, qui est au coeur du modèle du processus politique, par celle de structure des opportunités du champ (SOC). Il y aurait donc autant de SOC qu’il y a de champs et la structure des opportunités politiques ne serait qu’une structure d’opportunités parmi d’autres. Après avoir présenté le modèle du processus politique ainsi que la théorie des champs de Bourdieu, nous distinguons une dimension statique d’une dimension dynamique de la SOC et expliquons en quoi chacun des aspects contribue à l’émergence, à la croissance ou au déclin des mobilisations et de la contestation.


Emerita ◽  
2019 ◽  
Vol 87 (2) ◽  
pp. 203
Author(s):  
Pascale Paré-Rey

[fr] Nous proposons de relire la fameuse notice de Tite-Live sur l’introduction du théâtre à Rome en nous demandant s’il nous apprend véritablement ce que furent les origines de cette pratique, et, le cas échéant, ce qu’il nous propose de différent ou de complémentaire. Cette question sera traitée grâce à l’examen de la structure du passage et de sa situation dans l’économie de l’histoire livienne; grâce à la lecture des étapes parcourues par l’historien; grâce à l’analyse des questions soulevées par l’apparition des ludi scaenici et par le rôle de Livius Andronicus.


Phantasia ◽  
2019 ◽  
Author(s):  
Varia : Claire pages

Nous souhaitons ici développer une réflexion touchant l’ambivalence de la pensée psychanalytique de l’événement, telle du moins qu’on peut la thématiser à partir des textes de Freud, en présentant les oscillations qui sont les siennes non pas comme un motif d’invalidation mais comme une ressource pour une pensée soucieuse de faire doit et place aujourd’hui à l’événement. Nous proposons d’aborder cette question en partant de la réception des élaborations psychanalytiques de la notion d’événement par la « pensée française ». La théorie psychanalytique semble tantôt interprétée comme ouverture à l’événement, c’est-à-dire appréhendant la vie psychique du sujet comme tributaire d’une expérience, de ce qui lui arrive dans le monde, ce déterminant d’extériorité pouvant relever de l’accident, du contexte, de la rencontre, etc., tantôt comme pensée du fantasme, logique des images sans origine, soit d’une interprétation de la vie psychique du sujet qui indexe celle-ci à des structures ou à des logiques internes autonomes indépendantes de la réalité. L’exigence de penser l’événement qui s’impose à nombre de philosophes du second XXe siècle engage une attitude ambivalente à l’égard de la psychanalyse et cela parfois chez un même auteur. Tantôt la prise en compte de l’événement exige de rompre avec la psychanalyse, tantôt elle impose de s’inspirer de ses modèles et de ses concepts.


2012 ◽  
Vol 36 (1) ◽  
pp. 46-68 ◽  
Author(s):  
Paulin G. Djité

En dépit de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789, article 11), suivie de la Charte des Nations Unies (1945), de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948 : article 2) et de la Convention européenne des droits de l’homme (1950 : articles 4, 6, 10 11, et 14) dont plusieurs articles renvoient à la langue ou présentent une pertinence spécifique à ce propos, de nombreux pays africains, dont la Côte d’Ivoire, ont choisi la langue de l’ancien colonisateur comme langue officielle au moment de leur accès à l’indépendance. Toutes leurs institutions, tous leurs textes juridiques et tous les droits fondamentaux de leurs citoyens sont formulés uniquement et exclusivement dans une langue que la majorité de la population ne parle pas et ne comprend pas. Les droits de l’homme et du citoyen ne trouveraient-ils leur expression que dans la langue de l’ancienne puissance coloniale ? Nous nous proposons ici, après un bref aperçu historique, de répondre à cette question du point de vue de la sociolinguistique du développement : c’est-à-dire, du point de vue de l’impact de la politique des langues, ou de l’absence de celle-ci, sur le quotidien du citoyen, et tout particulièrement dans le cas de la Côte d’Ivoire et terminons cet article avec une réflexion plus générale sur le comportement et les attitudes linguistiques de l’État de Côte d’Ivoire et de ses citoyens.


Author(s):  
Kadia Georges Aka ◽  
François Labelle ◽  
Michel Trépanier

Résumé Les enjeux de la durabilité offrent des possibilités considérables d’innovations durables (ID) aux entreprises. Pour en profiter, les dirigeants peuvent s’impliquer dans le développement de ces innovations en exerçant trois rôles essentiels : champion durable, entrepreneur durable et leader durable. L’approche par les traits utilisée pour révéler ces rôles est insuffisante pour comprendre comment les dirigeants parviennent à développer des ID dans différents contextes. Nous proposons une approche comportementale pour répondre à cette question tout en insistant sur la relation complémentaire entre les trois rôles. Au terme de l’exploration de deux cas d’ID développées par des PME, nos résultats montrent que pour réaliser ces innovations, les dirigeants de PME jouent les trois rôles et les intègrent en se comportant comme des observateurs actifs, des bricoleurs et des réseauteurs ainsi qu’en composant avec les événements constitutifs des contextes dans lesquels ils évoluent. Notre étude conclut en suggérant un modèle intégré qui présente les trois rôles et les comportements par lesquels ils sont activés comme les dimensions constituantes d’un construit unique : l’éco-innovateur.


2012 ◽  
Vol 48 (2) ◽  
pp. 17-28
Author(s):  
Antoine Boisclair

Il n’est plus à prouver que la génération de La Relève fut la première, au Canada français, à interroger l’identité du sujet en dehors de paramètres strictement religieux ou nationalistes. Afin de montrer comment la poésie et les textes en prose de Saint-Denys Garneau font écho à ce questionnement, la plupart des lecteurs ont souligné à juste titre l’influence exercée chez lui par le personnalisme et l’existentialisme chrétiens. Sans chercher à réfuter cette lecture, nous pouvons élargir à d’autres horizons le contexte artistique et intellectuel dans lequel Garneau élabore ses théories du sujet. À partir d’une lecture de poème (« Tous et chacun »), nous proposons ici d’établir des parallèles entre le sujet garnélien, qui tend à s’effacer au profit d’une « voix » incertaine, et les conceptions de l’instance créatrice que l’on retrouve chez des auteurs plus ou moins contemporains de Garneau. Nous constatons notamment qu’une des fonctions principales que Garneau assigne au sujet poétique (« établir un ordre intelligible entre les choses » de manière à révéler des « harmonies ») s’inscrit dans une tradition moderne à laquelle se rattachent notamment Claudel et Reverdy. Dans une perspective plus large, nous pouvons croire que Garneau, à l’instar de Valéry, a tenté d’ouvrir le sujet à l’extériorité sensible sans pour autant abolir le Je. Il appartient à la « fin de l’intériorité », selon la formule employée par Laurent Jenny, mais aussi à toute une série d’écrivains ayant privilégié la « conscience » — celle de soi et celle des autres — au détriment de l’« imagination » telle qu’elle fut conçue par les surréalistes. Le sujet garnélien, cette « voix équivoque » qui se mêle au paysage, trouve ainsi son équilibre « entre deux mondes », entre intériorité et extériorité, mais aussi entre la conscience et l’effacement.


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