Traduire des mathématiques « pour et par des élèves » dans la première moitié du xixe siècle
Consacré à la question de la traduction en matière de mathématiques, qu’il aborde ici par l’intermédiaire d’un acteur particulier, l’« élève », à la fois destinataire et, parfois, producteur de traductions, le présent article se structure principalement autour de trois études de cas. La première concerne la production, dans les États-Unis des années 1820 et 1830, d’une série de manuels de mathématiques et de mécanique théorique, élaborés à partir de manuels français et destinés aux étudiants de l’Université Harvard et de l’Académie militaire de West Point. La seconde s’attache à la traduction, en 1828, d’un manuel anglais dans l’espace germanophone. La troisième se penche sur la presse mathématique française de la première moitié duxixesiècle, illustrée ici par le journal des candidats à l’École polytechnique et à l’École normale (Nouvelles annales de mathématiques) et le journal des « progrès en mathématiques » (Journal de mathématiques pures et appliquées). Les objectifs poursuivis consistent à faire émerger des points saillants, à identifier des pistes prometteuses pour la suite de l’enquête, et à tenter d’établir un premier bilan, provisoire et sujet à des modifications, sur la question de la traduction mathématique et de ses éventuelles spécificités par rapport aux traductions relevant d’autres domaines.