scholarly journals Valoriser les données d’enquêtes qualitatives en sciences sociales : le cas français de la banque d’enquête beQuali

2017 ◽  
Vol 63 (4) ◽  
pp. 73-85
Author(s):  
Selma Bendjaballah ◽  
Guillaume Garcia ◽  
Sarah Cadorel ◽  
Emilie Groshens ◽  
Emilie Fromont ◽  
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Réutiliser des matériaux d’enquêtes qualitatives en sciences sociales pour produire de nouvelles recherches et enseigner les méthodes : tel est le questionnement scientifique ayant conduit en 2011 à la création de la banque d’enquêtes qualitatives au Centre de données socio-politiques (CDSP). Le présent article expose les réflexions menées au sein de beQuali autour des enjeux de la réutilisation des données qualitatives. Il détaille pour chaque étape du processus — de la collecte des archives à l’exploration des corpus sur le site Web — les différentes problématiques qui ont préfiguré la mise en place du dispositif beQuali et les moyens mis en oeuvre pour construire et faire fonctionner l’équipement tel qu’il existe aujourd’hui.

2008 ◽  
Vol 48 (2) ◽  
pp. 153-185 ◽  
Author(s):  
Yvan Lamonde

RÉSUMÉ « L'intellectuel » apparaît en France au moment de l'affaire Dreyfus et constitue une figure typique du milieu culturel français jusqu'à ses représentants les plus fameux, Jean-Paul Sartre et Albert Camus. Le substantif « intellectuel » est utilisé pour la première fois au Québec par Léon Gérin en 1901 et devient de plus en plus usuel dans l'Action française et à Parti pris en passant par André Laurendeau et la jeunesse de la Crise, chez les universitaires de l'Ecole des Sciences sociales de l'Université Laval et les collaborateurs de Cité libre et de Liberté. Le présent article tente de répondre à la question suivante : pourquoi l'intellectuel francophone ne fut-il pas possible au Québec avant 1900 ? Tout en comparant les sociétés française et québécoise, nous analysons le lexique qui désigne le phénomène et les conditions socioculturelles qui rendent possible l'intellectuel; nous proposons une mesure des professions culturelles d'où pouvait émerger cet intellectuel et nous scrutons les formes d'expression et de sociabilité du milieu culturel québécois du XIXe siècle. En ayant à l'esprit l'évolution de l'intellectuel québécois francophone au XXe siècle, nous proposons quelques explications à son émergence spécifique.


2006 ◽  
Vol 32 (1) ◽  
pp. 31-52
Author(s):  
Claude Lessard

Résumé Une démarche de type « evidence-based policy » implique que soient mis en place des dispositifs de compilation de la recherche existante, un concept et des indicateurs de qualité de la recherche, et une compréhension ou une interprétation de ce que la recherche « dit » ou ne « dit pas ». Dans le cas des sciences humaines et sociales, cela est loin d’être évident, non seulement à cause des médiations idéologiques, mais aussi à cause de la difficulté des consensus sur des indicateurs de qualité de la recherche et du caractère incertain et incomplet du savoir des sciences sociales. Le présent article analyse le vif débat, présentement en cours aux États-Unis, à propos de la certification des enseignants du primaire et du secondaire.


2006 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 3-11 ◽  
Author(s):  
Jean-Serge Lauzon

Le grand intérêt manifesté envers la question du vieillissement est un phénomène assez récent au Québec. La création récente de l'Association québécoise de gérontologie (1979), de la Fédération de l'âge d'or du Québec (1970) et de l'Association québécoise pour la défense des droits des retraités (1980) en sont quelques manifestations. Les colloques, les enquêtes et les recherches sur le troisième âge se succèdent à un rythme inégalé. Malgré cet engouement pour les problèmes du troisième âge, les principales théories psychosociales du viellissement demeurent toujours fort peu connues dans notre milieu. Le présent article vise à initier le lecteur à certaines de ces théories et à l'informer sur l'évolution de la recherche en ce domaine depuis quelques années. Un regard sur les premières théories psychosociales du vieillissement, qui apparaissent au début des années soixante, nous révèle que celles-ci ont été constituées à une époque où l'analyse fonctionnaliste marquait de son empreinte chacune des sciences sociales.


2002 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 15-36 ◽  
Author(s):  
Michel FREITAG

Résumé Dans la foulée d'une certaine crise épistémologique et théorique du positivisme (sa méthodologie se porte bien, Dieu merci!), on a pu assister depuis une dizaine d'années à un regain de popularité et de légitimité "scientifique" des différentes problématiques "compréhensives" dans les sciences sociales. Mais en insistant sur la "dimension significative" et "subjective" de l'action, ces approches "interprétatives" font resurgir au centre des préocupations épistémologiques le problème de la normativité immanente à l'objet d'étude, aussi bien que celui de l'implication "idéologique" des sciences humaines. La question est donc maintenant de savoir dans quelle mesure lesdites sciences humaines sont prêtes à assumer théoriquement cette double dimension, objective et subjective, de leur pratique cognitive comprise comme rapport critique à la société, et elle est du même coup de savoir si elles disposent d'un modèle adéquat pour reconnaître cette dimension normative en sa spécificité ontologique et épistémologique. C'est un tel modèle que voudrait esquisser philosophiquement le présent article, pour en dégager quelques idées directrices touchant à une réorientation pédagogique, à caractère non dogmatique mais réflexif, de la tâche normative qui échoit aux sciences humaines dans la société contemporaine.


2005 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 5-20
Author(s):  
Lise Binet

Le Groupe d'études sur les processus de transformation du droit (GEPTUD) existe depuis 1989. Il regroupe des professeurs de la Faculté de droit de l'Université Laval auxquels se joignent des collaborateurs des facultés des sciences sociales et de philosophie ainsi que des étudiants de 2e et 3e cycles. Par les projets de ses membres et par les séminaires qu'il organise sur une base régulière, le GEPTUD est engagé dans des activités de recherche et dans un travail d approfondissement de sa problématique. L'objectif du présent article est de préciser les orientations du GEPTUD en renseignant sur la délimitation de son champ de recherche.


Criminologie ◽  
2008 ◽  
Vol 41 (1) ◽  
pp. 153-175
Author(s):  
Michael Kempa

Résumé Le présent article vise à alimenter la réflexion sur les façons par lesquelles les criminologues pourraient étudier, voire réformer, les processus policiers dans le contexte de la mondialisation. Les virages socio-politico-économiques et écologiques imposés par ladite mondialisation présentent des problèmes de « sécurité humaine » auxquels on répond par de nouvelles formes d’« intervention policière » étrangères aux paradigmes existants de la criminologie. Dans cet article, nous présentons un aperçu de ces nouvelles tendances. On avance que la conception actuelle des services policiers, à savoir la notion des processus techniques perfectibles, continue à dominer la pensée des criminologues, praticiens et spécialistes, et ce, au détriment de l’atteinte d’une sécurité humaine à long terme. En nous inspirant d’un vaste corpus d’ouvrages en sciences sociales, nous proposons aux criminologues de situer la police et les « processus policiers » à l’intérieur de la notion de « gouvernance de la sécurité », celle-ci étant elle-même inscrite dans le cadre plus large d’une « économie politique de la sécurité humaine » : une architecture de transformation socio-politico-économique ancrée dans des idées, des croyances et des valeurs occidentales considérée tour à tour comme étant exploitée sciemment par les élites, fondamentalement viciée ou encore contraignante, le tout aux dépens de la sécurité humaine à long terme.


2016 ◽  
Vol 11 (2) ◽  
pp. 129-151
Author(s):  
Patrick Dieuaide

Le présent article s’interroge sur les perspectives ouvertes par le programme de recherche développé dans le cadre de la revue Nouvelles Perspectives en Sciences Sociales autour d’une « sociologie de la relation ». Mutatis mutandis, nous nous proposons de réfléchir à quelques propositions qui pourraient aider à cerner les contours de ce que l’on pourrait dénommer une « économie politique de la relation ». Pour ce faire, nous nous intéressons plus particulièrement à la place et au rôle de la communication dans les relations de travail dans les entreprises. Deux pistes de réflexion sont explorées : une première piste développe la notion de « travail cognitif » et souligne la diversité des modèles relationnels par lesquels la communication rend possible le rassemblement d’individus autour d’une vision partagée de l’organisation et de l’activité de travail. Cette réflexion conduit à caractériser la communication comme une activité productive de règles d’usage au fondement d’un agir collectif. Une seconde piste examine la question plus générale de la place et du rôle des règles dans la gouvernance des relations de travail au sein des entreprises. Les débats autour des dimensions implicite et explicite et des écarts entre la règle et son interprétation sont rappelés; de même l’opposition entre la dimension publique des règles développées au coeur des relations de travail et la dimension privée du contrôle et de son application par le management. Ces réflexions conduisent à proposer une approche élargie de la communication considérée comme le vecteur d’une relation d’ordre dans les savoirs et les apprentissages mobilisés dans le travail. L’article conclut brièvement les tensions que soulève cette forme de communication entre la liberté de jugement et d’action et les contraintes imposées aux niveaux de l’organisation et de la mise en oeuvre de l’activité de travail.


2016 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
Author(s):  
Robert Darnton1
Keyword(s):  

Que lisaient les Français à l’aube de la Révolution? Voilà la question que posait Daniel Mornet en 1910 dans un article devenu célèbre. Depuis, les historiens ont tenté d’aborder sous divers angles les causes des événements de 1789. La question de Mornet, elle, demeure en suspens, en dépit de sa pertinence eu égard à de récents travaux de recherche dans diverses disciplines, dont l’histoire du livre et l’histoire culturelle en général. Dans le présent article, j’entends donner réponse à la question de Mornet tout en présentant un site Web en libre accès où l’on trouve quantité de renseignements à propos du fonctionnement du commerce du livre et de la demande d’oeuvres littéraires sous l’Ancien Régime.


Author(s):  
Youssef Sadik

Le présent article propose de dresser un premier bilan du traitement réservé par les sociologues aux questions du travail et de l’entreprise au Maroc. Malgré les changements sociaux profonds ayant marqué la société marocaine durant les deux dernières décennies, la sociologie marocaine est restée prisonnière d’une approche classique privilégiant le monde rural et occultant les dynamiques associées aux villes et aux mondes productifs. Faut-il décoloniser les sciences sociales pour permettre aux sociologues marocains de s’ouvrir sur de nouveaux phénomènes sociaux, le travail en tête ? Ou alors la question renvoie-t-elle aux normes de formation et de reproduction des élites sociologiques dans le contexte marocain ? Pour situer les nouvelles perspectives esquissées récemment par les jeunes sociologues, nous présentons les travaux sur le monde de la production marocain tout en veillant à dresser une typologie afin de faciliter la tâche au lecteur.


2018 ◽  
Vol 37 (1) ◽  
Author(s):  
Pierre-Mathieu Le Bel ◽  
Mauricette Fournier

Le présent article propose de s’intéresser au dialogue entre lieux et littérature à travers une expérience de recherche-action participative conduite avec des associations de citoyens qui font la promotion du patrimoine littéraire du département de l’Allier en France. En réunissant les acteurs territoriaux qui partagent la transmission du patrimoine littéraire comme mission, l’espoir est de donner une valeur supplémentaire à une ressource ici peu valorisée. L’objectif opérationnel central de cette recherche-action résidait dans la création d’un itinéraire littéraire conçu par les associations, associé à la réalisation d’un site web, qui relierait les différents lieux littéraires et créerait une dynamique de longue durée dans le tourisme local. Ce travail, mené sur la base de groupes de discussion et d’entretiens individuels, s’est appuyé sur les principes de l’innovation sociale et territoriale dans la mesure où tous les acteurs participants reconnaissaient la nécessité d’agir dans le domaine du développement local. Cet exemple montre le rôle que peut jouer la littérature dans le renforcement des capacités locales ainsi que la part active qu’elle peut occuper dans la construction d’un espace économique, social et politique.


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