Méditer pour l’équité
Cet article théorique argumente l’idée novatrice d’utiliser la méditation pour une éducation et une formation éthiques relevant les défis de l’équité. Malgré des valeurs officielles incluant l’égalité, l’école en France est plus discriminante socialement que celles de tous les autres pays de l’OCDE. Une contradiction similaire entre valeurs explicites d’une part, et valeurs implicites et effectives d’autre part, se retrouve dans le fonctionnement cognitif des individus. Notamment, des attitudes implicites expriment inconsciemment des stéréotypes culturels à travers des comportements discriminatoires, par des biais attentionnels. Ainsi, nous émettons l’hypothèse qu’une source des discriminations opérant à l’école consiste en l’identification inconsciente des enseignants et des enseignantes aux élèves considérés comme « bons » et en l’étiquetage inconscient des élèves en difficulté scolaire comme étrangers. Nous proposons ici que le support cognitif de l’équité, pendant moral de l’égalité, corresponde à l’équanimité, fonctionnement sans biais implicite de préférence ni d’aversion. Une éducation éthique visant l’équité devrait dès lors permettre aux sujets de devenir conscients de leurs biais de fonctionnement et de développer l’équanimité. Un outil de choix pour s’y entraîner correspond à la famille d’entraînements attentionnels qu’est la méditation, ce que nous argumentons dans une brève description de différents types de méditation et dans une rapide revue de littérature de leurs effets. En perspective, nous envisageons dans les grandes lignes les bases qui nous paraissent essentielles au curriculum d’une éducation éthique visant l’équité.