Étalement urbain, empreinte écologique et ville durable. Y a-t-il une solution de rechange à la densification ?
L’étalement urbain est un concept désormais classique en géographie et en urbanisme. Le terme semble même un peu passé de mode au Québec et au Canada. Non pas que la réalité spatiale qu’il dénonce soit révolue, mais à cause des difficultés majeures à en faire un objectif politique prioritaire ainsi qu’à contrer le phénomène sur le terrain. Malgré tout, le concept d’étalement urbain suscite un intérêt croissant en France, et il a été hissé au rang de problème mondial par l’ONU, en 2010. Par ailleurs, la montée du paradigme du développement durable remet le débat à l’ordre du jour à travers des mouvements comme ceux du new urbanism et du smarth growth. Dans ce contexte, le concept de l’étalement urbain mérite qu’on s’y attarde à nouveau. Ce sera donc l’objectif de cet article. D’abord, ce sujet pose avec acuité la question de la « bonne forme », question qui demeure centrale en urbanisme. Deuxièmement, l’étalement urbain est généralement traité de manière descriptive, alors que les dilemmes éthiques et politiques associés au contrôle strict de l’urbanisation sont nombreux. Est-il légitime pour les institutions politiques d’intervenir contre les désirs pavillonnaires de la majorité de la population ? De quelle manière le concept d’empreinte écologique peut-il contribuer au débat ? Y a-t-il d’autres modèles pour la ville durable que la densification ? Nous discuterons ces questions à l’aide d’une revue de littérature. Au final, nous proposons une utilisation nuancée des concepts d’étalement urbain et d’empreinte écologique, tout en constatant l’absence de modèle urbanistique générique pour ériger la ville durable.