scholarly journals La Mémoire oubliée en Ontario français. « Désespoir de vieille fille » de Thérèse Tardif

2017 ◽  
Vol 1 ◽  
pp. 361-409
Author(s):  
Fernand Dorais

Fernand Dorais, professeur de littérature à la retraite de l’Université Laurentienne, a choisi pour son premier article – il annonce une trilogie – d’exhumer un essai publié à Ottawa en 1943 et, à son avis, injustement tombé dans l’oubli. Il s’agit de Désespoir de vieille fille de Thérèse Tardif, un livre qui choqua lors de sa parution et fit un tel scandale qu’il eut droit, la même année, à la Réponse à « Désespoir de vieille fille » de Simone Routier. C’est que Thérèse Tardif était la première femme « à parler de la part matérielle de l’amour ». À l’aide des recensions de l’époque, des articles de Tardif et des méthodes critiques, l’auteur propose une nouvelle lecture de cette oeuvre, « vraiment extraordinaire dans le Canada français de 1943 », qu’il situe dans le courant des écrivains catholiques français de son temps.

2014 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 59-99
Author(s):  
François-Olivier Dorais

Cet article propose une analyse des dimensions intellectuelle et historienne de l’oeuvre de Gaétan Gervais, professeur d’histoire à l’Université Laurentienne de 1972 à 2008, dans son rapport avec le processus de recomposition des cadres de référence identitaire en Ontario français depuis la fin des années 1960 jusqu’à nos jours. En revisitant certains segments de son itinéraire intellectuel et professionnel, l’étude fait apparaître l’historien comme l’une des principales figures énonciatrices d’une représentation identitaire axée sur une continuité référentielle avec le Canada français, porteuse d’une ambition autonomiste. Suivant l’examen de son positionnement épistémologique, l’analyse présente, en dernière instance, quelques pistes de réflexion autour des enjeux liés à la pratique de l’histoire dans les milieux minoritaires.


2005 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 9-22 ◽  
Author(s):  
Fernand Dumont

Dans une étude récente, Henri Lefebvre propose de distinguer la conscience, le psychisme et Y idéologie de classe. La spécificité de l'idéologie par rapport aux deux autres composantes apparaît aisément. D'une part, ses fabricateurs sont généralement extérieurs aux classes impliquées. D'autre part, l'idéologie se fonde avant tout sur le besoin de donner cohérence à des situations. D'où vient cette exigence de cohérence ? D'abord, sans doute, du souci de fournir une représentation quelconque des rapports de la conscience de classe et du psychisme de classe. Mais aussi de la nécessité de mettre en relations le système de classes et la société globale. Insistons sur cette dernière proposition : elle indique le cadre de l'analyse qui va suivre. On peut postuler qu'il est particulièrement important, pour la société globale, de ramener les classes à une quelconque systématisation fonctionnelle, car leur existence est, pour elle, le défi le plus grand. Songeons, par exemple, à la nation. Se représenter la collectivité en termes ethniques ou en termes de classes : n'est-ce point une des questions, un des problèmes les plus décisifs qui tourmentent l'Occident depuis des siècles et qui ont gagné maintenant les pays en voie de développement ? Le conflit mérite d'autant plus de nous retenir que la distinction des trois éléments des classes que nous avons évoqués paraît être tout aussi valable et même nécessaire pour la société globale elle-même. Ici encore on pourrait parler de conscience, de psychisme et d'idéologie de la nation. De même, la fonction intégratrice des idéologies est primordiale. Car on ne saurait rendre compte de la cohésion qu'implique la nation en évoquant seulement un vague sentiment d'appartenance. Par ailleurs, les facteurs dits « objectifs » (comme la langue, la religion, l'organisation politique) varient d'une nation à l'autre, et même, pour une nation donnée, selon les phases historiques. Et les groupements, à l'intérieur d'une nation, ne sont pas toujours d'accord sur les mêmes facteurs d'intégration : on pense, par exemple, aux perpétuelles discussions sur la nation canadienne-française et sur la nation canadienne. D'où la fonction déterminante des idéologies qui réunissent, dans une sorte de « théorie », des conditions préalables comme la communauté de langue, de religion, etc., tout en se nourrissant de la conscience diffuse de traits distinctifs et d'une relative opposition à des autrui (c'est-à-dire, à d'autres nations). Le problème ainsi posé est particulièrement passionnant si on le traduit dans le contexte canadien-français. Nous sommes devant une nation qui s'est donné ses premières définitions idéologiques d'elle-même au moment où elle était encore une « société paysanne ». Elle a subi ensuite, à un rythme extrêmement rapide, l'impact de l'industrialisation. Si on ajoute à cela un angoissant voisinage avec l'Anglais et l'Américain, beaucoup plus riches et maîtres du pouvoir économique, on admettra qu'il s'agit d'un très beau cas où devraient nous apparaître certains mécanismes exemplaires de syncrétisme dans les définitions idéologiques des classes et de la société globale. Durant un siècle — en gros, des années 1840 aux lendemains de la dernière guerre — une idéologie très organique a régné ici presque sans conteste. Nous ne reprendrons pas ici la démonstration du caractère unitaire de cette idéologie ; nous l'avons esquissée dans d'autres travaux et, d'ailleurs, il existe à ce sujet une certaine unanimité des chercheurs canadiens-français. Nous nous attacherons plutôt, dans une première partie, à éclairer la constitution de cette idéologie et à repérer ses définiteurs en tâchant de déceler leur allégeance de classe. Nous analyserons brièvement, dans une deuxième partie, les grands thèmes de cette idéologie, en dégageant naturellement surtout la représentation des classes. Nous tâcherons enfin, dans une brève section finale, de formuler quelques hypothèses sur les remaniements impliqués par la crise profonde que traverse actuellement le Canada français. Nous nous imposerons ainsi un long détour historique, mais celui-ci est suggéré par la nature même du phénomène qui nous intéresse.


2019 ◽  
Vol 2 (4) ◽  
pp. 92-107
Author(s):  
Christian Bergeron

Le Canada est un pays enrichi par le multiculturalisme et l’immigration, mais la protection et la valorisation de la langue française demeurent un enjeu majeur. Spécifiquement, les membres des communautés francophones en situation linguistique minoritaire au Canada (hors Québec) vivent des réalités variées et complexes. Dans ce contexte, certains luttent pour leurs survies afin d’éviter l’assimilation, alors que d’autres s’harmonisent avec la situation linguistique majoritaire anglophone, tout en conservant une identité linguistique francophone. Dans cet article, je porterai un regard analytique sur l’importance de préserver le pluralisme des accents francophones pour contrer l’insécurité linguistique chez les communautés francophones en situation linguistique minoritaire au Canada. Pour se faire, à partir de données du dernier recensement de Statistique Canada, je dresserai un portait des Franco-Ontariens de la province de l’Ontario ainsi que de l’immigration francophone. Ensuite, j’étudierai une capsule vidéo du groupe franco-ontarien Improtéine ainsi que des situations épilinguistiques afin d’étudier la notion d’insécurité linguistique, dont le rôle des accents. La typologie du linguiste français Louis-Jean Calvet sera utilisée pour analyser les situations épilinguistiques, à savoir l’insécurisation statutaire, formelle et identitaire. En conclusion, je présenterai des pistes de réflexion, inspirées des travaux de l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, qui pourront être pertinentes pour contrer l’insécurité linguistique. 


2005 ◽  
Vol 2 (1) ◽  
pp. 69-100 ◽  
Author(s):  
Léon Dion
Keyword(s):  

Dans le numéro précédent de cette revue, Léon Bien a étudié le libéralisme du statu quo au niveau de l'idéologie : Il a montré les conséquences du refus d’ajuster les principes libéraux aux conditions de la civilisation industrielle américaine. Il analyse ici les manifestations de ce refus: sur le plan juridique. Nous avons souligné déjà l’importance de ces travaux dans la perspective des études comparatives sur le Canada français.


2002 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 163-170
Author(s):  
Roberto MIGUELEZ

Résumé Si les histoires de vie ont un degré variable de généralisation, dépendant essentiellement de leur degré de typicité, elles peuvent posséder par contre un potentiel heuristique non négligeable. À partir de l'histoire de vie d'un sociologue, cet article se propose d'examiner la manière dont les enjeux idéologiques d'une époque et d'une société ont influencé la reflexion sociologique. Il y est notamment question de quatre époques, trois sociétés, et quatre enjeux idéologiques : le début des années soixante, l'Argentine, et l'institutionnalisation académique de la sociologie ; la fin des années soixante, la France, et le débat de la gauche ; le début des années soixante-dix, le Canada français, et le mouvement nationalitaire ; enfin, la fin des années soixante-dix, le Canada français, et les revendications des groupes " minoritaires ". L'examen de cette influence vise surtout les conséquences de celle-ci aux niveaux épistémologique et institutions de la discipline.


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