scholarly journals L’art perdu de « faire des chansons » : la chanson de composition locale dans la région du Détroit

2017 ◽  
Vol 10 ◽  
pp. 255-314
Author(s):  
Marcel Bénéteau

L’ethnologue Marcel Bénéteau s’intéresse à la chanson de composition locale, un secteur négligé dans le domaine de la chanson folklorique. Le plus souvent créées par des non-professionnels sur des airs connus, les chansons de ce type ont longtemps été considérées par les experts comme étant de facture maladroite, de contenu douteux et de valeur insignifiante comparées aux pièces importées de la France à l’époque coloniale. Conséquemment, les grands folkloristes du Canada français les ont peu recueillies. Pourtant, la facture de telles chansons, qui commémorent des événements locaux, qui mettent en valeur des incidents de la petite histoire et qui commentent les conditions sociales dans les communautés en question, est au coeur même de la démarche folklorique. « Faire des chansons » est une pratique qui engage les gens dans un dialogue avec la tradition et les amène à situer leur vécu dans le contexte plus large d’un procédé transmis d’une génération à l’autre. À partir d’un corpus de chansons locales composées dans la région de Windsor, l’auteur analyse les modalités de cet art de « faire des chansons », depuis l’appropriation et l’adaptation de chants existants jusqu’à la création de nouvelles chansons. De plus, il s’intéresse à la fonction sociale des chansons locales ainsi qu’à leur apport aux études ethnologiques, linguistiques et historiques.

2005 ◽  
Vol 7 (1-2) ◽  
pp. 131-145 ◽  
Author(s):  
Jean-Charles Falardeau

J'entends par élites des catégories sociales dominantes ou dirigeantes. À l'idée d'élite est associée une idée de prestige et de suprématie. Du même coup, lui est aussi associée l'idée d'un certain pouvoir, pour autant que le pouvoir dérive d'une position de domination ou de contrôle dans une structure sociale donnée. Il existera autant de types d'élites qu'il y a de formes et de styles de pouvoir : le pouvoir de se faire obéir ; le pouvoir d'influencer les décisions collectives ; le pouvoir d'édicter des valeurs et des façons de penser — en d'autres termes, le pouvoir politique et administratif, le pouvoir économique, le pouvoir spirituel, le pouvoir intellectuel. Nous interroger sur l'évolution des élites au Canada français, ce sera donc mettre en relief les structures sociales qui ont été les lieux ou les sources de pouvoir effectif dans notre société. Ce sera aussi évoquer les modalités typiques de ce pouvoir. Ce sera enfin constater que, selon leur possession ou leur non-possession du pouvoir effectif, selon leur acceptation ou leur refus des pouvoirs établis, selon le degré de visibilité de leur action, des élites ont pu être dominantes sans être dirigeantes ; qu'elles ont pu être clandestines ou manifestes ; qu'elles ont pu être des élites de conservation ou des élites de contestation. Toutes ces variétés ont existé au cours de notre histoire. Reconstituer, même de façon schématique, la continuité entre ces élites successives nous incitera à dégager les conditions sociales de leur opposition ou de leur déclin respectifs, les valeurs dont chacune a été annonciatrice ou porteuse, les collaborations avouées ou inavouées qui les ont associées les unes aux autres ou qui les ont disjointes.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


1987 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 66-83 ◽  
Author(s):  
Pierre Trépanier
Keyword(s):  

1991 ◽  
Vol 12 (2) ◽  
pp. 200-205
Author(s):  
Rémi Tourangeau
Keyword(s):  

1971 ◽  
Vol 26 (6) ◽  
pp. 1291-1299 ◽  
Author(s):  
Walter Endrei

Un historien de l'économie me dit un jour que, tout en admettant l'importance des recherches effectuées dans le domaine de l'histoire de la technique, il ne voyait pas la possibilité de les utiliser si elles n'aboutissaient pas à des conclusions concrètes, exprimées en données numériques : en d'autres termes, si l'indice de la productivité n'était pas connu, chiffre caractéristique des conditions sociales de l'époque. Cet argument était si persuasif que, depuis lors, je m'efforce d'établir ces indices pour chaque thème que j'étudie.Pour l'industrie lainière qui est ici mon propos, la terminologie n'est pas unifiée selon les divers pays; les unités de mesure, les titres des fils, la largeur, la longueur et le poids des pièces varient, eux aussi, selon les époques et selon les régions. Et ce qui aggrave encore la situation c'est que ces données ne sont souvent pas indiquées dans les sources, car elles étaient considérées comme généralement connues.


1983 ◽  
Vol 38 (2) ◽  
pp. 221-233 ◽  
Author(s):  
S. A. M. Adshead

Le but de cet article est d'étudier le phénomène bureaucratique des administrations du sel dans une large perspective spatio-temporelle. En nous appuyant sur cinq exemples pour lesquels nous disposons d'une documentation relativement abondante — la Chine de la fin de l'empire et du début de l'époque républicaine, l'Inde des années vingt et trente de ce siècle, l'Empire ottoman au tournant des XIXeet XXesiècles, la France du XVIIIesiècle et la Venise médiévale —, nous cherchons à montrer qu'en dépit de différences tenant aux temps et aux lieux, ces administrations de la gabelle relèvent d'un phénomène bureaucratique unique pouvant être mis en relation avec des conditions sociales et politiques spécifiques. La démonstration se fera par un examen des analogies et des différences le long des deux axes de la structure et de la conjoncture. Nous concluons que les ressemblances générales l'emportent sur les différences, encore que les ressemblances dominent sur l'axe de la structure et les différences sur celui de la conjoncture. Les administrations de la gabelle représentent un véritable cas d'espèce bureaucratique. Il s'agit du premier type de service public spécialisé à vocation non militaire de l'État moderne se développant entre le XIIeet le XXesiècle.


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