scholarly journals L’édition hors édition : vers un modèle dynamique. Pratiques sauvages, parallèles, sécantes et proscrites

2016 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
Author(s):  
Tanguy Habrand

En prenant appui sur les travaux de Jacques Dubois (L’Institution de la littérature, 1978) et de Bernard Mouralis (Les Contre-littératures, 1975), l’article propose une typologie de la production située en dehors de l’institution éditoriale. Ce modèle dynamique porte sur la production éditoriale dans un double sens : il s’agit autant de prendre en considération des conditions de production que des classes de produits, aspects liés par un grand nombre de déterminations réciproques : on peut admettre en effet que le journal intime est plutôt du ressort d’un cadre domestique, alors que la thèse, le livre-accordéon et le tract anticapitaliste ont d’autres environnements de prédilection. Après avoir isolé la production relative à la « littérature grise » et à certaines « sphères professionnelles », de même que les « écritures domestiques » et les « loisirs créatifs », le modèle propose de circonscrire quatre espaces spécifiques : « édition sauvage » (piratage et contrefaçon, édition clandestine, brochures et zines), « édition parallèle » (autopublication, édition à compte d’auteur, autoédition), « édition sécante » (édition artiste, édition de livre-objet, édition en contexte) et « édition proscrite ». Chacun de ces mondes, « outsider » au sens d’Howard S. Becker, présente un type de transgression spécifique en regard des conventions de l’institution éditoriale. Afin de donner une assise objective à ce classement, la « norme institutionnelle » a été formalisée au départ des critères posés par les instances officielles de l’aide à l’édition (Centre national du livre en France, Promotion des Lettres en Belgique). Ainsi apparaît-il qu’édition sauvage, parallèle, sécante et proscrite, sont respectivement liées à des ruptures juridique, économique, commerciale et éditoriale.

2005 ◽  
Vol 3 (2) ◽  
pp. 151-182 ◽  
Author(s):  
B. A. Bodo ◽  
T. E. Unny

En rendant aléatoires les intrants du modèle déterministe en cascade de réservoirs linéaires de Nash-Dooge, on obtient des modèles linéaires stochastiques adaptés aux petits bassins, qui peuvent être formulés comme des systèmes dynamiques stochastiques linéaires simples représentés par des équations différentielles stochastiques (EDS). Les processus du système, la précipitation et les pertes dues à l'évapotranspiration (cette dernière étant considérée comme un intrant négatif), sont respectivement modélisés par un processus composé de Poisson et par un bruit blanc gaussien à moyenne nulle superposé à une moyenne déterministe. Pour la réponse superficielle et la réponse souterraine, on propose des modèles stochastiques en cascades de Nash-Dooge à n réservoirs linéaires égaux et à deux réservoirs en parallèle. Des travaux récents sur la genèse des débits ont conduit à mettre au point un modèle dynamique grossier, plus plausible conceptuellement, formé de régimes à réponse rapide et à réponse lente parallèles. Ce modèle est élaboré en attribuant au réservoir lent toutes les pertes d'évapotranspiration, les fluctuations de celle-ci étant modélisées par un bruit gaussien coloré à moyenne nulle et en rationalisant un modèle d'infiltration linéarisé fonction d'un écoulement à régime lent précédant une précipitation. En fait, cette contribution vise à donner une portée plus générale à la théorie déterministe de Nash-Dooge basée sur l'hydrogramme unitaire, afin de l'étendre à une théorie linéaire stochastique de réponse d'un bassin.


2005 ◽  
Vol 86 (1) ◽  
pp. 37-42 ◽  
Author(s):  
Gaston Laflamme

Les pourridiés des arbres sont des maladies qui engendrent des caries de racines et/ou des attaques du cambium au niveau du collet. Bien que la fin soit catastrophique pour l’arbre, une grande partie du cycle de vie des champignons demeure invisible. Au Québec, les données de pertes ligneuses dues aux pourridiés sont fragmentaires. Un rapport du Service canadien des forêts estime que les décroissances par les maladies et les insectes des arbres au Québec sont respectivement de 36 % et 64 %, sans aucune perte par les pourridiés. Par comparaison, en Ontario où les pourridiés ont été étudiés, le pourcentage de perte par les maladies se situe à 65 %, soit la situation inverse par rapport au Québec. Et même en Ontario, les pertes occasionnées par les pourridiés seraient sous-estimées car souvent attribuées à d’autres causes comme des insectes défoliateurs ou les chablis. Les interventions en forêt augmentent parfois l’impact de ces agents pathogènes. Ainsi, le dégagement de la régénération de conifères a favorisé les attaques par des champignons sur les arbres résiduels avec un résultat contraire à celui escompté. Aussi, la coupe des arbres crée une niche écologique qui n’existe pas naturellement en forêt : les souches. Celles-ci sont colonisées par un grand nombre de champignons dont certains sont pathogènes; ainsi, les éclaircies dans les pinèdes rouges favorisent la colonisation par Heterobasidion annosum si les souches ne sont pas traitées. Les épinettes peuvent subir l’attaque d’Inonotus tomentosus si ces arbres sont en état de stress à cause de la densité du peuplement ou de la qualité du site. Enfin, la présence de l’armillaire commun sur des souches de feuillus peut anéantir les conifères plantés en périphérie.


Behaviour ◽  
1979 ◽  
Vol 71 (3-4) ◽  
pp. 291-320 ◽  
Author(s):  
Michel Kreutzer

AbstractCette étude du chant des Bruants zizi porte sur la structure, la dimension et la répartition géographique du répertoire spécifique. 1. Un chant est constitué par la répétition monotone d'un même motif. 2. Les différents types de motifs qui composent le répertoire de l'espèce peuvent être classés en catégories à partir de critères d'identité ou de ressemblance des formes obtenues par l'analyse réalisée au sonagraph. Dans sa majorité le répertoire de l'espèce est constitué par des types stables avec discontinuité entre eux. 3. Notre échantillon nous a permis d'estimer la dimension du répertoire de l'espèce à environ 80 types. 4. Le répertoire individuel est généralement constitué par 3 types de chants, mais ce nombre peut varier de 1 à 6. 5. Un répertoire individuel de grande dimension ne constitue pas pour son propriétaire un moyen sûr pour posséder des chants en commun avec d'autres individus d'une même localité. On constate en effet que des individus qui possèdent un répértoire moins riche en types partagent cependant des chants avec un grand nombre d'autres individus. 6. Les motifs sont constitués à partir "d'unités discrètes", les invariants dont les combinaisons créent une grande diversité de types. Ces "unités" sont réparties aléatoirement entre les répertoires individuels. Cette absence de spécialisation confère à chacun des potentialités qui rendent certainement plus aisée la reconnaissance spécifique, puisque chaque individu possède ainsi une gamme étendue des invariants de l'espèce. 7. L'existence de chants interspécifiques entre Bruants jaunes et Bruants zizi spatialement voisins semble être le résultat d'une "erreur" d'apprentissage, même si secondairement cette "convergence" peut se révéler un facteur de compétition avec des individus de passage. 8. On constate qu'à travers les différents types de chants, les variabilités relatives respectives des fréquences hautes ou basses (Δ f/F moyenne) sont constantes. La perception des variations de fréquences étant de type différentiel chez les oiseaux, cette relation est la preuve indirecte qu'un contrôle des vocalisations existe, soit chez l'adulte soit chez le jeune lors de l'établissement de son répertoire. 9. Une relation lie la durée des différents types de motifs et celle des silences qui y sont respectivement attachés. Il en résulte que la gamme des rythmes possibles chez cette espèce se trouve ainsi réduite. La tradition orale qui véhicule les modèles spécifiques joue donc un rôle important dans le déterminisme des rythmes spécifiques en "fixant" la plasticité structurelle. 10. Au vu des échantillons recueillis, les différences géographiques et locales dans la répartition du répertoire spécifique ne sont pas suffisantes pour permettre de parler de dialectes ou de variations géographiques. Cette absence de spécialisation pourrait avoir pour fonction d'assurer une bonne reconnaissance spécifique à partir d'un répertoire local large et varié. Au contraire une spécialisation locale trop grande (dialecte) diminuerait le nombre des modèles spécifiques et engendrerait des ambiguités chez certains bruants zizi pour différencier les chants spécifiques de ceux de certains bruants jaune. 11. Dans une localité les distances qui séparent les individus possédant des chants identiques sont généralement supérieures à celles qui séparent les individus qui possèdent des chants différents. Ceci constitue peut être le signe révélateur d'une compétition plus grande entre les individus qui ont des points communs à leur répertoire.


1980 ◽  
Vol 41 (6) ◽  
pp. 543-551 ◽  
Author(s):  
R. El Alaoui-Bichri ◽  
J. Giordano ◽  
R. Almairac ◽  
C. Benoit ◽  
P. Nassiri
Keyword(s):  

2001 ◽  
pp. 39-45
Author(s):  
Thierry Chiappa ◽  
Jean-Loup Deniau
Keyword(s):  

2001 ◽  
Vol 4 (3-4) ◽  
pp. 411-430 ◽  
Author(s):  
Frédéric Giraud ◽  
Betty Semail-Lemaire ◽  
Jean-Paul Hautier
Keyword(s):  

1965 ◽  
Vol 20 (6) ◽  
pp. 1118-1127 ◽  
Author(s):  
J. C. Russell
Keyword(s):  

La féodalité a fait l'objet d'un grand nombre d'essais, trop connus et trop nombreux pour que je puisse les mentionner ici. Toutefois, certains aspects démographiques, qui ont leur importance, ont à peine été abordés. Au cours de ces dernières années, l'histoire démographique du Moyen Age a fait davantage de progrès pour sa période tardive que pour celle qui vit les débuts de la féodalité.La féodalité est essentiellement le système de Charlemagne sans Charlemagne, un système dérivé en grande partie des précédents, mérovingien et même romain. Bien entendu, on trouve de nouveaux traits dominants — au moins quatre. Le premier est l'importance nouvelle accordée à la force, plutôt qu'à l'héritage ou à l'ascendance divine, comme base de la possession. Le pape Zacharie n'a-t-il pas écrit qu'il valait mieux que soit roi celui qui avait la force plutôt que celui qui poscédait le titre ?.


2001 ◽  
Vol 56 (4-5) ◽  
pp. 881-901
Author(s):  
Christine Métayer
Keyword(s):  

RésuméDans la France partiellement alphabétisée des XVIe-XVIIIe siècles, la coexistence des maîtres écrivains jurés et des écrivains publics reflète les tensions vécues par une société toujours plus soumise à l’écrit conquérant, connaissant de ce fait un besoin accru et diversifié de l’écrit, lors même que l’aptitude à écrire demeurait largement déficiente, aussi limitée qu’anarchique, particulièrement dans les franges inférieures de la population. La corporation des maîtres écrivains, experts en calligraphie, vit le jour en 1570 et jouit dès lors du double monopole des écoles publiques d’écriture et des expertises judicaires en matière manuscrite. Les maîtres œ uvraient à normaliser, consacrer et promulguer les graphies, entretenant à cette fin une certaine religiosité du corps écrit. Étrangers à l’art et à la dignité des maîtres, les écrivains publics évoluaient librement dans la rue, où ils offraient leurs services aux personnes qui ne savaient pas ou trop peu écrire, mais qui, en diverses circonstances, avaient recours à un texte écrit. Leurs champs de compétences s’inscrivaient dans deux espaces irréductibles de la lettre — le savoir peindre avec art et beauté, et le savoir dire par écrit — où, dans une lutte silencieuse, se livrèrent concurrence la lettre calligraphique et la graphie du commun, la norme souhaitée et l’usage déviant, le talent d’une minorité et la capacité d’expression élémentaire du plus grand nombre.


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