scholarly journals Contrôle des drogues et mondialisation : enjeux et limites de la régulation internationale

2016 ◽  
Vol 15 (1) ◽  
pp. 1-18
Author(s):  
Bastien Quirion
Keyword(s):  

L’objectif de cet article est d’analyser la question de l’internationalisation du contrôle des drogues, en insistant tout particulièrement sur les enjeux et les limites inhérents à la souveraineté des États nationaux en matière de droit pénal et de politiques publiques. Dans un premier temps, nous brossons un portrait du contexte dans lequel s’est développé le régime prohibitionniste sur le plan international. Nous insistons en particulier sur la façon par laquelle la question des drogues fut problématisée dans une perspective mondialisée, justifiant par le fait même la nécessité de se doter de mécanismes de régulation dont la portée soit globale. Nous analysons ensuite les conséquences et les enjeux de cette internationalisation des contrôles, en particulier en ce qui concerne le principe de la souveraineté des États, pour ensuite décrire les principales manifestations de cette apparente mondialisation des mécanismes de contrôle. À la lumière des principaux enjeux soulevés par l’internationalisation du contrôle des drogues, nous constatons que les États nationaux demeurent relativement autonomes en ce qui concerne l’instauration des normes en droit interne. Il s’exerce bien sûr des pressions sur la scène internationale pour que ces pays adhèrent plus intensément au régime prohibitionniste, mais dans les faits le principe de souveraineté les protège contre une ingérence indue des agences internationales de contrôle. Il n’existerait donc pas de mondialisation des mesures de contrôle qui se manifesterait par une multiplication des foyers de production des normes pénales au-dessus des États. On constate plutôt une internationalisation des contrôles qui prendrait davantage la forme de collaborations et d’ententes multilatérales entre les différents acteurs nationaux.

2012 ◽  
Vol 45 (3) ◽  
pp. 635-656 ◽  
Author(s):  
Éric Montpetit ◽  
Martial Foucault

Abstract. Federal systems empower multiple policy actors from different levels of governments. For some scholars, the disagreements arising within such a diverse group of actors create policy stalemates. Others contend instead that new ideas are more likely to arise and diffuse from such a diverse group. This article is a contribution to this scholarly debate, proposing an original contribution on policy agendas. It argues that both perspectives are useful to understanding the dynamic of policy making within federal systems. Looking at change in policy attention in Canadian and British speeches from the throne, the article argues that federalism constrains change immediately following a party turnover in government. In the following years, however, federal arrangements encourage larger changes in policy attention than arrangements where power is centralized.Résumé. Les systèmes fédéraux rassemblent plusieurs acteurs politiques issus de différents niveaux de gouvernement. Pour certains chercheurs, l'existence de potentiels désaccords entre de tels décideurs est susceptible de créer des impasses politiques. D'autres soutiennent au contraire que les nouvelles idées sont plus susceptibles d'émerger et de se diffuser à partir d'un tel groupe diversifié. Cet article s'inscrit dans ce débat sur le fédéralisme et propose une contribution originale en termes de mise à l'agenda des politiques publiques. Il soutient que les deux perspectives sont nécessaires à la compréhension de la dynamique de l'élaboration des politiques au sein des systèmes fédéraux. En mesurant le changement de l'attention politique dans les discours du Trône canadiens et britanniques, l'article affirme que le fédéralisme freine le changement de politique immédiatement après un changement de parti au gouvernement. Au cours d'une législature, toutefois, les institutions fédérales encouragent de plus grands changements dans l'attention des politiques que dans des systèmes unitaires où le pouvoir est centralisé.


2016 ◽  
Vol 34 (1-2) ◽  
Author(s):  
Nathalie GAL

L’évolution des pratiques touristiques et de loisirs est l’occasion de se pencher sur la place du sauvage, réel ou imaginaire, dans nos vi(ll)es : de son invention à sa disparition, jusqu’à sa récente réhabilitation dans l’imaginaire populaire ou du point de vue institutionnel. Cette réhabilitation passe par l’appropriation spontanée de lieux auparavant en marge, qui hébergent la nature sauvage au sein des espaces urbains. Ce faisant, ils incarnent une certaine idée de la nature, libre et sans entrave… et génèrent par conséquent des pratiques fondées sur ces valeurs. Parmi ces lieux, les interstices urbains, le plus souvent soustraits aux regards et délaissés des politiques publiques, sont un terrain d’expression privilégié. Nous examinons dans cet article cet attrait contemporain pour le sauvage, corrélé à de nouvelles formes de promenades à l’intérieur même ou en périphérie des interstices urbains, à l’instar de l’urbex(l’exploration urbaine). Nous nous appuyons sur l’évolution du champ sémantique qui suit le déplacement du sauvage de l’extérieur, où il est « né », vers l’intérieur des espaces habités, pour le retrouver jusque sur les espaces du quotidien. Les pratiques et les lieux qui émergent de cette réflexion nous interrogentin finesur les dimensions sociales et touristiques de ces nouveaux territoires.


Author(s):  
William Parienté

Quel est l’effet des programmes d’accompagnement des demandeurs d’emploi? Quel est l’impact des politiques de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement ? L’objectif d’une évaluation d’impact est de répondre de manière rigoureuse à ce genre de questions. Les évaluations aléatoires, qui consistent à comparer la situation de deux groupes tirés au sort, un groupe «traitement» recevant le programme alors que l’autre groupe «contrôle» ne le reçoit pas, connaissent un essor important et deviennent une méthode phare. Elles permettent de mesurer précisément la valeur ajoutée des politiques publiques. Cette mesure est indispensable pour modifier et améliorer les politiques. Selon une étude scientifique récente, les chômeurs flamands (en particulier les moins scolarisés d’entre eux) qui participent à une séance d’information collective obligatoire au courant du mois qui suit leur inscription au VDAB ont plus de chances de trouver rapidement un emploi que ceux qui participent à une telle séance au cours de leur sixième mois d’inoccupation. Cela peut paraître une évidence. Les chercheurs d’emploi qui ont une brève durée d’inoccupation ont de meilleures perspectives de retour à l’emploi que ceux qui sont inoccupés depuis déjà six mois. Attribuer cette différence à une information collective (un programme léger et peu coûteux comme le reconnaissent d’ailleurs les auteurs de l’étude) est donc plus que hasardeux. Mais c’est sans savoir que les chercheurs concernés ont mis en œuvre une méthodologie randomisée avec l’accord du VDAB. Concrètement, l’étude concernait les personnes âgées de 25 à 49 ans et s’inscrivant comme demandeuses d’emploi au VDAB entre les mois de janvier 2014 et 2015. Dès le premier jour de l’inscription, deux groupes ont été tirés au sort : un groupe «traitement» dont les membres étaient invités rapidement à une séance d’information collective et un groupe «contrôle» dont les membres ont été pris en charge moins rapidement que les autres. A la fin du quatrième mois qui suit l’inscription au VDAB, les chômeurs peu scolarisés du groupe de traitement comptent en moyenne 5 jours en emploi de plus que ceux du groupe de contrôle. Les deux groupes ayant été formés au hasard au sein d’une large population, il n’y aucune raison qu’ils aient des caractéristiques différentes quatre mois après leur inscription au VDAB, hormis le fait que les membres du groupe de traitement ont déjà participé à une séance d’information. On peut donc bien attribuer cet effet positif à une prise en charge rapide des demandeurs d’emploi via un programme d’information standard. En Belgique, en matière de politiques d’emploi, il est rare de trouver des mesures qui aient fait l’objet d’une évaluation qui permette réellement de se prononcer sur l’efficacité du dispositif. Nous en faisions déjà le constat dans le numéro 40 de Regards économiques publié en avril 2016. Face à l’ampleur des fonds publics investis dans ce domaine, il est pourtant essentiel d’évaluer le fonctionnement et les effets (bénéfiques ou nuisibles) des mesures mises en oeuvre. Dans ce numéro de Regards économiques, William Parienté présente la méthode de l’évaluation aléatoire et son apport, les conditions de sa mise en œuvre ainsi que son application à différents domaines de l’économie et des politiques publiques. Il discute également de certaines limites et présente les stratégies existantes pour les surmonter. Enfin il conclut sur l’intérêt de la méthode pour l’amélioration des politiques publiques et de son apport à la science économique.


2017 ◽  
Vol 63 (2) ◽  
pp. 5-11
Author(s):  
Lionel Dujol ◽  
Silvère Mercier

La thématique de la médiation numérique s’est développée ces dernières années dans les discours professionnels des bibliothécaires. Il s’agit ici de prendre en compte les changements majeurs apportés par le numérique à la construction et à la diffusion des savoirs et des savoir-faire. La médiation numérique des savoirs vise à favoriser la rencontre entre des informations et des personnes par des dispositifs opérationnels au sein d’une démarche orientée vers ce qui constitue des enjeux de politiques publiques à l’ère du numérique. Parallèlement, dans le secteur culturel, les outils du marketing sont de mieux en mieux connus et appliqués au sein du secteur public. Bien loin de se réduire à la simple fonction publicitaire, le marketing constitue une stratégie visant à ajuster l’offre aux besoins et aux attentes des clients potentiels, à en assurer pertinemment la distribution et la promotion, puis à faire en sorte que cette offre est perçue comme une offre de qualité par les usagers. Est-ce dire alors que la mise en oeuvre d’un dispositif de médiation numérique des savoirs s’inscrit dans une démarche de marketing public ? Quelles sont les différences et les complémentarités entre ces deux concepts opérationnels bien distincts ?


GEOgraphia ◽  
2019 ◽  
Vol 21 (46) ◽  
pp. 91
Author(s):  
Yata Anderson Gonzaga Masullo ◽  
Helen Gurgel ◽  
Anne-Elizabeth Laques

Resumo: A criação das áreas protegidas é considerada como a principal estratégia para preservação e conservação do patrimônio natural e cultural do planeta (Diegues, 2000). Entretanto, Hockings et al. (2006) afirmam que, para alcançar tais objetivos, faz-se necessário efetivar e avançar com o gerenciamento e a administração dessas áreas protegidas. Nesse cenário surgem metodologias e procedimentos técnicos que visam subsidiar o planejamento e a tomada de decisão, ganhando cada vez mais espaço na implementação e na efetivação de políticas públicas, relacionadas à temática socioeconômica e ambiental. Desse modo, o presente estudo analisa as complexidades e os desafios de se implementar áreas protegidas, bem como se busca debater sobre as principais formas e definições conceituais da efetividade das APs e diferentes abordagens sobre a temática. Visa-se dessa forma avançar nas discussões metodológicas de avaliação do nível de efetividade e vulnerabilidade socioambiental desses territórios protegidos, de modo que seja possível analisar a inter-relação das variáveis de forma agregada e transversal.Palavras-chave: Áreas protegidas. Efetividade. Planejamento e gestão. EVALUATION OF THE EFFECTIVENESS OF PROTECTED AREAS: CONCEPTS, METHODS AND CHALLENGESAbstract: The creation of protected areas is considered as the main strategy for preservation and conservation of the natural and cultural heritage of the planet (Diegues, 2000). However, Hockings et al. (2006) state that in order to achieve these objectives, it is necessary to carry out and advance the management and administration of these protected areas. In this scenario, there are technical methodologies and procedures that aim to subsidize planning and decision making, gaining more and more space in the implementation and implementation of public policies related to socioeconomic and environmental issues. Thus, the present study analyzes the complexities and challenges of implementing protected areas, as well as discusses the main forms and conceptual definitions of the effectiveness of PAs and different approaches on the theme. It is intended to advance in the methodological discussions to assess the level of effectiveness and social and environmental vulnerability of these protected territories, so that it is possible to analyze the interrelationship of variables in an aggregated and transversal way.Keywords: Protected areas. Effectiveness. Planning and management. ÉVALUATION DE L’EFFICACITÉ DES AIRES PROTÉGÉES: CONCEPTS, METHODES ET DÉFISReseumé: La création d’aires protégées est considérée comme la principale stratégie de préservation et de conservation du patrimoine naturel et culturel de la planète (Diegues, 2000). Cependant, Hockings et al. (2006) indiquent que pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire de mener à bien la gestion et l’administration de ces aires protégées. Dans ce scénario, des méthodologies et des procédures techniques visent à subventionner la planification et la prise de décision, en donnant de plus en plus de place à la mise en œuvre et à la mise en œuvre des politiques publiques relatives aux questions socioéconomiques et environnementales. Ainsi, la présente étude analyse les complexités et les défis de la mise en œuvre des aires protégées, ainsi que les principales formes et définitions conceptuelles de l’efficacité des AP et les différentes approches sur le thème. Il est prévu d’avancer dans les discussions méthodologiques pour évaluer le niveau d’efficacité et la vulnérabilité sociale et environnementale de ces territoires protégés, afin qu’il soit possible d’analyser la corrélation des variables de manière agrégée et transversale.Mots-clés: Aires protégées. L’efficacité. Planification et gestion.


Author(s):  
William Parienté

Quel est l’effet des programmes d’accompagnement des demandeurs d’emploi? Quel est l’impact des politiques de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement ? L’objectif d’une évaluation d’impact est de répondre de manière rigoureuse à ce genre de questions. Les évaluations aléatoires, qui consistent à comparer la situation de deux groupes tirés au sort, un groupe «traitement» recevant le programme alors que l’autre groupe «contrôle» ne le reçoit pas, connaissent un essor important et deviennent une méthode phare. Elles permettent de mesurer précisément la valeur ajoutée des politiques publiques. Cette mesure est indispensable pour modifier et améliorer les politiques. Selon une étude scientifique récente, les chômeurs flamands (en particulier les moins scolarisés d’entre eux) qui participent à une séance d’information collective obligatoire au courant du mois qui suit leur inscription au VDAB ont plus de chances de trouver rapidement un emploi que ceux qui participent à une telle séance au cours de leur sixième mois d’inoccupation. Cela peut paraître une évidence. Les chercheurs d’emploi qui ont une brève durée d’inoccupation ont de meilleures perspectives de retour à l’emploi que ceux qui sont inoccupés depuis déjà six mois. Attribuer cette différence à une information collective (un programme léger et peu coûteux comme le reconnaissent d’ailleurs les auteurs de l’étude) est donc plus que hasardeux. Mais c’est sans savoir que les chercheurs concernés ont mis en œuvre une méthodologie randomisée avec l’accord du VDAB. Concrètement, l’étude concernait les personnes âgées de 25 à 49 ans et s’inscrivant comme demandeuses d’emploi au VDAB entre les mois de janvier 2014 et 2015. Dès le premier jour de l’inscription, deux groupes ont été tirés au sort : un groupe «traitement» dont les membres étaient invités rapidement à une séance d’information collective et un groupe «contrôle» dont les membres ont été pris en charge moins rapidement que les autres. A la fin du quatrième mois qui suit l’inscription au VDAB, les chômeurs peu scolarisés du groupe de traitement comptent en moyenne 5 jours en emploi de plus que ceux du groupe de contrôle. Les deux groupes ayant été formés au hasard au sein d’une large population, il n’y aucune raison qu’ils aient des caractéristiques différentes quatre mois après leur inscription au VDAB, hormis le fait que les membres du groupe de traitement ont déjà participé à une séance d’information. On peut donc bien attribuer cet effet positif à une prise en charge rapide des demandeurs d’emploi via un programme d’information standard. En Belgique, en matière de politiques d’emploi, il est rare de trouver des mesures qui aient fait l’objet d’une évaluation qui permette réellement de se prononcer sur l’efficacité du dispositif. Nous en faisions déjà le constat dans le numéro 40 de Regards économiques publié en avril 2016. Face à l’ampleur des fonds publics investis dans ce domaine, il est pourtant essentiel d’évaluer le fonctionnement et les effets (bénéfiques ou nuisibles) des mesures mises en oeuvre. Dans ce numéro de Regards économiques, William Parienté présente la méthode de l’évaluation aléatoire et son apport, les conditions de sa mise en œuvre ainsi que son application à différents domaines de l’économie et des politiques publiques. Il discute également de certaines limites et présente les stratégies existantes pour les surmonter. Enfin il conclut sur l’intérêt de la méthode pour l’amélioration des politiques publiques et de son apport à la science économique.


Author(s):  
Maria Eliane Ferreira dos Santos ◽  
Késia Girlane Santos de Medeiros

Le présent travail vise à présenter les obstacles qui se posent dans le processus éducatif dans les prisons, étant donné l’absence de politiques publiques adéquates pour investir dans une éducation de qualité pour les étudiants privés de liberté. Grâce aux lectures réalisées, il est possible de se rendre compte qu’il y a eu une chance de la part des dirigeants et de la société depuis longtemps. À partir du XXe siècle, certains investissements ont progressivement vu le jour, mais nous sommes toujours tombés sur une éducation dévaluée, par les dirigeants et par la société. Le but est de démontrer que malgré les obstacles, il est possible de sauver l’histoire de l’inprison et de le conduire à construire une famille et à retourner vivre dans la société avec dignité. L’éducation pénitentiaire est un grand défi, mais les possibilités sont connues et même face aux obstacles auxquels nous avons été confrontés, nous avons été confrontés à des résultats positifs de la part d’étudiants qui cherchent des connaissances, construisent des connaissances et ont une intelligence incontestable. L’«éducation pénitentiaire » est une garantie importante d’un nouveau départ pour une resocialisation, car à travers la salle de classe, il est possible de garantir aux élèves privés de liberté, de dignité, étant donné que les espaces dont ils font partie sont d’un mépris total pour la vie, dans la salle de classe, les prisonniers se sentent à nouveau comme des gens, se sentent capables de relever les défis de la vie et même de reprendre une vie saine dans la société. Il convient de noter qu’une éducation de bonne qualité dans les prisons, évite les rébellions et il ya une réduction de la peine pour ceux qui vont à l’école. C’est parce que la Loi sur l’application de la loi sur l’application de la loi sur les infractions pénales stipule que 12 heures de fréquentation scolaire équivaudent à un jour de moins que le temps. L’éducation est un droit qui doit être garanti à tous, comme l’assure la loi de lignes directrices et de bases de l’Éducation nationale, à l’article 205, qui déclare l’accès à l’éducation comme un droit de tous, afin d’être promu et encouragé par la société, en accordant la priorité au développement et à la préparation d’un individu dans la société, se réfère donc à l’étudiant privé de liberté.


GeoTextos ◽  
2015 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
Author(s):  
Juliana Nunes Rodrigues ◽  
Fernanda Moscarelli

O presente artigo propõe uma discussão acerca das possibilidades de coordenação de ações nas escalas regionais e locais e o desafio de se pensar a gestão territorial compartilhada nos processos de elaboração de políticas públicas. Alternativas têm sido experimentadas no Brasil e em diversos países do mundo, procurando agregar municipalidades e mesmo distintas escalas de poder em torno de uma gestão compartilhada de serviços e equipamentos públicos. Porém, no âmbito da realidade político-institucional brasileira, marcada por um sistema federativo cujos marcos regulatórios são pouco claros, fica patente a dificuldade de coordenação entre as escalas federadas. Ademais, a setorização dos processos de elaboração e implementação de políticas públicas constitui um entrave para práticas colaborativas mais integradas, sempre que determinada ação pública deve ir além dos limites político-administrativos. Neste quadro, o texto suscita uma reflexão acerca da gestão territorial compartilhada para enfrentamento de questões que desafiam os poderes públicos na atualidade. Para tanto, recuperam-se as particularidades do federalismo brasileiro e a experiência das autoras em estudos comparativos para se discutir alguns limites e possibilidades das lógicas interescalar e intersetorial na condução de políticas públicas brasileiras. Résumé LES DÉFIS DU PACTE FEDERATIF ET DE L’AMÉNAGEMENT TERRITORIAL PARTAGÉ DANS LA CONDUITE DES POLITIQUES PUBLIQUES BRÉSILIENNES Cet article propose une discussion sur les possibilités de coordination des actions aux échelles régionales et locales et le défi de penser l’aménagement territorial partagé dans les processus d’élaboration de politiques publiques. Des formes d’aménagement partagé entre des échelles d’action publique territoriale sont experimentées dans de nombreux pays au monde. Cependant, dans la réalité politique et institutionnelle brésilienne, marquée par un système fédéral dont les normes ne sont pas assez claires, la coordination entre les échelons fédéraux s’avère um enjeux difficile. En outre, la sectorisation des processus décisionnels pour la mise en œuvre de politiques publiques est aussi un obstacle à franchir. Dans ce cadre, le texte soulève une réflexion sur les limites et les possibilités des formes de coopération entre municipalités et entre celles-ci et les autres échelles de pouvoir pour une gestion du territoire plus integrée. Sont également discutés certains exemples de formes de collaboration et d’aménagement territorial partagé dans d’autres pays du monde afin de les confronter aux défis de la logique interescalar et intersectorielle dans la conduite des politiques publiques dans le contexte brésilien.


2006 ◽  
Vol 81 (1-2) ◽  
pp. 47-74
Author(s):  
Robert J. Gordon

Résumé Après 50 ans de rattrapage du niveau de productivité des États-Unis, l’Europe accumule du retard depuis 1995. En effet, le taux de croissance de la production horaire n’atteignait, sur le Vieux Continent, que la moitié de celui des États-Unis en 1995-2003 et cet écart annuel a ramené le niveau de la productivité européenne de 94 % du niveau des États-Unis à seulement 85 %. Un cinquième du rattrapage européen (de 44 % à 94 %) effectué dans le demi-siècle précédent a été complètement perdu depuis 1995. Des études désagrégées portant sur les secteurs industriels laissent entendre que la principale différence entre l’Europe et les États-Unis se trouve dans les industries ayant recours aux technologies de l’information (TI), notamment le commerce de gros et de détail, de même que le courtage des valeurs mobilières. Le contraste dans la vente au détail attire l’attention sur les barrières réglementaires et l’aménagement du territoire en Europe empêchant le développement des grands magasins de détail du type de ceux qui ont rendu possible une bonne partie des gains de productivité aux États-Unis. Depuis des décennies, les États-Unis et l’Europe ont choisi des directions opposées en matière de politiques publiques ayant une incidence sur le développement urbain. Les États-Unis ont favorisé des zones métropolitaines à basse densité et fortement dispersées en construisant des autoroutes dans les villes et en étranglant le transport public, en accordant des réductions d’impôts à la propriété résidentielle et en permettant aux gouvernements locaux de maintenir une faible densité d’occupation avec l’imposition d’une taille minimale pour les lots résidentiels. Par contre, les Européens ont choisi des politiques tout autres, en encourageant l’occupation résidentielle de haute densité et les districts commerciaux au coeur des villes, tout en décourageant les installations nouvelles en zones suburbaines et « exurbaines », lesquelles conviennent si bien au développement des grands magasins actuels. La partie centrale de cet article s’inspire d’une récente publication de Phelps (2003) selon laquelle le dynamisme économique est d’une part stimulé par des politiques qui favorisent la concurrence et la souplesse du financement par capitaux propres et d’autre part étouffé par des institutions corporatistes, conçues pour protéger les producteurs en place et empêcher les nouveaux venus de se tailler une place. Certaines valeurs culturelles européennes découragent l’ambition et l’indépendance des adolescents et des jeunes adultes, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. Si la concurrence, le corporatisme et la culture peuvent contribuer à expliquer les divergences transatlantiques dans la croissance de la productivité, elles mettent aussi en lumière, dans les deux continents, des lacunes institutionnelles profondément ancrées et susceptibles de persister. La dernière section de l’article identifie les racines profondes du climat plus favorable à l’innovation aux États-Unis qu’en Europe, notamment le système ouvertement concurrentiel des universités privées et publiques, les subventions gouvernementales accordées aux universités sous la forme d’aide à la recherche en fonction d’une évaluation par les pairs plutôt que par l’entremise de bourses sans conditions libérant les étudiants du premier cycle des droits de scolarité, la prédominance mondiale des écoles de commerce et des sociétés de conseil en gestion des États-Unis, l’excellente protection des brevets, l’infrastructure financière flexible permettant de mobiliser du capital de risque à l’intention des innovations prometteuses, les avantages d’une langue commune, la migration intérieure sans entraves et enfin, un environnement accueillant pour les immigrés hautement qualifiés.


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