scholarly journals Radicaliser l’action collective : portrait de l’option libertaire au Québec

2016 ◽  
pp. 218-243 ◽  
Author(s):  
Rachel Sarrasin ◽  
Anna Kruzynski ◽  
Sandra Jeppesen ◽  
Émilie Breton
Keyword(s):  
De Se ◽  

La mobilisation contre la mondialisation des échanges économiques au tournant du xxie siècle et, au Québec en particulier, dans le cadre du Sommet des Amériques en 2001 a donné l’impulsion à un mode d’engagement politique qui prend forme à l’extérieur des voies institutionnalisées de l’action partisane et du milieu communautaire. S’inspirant de la pensée politique anarchiste, les initiatives en apparence fragmentées qui s’inscrivent dans cette option libertaire forment aujourd’hui dans la province une communauté de mouvement social antiautoritaire. L’article a pour objectif de tracer un portrait empirique de cette communauté en dégageant la culture politique et l’interface organisationnelle qui relient les différents acteurs qui la composent. Mobilisés sur une variété de thématiques de lutte, ces acteurs antiautoritaires portent l’embryon d’un projet politique alternatif fondé sur la promotion de l’autonomie collective. Ce faisant, la communauté antiautoritaire porte les germes d’une façon novatrice de se réapproprier le politique par la pratique de la préfiguration, contribuant à la radicalisation du répertoire des formes d’engagement disponibles dans le paysage social et politique québécois.

2013 ◽  
pp. 141-166 ◽  
Author(s):  
Rachel Sarrasin ◽  
Anna Kruzynski ◽  
Sandra Jeppesen ◽  
Émilie Breton
Keyword(s):  
De Se ◽  

La mobilisation contre la mondialisation des échanges économiques au tournant du xxie siècle et, au Québec en particulier, dans le cadre du Sommet des Amériques en 2001 a donné l’impulsion à un mode d’engagement politique qui prend forme à l’extérieur des voies institutionnalisées de l’action partisane et du milieu communautaire. S’inspirant de la pensée politique anarchiste, les initiatives en apparence fragmentées qui s’inscrivent dans cette option libertaire forment aujourd’hui dans la province une communauté de mouvement social antiautoritaire. L’article a pour objectif de tracer un portrait empirique de cette communauté en dégageant la culture politique et l’interface organisationnelle qui relient les différents acteurs qui la composent. Mobilisés sur une variété de thématiques de lutte, ces acteurs antiautoritaires portent l’embryon d’un projet politique alternatif fondé sur la promotion de l’autonomie collective. Ce faisant, la communauté antiautoritaire porte les germes d’une façon novatrice de se réapproprier le politique par la pratique de la préfiguration, contribuant à la radicalisation du répertoire des formes d’engagement disponibles dans le paysage social et politique québécois.


2008 ◽  
Vol 21 (1) ◽  
pp. 84-103 ◽  
Author(s):  
Raphaël Canet
Keyword(s):  
De Se ◽  

Résumé Depuis la tenue du premier Forum social mondial au Brésil en 2001, l’utopie d’un autre monde possible ne cesse de se propager, prenant le contre-pied de l’idéologie néolibérale dont le Forum économique mondial s’est fait le relais. Depuis, des forums sociaux se sont déployés à toutes les échelles d’actions, du global au local. Après un bref rappel des fondements axiologiques de l’utopie altermondialiste, nous nous pencherons sur le cas du forum social québécois (FSQ) comme laboratoire d’expérimentation d’une nouvelle culture politique participative en gestation. Nous rappellerons l’historique de la mise en place ainsi que la logique de fonctionnement de cet espace participatif et inclusif. Nous insisterons finalement sur les défis que devra relever la mouvance altermondialiste au Québec.


2011 ◽  
Vol 7 (1 / 2) ◽  
Author(s):  
Simon Enoch

The release of Naomi Klein’s Shock Doctrine has popularized the notion that neoliberalism has relied on the rhetoric of crisis and emergency to persuade citizens to accept its economic dictates. How then does one “sell” the neoliberal vision when there can be no recourse to crisis rhetoric, particularly to a population steeped in a social democratic political culture? It is this question that this essay attempts to resolve by investigating the discourse of the “New Saskatchewan” that has been a favourite and recurrent meme of the Saskatchewan Party since the 2003 electoral campaign. This paper will argue that rather than relying on the rhetoric of crisis, the “New Saskatchewan” puts forward a discourse of prosperity that promises to unleash the full economic potential of the province through neoliberal economic policy. Moreover, the “New Saskatchewan” (NS) discourse has been specifically tailored to advance this neoliberal project in Saskatchewan by taking special care to address the local specificities unique to the politics of the province, while drawing upon historical narratives and themes that have been emblematic of Saskatchewan political history. La parution du livre The Shock Doctrine par Naomi Klein a popularisé l’idée que le néolibéralisme dépend d’une rhétorique de crise et d’urgence afin de persuader les citoyens d’accepter ses préceptes économiques. Comment peut-on vendre la vision néolibérale lorsqu’on ne peut pas recourir à une rhétorique de crise, en particulier vis-à-vis d’une population imprégnée d’une culture politique social-démocrate? Cet article s’adresse à cette question en examinant le discours de la Nouvelle Saskatchewan qui a été un mème favori et récurrent du parti Saskatchewanais depuis la campagne électorale de 2003. Cet article soutient que, plutôt que de se baser sur une rhétorique de crise, la Nouvelle Saskatchewan propose un discours de prospérité en promettant de déclencher le potentiel économique de la province par l’entremise d’une politique économique néo-libérale. Qui plus est, le discours de la Nouvelle Saskatchewan (NS) a été spécifiquement ajusté pour avancer le projet néo-libéral en Saskatchewan en abordant le caractère unique de la politique de la province, tout en puisant dans les récits historiques et thèmes qui ont été emblématiques de l’histoire politique de la Saskatchewan.


2010 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
pp. 123-163 ◽  
Author(s):  
Marie-Pierre Bousquet ◽  
Anny Morissette

Résumé A priori, il n’y a aucune raison pour que les Amérindiens du Canada, comme d’autres peuples du monde, ne puissent pas boire de l’alcool simplement pour le plaisir, avec modération. Mais la littérature n’aborde pratiquement jamais la question, dans un contexte où il est notoire que l’abus d’alcool est un fléau social et médical chez les autochtones. Or, des faits et des récits recueillis par les auteures auprès de membres de communautés algonquiennes du Québec démontrent que la réalité est plus nuancée. Tout d’abord, la culture algonquienne de l’alcool est plus complexe qu’il n’y paraît, tant au niveau des connaissances au sujet des diverses boissons que dans les manières de boire. Ensuite, sont particulièrement étudiés les modèles de consommation attachés aux trois grandes catégories d’alcool : la bière (brassée ou artisanale), le « fort » (boisson à haut pourcentage d’alcool) et le vin (vin de table ou vin fortifié). On y relève que les Amérindiens peuvent avoir une hiérarchie de goûts et que leurs choix sont liés à des impératifs économiques et à une accessibilité de produits. Enfin, alors que le discours public de l’élite amérindienne est fortement empreint de l’idéologie dominante des Alcooliques Anonymes, l’analyse des données est replacée dans le cadre d’une culture politique, face à laquelle les individus, buveurs ou non buveurs, peuvent décider de se positionner pour se définir socialement. L’adoption ou le rejet de la culture du vin et de son décorum font ici l’objet d’une attention spécifique. La recherche ouvre alors des pistes pour comprendre l’évolution des codes régissant les rapports sociaux chez les Amérindiens, entre eux et face aux autres.


2001 ◽  
Vol 32 (3) ◽  
pp. 755
Author(s):  
Semir Al Wardi
Keyword(s):  
De Se ◽  

La Polynésie française, territoire d'outre-mer avant de devenir dans un proche avenir « pays d'outre-mer », contraint la République française à corriger sa conception de l'Etat unitaire. Les cultures politiques républicaine et polynésienne véhiculant une vision du monde spécifique liée à leur histoire, culture, langue, n'ont cessé de se heurter. Cependant, il est à noter que les principales revendications de la classe politique polynésienne n'ont pas vraiment changé (océanisation des cadres, pouvoir législatif...). En revanche, l'Etat français a concédé, peu à peu, compétence après compétence jusqu'à introduire dans le droit des éléments étrangers à la culture politique républicaine comme la citoyenneté ou les « lois du pays ».


2005 ◽  
Vol 28 (3) ◽  
pp. 91-103 ◽  
Author(s):  
Sherry Simon

Résumé Montréal, séparée entre l’ouest anglophone et l’est anglophone, était encore dans les années 1960 une ville divisée. Malcolm Reid entreprend un voyage initiatique qui prendra la forme d’une exploration ethnologique, et dont le résultat sera un document riche d’enseignements à la fois sur la culture politique du Canada français et sur la curiosité et des anglophones francophiles. The Shouting Signpainters traduit les paroles et les écrits du groupe littéraire Parti pris. Quel genre d’équivalence est proposé? Comme plusieurs autres traducteurs du joual à l’époque, Malcolm Reid proposera une équivalence qui ne peut être que partielle entre le français et l’anglais, faisant valoir la spécificité absolue de la culture québécoise dans son rapport à la culture anglophone. Dans la ville polarisée de la Révolution tranquille, la culture émergente – où s’imbriquent langue, littérature et revendication politique – n’a pas d’équivalent ailleurs. C’est en fait le caractère intensément local et donc intraduisible de cette culture qui attire notre voyageur. Livre-culte, qui a eu un grand impact sur une certaine jeunesse anglophone pro-nationaliste au cours des années 1970, The Shouting Signpainters acquiert une nouvelle importance aujourd’hui alors que la donne culturelle est en train de se transformer à Montréal.


2020 ◽  
pp. 30-33
Author(s):  
Keyword(s):  

Depuis le début de la crise sanitaire, la filière nucléaire ainsi que les autorités de contrôle ont modifié leur façon de travailler et d’inspecter, car il n’est pas toujours possible aux inspecteurs de se rendre sur les sites nucléaires ou dans les usines. La mise en oeuvre de nouvelles solutions d’inspections à distance s’inscrira probablement parmi les pratiques usuelles post-épidémie, pour une part des contrôles, l’inspection physique demeurant de toute façon incontournable pour un certain nombre d’opérations.


1972 ◽  
Vol 27 (03) ◽  
pp. 559-572 ◽  
Author(s):  
L Pouit ◽  
G Marcille ◽  
M Suscillon ◽  
D Hollard

RésuméNous avons étudié en microscopie électronique par la technique de coloration négative : la molécule de fibrinogène, les étapes intermédiaires de la fibrinoformation et la fibre de fibrine. Nous avons constaté que la molécule de fibrinogène se présentait sous forme d’éléments globulaires, à pH 8,3 et pour une force ionique de 0,2, le diamètre moyen mesure 240 Â. L’observation des molécules de taille variable (entre 180 Å et 420 Å) et de filaments très minces nous a conduit à émettre l’hypothèse d’une molécule capable de se dérouler sous certaines conditions physiques. L’ensemble des clichés observés suggère qu’au cours de l’organisation périodique de la fibre, le matériel protéique change de structure. Ce phénomène se manifeste par une diminution des éléments globulaires qui constituent les bandes transversales (de 280 Å à 30 Å) et le développement à partir de ces éléments d’un réseau de filaments longitudinaux, très denses, porteurs de fins granules dont l’alignement forment des sous striations transversales. Il se produit aussi une diminution de la période qui passe de 300 Å à 230 Å.


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