scholarly journals L’impact de la concomitance de troubles liés à la consommation de substance et de troubles de santé mentale sur les comportements à risque en fonction de l’âge

2016 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 16-77 ◽  
Author(s):  
Victoria H. Coleman-Cowger ◽  
Pamela C. Baumer ◽  
Michael L. Dennis ◽  
Christy K. Scott

Objectif : Examiner la relation entre la concomitance de troubles liés à la consommation de drogues (TCD) et d’autres troubles de santé mentale (ATSM) et une vaste gamme de comportements à risque pour le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Méthode : Les données sont tirées d’une étude auprès de 17 141 jeunes âgés de 12 à 25 ans entreprenant l’un de 148 programmes de traitement pour adolescents et jeunes adultes aux États-Unis. On a administré aux jeunes l’Évaluation globale des besoins individuels (questionnaire GAIN) au moment de leur entrée dans leur programme et lors d’au moins une visite de suivi trimestrielle sur une période de 12 mois. Parmi les participants, 90 % étaient des adolescents (âgés de 12 à 17 ans), 10 % étaient en phase de transition (âgés de 18 à 25 ans), 72 % étaient de sexe masculin, 39 % étaient d’origine caucasienne, 16 % étaient d’origine afro-américaine, 26 % étaient d’origine hispano-américaine, 3 % étaient d’une autre ethnie et 16 % étaient pluriethniques. Environ 61 % des autoévaluations respectaient le critère de troubles liés à la consommation de drogues (TCD) et d’autres troubles de santé mentale (ATSM) dans l’année précédente, 18 % respectaient celui de TCD seulement et 10 % d’ATSM seulement. Les caractéristiques démographiques et cliniques des jeunes en phase de transition étaient similaires, quoiqu’un plus haut pourcentage de ceux-ci (25 %) ont déclaré un TCD seulement. Résultats : Dans les deux groupes d’âge, les individus ayant des TCD et d’ATSM concomitants étaient invariablement les plus susceptibles de déclarer les comportements suivants au cours de la dernière année : utilisation de seringues ; partage de seringues ; relation sexuelle non protégée ; multiples partenaires sexuels ; échange de faveurs sexuelles ; partenaires sexuels à risque élevé ; historique de victimisation physique, émotionnelle et sexuelle ; automutilation ; idéation suicidaire ; idées de meurtre ; activités illégales et violence envers les autres. Les jeunes en phase de transition avaient aussi le plus haut taux de visites à l’urgence et un coût pour la société plus important. La concomitance de TCD et d’ATSM a aussi des effets sur les résultats après les traitements. Même si les troubles se manifestent et se terminent avec une gravité accrue dans ce sous-groupe, de l’admission au suivi, celui-ci rapportait les plus importantes baisses dans plusieurs comportements à risque, dans la consommation de drogues, dans les troubles émotifs, dans les activités illégales et dans le coût pour la société. Discussion : Les répercussions de ces résultats sont discutées et des stratégies potentielles sont suggérées pour améliorer l’efficacité des traitements et les services de soutien au rétablissement pour ces jeunes.

2016 ◽  
Vol 40 (4) ◽  
pp. 217-227 ◽  
Author(s):  
France Talbot ◽  
Josée LeBlanc ◽  
Jalila Jbilou

Introduction Les jeunes adultes ont, au Canada, les plus hauts taux de prévalence de l’anxiété et de la dépression, et sont aussi ceux qui utilisent le moins les services traditionnels de santé mentale. Faciliter l’accès à la thérapie chez les jeunes est ainsi particulièrement important, et ce, encore davantage dans les régions canadiennes plus rurales et auprès des minorités linguistiques. La thérapie informatisée pourrait être une option. Objectifs Cette étude vise à évaluer jusqu’à quel point l’autostigmatisation, un besoin d’autonomie et les attitudes face à la thérapie informatisée permettent de prédire l’intention d’utiliser cette thérapie chez de jeunes adultes francophones. L’impact de la visite du site Web d’une clinique virtuelle sur cette intention a également été évalué. Méthode Quarante-quatre étudiants fréquentant une université francophone du Nouveau-Brunswick ont complété, en ligne, des mesures autorapportées avant et suite à la visite du site Web de la clinique virtuelle MindSpot, en Australie, qui offre des thérapies informatisées. Résultats Une séquence de corrélations significatives entre les variables étudiées est observée, mais seules des attitudes plus positives à l’égard de la thérapie informatisée sont directement corrélées à une plus grande intention de l’utiliser. La visite du site Web a produit une augmentation significative et importante de l’intention d’utiliser la thérapie informatisée. Conclusions La thérapie informatisée pourrait faciliter l’accès aux traitements fondés sur les données probantes du stress, de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes adultes francophones du Nouveau-Brunswick, voir d’autres parties du Canada. Cette approche demeure peu répandue encore à travers le pays.


2018 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 85-105
Author(s):  
Régine Tardieu-Bertheau ◽  
Jean-Claude Lasry

L’on observe de plus en plus d’unions mixtes, tant au Canada (Statistique Canada, 2014) qu’ailleurs dans le monde (Cooney et Radina, 2000; Kalmijn, 2010; Shih et Sanchez, 2005). Toutefois, la recherche sur ces couples mixtes et leurs enfants demeure peu développée et elle est tout aussi rare au Québec (Le Gall, 2003; Unterreiner, 2017). Ces études dépeignent généralement un tableau négatif, mettant en évidence des problèmes d’identité, de santé mentale, de comportements problématiques et de difficultés scolaires (Udry, Richard, Rose et Hendrickson-Smith, 2003; Unterreiner, 2011). Notre article met en évidence l’identification ethnoculturelle de ces jeunes, presque tous nés au Québec, dont l’un des parents est québécois et l’autre immigrant, ainsi que son influence sur leur bien-être psychologique et leur performance scolaire. Lorsque ces jeunes issus de couples mixtes valorisent les deux cultures originelles, par le choix du style intégration (Berry, 1980), ils fonctionnent bien et ne diffèrent pas des jeunes dont les deux parents sont Québécois. D’autre part, un ancrage identitaire faible dans la culture du parent immigrant fragiliserait ces jeunes au niveau de leur bien-être psychologique.


Author(s):  
W. Hovdestad ◽  
M. Shields ◽  
G. Williams ◽  
L. Tonmyr

Introduction Les familles avec une jeune mère sont associées à un risque accru de mauvais traitements envers les enfants et de problèmes sociaux et de santé. Méthodologie Une analyse du chi carré effectuée sur des données combinées des services de protection de l’enfance issues de l’étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI-2003 et ECI-2008) a permis de comparer 284 mères adolescentes (18 ans et moins) et 800 jeunes mères (19 à 21 ans) et leurs familles à 5 752 familles avec une mère de 22 ans ou plus. Résultats Vingt-six pour cent des jeunes mères avaient 18 ans ou moins. La plupart recevaient de l’aide sociale comme principale source de revenu (68 % des familles avec une mère adolescente et 57 % des familles avec une mère jeune adulte contre 36 % des familles avec une mère de 22 ans ou plus). Les mères adolescentes et les mères jeunes adultes étaient plus susceptibles d’avoir été placées dans leur enfance que les mères de 22 ans ou plus (31 % et 23 % contre 10 %) et présentaient plus fréquemment des facteurs de risque tels que l’alcoolisme (25 % et 23 % contre 18 %) ou un manque de soutien social (46 % et 41 % contre 37 %). Les pourvoyeurs secondaires de soins dans les familles avec de jeunes mères étaient aussi associés à un plus grand nombre de facteurs de risque. Les familles de mères adolescentes ou jeunes adultes couraient un risque plus élevé de décision de placement de l’enfant pendant l’enquête (29 % et 27 % contre 17 %). Les mères couraient toutes le même risque d’être victimes de violence familiale et de présenter des problèmes de santé mentale. Conclusion Dans cet échantillon de familles à risque élevé, les risques étaient plus importants pour les familles avec de jeunes mères que pour les familles auxquelles on les avait comparées. Le jeune âge de la mère pourrait être un bon critère pour repérer les familles nécessitant des interventions ciblées.


2007 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 25-39 ◽  
Author(s):  
Frédéric Grunberg ◽  
Alain D. Lesage ◽  
Richard Boyer ◽  
Claude Vanier ◽  
Raymond Morissette ◽  
...  

RÉSUMÉ On a apparié 75 jeunes gens de 18 à 35 ans qui s'étaient suicidés à 75 autres, toujours en vie, en fonction de l'âge, de la résidence, du statut conjugal et professionnel. Pour chacun des groupes, un répondant principal a été interviewé, et les dossiers médicaux ainsi que ceux du coroner ont été examinés afin de reconstituer le profit psychologique des intéressés et leur utilisation des services. À six mois, la prévalence de tous les diagnostics d'axe (selon le DSMIH-R) était de 88,8 % pour le groupe des suicidés et de 37,3 % pour le groupe témoin. Parmi les suicidés, 38,7 % souffraient de dépression majeure, 24 % de dépendance à l'alcool, et 28,7 % aux drogues. La personnalité borderline a été identifiée chez 28% des suicidés contre 4% du groupe témoin. Chez les suicidés, 42,5 % avaient consulté un professionnel de la santé mentale dans l'année précédente, contre 5 % chez les témoins. Cependant, la grande majorité des suicidés (78,5%) avaient consulté un professionnel de la santé, tel un omnipraticien, contre 73,2 % chez les témoins.


2014 ◽  
pp. 227-240 ◽  
Author(s):  
Hugo Dupont

Certains enfants, adolescents et jeunes adultes socialement vulnérables présentent une déviance comportementale à l’école et une difficulté à entrer dans les apprentissages. Leurs difficultés familiales et scolaires étant interprétées sur le plan de la santé mentale, ils sont orientés vers des Instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP) dont le fonctionnement peut être comparé à celui d’une « institution totale ». Nous faisons alors l’hypothèse que les critères qui légitiment l’orientation en ITEP d’un jeune sont construits de telle manière qu’ils permettent de répondre à une nécessité politique de contrôle social d’une population considérée comme socialement et juridiquement à risque.


2010 ◽  
Vol 16 (1) ◽  
pp. 152-179 ◽  
Author(s):  
Caroline Veilleux1 ◽  
Marc Molgat

Cet article est issu d’une étude qui s’inscrit dans une démarche d’exploration de la réalité plurielle actuelle des jeunes adultes ayant reçu un diagnostic de maladie mentale à travers la considération de leur discours. Il vise dans un premier temps à déterminer si ces jeunes adultes se perçoivent comme des adultes et à identifier les critères associés à cette perception d’être adulte. En second lieu, la recherche vise à circonscrire l’impact de la maladie mentale sur la perception de soi en tant que jeune adulte et à connaître la représentation et le positionnement de ces jeunes adultes par rapport aux services de santé mentale. Pour ce faire, des entrevues semi-dirigées ont été réalisées auprès de huit jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans, qui ont reçu un diagnostic de maladie mentale. L’analyse approfondie du discours a permis de relever que ces jeunes adultes se réfèrent moins aux marqueurs de transition formels tels que l’entrée dans le marché du travail et la parentalité, pour expliquer leur parcours de vie et s’en remettent davantage à leurs expériences personnelles de vie. Ils se réfèrent à de nouveaux repères pour ainsi donner un sens à leur réalité, ce qui a comme conséquence de préserver en partie l’image de soi. Quelques pistes de réflexion pour l’intervention sont finalement proposées.


2021 ◽  
Vol 47 (1) ◽  
pp. 43-55
Author(s):  
Jill Tarasuk ◽  
Meghan Sullivan ◽  
Donna Bush ◽  
Christian Hui ◽  
Melissa Morris ◽  
...  

Contexte : L’enquête Track auprès des utilisateurs de drogues injectables a permis de recueillir des données dans quatorze sites sentinelles au Canada (2017 à 2019). Ces résultats décrivent la prévalence du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), de l’hépatite C et des comportements à risque associés à ceux-ci chez les participants autochtones. Méthodes : Des informations sur les caractéristiques sociodémographiques, les déterminants sociaux de la santé, le recours aux services de prévention et au dépistage, la consommation de drogues, les comportements à risque, ainsi que le dépistage, les soins et le traitement du VIH et de l’hépatite C ont été recueillies par l’entremise de questionnaires administrés par un intervieweur. Les échantillons biologiques ont été analysés pour y détecter la présence d’anticorps anti-VIH et anti-hépatite C et l’acide ribonucléique (ARN) de l’hépatite C. Les statistiques descriptives ont été calculées et examinées par un groupe consultatif dirigé par des autochtones, selon l’approche à double perspective (Two-Eyed Seeing). Résultats : Parmi les 2 383 participants, 997 étaient des autochtones (82,9 % étaient des membres des Premières Nations, 14,9 % étaient des Métis et 2,2 % étaient des Inuits). Plus de la moitié (54,5 %) étaient des hommes cisgenres et l’âge moyen était de 38,9 ans. Une grande proportion (84,0 %) des participants ont déclaré que leur santé mentale était de « passable excellente ». Une forte proportion d’entre eux ont été victimes de stigmatisation et de discrimination (90,2 %) ainsi que de violences physiques, sexuelles et/ou psychologiques durant l’enfance (87,5 %) ou de la part d’un partenaire sexuel (78,6 %). Un pourcentage élevé d’entre eux ont déclaré utiliser un programme de distribution de seringues (90,5 %) et avoir été dépisté pour le VIH (87,9 %) et l’hépatite C (87,8 %). La prévalence du VIH était de 15,4 % (78,2 % d’entre eux avaient connaissance de leur statut infectieux) et 36,4 % d’entre eux étaient séropositifs pour l’ARN de l’hépatite C (49,4 % d’entre eux avaient connaissance de leur statut infectieux). Conclusion : L’enquête a révélé des taux élevés de VIH et d’hépatite C. Elle a également révélé des défis liés à l’accès et au maintien des soins et des traitements liés au VIH et à l’hépatite C. Ces renseignements éclairent les stratégies de réduction des méfaits, y compris la nécessité d’accroître la sensibilisation à la prophylaxie d’une manière culturellement pertinente.


Author(s):  
M. Y. Kwan ◽  
K. P. Arbour-Nicitopoulos ◽  
E. Duku ◽  
G. Faulkner

Introduction Les campus universitaires et collégiaux sont sans doute les derniers milieux au sein desquels il est possible d’aborder de façon globale la question de la santé d’une grande proportion de la population de jeunes adultes. Il est important que les promoteurs de la santé saisissent en quoi consistent les difficultés collectives auxquelles font face les étudiants et qu’ils comprennent mieux les modèles plus larges de comportements liés au mode de vie qui se manifestent au cours de cette période de la vie. L’objectif de notre étude a été de déterminer des catégories de comportements à risque pour la santé modifiables et d’étudier la relation entre ces catégories et divers paramètres relevant de la santé mentale au sein d’un vaste échantillon d’étudiants universitaires canadiens. Méthodologie Des étudiants de premier cycle (n = 837, âge moyen = 21 ans) de l’Université de Toronto ont répondu à l’enquête National College Health Assessment (NCHA) (évaluation nationale de la santé dans les collèges) qui comprend environ 300 éléments, dont des évaluations de l’état de santé, de la santé mentale et des comportements à risque pour la santé des étudiants. Nous avons réalisé une analyse des classes latentes pour relever des profils en fonction de huit comportements à risque pour la santé connus (consommation de marijuana, consommation d'autres drogues illégales, rapports sexuels à risque, tabagisme, excès occasionnel d’alcool, mauvaise alimentation, inactivité physique, manque de sommeil). Résultats Nous avons obtenu un modèle à trois catégories axé sur les profils de comportement des étudiants : étudiants « typiques », « à risque élevé » et « relativement en bonne santé ». Nos résultats ont par ailleurs montré que les étudiants à risque élevé ont déclaré souffrir d’un niveau de stress considérablement plus élevé que celui des étudiants typiques (χ2 [1671] = 7,26; p < 0,01). Conclusion Les étudiants les plus susceptibles d’adopter de multiples comportements à risque pour la santé ont fait état d’une moins bonne santé mentale, particulièrement en ce qui concerne le stress. Bien que l’on doive interpréter ces conclusions avec prudence en raison du taux de réponse de 28 %, celles-ci suggèrent néanmoins que l’on pourrait envisager des interventions ciblées auprès de groupes d’étudiants ayant des profils similaires de multiples comportements à risque pour la santé.


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