scholarly journals Les enjeux de santé mentale chez les aînés gais et lesbiennes

2016 ◽  
Vol 40 (3) ◽  
pp. 173-192
Author(s):  
Julie Beauchamp ◽  
Line Chamberland

La plupart des gais et lesbiennes aînés ont été marqués dans leur trajectoire de vie par des expériences de discrimination et de stigmatisation reliées à leur orientation sexuelle. Ces expériences négatives peuvent avoir eu des impacts sur leur parcours de vie et sur leur santé mentale. Même si, actuellement, la majorité des aînés gais et lesbiennes ont et maintiennent une bonne santé mentale, il ressort des études que les personnes non hétérosexuelles sont plus à risque de développer certains problèmes tels que l’anxiété, la dépression, les idéations suicidaires et la consommation excessive d’alcool et d’autres substances. Cet article présente les facteurs pouvant fragiliser la santé mentale des aînés gais et lesbiennes, soit la victimisation et l’exposition à diverses formes de préjudices au cours du parcours de vie, la gestion continue du dévoilement ou de la dissimulation de l’orientation sexuelle, le degré d’homophobie intériorisée ainsi que la solitude ; et les facteurs potentiels de protection tels que les capacités de résilience, le réseau social et le soutien social. Cet article conclut sur les implications quant à la prise en compte des besoins propres aux aînés gais et lesbiennes. Des recommandations sont mises de l’avant dans une perspective de reconnaissance des enjeux touchant les aînés gais et lesbiennes, et d’amélioration des services qui leur sont offerts.

2006 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 165-191 ◽  
Author(s):  
Jean Caron ◽  
Céline Mercier ◽  
Andrea Martin ◽  
Emmanuel Stip

Résumé Cette étude, réalisée auprès d’un échantillon de convenance de 71 familles de personnes souffrant de schizophrénie, explore au moyen d’analyses de régression, les liens pouvant exister entre le soutien que ces familles reçoivent de leur réseau social personnel, le fardeau associé à leur rôle de parents, leur satisfaction des services en santé mentale, leur détresse psychologique et leur qualité de vie. Trois variables identifiées par les analyses, permettent de prédire 31 % de la variance de la détresse psychologique. Elles sont l’obtention de conseils et d’orientation provenant de leur réseau, le fardeau associé à l’implication dans les activités quotidiennes et la satisfaction des services. Cinq variables permettent d’expliquer 63 % de la qualité de vie. Il s’agit de l’obtention de conseils et d’orientation, la confirmation de leur valeur de la part des membres de leur réseau, le fardeau ressenti lors de l’implication dans les activités quotidiennes, le fardeau associé aux comportements problématiques et enfin la satisfaction des services. Les composantes du soutien social identifiées sont les prédicteurs les plus fortement associés à la santé mentale des familles de personnes souffrant de schizophrénie.


2007 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 160-180 ◽  
Author(s):  
Régis Brunod ◽  
Solange Cook-Darzens

Résumé Le modèle matrifocal d'organisation familiale reste toujours prépondérant dans les Petites Antilles malgré une confrontation ancienne au modèle nucléaire occidental. Il doit ses particularités aux conditions de son développement initial dans le contexte de l'esclavage et son maintien est favorisé par certaines dispositions sociales dans les Antilles françaises. Dans ce modèle les pères semblent graviter à la périphérie de la famille sans toutefois être invisibles, ni absents ou en conflit. Leur présence au domicile peut même être intermittente, mais de manière prévisible et régulière, rassurante pour l'enfant auquel ils accordent toute leur attention à ces moments-là. Le rôle dit paternel est assuré de manière plus complexe, non seulement par le père mais aussi par d'autres personnages masculins ou même féminins et même par l'ensemble du réseau social lorsque celui-ci garde une bonne cohésion. Lorsqu'il est fonctionnel, ce modèle est tout aussi à même qu'un autre de répondre aux besoins affectifs, éducatifs et de socialisation d'un enfant. Après un rappel des conditions historiques et économiques ayant donné naissance à ce type très particulier d'organisation familiale, cet article présente à travers l'étude de trois cas cliniques comment les deux modèles (nucléaire et matrifocal) se côtoient dans les Antilles françaises, et comment les professionnels de santé mentale procèdent aux raccommodages en cas d'accrocs.


2007 ◽  
Vol 16 (2) ◽  
pp. 139-154 ◽  
Author(s):  
Jérôme Guay

RÉSUMÉ Dans cet article, l'auteur définit un mode d'intervention de type proactif en santé mentale qui est actuellement expérimenté dans le cadre d'un projet-pilote. L'approche proactive remet en question la pratique qui consiste à réagir à des demandes urgentes de services, formulées alors que la situation s'est déjà fortement détériorée et que les ressources du réseau social sont absentes ou dépassées. L'auteur décrit d'abord les obstacles au développement de cette approche proactive, caractérisée par une grande visibilité et une grande accessibilité des praticiens, qui offrent des services avant qu'ils ne leur soient sollicités. Il illustre ensuite des modes d'intervention dont le but est d'apporter du soutien aux citoyens et aux aidants naturels.


2020 ◽  
Vol 59 (3) ◽  
pp. 248-255
Author(s):  
Jean-Marc Guilé ◽  
Nicolas Benard ◽  
Olivier Bourdon ◽  
Yann Griboval ◽  
Hélène Lahaye ◽  
...  

Une intervention psychothérapeutique protocolisée a été mise au point par Stanley et associés pour aider à prévenir de futurs comportements suicidaires chez les personnes qui ont déjà fait une tentative de suicide. Le plan de sécurité (PS) fournit aux suicidants une planification écrite, personnalisée, étape par étape, des stratégies de protection et d’adaptation (coping) à mettre en œuvre en cas de crise suicidaire. Le PS comprend six éléments informatifs : (1) les signes avant-coureurs liés à une augmentation des impulsions suicidaires; (2) les stratégies d’adaptation internes que l’individu est capable de mettre en œuvre par lui-même; (3) les stratégies d’adaptation à mettre en œuvre avec le soutien d’amis et de parents; (4) les moyens qu’il/elle peut employer pour contacter les personnes significatives au sein de son réseau de soutien social; (5) les professionnels de la santé mentale et les services d’assistance téléphonique à éventuellement contacter en cas d’urgence suicidaire; et (6) les stratégies pour obtenir un environnement plus sûr au domicile. Les PS sont élaborés avec les suicidants au décours de la crise suicidaire. Les suicidants sont encouragés à partager le SP avec un proche de leur réseau de soutien. Ceci est obligatoire avec un suicidant mineur. Le parent ou le responsable légal doit être impliqué dans la préparation et le suivi du PS. Afin d’évaluer en permanence le risque suicidaire de l’individu, les PS sont revus tout au long du suivi thérapeutique. Le SP est une brève intervention, facile à mettre en œuvre à la suite d’une tentative de suicide. On dispose de résultats de recherche prometteurs concernant son efficacité dans la prévention des récidives de conduites auto-agressives.


2006 ◽  
Vol 12 (2) ◽  
pp. 64-75
Author(s):  
Danielle Desmarais ◽  
Aimé Lebeau ◽  
Denis Allard ◽  
Chantal Perreault

Résumé Dans cet article, les auteurs exposent les résultats de l'analyse exploratoire des pratiques de santé mentale adoptées par un groupe de travailleurs et travailleuses en chômage. Ils présentent un éventail de 5 types de pratiques : le contrôle de la signification du chômage, la consultation institutionnelle dans le réseau de la santé, l'anticipation, l'actuaIisation de soi et Ia modification de la situation du chômage. Par la suite, les auteurs retracent le discours des chômeurs et chômeuses sur le soutien social. Ces diverses pratiques de santé mentale, vérifiées parmi un groupe homogène de chômeurs et chômeuses du secteur manufacturier, contribuent à alimenter la réflexion sur des stratégies d'intervention. Après avoir dégagé dans la première partie les principaux problèmes observés chez des ouvriers et ouvrières en chômage, et en avoir décrit les composantes, nous présentons dans cette seconde partie une analyse des pratiques de santé mentale.


2006 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 15-41 ◽  
Author(s):  
Jean Caron ◽  
Stéphane Guay

Résumé Cet article vise dans un premier temps, à mieux situer le concept du soutien social dans le vaste champ des relations sociales. Les auteurs abordent ensuite des modèles théoriques permettant d’expliquer l’importance du soutien social pour le maintien de la santé mentale et leur implication dans le contexte de l’intervention, les différentes mesures du soutien social, leurs valeurs respectives et les principaux instruments qui ont été développés pour les appréhender. Des recherches récentes permettent par la suite d’illustrer les liens étroits entre la santé mentale et le soutien social identifiés dans les enquêtes populationnelles et cliniques. En conclusion, les auteurs présentent des interventions favorisant le développement du soutien social et formulent des recommandations à l’intention des cliniciens.


2008 ◽  
Vol 32 (2) ◽  
pp. 225-238 ◽  
Author(s):  
Jean Caron ◽  
Michel Tousignant ◽  
Duncan Pedersen ◽  
Marie-Josée Fleury ◽  
Margaret Cargo ◽  
...  

Résumé Grâce à une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), il se développe actuellement une nouvelle génération d’études en épidémiologie sociale et psychiatrique dans une zone circonscrite se situant dans le sud-ouest de Montréal où vivent 258 000 personnes. Ce programme de recherche repose sur une étude prospective longitudinale visant à identifier les déterminants de la santé mentale de la population, et sur quatre études spécifiques qui abordent des paramètres importants pour la santé mentale : l’écologie sociale et physique des quartiers, le soutien social, le stigma social et les services en santé mentale. Ce programme est complété par l’utilisation de la dernière génération des outils technologiques et informatiques soit un système d’information géographique (SIG) qui permet d’apprécier les effets du contexte sur la santé mentale. Les bases théoriques sur lesquels repose ce modèle sont présentées de même qu’une description sommaire des méthodes utilisées.


Author(s):  
Heather Orpana ◽  
J. Vachon ◽  
C. Pearson ◽  
K. Elliott ◽  
M. Smith ◽  
...  

Introduction Notre objectif visait à étudier les variables liées au bien-être, mesurées par une autoévaluation de la santé mentale (AESM) très positive et une satisfaction élevée à l’égard de la vie (SV) chez des adultes canadiens (âgés de 18 ans et plus) présentant un trouble de l’humeur ou d'anxiété. Méthodologie Nous avons utilisé des données nationales représentatives tirées de l’Enquête sur les personnes ayant une maladie chronique au Canada – Composante des troubles de l’humeur et d’anxiété (EPMCC-TAH) de 2014 afin de décrire l’association entre bien-être et comportements d’autogestion (activité physique, sommeil et méditation) ainsi que stress, adaptation et soutien social perçus. Nous avons eu recours à une régression logistique multivariée pour modéliser la relation entre ces facteurs et les mesures du bien-être. Résultats Environ une personne sur trois atteinte d’un trouble de l’humeur ou d’anxiété a fait état d'une AESM positive. Les modèles de régression logistique ont révélé que plusieurs caractéristiques, comme un âge plus avancé, une autoévaluation de la santé générale positive, des limitations fonctionnelles moins nombreuses ainsi que la perception d’un moindre stress à l’égard de la vie, de meilleures capacités d’adaptation et d’un plus grand soutien social, étaient associées à des niveaux de bien-être plus élevés. Les comportements d’autogestion (entamer une activité physique, méditer, adopter de saines habitudes de sommeil et atteindre un certain nombre d’heures de sommeil chaque nuit) n’étaient pas significativement associés à des mesures du bien-être dans notre modèle multivarié. Conclusion Les adultes canadiens souffrant de troubles de l’humeur ou d'anxiété qui ont déclaré percevoir un niveau de stress plus faible, un plus grand soutien social et une meilleure capacité d’adaptation étaient plus susceptibles de déclarer également des scores de bien-être plus élevés. Cette étude a fourni des données probantes à partir d’un échantillon représentatif de la population montrant qu’il est possible de vivre dans un état de bien-être même en présence d’un trouble de l'humeur ou d'anxiété.


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