scholarly journals Paternité en contexte de violence conjugale : regards rétrospectif et prospectif

2015 ◽  
pp. 27-50 ◽  
Author(s):  
Michel Labarre ◽  
Valérie Roy

Cet article retrace l’évolution des champs d’études « paternité » et « violence conjugale » afin de mieux saisir comment ils en sont venus à se croiser au tournant des années 2000. D’une part, le développement de la recherche sur la paternité de même que des politiques et programmes sociaux faisant la promotion de la paternité ont contribué à créer un climat social valorisant l’engagement paternel. D’autre part, certains thèmes de recherche en violence conjugale (par exemple, les conséquences de la violence sur les enfants) et certains axes d’intervention (par exemple, la protection de la jeunesse) ont soulevé des préoccupations à l’égard de l’engagement des pères ayant des comportements violents. Ces éléments ont progressivement contribué à la reconnaissance sociale de la problématique de la paternité en contexte de violence conjugale et, par la suite, aux initiatives pratiques et scientifiques en la matière. Notre analyse met en lumière la nécessité d’atteindre un équilibre entre soutien et contrôle dans les pratiques et politiques en matière de paternité en contexte de violence conjugale. Elle suggère également quelques réflexions quant à l’évaluation de programmes et aux pistes de recherche à explorer.

2011 ◽  
Vol 57 (1) ◽  
pp. 31-48 ◽  
Author(s):  
Simon Lapierre ◽  
Isabelle Côté

À la lumière de développements récents dans le champ de la protection de l’enfance, il s’avère important d’examiner comment les différents acteurs dans le système de protection conceptualisent les situations de violence conjugale. Le présent article aborde précisément cette question, s’appuyant sur les résultats d’une étude de cas réalisée dans un centre jeunesse du Québec. La méthodologie qualitative combinait une analyse documentaire des politiques et des entrevues individuelles réalisées auprès de différents acteurs dans le système de protection de l’enfance, soit des intervenants sociaux, des cadres intermédiaires, des cadres supérieurs et un réviseur. Dans l’ensemble, les résultats de cette étude révèlent que tous les participants reconnaissent que les intervenants en protection de la jeunesse sont confrontés à des situations de violence conjugale dans le cadre de leur travail et que de telles situations peuvent nécessiter l’intervention des services de protection de la jeunesse, du moins dans certaines circonstances. Selon les données recueillies, ces circonstances relèvent principalement des conséquences pour les enfants et des capacités parentales de leur mère. Par ailleurs, les résultats présentés ci-dessous semblent indiquer que les différents acteurs dans le système de protection de la jeunesse ne mettent pas l’accent sur la violence des hommes et sur la victimisation des femmes, mais bien sur l’exposition à la violence conjugale et sur ses conséquences pour les enfants. Ils sont préoccupés par la situation des femmes dans la mesure où cela met en cause leur capacité à assurer la sécurité et le développement de leurs enfants. Les femmes victimes de violence sont donc perçues comme une partie du problème, voire même comme la source du problème.


Criminologie ◽  
2008 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 247-267 ◽  
Author(s):  
Chantal Lavergne ◽  
Daniel Turcotte ◽  
Dominique Damant

Résumé Cet article rend compte des résultats d’une étude exploratoire portant sur les pratiques d’intervention dans le domaine de la protection de la jeunesse concernant les situations où il y a violence conjugale et maltraitance envers les enfants. Plus précisément, l’étude permet de documenter les éléments pris en considération dans le dépistage et l’évaluation des situations de cooccurrence ainsi que les défis auxquels les intervenants sont confrontés dans ce type de cas. L’analyse qualitative du contenu de 43 entrevues montre que les intervenants reconnaissent l’existence des liens de cooccurrence entre les deux problématiques et l’importance d’en tenir compte dans l’intervention. La prise en compte de ces liens dans les pratiques d’intervention mises en oeuvre soulève toutefois des enjeux et des dilemmes importants concernant le dépistage et l’évaluation des situations ainsi que pour la création d’un lien de confiance et de collaboration avec les membres de la famille.


2017 ◽  
Vol 44 (2) ◽  
pp. 245-267 ◽  
Author(s):  
Chantal Lavergne ◽  
Sonia Hélie ◽  
Claire Malo

La présente étude porte sur le profil des enfants exposés à la violence conjugale signalés aux services de protection de la jeunesse du Québec ainsi que sur la réponse aux besoins d’aide des familles. Elle vise à apporter un éclairage nouveau en distinguant l’exposition à la violence conjugale physique et psychologique de même qu’en incluant des formes directes et indirectes de l’exposition à la violence conjugale physique. L’étude repose sur l’utilisation d’un échantillon représentatif des enfants de moins de 18 ans dont le signalement pour maltraitance ou troubles de comportement a été évalué par les intervenants de la DPJ dans les seize centres jeunesse du Québec. Les résultats font ressortir la lourdeur des situations; l’exposition à la violence conjugale se présente le plus souvent en cooccurrence avec d’autres formes de maltraitance de même qu’avec d’autres difficultés de fonctionnement chez les parents. Les enfants exposés sont également plus jeunes. La situation semble particulièrement complexe dans les cas d’exposition à la violence conjugale psychologique. Le fait que la majorité des familles où il y a violence conjugale ne soit pas référée à des services sociaux adaptés à cette problématique est préoccupant. L’intervention auprès de ces familles nécessite que soit pris en compte non seulement les besoins des enfants, mais également ceux reliés à la victimisation des mères et à la violence du conjoint.


Criminologie ◽  
1975 ◽  
Vol 8 (1-2) ◽  
pp. 9
Author(s):  
Michel Lippé

2006 ◽  
Vol 18 (1) ◽  
pp. 79-99 ◽  
Author(s):  
Vanessa Watremez

Travailler sur la violence dans les relations lesbiennes, c’est aussi s’interroger sur la violence des femmes dans ses enjeux sociaux et politiques. En effet, cette dernière est un phénomène qui suscite de plus en plus de débats, où différents discours, perspectives et théories analysent la réalité de façon diamétralement opposée (des analyses féministes aux plus antiféministes). Il apparaît important alors de discuter et de mesurer les enjeux de cette question tant sur le plan des politiques sociales, du service social et de la réalité sociale qu’en ce qui concerne la vision des rapports sociaux de sexe, car, à l’issue de ce débat, les analyses qui feront le poids auront des incidences, notamment sur les orientations et réorientations des politiques sociales en matière de violence conjugale. Ce texte propose ainsi de jeter un regard sur ces enjeux et les perspectives qui se dessinent et d’élaborer un cadre d’analyse du féminisme matérialiste et du lesbianisme politique pour rendre compte de la violence des lesbiennes dans un cadre domestique.


2013 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 67-83 ◽  
Author(s):  
Christiane Guay ◽  
Sébastien Grammond

Le régime provincial de protection de la jeunesse tend à marginaliser les conceptions autochtones de la famille, qui sont souvent fondées sur le rôle de la famille élargie et des formes d’adoption coutumières propres à chaque communauté. En effet, les intervenants sociaux et les tribunaux prennent généralement des décisions en se fondant sur leurs propres références culturelles, ce qui les conduit à méconnaître les conceptions autochtones de la famille. Les directives données par le législateur de tenir compte de la culture autochtone ont eu peu d’effet pratique. Seule l’autonomie gouvernementale des peuples autochtones en matière de protection de la jeunesse paraît pouvoir changer la donne.


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