scholarly journals Bellina

2015 ◽  
Vol 39 (1-2) ◽  
pp. 61-83
Author(s):  
Michèle Cros

Nous sommes au Burkina, en pays lobi, lors d’un grand rituel de fécondité. L’ethnologue effectue une mission de terrain avec son jeune fils. On nous apprend que notre chienne (Bellina) est atteinte d’un mal foudroyant. On pourrait alléger sa souffrance à l’aide de soins palliatifs. L’enfant pleure celle qu’il considère comme une sorte de petite soeur. Les Lobi, mis au courant de cette situation, recommandent au contraire de tuer au plus vite Bellina afin d’en faire une bonne soupe, cynophagie oblige. Deux modes de représentations, d’affects et de comportements se retrouvent soudain mis en écho, discutés et commentés. Ils seront ici analysés à l’aide de narrations graphiques, de brèves de terrain recueillies dans le hors-champ de l’enquête et de récits aux allures de mythe. Mis en dialogues, ces éléments discursifs accentuent autant la violence de ces déliaisons croisées qu’ils mettent en évidence des liaisons vitales inattendues unissant l’homme au chien, en France comme au Burkina.

2016 ◽  
Vol 41 (4) ◽  
Author(s):  
Jennifer Ellen Good

This article explores how the iPhone phenomenon was born, the reality of electronic waste, and the annihilation of news frames that link our use of electronics and electronic waste. Media sources and Google queries were searched for stories about the iPhone and electronic waste. Symbolic annihilation, push-and-pull media, and agenda-setting theory’s obtrusive issues are used to explore the implications. The results indicate that stories about the iPhone are plentiful and stories about electronic-waste very few and far between. The results also clearly show that stories that make connections between iPhones and electronic waste are annihilated. This article highlights that the iPhone is an iconic and readily outdated example of the horrible “waste makers” we have become. The conclusion offers suggestions for ways forward.Cet article explore les origines du phénomène iPhone, la réalité des déchets électroniques, et l’annihilation de cadres journalistiques faisant le lien entre l’utilisation d’appareils électroniques et les déchets qui découlent de celle-ci. Pour ce faire, nous avons eu recours aux concepts suivants : l’annihilation symbolique, les médias push et pull et les questions imposantes dans le cadre de l’agenda setting (« mise à l’ordre du jour »). D’autre part, nous avons cherché dans les médias et sur Google des articles sur l’iPhone et les déchets électroniques. Nos résultats indiquent que les articles sur l’iPhone sont nombreux mais que ceux sur les déchets électroniques sont rares. Par surcroît, les résultats montrent clairement l’annihilation d’articles établissant un lien entre l’iPhone et les déchets électroniques. Cet article-ci souligne que l’iPhone est un exemple iconique, voué à une obsolescence perpétuelle, des gaspilleurs horribles que nous sommes devenus. La conclusion propose des pistes à suivre pour sortir de cette situation.


2018 ◽  
Vol 73 (2) ◽  
pp. 252-273
Author(s):  
Bernard Dugué ◽  
Johann Petit

Le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s’avère, en France, une pièce maitresse des dispositifs de prévention des risques et d’amélioration des conditions de travail dans les entreprises. Bien que son rôle soit de plus en plus reconnu, il a souvent des difficultés à fonctionner et à trouver sa place dans le paysage des relations professionnelles. Cette situation est liée, d’une part, à la nature même du comité — à la fois institution de représentation du personnel et instance chargée de la prévention des risques de manière coordonnée avec les services de l’entreprise — et, d’autre part, aux caractéristiques de son champ d’intervention. La conduite des actions et leur efficience sont directement en lien avec la capacité du CHSCT à mettre en discussion des conceptions différentes, et parfois opposées, en matière de conditions de travail, de santé, de risques professionnels et d’exercice du mandat représentatif. Les représentations qu’ont les différents acteurs de ces questions contribuent à la définition des choix stratégiques et des actions à entreprendre. Notre travail de recherche s’est appuyé sur deux types de données. D’abord celles recueillies, au moyen d’entretiens et d’observations participantes, auprès de 27 CHSCT dans des entreprises de tailles et de secteurs d’activité très variés. Ensuite, des données collectées au moyen d’une grille de questionnement auprès de plus de 100 CHSCT lors de sessions de formation ou d’interventions dans des entreprises sur une période de cinq ans, et de la consultation de procès-verbaux de réunion ou de documents d’information remis aux membres de l’instance. L’objectif de cet article est de montrer que si les tensions qui traversent l’activité du CHSCT sont, en grande partie, inhérentes aux caractéristiques de cette instance et si elles sont fréquemment à l’origine de conflits, elles sont aussi une source de débats féconds qui constituent un espace de créativité pour le développement de l’action collective. Au-delà des CHSCT en France, nous sommes convaincus que les conclusions de cette recherche concernent toute instance chargée de la prévention et de l’amélioration des conditions de travail dans les entreprises à travers le monde.


Author(s):  
Brynne Hayhurst-France

Cette présentation va considérer la conception du langage et sa fonction dans le contexte de la vie quotidienne. Ce sujet a été choisi parce que la langue est un aspect intégral des relations humaines dont la fonction et l'organisation sont beaucoup plus complexes que nous avons l'habitude de penser. Cette présentation va donc examiner certaines des utilisations et fonctions habituelles du langage quotidien pour ensuite les voir problematisées dans le contexte de textes de trois auteurs: Pour un nouveau roman d’Alain Robbe-Grillet, L’Usage de la parole de Nathalie Sarraute et Minima Moralia: Réflexions sur la vie mutilée de Theodor Adorno. À part de l’analyse de ces textes, cette étude constate que le langage peut-être aussi utilisé pour coincé une personne dans une convention de comportement particulière, réfléchir sur la construction du langage lui-même, et que cette réflexion peut même influencer comment nous communiquons avec les autres. Les conclusions que nous envisageons porterons sur le fait que nous sommes conditionnés et limités par un langage qui véhicule beaucoup plus de présupposés que nous avons tendance à croire. Une des conséquences de ceci est qu'il est difficile de prétendre à la spontanéité, à la singularité et à l'authenticité lorsque nous parlons dans le contexte du quotidien. Et ce que nous poussent à faire les oeuvres littéraires et philosophiques que nous allons aborder est de prendre conscience de ce fait pour ensuite prendre en compte cette situation.


Dialogue ◽  
1969 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 272-292
Author(s):  
Charles Gervais
Keyword(s):  

La première grande question qui se pose au lecteur de la Critique de la Raison Dialectique est certainement celle des rapports entre les problématiques sartrienne et marxiste. Dans sa conclusion à Questions de Méthode, Sartre la forrnule clairement en écrivant que l'existentialisme « ne remet rien en question, sauf un déterminisme mécaniste qui n'est précisément pas marxiste et qu'on a introduit du dehors dans cette philosophie totale. Il veut, lui aussi, situer l'homme dans sa classe et dans les conflits qui l'opposent aux autres classes à partir du mode et des relations de production. Mais il veut tenter cette ‘situation’, à partir de l'existence, c'est-à-dire de la compréhension ». En termes plus généraux, l'existentialisme « veut dans le Savoir même et dans l'universalité des concepts réintroduire l'indépassable singularité de l'aventure humaine ». Nous sommes donc ici simultanément en présence d'une profession de foi dans le marxisme—car même la carence que Sartre reproche à celui-ci, l'élimination de l'homme, «tient à l'événement et non aux principes mêmes de la doctrine»—et d'une volonté d'introduire dans cette philosophie une méthode propre à l'idéologie de l'existence.


Author(s):  
Claire Van Pevenage ◽  
Isabelle Lambotte

La maladie grave atteint profondément et douloureusement l’enfant qui en souffre, mais aussi l’ensemble de sa famille. Celle-ci se retrouve précipitée dans une crise émotionnelle aiguë déclenchée par la menace de perdre l’enfant ainsi que par la remise en question des fantasmes d’immortalité de l’enfant et de l’ensemble des membres de sa famille. Cette situation induit des vécus et des sentiments variés (recherche de sens, sentiment d’échec, angoisse, agressivité, sentiment d’impuissance, de culpabilité, etc.) qui auront un impact inévitable sur l’enfant, sa famille et les relations aux soignants.Notre expérience de plus de 15 ans en pédiatrie aiguë nous a appris que si la capacité à faire face à la maladie grave de l’enfant varie selon des facteurs personnels (la personnalité, l’âge de l’enfant, le tempérament de chacun), elle dépend aussi du couple parental et du système familial dans ses aspects d’adaptabilité, de communication, de cohésion et de développement.En passant par la retranscription du discours de quelques familles, nous abordons quelques réactions parentales et familiales face à l’enfant gravement malade, en s’attardant sur certaines situations complexes (bébé malformé, enfant de parents séparés, besoins des parents dont l’enfant est en soins palliatifs) et sur quelques pistes de réflexion autour de leur accompagnement. Nous terminerons en évoquant brièvement la question du deuil et de son suivi.


2020 ◽  
Vol 12 (2) ◽  
pp. 2S259-2S268
Author(s):  
S. Salas ◽  
L. Bigay-Gamé ◽  
B. Etienne-Mastroianni
Keyword(s):  

2018 ◽  
Vol 19 (3) ◽  
pp. 127-135 ◽  
Author(s):  
Florence Parent ◽  
Grégory Aiguier ◽  
Alexandre Berkesse ◽  
Manoé Reynaerts ◽  
Franck Rolland ◽  
...  

Problématique : Plusieurs mouvements tentent de reformuler les fondements d’une clinique en tant que praxis, centrée sur un « agir-en-santé » : promotion de la santé, soins palliatifs, éducation thérapeutique du patient, médecine centrée sur le patient, courant du patient-partenaire, humanités et sciences humaines et sociales pour la santé, etc.. Ils s’efforcent d’apporter leurs contributions propres à la redéfinition de la santé et à sa traduction en tant qu’objet d’enseignement et d’apprentissage dans les curriculums de formation des professionnels de la santé. Exégèse : Les auteurs proposent la notion d’éthique des curriculums en santé pour désigner l’idée que les choix alternatifs relatifs aux conceptions de l’agir en santé, qui sous-tendent l’organisation des curriculums de formation des professionnels de la santé, devraient être rendus explicites au regard des dimensions constitutives d’un paradigme en philosophie des sciences (ontologique, épistémologique et méthodologique), dans le cadre de processus démocratiques de mise en projet. Conclusion : En lien avec une telle perspective, les auteurs argumentent qu’il est possible et nécessaire de caractériser l’agir professionnel en santé en tant que nouvel objet d’enseignement et d’apprentissage, au regard des trois dimensions, respectivement en privilégiant la centralité de l’action, en invitant à une rupture pragmatiste et à un élargissement gnoséologique et méthodologique, et en exploitant le concept de compétence à des fins didactiques et pédagogiques, dans le cadre de processus démocratiques de mise en projet, en favorisant une participation et une représentativité interdisciplinaires et interprofessionnelles. Une telle démarche est de nature éthique.


2020 ◽  
Vol 59 (1) ◽  
pp. 18-23
Author(s):  
Danièle Roche-Rabreau

L’auteur décrit la réflexion du groupe pluridisciplinaire sur l’alliance thérapeutique entre équipes soignantes et familles lors d’une première hospitalisation pour un épisode psychotique. Cette alliance thérapeutique émerge et se développe dans le cadre du « système thérapeutique » constitué par la rencontre de deux groupes : le groupe famille et le groupe « équipe thérapeutique » regroupés autour de cette situation singulière et chargée émotionnellement d’une décompensation psychotique et de l’hospitalisation d’un(e) jeune. Dans cette optique, il s’agit donc de passer de la logique individuelle propre à la médecine pour passer à une logique groupale, d’une lecture purement médicale à une lecture plu- riaxiale. Alors, savoir médical et savoir profane de la famille peuvent s’énoncer et s’articuler au lieu de s’opposer. Enfin dans ce processus, la temporalité, les étapes et l’interactivité permet de gérer la part d’incertitude diagnostic et pronostic qui caractérise ces situations. Ce travail d’alliance permet d’éviter les ruptures de soins et optimise les capacités thérapeutiques des équipes et préserve l’avenir.


2020 ◽  
Vol 59 (1) ◽  
pp. 10-17
Author(s):  
Patrick Bantman

L’article présente l’introduction d’un dossier qui résume les questions qu’ont soulevé à un groupe de travail pluridisciplinaire, le travail avec la famille lors de la première hospitalisation pour un épisode psychotique... En effet nous avons élaboré depuis quatre ans, sous l’égide de la Fédération Française de Psychiatrie à la suite de la lettre d’un parent, un travail de commission en partenariat avec l’UNAFAM. Ce groupe de travail pluridisciplinaire a rassemblé pédopsychiatres, psychiatres d’adultes, psychologues, de formations diverses et travaillant dans des contextes soignants différents, infirmiers, médecin généraliste, et un membre régulier de l’UNAFAM. Nous sommes heureux de vous présenter les premiers résultats de ce travail initié par le Dr Roche-Rabreau dont l’article figure dans ce dossier. Nous souhaiterions que ce travail puisse permettre l’élaboration de recommandations de bonnes pratiques, comme celles élaborées dans différents aspects de la pratique psychiatrique. En annexe, nous avons mis un résumé des recommandations travaillées en commission, et présentées lors de diverses manifestions psychiatriques ainsi qu’à la Fédération Française de Psychiatrie.


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