scholarly journals Transformations dans la santé mentale : entre la science et le sujet

Criminologie ◽  
2015 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 15-35 ◽  
Author(s):  
Yves Cartuyvels1
Keyword(s):  
De Se ◽  

L’article étudie les transformations historiques dans le domaine de la santé mentale, principalement à travers ses résonances contemporaines dans l’Europe francophone, et plus principalement en France et en Belgique. Il décrit les mutations d’un point de vue institutionnel et matériel en examinant, plus particulièrement et de manière critique, la portée du DSM, l’imaginaire qu’il véhicule et ses conséquences sociales.In fine, ces transformations peuvent être saisies entre une approche scientifique qui rêverait de se débarrasser du sujet humain et une autre qui le tient pour essentiel et irréductible.

2007 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 125-141 ◽  
Author(s):  
Lucie Gélineau1 ◽  
Myriam Loudahi1 ◽  
Fanny Bourgeois1 ◽  
Nathalie Brisseau1 ◽  
Rozenn Potin1 ◽  
...  
Keyword(s):  
De Se ◽  

À l’aide de témoignages de femmes vivant de l’itinérance visible et de l’itinérance cachée, cet article illustre comment celles-ci sont victimes de la violation de droits liés à leur condition. Ces droits bafoués révèlent que la violence familiale et conjugale, le refus d’accomplir un rôle d’aidante naturelle et la pauvreté sont également des portes d’entrée dans l’errance et l’itinérance. Ces trois aspects semblent par ailleurs contribuer à l’apparition de problèmes de dépendance (alcool et toxicomanie) et de santé mentale usuellement liés à l’entrée dans l’itinérance. Pour trouver des solutions durables à l’errance et à l’itinérance des femmes, travailler à la promotion de droits fondamentaux tels que l’accès au logement ou à des services appropriés semble donc insuffisant. Il est nécessaire de se pencher également sur les mécanismes et les formes d’oppression des femmes et leurs produits que sont la pauvreté, la violence et le travail domestique imposé. Trois enjeux sont soulevés pour l’intervention : 1) la reconnaissance de la non-visibilité de femmes à risque ou en situation d’errance et d’itinérance et le défi que ceci représente dans le cadre de pratiques d’interventions et de prévention fondées principalement sur l’apparence physique des personnes et des comportements associés à la maladie mentale ou la toxicomanie; 2) la nécessité de maintenir et de développer des services tenant compte de facteurs structuraux, notamment pour les femmes pauvres et leurs enfants; et 3) la reconnaissance des droits bafoués.


2006 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 48-56
Author(s):  
Claude Gendreau

Résumé Dans cet article1, nous allons considérer les divers acteurs de la santé mentale comme autant d'entrepreneurs qui tentent de se partager un marché de près de 900 millions de dollars. Nous montrerons que tous les promoteurs actuels se sont constitués dans le prolongement de l'institution psychiatrique et qu'ils sont les véhicules de la responsabilité du ministère de la Santé et des services sociaux et ultimement, de l'Etat. Tous les promoteurs ne disposent pas du même bagage d'expérience ou des mêmes garanties financières. Certains seraient plus près de la réalité des multinationales, d'autres, des sociétés d'Etat; enfin les plus récents sont, toujours de façon analogique, soit des PME, soit des artisans de la santé mentale. On assiste en somme à une stratification graduelle des acteurs qui agissent comme des promoteurs voulant survivre ou se développer dans un marché où chacun défend sa place au soleil.


2021 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 109-123
Author(s):  
Martine Dutoit
Keyword(s):  
De Se ◽  

Faire une recherche sur la construction de l’expérience implique de travailler sur le mode même dont l’expérience se construit : dans son continuum, dans ses aspects micro-sociaux, dans ses transformations simultanées de l’action et de la pensée de l’action. Bref, il s’agit de construire la recherche, comme se construit l’expérience. C’est le parti pris de ce texte qui a pour objet plus particulier la première demande d’aide, enjeu pour tous les métiers de l’agir sur/avec/pour autrui. Dans l’intervention professionnelle la première demande adressée à l’intervenant est simplement considérée comme une prémisse de son intervention nécessaire pour établir le lien, mais qui n’est pas toujours constituée en ressource pour l’action auprès des personnes. Les matériaux des demandes d’aides recueillis dans le cadre d’un dispositif d’accès aux droits et de recours en santé mentale sont ici décryptés selon une approche d’analyse des activités pour repérer dès la première mise en contact les dynamiques déjà en cours, potentiellement mobilisables par les partenaires de l’échange. Les comportements révélateurs des dynamiques d’acteurs sont présents dans la manière de se présenter et de se positionner. Elles donnent à voir et à entendre les limites et les termes des compromis que les personnes en demande d’aide jugent possibles et acceptables. Considérer l’affirmation de soi, de sa volonté et de ses choix comme autant de dynamiques permet de mettre en mouvement les personnes et de transformer la situation dans laquelle elles se trouvent.


Author(s):  
Ronald J. Manheimer

RÉSUMÉNotre vie est remplie d'histoires, celles que nous entendons, celles que nous nous racontons à nous-mêmes et celles que nous racontons aux autres. Puisque les événements et les expériences ne prédéterminent pas les histoires que nous inventons à leur sujet, nous sommes libres de découvrir ou de créer nos propres significations. Les auteurs Gary M. Kenyon et William L. Randall appellent cette interprétation narrative du restorying (raconter à nouveau) et ih estiment qu'elle a le potentiel de produire plus d'intégralité dans la vie quand nous apprenons à être des écoutants attentifs ainsi que des raconteurs et des raconteurs répétitifs enthousiastes de l'expérience de la vie. Leur livre résume la théorie et la recherche menées en psychologie narrative, en littérature, en philosophie et en gérontologie dans le but de décrire les tendances récentes dans les utilisations de la réflexion autobiographique pour rehausser la santé mentale et la quête spirituelle — ce que les auteurs appellent la «thérapie pour personnes saines d'esprit». Bien que ne constituant pas un guide, ce livre fournit des lignes directrices pour l'utilisation efficace de la narration personnelle pour le travail en groupe, pour le counseling et pour le développement de programmes, en accordant une attention particulière aux histoires racontées et à l'écoute en âge avancé. Y a-t-il des critères pour réussir le restorying, ou est-ce que n'importe quelle façon de se raconter est également valables? Les auteurs se tiennent sur la réserve et laissent la porte ouverte à plusieurs écueils.


2005 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 5-19
Author(s):  
Michel Perreault ◽  
Pascal Schneeberger ◽  
Nicole Hamel-Jutras ◽  
Michel Rousseau ◽  
Marie-Christine Héroux

Résumé L’Indice de gravité d’une toxicomanie (IGT) est l’un des instruments les plus utilisés pour l’évaluation et l’orientation des personnes toxicomanes. Puisque l’évaluation constitue le premier contact entre la personne en demande d’aide et le milieu clinique, elle s’avère déterminante quant à l’implication du client dans le traitement. La présente étude s’intéresse spécifiquement à la perspective des usagers au sujet de leur évaluation menée avec l’IGT. Au total, 306 participants ont rempli un questionnaire à la suite de leur rencontre d’évaluation. Neuf d’entre eux ont été invités à se joindre à un groupe de discussion. Les résultats indiquent que 80 % des clients se disent très satisfaits de leur contact avec l’évaluateur. Un peu plus de 74 % des répondants ont indiqué que l’entrevue IGT leur a permis d’avoir une meilleure compréhension de leurs difficultés. Les questions qu’il comporte sont jugées claires et pertinentes. Des usagers soulignent qu’il leur a été difficile de se remémorer quelques faits en relation avec leur dépendance à l’alcool ou aux drogues. Les femmes, les personnes plus âgées et celles orientées vers des services de santé mentale rapportent avoir eu plus de difficultés à compléter certaines parties de l’IGT. En dépit de la lourdeur de l’outil et du caractère intrusif de certaines questions, l’IGT semble être bien accueilli par les usagers parce qu’il est administré dans une ambiance conviviale par des évaluateurs qui font preuve d’empathie. Ce contexte serait propice au développement d’un lien thérapeutique entre le client et l’intervenant.


2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 125-145 ◽  
Author(s):  
Isabelle Doré ◽  
Jean Caron

La santé mentale est plus que l’absence de maladie mentale ou de troubles mentaux : elle constitue une forme de bien-être complet et interpelle notre capacité à jouir de la vie et à faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés. La santé mentale et la maladie mentale ne représentent pas les extrêmes d’un même continuum, mais constituent plutôt des concepts distincts, bien que corrélés. La santé mentale influence directement le fonctionnement personnel et social des individus, justifiant l’importance d’agir en amont des problèmes pour promouvoir la santé mentale. Cet article vise, dans un premier temps, à situer le concept de santé mentale dans une perspective historique ; la conception traditionnelle suggérant que la santé mentale se définit par l’absence de troubles mentaux a été remplacée par une conception holistique qui interpelle directement la santé publique. Des modèles théoriques sont présentés afin d’exposer les diverses composantes de la santé mentale qui incluent une appréciation du bien-être émotionnel/qualité de vie (QV), du bien-être psychologique et social. Les auteurs présentent également différents instruments de mesure qui permettent d’évaluer les multiples dimensions de la santé mentale. Enfin, une recension des écrits présente les résultats de recherche sur les déterminants de la santé mentale. Nous souhaitons que cet article permette au lecteur de se familiariser avec des concepts et des outils qui ont pour but d’orienter la recherche, la surveillance, l’élaboration de politiques publiques et de programmes de santé publique destinés à la promotion de la santé mentale.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 640-641
Author(s):  
P. Legrand

Malgré un manque d’études et de statistiques officielles, la progression de la clinique suicidaire (idées suicidaires, tentatives de suicide et suicide) en Afrique Sub-Saharienne semble incontestable sur le terrain. Cette avancée de l’intentionnalité de se donner la mort, s’explique sans doute en partie par les profondes mutations que les sociétés africaines vivent actuellement dans le cadre de la globalisation économique et culturelle.De ce point de vue, cette augmentation semble donner raison au postulat du sociologue Émile Durkheim selon lequel le fait social serait au moins aussi important que le déterminisme individuel dans l’explication du suicide [1].Dans une première partie, nous tenterons d’analyser l’évolution des sociétés contemporaines africaines au filtre des concepts Durkheimiens de « régulation » et d’« intégration » pour tenter de donner une ébauche sociologique du suicide en leur sein.Nous envisagerons dans une seconde partie, de donner un cadre épidémiologique et sémiologique à la clinique suicidaire africaine contemporaine et comment celle-ci a pu naître et évoluer par rapports aux représentations traditionnelles qui y étaient rattachées [2,3].Nous terminerons par la présentation de l’action que l’association santé mentale en afrique de l’Ouest (SMAO) développe à travers la mise en place de centre-relais de santé mentale avec son partenaire, l’Ong Saint-Camille de Lellis, au Bénin. Ce programme de formation sur trois années permet de sensibiliser les acteurs de santé de première ligne (infirmiers de soins généraux) à cette clinique du suicide qui reste encore taboue et difficile à appréhender, tant sur le plan culturel que religieux [4].


Author(s):  
Michelle Fortier ◽  
Taylor McFadden ◽  
Guy Faulkner

Résumé La dépression est aujourd’hui le trouble mental le plus répandu, et on estime qu’un Canadien sur quatre en souffrira à un moment ou à un autre de sa vie. Même si l’activité physique est recommandée comme traitement principal de la dépression légère à modérée et comme traitement secondaire de la dépression modérée à grave, on ne dispose toujours pas de lignes directrices précises sur la meilleure façon de promouvoir l’activité physique auprès de la population atteinte de dépression. Cet exposé de politique vise donc à fournir des recommandations fondées sur des données probantes aux fournisseurs de soins primaires et aux professionnels paramédicaux afin de promouvoir l’activité physique à vie chez les personnes atteintes de dépression. Ces recommandations consistent notamment à demander la permission de parler d’activité physique avec les personnes concernées; à présenter l’activité physique comme un élément sur lequel elles ont un contrôle afin de se sentir mieux; à préciser qu’intégrer ne serait-ce que quelques minutes supplémentaires d’activité physique hebdomadaire vaut mieux que rien et que des exercices légers sont suffisants pour obtenir des bienfaits sur la santé mentale et enfin à proposer plusieurs choix d’activités et essayer d’accompagner les personnes lors de leurs premières séances. En outre, cet article souligne l’importance de promouvoir, auprès de cette population, le plaisir que procure l’activité physique, ce qui peut être fait en aidant la personne à augmenter progressivement la fréquence, la durée et l’intensité de l’activité; en l’encourageant à faire preuve de bienveillance envers elle­même à propos de l’activité physique; en lui suggérant de s’adonner à une activité de plein air, d’écouter de la musique, d’être accompagnée d’un(e) ami(e) ou de faire partie d’un groupe; en utilisant un système d’autosuivi ou un journal pour renforcer le lien entre activité physique et amélioration de l’humeur. Les praticiens sont encouragés à utiliser ces recommandations fondées sur des données probantes (en particulier l’offre d’un maximum de choix, l’insistance sur le plaisir procuré par l’activité physique et la mise en avant des préférences personnelles) afin d’aider les personnes atteintes de dépression à bouger, à se rétablir et à s’épanouir. Ces recommandations sont également utilisables pour concevoir les futures interventions et pour éclairer les lignes directrices visant à réduire les taux de dépression au Canada.


2014 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 159-173 ◽  
Author(s):  
Jean-Pierre Bonin ◽  
Gabrielle Chicoine ◽  
Hélène Fradet ◽  
Caroline Larue ◽  
Hélène Racine ◽  
...  

Cet article vise à résumer l’état des lieux quant au rôle des familles de personnes atteintes de troubles mentaux au sein du système de santé mentale au Québec. À cet effet, un rappel historique permet de mettre en perspective les différents rôles occupés par les familles, d’agent causal, tant au point de vue de la générique que des émotions exprimées, à prestataire de soins qui peut vivre du fardeau et finalement partenaire. Un modèle élaboré par la FFAPAMM et qui identifie trois rôles principaux permet de contextualiser le rôle actuel dans le système. Ce modèle, intitulé CAP, regroupe et décrit trois rôles des familles qui, s’ils sont tributaires du passé, continuent de se côtoyer à notre époque : celui de client, d’accompagnateur et finalement de partenaire. Des recommandations provenant d’un projet de recherche québécois et d’un rapport de la Commission de santé mentale du Canada permettront d’envisager un avenir où les besoins et les aspirations des familles seront pris en compte.


2008 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 63-78
Author(s):  
Jean Gagné ◽  
Henri Dorvil

Résumé La mise en place de la réforme des services sociaux et de santé aura mené le secteur communautaire à s'interroger sur la pertinence de se joindre au projet de concertation avec le réseau étatique. Cette réforme, selon plusieurs observateurs, répond à une crise de régulation de l'État-providence et en annonce la transformation néolibérale. Cette dynamique comporte deux grandes dimensions: l'une budgétaire et l'autre de légitimité de l'appareil politique. Les auteurs élaborent quelques pistes de renouvellement des pratiques sociales où le secteur communautaire situerait sa participation dans une perspective de développement de l'autonomie des groupes locaux plutôt qu'en compétition avec les institutions pour obtenir l'homologation étatique.


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