scholarly journals L’évaluation dans la formation supérieure et professionnelle

2014 ◽  
Vol 31 (3) ◽  
pp. 35-59 ◽  
Author(s):  
Françoise Campanale ◽  
Gilles Raîche

Cet article a pour objectif de dresser un portrait du traitement de l’évaluation dans la formation supérieure à l’intérieur de la revue Mesure et évaluation en éducation depuis sa création il y a trente ans. L’analyse a été effectuée en fonction de trois contextes distincts. Il s’agit de l’évaluation dans la formation supérieure pour en améliorer la qualité, de l’évaluation dans la formation professionnelle initiale et de l’évaluation dans la formation continue. En conclusion, des constats tirés de cette analyse nous amèneront à proposer des perspectives de recherche.

1988 ◽  
Vol 29 (1) ◽  
pp. 78-101 ◽  
Author(s):  
Jean-Daniel Reynaud

Nous appellerons qualification, en un sens très large, la reconnaissance par l'employeur ou la revendication par le salarié de toutes les qualités de son travail qui importent pour la production: qu'il s'agisse du zèle avec lequel il l'accomplit (son effort, son attention, l'absence d'erreurs ou de fautes), de la compétence et de l'expérience qu'il mobilise et même du potentiel qu'il pourra montrer (sa capacité d'initiative et d'apprentissage). En ce sens — que nos développements justifieront, nous l'espérons — la qualification a toujours été négociée, ne serait-ce que par la signature d'accords de classification. Si développement il y a, il a été très progressif: l'accord interprofessionnel sur la formation continue date de 1970 (faut-il rappeler que l'intérêt de certaines entreprises pour la formation est bien antérieur ?), la préoccupation pour l'amélioration des conditions de travail s'est affirmée au début des années 70 et a abouti à un accord interprofessionnel en 1975. L'usage à des fins de conversion des institutions de formation s'est progressivement développé. La loi de 1971 sur la formation professionnelle et les accords qui l'ont prolongée ont confirmé le rôle des comités d'entreprise dans l'examen des plans de formation professionnelle. Et il est inutile de rappeler la part qui a été faite aux partenaires sociaux dans la définition des formations initiales.


2010 ◽  
Vol 38 (1) ◽  
pp. 72-91 ◽  
Author(s):  
Christophe Mauny

Résumé Devenir chef d’établissement scolaire constitue sans nul doute une inflexion importante de la trajectoire personnelle et professionnelle de l’individu. Pour autant, elle est fortement liée à un processus éducatif aux multiples formes. C’est tout d’abord l’empreinte biographique qui encourage sans doute une prise de risque certaine pour la recherche d’une reconnaissance de soi. Parallèlement, la formation curriculaire spécifique au corps des personnels de direction, bien que conservant son caractère formel, interpelle l’individu sur sa responsabilité décisionnelle. Enfin, dans une perspective dynamique, la multiplicité et la diversité des tâches au quotidien participent à l’enrichissement de l’individu et, de ce fait, constituent une mise en situation de formation continue. Notre approche compréhensive du métier de chef d’établissement exerçant dans les établissements scolaires français montre que les curricula réel, formel et caché semblent se conjuguer pour conduire le processus de mutation identitaire indissociable du changement de métier.


2005 ◽  
Vol 35 (3) ◽  
pp. 419-466
Author(s):  
Gregor Murray ◽  
Pierre Verge

L'actuel régime juridique de représentation syndicale perçoit le syndicat primordialement comme un agent local de négociation collective et l'investit à cette fin d'un pouvoir de représentation exclusif d'une collectivité particulière de salariés. Privilégiant la représentation sur le plan de l'entreprise, il ne prend en considération la réalité syndicale que partiellement. La réalité de la représentation syndicale est en effet plus riche et plus variée. L'action syndicale s'exerce sur un grand nombre de plans à l'égard d'une variété d'objets. Le présent texte traite de la représentation syndicale au-delà de l'entreprise sous ses diverses formes et, plus particulièrement, de la participation des syndicats au sein de différentes instances étatiques au Québec. A partir d'une distinction entre la représentation du salarié en tant que salarié et du salarié en tant que citoyen, il veut d'abord établir généralement les différentes dimensions de la représentation syndicale au-delà de l'entreprise. Il s'attarde ensuite aux manifestations de cette représentation au Québec pour tenter d'en dégager les traits significatifs. Au Québec, l'appréhension du rôle des groupements syndicaux ne saurait être complète sans aller au-delà de l'entreprise. Dans ces sphères plus vastes, plusieurs d'entre eux exercent des actions ou, à tout le moins, une influence qui concernent aussi bien le salarié en tant que tel que le salarié-citoyen. Saisie globalement, la représentation syndicale est toutefois loin d'équivaloir à une intégration des mouvements syndicaux à la gouverne de l'État. Au Québec, sans doute peut-on aller jusqu'à parler d'une certaine « inclusion », dans la mesure où les groupements syndicaux sont appelés à participer, à titre consultatif, à diverses institutions à vocation particulière, sans pour autant avoir part à la détermination des orientations de l'État. Au fédéral, la reconnaissance étatique de la représentativité des groupements syndicaux paraît relativement marginale, surtout depuis l'abolition de certains grands organismes étatiques de consultation. En sens inverse, il y a toutefois lieu de tenir compte de l'émergence de nouveaux organismes dont la mission s'étend à certains aspects de la restructuration économique, particulièrement la formation professionnelle, et qui se caractérise par une forte participation syndicale. Lorsqu'il s'agit du salarié-citoyen, la représentation syndicale subit la concurrence de la part de divers autres groupements établis en fonction de nouvelles identités. La composition des organismes établis par la loi devient alors franchement multipartite. De surcroît, les critères de représentativité des groupements appelés à participer, dont ceux de nature syndicale, sont absents, ce qui affaiblit leur légitimité. D'importants courants d'opinion contemporains favorisent même la représentation directe et exclusive du citoyen-individu, par rapport à l'État, aux dépens de toute intermédiation fonctionnelle. Les acquis de la représentation syndicale, quoique perfectibles, témoignent cependant déjà de façon significative de la présence de divers intérêts collectifs dans la société québécoise, ainsi que de la vocation des groupements syndicaux à participer à leur expression.


2018 ◽  
Vol 52 ◽  
pp. 01004 ◽  
Author(s):  
Stéphane Talerien ◽  
Stefano Bertone

Cette étude de cas s’inscrit dans un programme de recherche sur la formation professionnelle dont les principaux postulats théoriques sont empruntés à une théorie générale de l’apprentissage (Nelson, 2008) et de l’action collective (Wittgenstein, 2004). Ce travail de recherche propose une méthode permettant d’accéder aux connaissances ordinaires des enseignants expérimentés en vue de leur transmission dans le cadre d’un dispositif de formation. L’étude montre que l’enseignement ostensif de ces connaissances ordinaires et l’accompagnement de leur mobilisation en situation de travail permet d’améliorer l’efficacité des apprentissages informels et d’optimiser le développement professionnel.


J3eA ◽  
2019 ◽  
Vol 18 ◽  
pp. 1022
Author(s):  
B. Pradarelli ◽  
P. Nouet ◽  
P. Benoit ◽  
O. Bonnaud

Cet article présente les actions de dissémination et de vulgarisation mises en oeuvre pour promouvoir l’offre de formation continue en Microélectronique et en Nanotechnologies du réseau GIP-CNFM. Il rappelle la structuration et organisation du guichet d’entrée national et dresse le bilan 2014-2018 des formations continues réalisées dans le cadre du projet ANR IDEFI-FINMINA. Il conclut en adressant l’actualité et les nouvelles actions identifiées pour accroître la visibilité du GIP-CNFM dans le milieu de la formation professionnelle continue.


Author(s):  
Vincent Vandenberghe

A l'instar de la population dans son ensemble, la force de travail belge vieillit. Cette tendance devrait se renforcer du fait des politiques visant à augmenter le taux d'emploi au-delà de 50 ans. Mais les entreprises localisées en Belgique sont-elles disposées à employer plus de travailleurs âgés ? En l'état, probablement que non. La structure par âge du personnel des entreprises situées en Belgique se révèle être un déterminant important de leurs profits. L'étude que nous avons menée sur des données individuelles d'entreprises révèle qu'une augmentation de 10 points de pourcentage de la part des travailleurs de 50-64 ans dans les entreprises se traduit par une baisse de 1,27 % des profits mesurés par le ratio productivité-coût salarial. La raison est que la baisse de productivité parmi les travailleurs âgés n'est pas compensée par une baisse correspondante du coût du travail. Il s'agit là d'un obstacle au relèvement du taux d'emploi des aînés, qui appelle des mesures visant à combattre le déclin de la productivité avec l'âge et/ou à mieux aligner le coût salarial sur la productivité. Une offre de travail accrue des personnes plus âgées appelle logiquement une demande à la hausse des employeurs pour recruter des seniors. Les stratégies actuelles, privilégiant l'accroissement de l'offre de travail âgé (suppression des préretraites, accroissement de la durée de cotisation etc.), induisent le risque qu'une partie importante des seniors confrontés à des barrières à l'emploi et n'ayant plus droit à une (pré)retraite, viennent gonfler les rangs des chômeurs ou invalides de longue durée. Progresser intelligemment sur la question de l'allongement des carrières requiert de rassembler les conditions microéconomiques nécessaires à la restauration d'un vrai marché du travail pour les plus de 50 ans. Pour ce groupe en particulier, il s'agit de stimuler l'offre mais aussi la demande de travail, sans oublier les dispositifs assurant une bonne intermédiation entre les deux. Concrètement, cela implique la mise en place d'un véritable «Pacte de l'Age» comprenant au moins cinq ingrédients : Un : développer la formation continue sur la tranche 40-50 ans, de manière à contrer le risque de baisse de productivité et de déqualification lié à l'âge et ainsi préserver l'employabilité. La formation continue est aujourd'hui en bonne partie l'apanage des moins de 40 ans.Deux : assurer une meilleure ergonomie au travail. Des améliorations réfléchies de l'environnement de travail peuvent faire la différence. Récemment, BMW a fait l'expérience d'assigner à l'une de ses chaînes d'assemblage exclusivement du personnel de plus de 50 ans, à l'image de la situation attendue à partir de 2030 compte tenu du vieillissement. Au début, «la chaîne de montage des retraités» a été moins productive. Mais BMW est parvenu à compenser le handicap, graduellement, via l'introduction de pas moins de 70 changements dans l'ergonomie des postes de travail (nouvelles chaises, chaussures à semelles compensées, loupes, tables réglables, etc.).Trois : éviter une trop forte (et trop mécanique) progression des salaires en fonction de l'ancienneté, laquelle contribue à découpler salaire et productivité au-delà d'un certain âge, ce qui incite les entreprises à interrompre les carrières avant l'âge légal de la retraite, particulièrement lors de récessions ou restructurations importantes.Quatre : à condition que les partenaires sociaux s'engagent sur les points un, deux et trois, baisser de façon sélective mais significative le coût-employeur du travail âgé sans diminution du salaire poche, par une réduction accrue des cotisations sociales.Cinq : développer une véritable intermédiation entre l'offre et la demande de travail âgé. Un régime de dispense de recherche d'emploi signifie, de facto, l'absence d'intervention des services publics de l'emploi en faveur de beaucoup de chômeurs âgés. Or la reprise d'emploi passé 50 ans est plus difficile et nécessite un effort particulier de la part de ces services. Il y a donc lieu de les muscler.


Author(s):  
Jacques Amos

La catégorie sociale « jeunesse » est marquée par une dualité fondamentale : il y a toujours des jeunes, mais ce ne sont jamais les mêmes. Ils « vieillissent », et l’article tente précisément de les situer par rapport à un avenir. Deux réalités contrastées permettent de cadrer cette problématique : celle d’un pays du Sahel, où l’école reste marginale, et celle de Genève, canton suisse où la formation postobligatoire est pratiquement devenue obligation sociale. C’est dire que les jeunes y investissent dans la formation, même s’ils ne le font pas tous avec conviction, ni avec les mêmes moyens et chances. La formation crée notamment des différences concrètes entre jeunes, quant au moment, aux conditions, à la matérialisation d’un « choix » professionnel. Les recherches montrent une certaine insatisfaction par rapport à la formation professionnelle, Et pourtant, les jeunes y investissent, malgré un avenir incertain. C’est qu’ils n’ont pas réellement d’alternative au modèle dominant de passage de l’« école à la vie active ».


2015 ◽  
Vol 70 (3) ◽  
pp. 532-557
Author(s):  
Étienne Cognard

RésuméCet article étudie les politiques de formation professionnelle négociées par les partenaires sociaux des secteurs belge et français des services à domicile. Une attention particulière est accordée aux parcours professionnels offerts aux aides-ménagères à domicile. Ces parcours sont quasi-inexistants en Belgique, mais beaucoup mieux construits en France. Notre analyse comparative qualitative montre que deux principaux facteurs expliquent cette différence d’approche de la formation continue. Le premier est le type d’activités subsidiées par l’État dans le cadre des politiques d’emploi centrées sur le développement des services à domicile. La France se distingue de la Belgique par l’inclusion de l’aide à domicile et de la garde d’enfant. Dans la mesure où les prestataires « titres-services d’aide-ménagère » ne proposent pas ces deux types de services à domicile, ils n’ont pas intérêt à promouvoir des formations sectorielles qualifiantes. En France, les employeurs des services à la personne ont soutenu la mise en oeuvre de dispositifs sectoriels certifiant ou diplômant vers l’aide à domicile et la garde d’enfant, deux évolutions possibles pour les aides-ménagères. Le second facteur est la structure du dialogue social sectoriel. En Belgique, la concentration des aides-ménagères titres-services dans une seule commission paritaire spécifique rend plus difficile la construction de parcours professionnels par les partenaires sociaux sectoriels. En France, la concurrence économique et politique entre les trois branches des associations, entreprises et particuliers-employeurs stimulent, au contraire, la volonté des partenaires sociaux, employeurs en tête, de développer des politiques sectorielles cohérentes. L’effet pervers de cette concurrence est, toutefois, la réticence à organiser des mobilités interbranches.


Author(s):  
Vincent Vandenberghe

A l'instar de la population dans son ensemble, la force de travail belge vieillit. Cette tendance devrait se renforcer du fait des politiques visant à augmenter le taux d'emploi au-delà de 50 ans. Mais les entreprises localisées en Belgique sont-elles disposées à employer plus de travailleurs âgés ? En l'état, probablement que non. La structure par âge du personnel des entreprises situées en Belgique se révèle être un déterminant important de leurs profits. L'étude que nous avons menée sur des données individuelles d'entreprises révèle qu'une augmentation de 10 points de pourcentage de la part des travailleurs de 50-64 ans dans les entreprises se traduit par une baisse de 1,27 % des profits mesurés par le ratio productivité-coût salarial. La raison est que la baisse de productivité parmi les travailleurs âgés n'est pas compensée par une baisse correspondante du coût du travail. Il s'agit là d'un obstacle au relèvement du taux d'emploi des aînés, qui appelle des mesures visant à combattre le déclin de la productivité avec l'âge et/ou à mieux aligner le coût salarial sur la productivité. Une offre de travail accrue des personnes plus âgées appelle logiquement une demande à la hausse des employeurs pour recruter des seniors. Les stratégies actuelles, privilégiant l'accroissement de l'offre de travail âgé (suppression des préretraites, accroissement de la durée de cotisation etc.), induisent le risque qu'une partie importante des seniors confrontés à des barrières à l'emploi et n'ayant plus droit à une (pré)retraite, viennent gonfler les rangs des chômeurs ou invalides de longue durée. Progresser intelligemment sur la question de l'allongement des carrières requiert de rassembler les conditions microéconomiques nécessaires à la restauration d'un vrai marché du travail pour les plus de 50 ans. Pour ce groupe en particulier, il s'agit de stimuler l'offre mais aussi la demande de travail, sans oublier les dispositifs assurant une bonne intermédiation entre les deux. Concrètement, cela implique la mise en place d'un véritable «Pacte de l'Age» comprenant au moins cinq ingrédients : Un : développer la formation continue sur la tranche 40-50 ans, de manière à contrer le risque de baisse de productivité et de déqualification lié à l'âge et ainsi préserver l'employabilité. La formation continue est aujourd'hui en bonne partie l'apanage des moins de 40 ans.Deux : assurer une meilleure ergonomie au travail. Des améliorations réfléchies de l'environnement de travail peuvent faire la différence. Récemment, BMW a fait l'expérience d'assigner à l'une de ses chaînes d'assemblage exclusivement du personnel de plus de 50 ans, à l'image de la situation attendue à partir de 2030 compte tenu du vieillissement. Au début, «la chaîne de montage des retraités» a été moins productive. Mais BMW est parvenu à compenser le handicap, graduellement, via l'introduction de pas moins de 70 changements dans l'ergonomie des postes de travail (nouvelles chaises, chaussures à semelles compensées, loupes, tables réglables, etc.).Trois : éviter une trop forte (et trop mécanique) progression des salaires en fonction de l'ancienneté, laquelle contribue à découpler salaire et productivité au-delà d'un certain âge, ce qui incite les entreprises à interrompre les carrières avant l'âge légal de la retraite, particulièrement lors de récessions ou restructurations importantes.Quatre : à condition que les partenaires sociaux s'engagent sur les points un, deux et trois, baisser de façon sélective mais significative le coût-employeur du travail âgé sans diminution du salaire poche, par une réduction accrue des cotisations sociales.Cinq : développer une véritable intermédiation entre l'offre et la demande de travail âgé. Un régime de dispense de recherche d'emploi signifie, de facto, l'absence d'intervention des services publics de l'emploi en faveur de beaucoup de chômeurs âgés. Or la reprise d'emploi passé 50 ans est plus difficile et nécessite un effort particulier de la part de ces services. Il y a donc lieu de les muscler.


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