scholarly journals « On ne s’occupe pas assez d’eux »

2014 ◽  
Vol 37 (3) ◽  
pp. 157-177 ◽  
Author(s):  
Yannick Jaffré ◽  
Abdoulaye Guindo

En Afrique, les enfants représentent la part plus importante des patients des hôpitaux. Pourtant très peu d’études ont été consacrées aux interactions entre les soignants et ces jeunes malades. Mêlant des perspectives d’anthropologie de la santé et d’anthropologie de l’enfance, notre enquête, réalisée dans un service de pédiatrie d’Afrique de l’Ouest, souligne la complexité de l’accès aux soins de ces jeunes patients et décrit un ensemble de dysfonctionnements dans la prise en charge des malades. Trois dimensions – la routine des pratiques, une mise en oeuvre d’éthiques sélectives et le statut de l’enfant – sont étudiées pour rendre compte des pratiques des professionnels de santé et des interactions observées.

Author(s):  
Y. Penverne ◽  
H. Delelis-Fanien ◽  
L. Robert ◽  
F. Berthier ◽  
J. Jenvrin ◽  
...  

Les questions relatives aux numéros d’urgence concernent en premier lieu nos concitoyens. Elles relèvent également d’enjeux de société au travers de l’impératif de maintien du fonctionnement du système dans son ensemble. Souvent réduites aux désaccords entre professionnels de l’urgence, il apparaît nécessaire de considérer les constats portés sur le territoire national et d’objectiver les impératifs opérationnels afin d’œuvrer à la mise en place d’un système lisible, simplifié et efficient. La singularité et la complexité des demandes de soins urgents, non programmés, relève d’une prise en charge spécifique. L’instauration d’un numéro commun santé, articulé et interopéré avec les services de secours et de sécurité, répond à un modèle organisationnel cible en lien avec la réalité du besoin en France, principalement constitué par la demande sanitaire. Ainsi, le service d’accès aux soins (SAS), désormais inscrit dans la loi, constitue un objectif central d’amélioration de la prise en charge des patients en situation d’urgence ou nécessitant des soins non programmés ambulatoires. Il répond à la volonté de convergence des professionnels de santé de la ville et de l’hôpital dans un objectif d’efficience grâce à l’adaptation de la réponse sanitaire au besoin de soins réels du patient. Accéder au SAS par le numéro commun santé contribue à la mise en œuvre globale d’un dispositif pertinent au regard des contraintes opérationnelles et médicoéconomiques actuelles.


2019 ◽  
Vol 28 (4) ◽  
pp. 303-315
Author(s):  
M.-C. Allain ◽  
J.-M. Besson ◽  
P.-Y. Blanchard ◽  
L. Roge ◽  
A. Flechel ◽  
...  

En faisant partie intégrante du processus de soins, les familles des patients hospitalisés en réanimation sont exposées à des agressions à l’origine de troubles psychologiques. Ces situations de fragilité peuvent être, au moins en partie, prévenues par une prise en charge des familles de qualité. Au même titre que la démarche qualité implique l’évaluation de la satisfaction des patients, il paraît donc indispensable de recueillir celle des familles. L’outil OpinionFamily® (OF) a été conçu en partenariat avec une société experte afin de recueillir de façon anonyme, ergonomique, objective et continue la satisfaction des familles concernant leur perception de la qualité de leur prise en charge et de celle de leur proche sur une borne tactile sécurisée disposée dans la salle d’attente. L’analyse en temps réel des réponses permet l’évaluation des pratiques et la mise en place d’actions d’amélioration. Une étude de faisabilité au sein de la réanimation médicochirurgicale de l’hôpital Tenon de mars 2017 à août 2017 a permis le recueil de la satisfaction de 146 proches, essentiellement les référents des patients. L’identification et la disponibilité des soignants, le temps d’attente avant les visites, le confort de la salle d’attente ainsi que l’information relative à l’évolution de l’état de santé des patients demeurent les principaux items nécessitant la mise en oeuvre d’actions d’amélioration. L’implémentation systématique de l’outil OF dans les salles d’attente de réanimation offrirait aux soignants la possibilité de mieux connaître les besoins des familles en fonction de l’organisation mise en place, ainsi que d’évaluer régulièrement les améliorations effectuées.


2008 ◽  
Vol 2 ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Anne Tricot

Résumé Cet article confronte deux approches de la prévention des risques d’inondation en France : l’une institutionnelle et menée par les services de l’État, l’autre locale et prise en charge par les collectivités territoriales. La prévention institutionnelle de l’État définit le risque comme majeur. L’approche est normative et définit un type de risque valant pour tous les territoires. La gestion locale du risque s’accorde avec des perceptions plus ordinaires de ce dernier. De plus, localement, le risque s’inscrit dans un territoire ; la prévention doit alors composer avec d’autres logiques. Les deux approches n’impliquent pas les mêmes critères de rationalisation et de connaissance en matière de risque. Sur la base du risque majeur, la première postule une impossibilité de vivre avec le risque, tandis que les expériences locales du risque relèvent de compromis difficiles entre présence du risque et nécessité d’aménager un territoire. La prévention du risque d’inondation en France accorde une place quasi exclusive à l’approche institutionnelle menée par les services de l’État, sans coordination avec les connaissances locales du risque. Cela ne manque pas de causer une certaine dissonance dans la mise en oeuvre de la politique publique de prévention des risques.


Author(s):  
Pascale Lafitte ◽  
Benoît Pétré ◽  
Xavier de la Tribonnière ◽  
Rémi Gagnayre

Introduction : La pandémie mondiale liée au COVID-19 a eu entre autres pour conséquence le confinement de la population générale en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer. Cette situation a modifié l’organisation des soins, mettant l’accent sur la lutte en urgence contre l’épidémie. Les patients malades chroniques, plus à risque de développer une forme grave d’infection au virus, ont vu leur prise en charge en soins et éducative bouleversée pour cela les professionnels de santé ont dû adapter leurs pratiques d’ETP. Objectifs : L’objectif de cette étude est d’une part, de décrire les modifications des programmes d’ETP survenues pendant cette période de confinement et d’autre part de préciser dans quelles mesures les professionnels ETP ont développé des interventions spécifiques sur la prévention du COVID-19. Méthodes : Il s’agit d’une enquête par questionnaire, réalisée durant la période de confinement, du 13 mars au 11 mai, auprès des coordonnateurs de programmes d’ETP autorisés en France métropolitaine et départements d’outre-mer, accessible sur le site Internet de la SETE. Le questionnaire comportait 14 questions, de type fermé avec choix de réponses, mixtes et ouvertes. Les réponses aux questions fermées ont été traitées via le logiciel Excel©, les autres ont fait l’objet d’une analyse de contenu, relevant ainsi d’une méthode mixte intégrant quantitatif et qualitatif. Résultats : 410 coordonnateurs de programmes ou d’UTEP ont répondu à l’enquête, recouvrant un total de 714 programmes représentant 16 % des 4500 programmes autorisés en France. 70% ont été complètement interrompus, 29 % ont vu leurs activités poursuivies en y apportant des modifications. Des activités ponctuelles de prévention du COVID-19 ont été réalisées pour 11 % des programmes. La grande majorité des activités d’ETP collectives ont été abandonnées au profit de séances individuelles intégrées aux soins, conduites à distance faisant appel au téléphone et à des solutions numériques diverses. Discussion : L’ETP semble non prioritaire dans les structures de soins -redéploiement des professionnels dédiés, fermeture des UTEP… La personnalisation des parcours et le maintien d’un suivi éducatif apparaissent alors comme une nécessité pour pallier aux difficultés imposées par la situation d’urgence. Des adaptations numériques ont souvent été utilisées, soulevant des questions d’illectronisme pour les patients, de moyens matériels pour les équipes, de leurs compétences à conduire une pédagogie du numérique. Conclusion : Cette enquête témoigne de la fragilité de l’ETP et du faible niveau d’importance qu’on lui a accordé pendant la crise sanitaire appelant des soins classiques. Si la notion de programme n’est pas remise en question, les possibilités d’adaptation sont envisagées en accordant plus de place aux activités d’éducation thérapeutique plus pertinentes pour assurer le suivi éducatif personnalisé. Ces résultats devraient être complétés par des études sur l’expérience vécue par les patients pendant cette crise au prisme de leur éducation ou de leur absence d’éducation.


2020 ◽  
Vol 10 (4-5) ◽  
pp. 278-287
Author(s):  
E. Lecarpentier ◽  
N. Travers ◽  
C. Jbeili ◽  
C. Chollet-Xémard

Après la décision de réaliser des évacuations aériennes de patients Covid vers les régions françaises ouest et sud avec des vecteurs civils et des vecteurs militaires, le Samu 94, en collaboration avec les services de l’aéroport Paris-Orly, a ouvert un centre médical d’évacuation (CME) au niveau du service médical de l’aéroport (SMU). Le CME établi sous tente, équipé des ressources en matériel médical et en médicaments, permettait d’accueillir temporairement 16 patients. Le Samu 94 a établi un centre de coordination des opérations au niveau du SMU. Ce centre de coordination était constitué de l’ensemble des ressources nécessaires à l’accomplissement de la mission. Le centre de coordination recevait du Samu zonal l’information des patients à transférer. Le rôle du centre de coordination était d’assurer l’enchaînement logistique depuis la prise en charge du patient dans l’hôpital d’origine, vers l’établissement de destination en région. Le centre de coordination s’assurait de la mobilisation des équipes médicales pour la prise en charge des patients soit directe par moyen héliporté posé sur la dropping zone de l’hôpital, soit par la mise en œuvre d’un préacheminement terrestre et d’un embarquement dans un moyen aérien civil ou militaire au niveau du hub de Paris-Orly.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S24-S24
Author(s):  
A. Pham-Scottez

Les tentatives de suicide et les automutilations sont très fréquentes chez les patients ayant un trouble de la personnalité borderline, et la plupart des psychothérapies (excepté la thérapie comportementale dialectique de M. Linehan) et des traitements psychotropes ne sont pas destinés à diminuer directement cette suicidalité. L’objectif principal de cet essai thérapeutique multicentrique, randomisé, contrôlé, en simple insu, est de montrer qu’une permanence téléphonique 24 h/24, mise en œuvre par des psychologues cliniciens formés, et dédiée spécifiquement aux patients borderline, permet de diminuer la fréquence des passages à l’acte autoagressifs (tentatives de suicide, automutilations) de ces patients. Trois cent dix-huit patients ayant un trouble de la personnalité borderline (diagnostics avec l’instrument standardisé de diagnostic SIDP-IV), et recrutés dans 6 centres investigateurs français, ont été randomisés en deux groupes, un groupe « intervention » bénéficiant de la prise en charge habituelle plus de l’accès possible pendant un an à une permanence téléphonique 24 h/24, et un groupe « témoin » bénéficiant de la prise en charge habituelle, sans permanence téléphonique. L’incidence des tentatives de suicide et celle des automutilations seront comparées dans les groupes « intervention » et « témoin ». La principale limite de cet essai réside dans la grande proportion de patients perdus de vue, proportion cependant identique dans les deux groupes « intervention » et « témoin ». Des exemples concrets d’accès à la permanence téléphonique seront également détaillés dans cette présentation, pour illustrer l’aide potentielle aux patients borderline fournie par ce dispositif thérapeutique innovant, qui a été subventionné par un projet hospitalier de recherche clinique national.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S52-S52
Author(s):  
P. Hardy ◽  
A.L. Penchaud ◽  
B. Lavigne ◽  
M. Lardinois

L’internat est une période de stress chronique élevé pour les étudiants en médecine qui doivent relever le défi d’apprendre à travailler en équipe, de devenir des médecins compétents, responsables et empathiques, dans un climat parfois compétitif. Les premières études analysant la prévalence des troubles psychiatriques chez les internes dans les années 1960 retrouvaient une prévalence de la dépression d’environ 30 %. Des travaux récents retrouvent des taux identiques ainsi qu’une augmentation significative de la prévalence du burn-out et des symptômes anxieux au cours de l’internat . Cependant, il semblerait que les internes souffrant de troubles psychiatriques se tournent peu vers les professionnels de santé , alors même que l’aggravation des symptômes retentit sur leur fonctionnement, notamment professionnel. Actuellement, il n’existe pas en France de recommandation claire quant à la prise en charge médicale et universitaire des internes en souffrance psychique, malgré des résultats encourageant d’interventions individuelles ou groupales . L’Association française fédérative des étudiants en psychiatrie a donc mené une enquête auprès des représentants des internes en psychiatrie de chaque subdivision et des coordonnateurs locaux du diplôme d’études spécialisées (DES) de psychiatrie. Ce travail, présenté pour la première fois, a pour but de décrire les dispositions médicales et universitaires prises pour les internes en souffrance et celles souhaitées. L’objectif final de cette étude est d’élaborer des recommandations nationales et consensuelles aidant à la prise en charge spécifique de ces étudiants. Le professeur Hardy apportera son regard avec sa double expertise de coordonnateur du DES de psychiatrie de Paris-IDF et de psychiatre intéressé par les troubles affectifs et les facteurs de risques psychosociaux. L’approche sociologique de Madame Penchaud viendra enrichir cette session où elle présentera une revue de la littérature en sciences sociales sur les motivations présidant au choix de la filière psychiatrique et proposera une analyse compréhensive de l’expérience et l’apprentissage professionnel des internes en psychiatrie.


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