scholarly journals Tradition d’une invention. La création par l’Église d’une langue bretonne de culture : xvie–xixe siècle

Author(s):  
Ronan Calvez

En 1935, dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Daniel Bernard portait ce jugement : « les oeuvres du P. Maunoir [auteur jésuite] et de ses successeurs n’eurent aucune influence sur le sort du breton écrit. Au xviiie siècle, celui-ci était devenu un misérable patois tout farci de mots français ». Cette affirmation péremptoire conforte une idée reçue, encore de nos jours, dans les lettres bretonnes : à compter du milieu du xviie siècle, après un âge d’or aux limites chronologiques incertaines, le breton forgé par l’Église pour les besoins de l’évangélisation est devenu un « jargon mixte » – cette expression est de Théodore Hersart de La Villemarqué. Et il faut attendre le début du xixe siècle pour que le breton d’Église retrouve une quelconque valeur. Néanmoins, lorsqu’on s’intéresse aux écrits religieux produits entre le xvie et le xixe siècle, se fait jour une même volonté ecclésiastique de forger une langue bretonne de culture digne de la mission qui lui est allouée.

2001 ◽  
Vol 28 (1-2) ◽  
pp. 121-141 ◽  
Author(s):  
Bryan Jenner

SUMMARY The term ‘articulatory setting’ first appeared in English phonetic literature in a much-cited article by Beatrice Honikman (1964). The link between this term and a set of synonyms used by a range of 19th century European scholars was amply demonstrated by Laver (1978). By examining a few of the many sources available, this article seeks to show, as Laver’s article did not, that the phenomenon that Honikman discusses has been almost continuously present in German phonetic literature from Sievers (1876) onward, and that British scholars in the 20th century failed to take account of this. As a result, the concept was entirely absent from British phonetic literature from about 1909 until 1964. Against this background the article also seeks to establish possible direct sources for Honikman’s ideas.RÉSUMÉ L’expression ‘articulatory setting’ est d’abord apparu dans les écrits traitant de phonétique anglaise dans un article fréquemment cité de Beatrice Honikman (1964). Laver (1978) a très bien démontré l’existence d’un lien entre cette expression et un jeu de synonymes utilisés par un grand nombre de chercheurs du XIXe siècle. En examinant quelques-unes des nombreuses sources disponibles, cet article cherche à montrer ce que l’article de Laver n’a pas montré, à savoir, que le phénomène dont traite Honikman a presque toujours été présent dans les écrits allemands traitant de phonétique depuis l’époque de Sievers (1876), et que les chercheurs britanniques du XXe siècle ont négligé de prendre ce fait en considération. Par conséquent, le concept était inexistant dans les écrits britanniques traitant de phonétique, de 1909 (environ) jusqu’à 1964. Sur ce fond, l’article cherche également à trouver de possibles sources directes pour les idées de Honikman.ZUSAMMENFASSUNG Der Begriff ‘articulatory setting’ kommt in der Englischen phonetischen Literatur zum ersten Mal in einem vielzitierten Aufsatz von Beatrice Honikman (1964) vor. Auf die Verbindung zwischen diesem Terminus und einer Anzahl von Synonymen bei mehreren kontinental-europäischen Wissenschaftlern des 19. Jahrhunderts hat Laver (1978) ausführlich hingewiesen. Über Lavers Arbeit hinausgehend, zeigt der vorliegende Beitrag unter Heranziehung einer Auswahl von Quellen, dass das von Honikman beschriebene Phänomen in der deutschen phonetischen Literatur seit Sievers (1876) praktisch durchgängig vertreten war, was die Britische Phonetik des 20. Jahrhunderts jedoch nicht zur Kenntnis nahm. Dies bedeutet, dass das Konzept in der Britischen Literatur zur Phonetik zwischen 1909 und 1964 nicht vorkommt. Vor diesem Hintergrund versucht die vorliegende Arbeit auch mögliche direkte Quellen für Honikmans Ideen zu identifizieren.


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