scholarly journals Facteurs influençant la constitution de liens entre compatriotes immigrants issus de pays ayant connu de violents conflits internes

2013 ◽  
Vol 59 (2) ◽  
pp. 1-15
Author(s):  
Stéphanie Arsenault ◽  
Anaïs Nadeau-Cossette

Cet article présente un état des lieux des facteurs influençant la formation de liens entre compatriotes immigrants et réfugiés issus de pays en conflits internes. Nous y évoquons les allégeances politiques et idéologiques, les identités claniques, ethniques ou religieuses, le fait même de se trouver en exil, l’existence de préjugés ou de stéréotypes à l’endroit des immigrants, la taille et la concentration territoriale de la population immigrante concernée ainsi que d’autres facteurs d’ordre personnel comme l’âge des immigrants, leur niveau de scolarité, leur origine urbaine ou rurale, leur situation économique et leur classe sociale ainsi que leur statut migratoire. L’influence de plusieurs de ces facteurs interreliés est généralement en cause et la majorité de ceux-ci ont une influence potentiellement multidirectionnelle. Nous avons cependant constaté des résultats de nature contradictoire, ce qui suggère la nécessité de poursuivre et de raffiner l’étude de ces phénomènes.

2020 ◽  
Vol 17 (1) ◽  
pp. 63-77
Author(s):  
Sandra Hobbs

La femme qui tue dérange de façon particulière les normes sociales : les femmes nourrissent, soutiennent, compatissent… la violence leur est habituellement étrangère. Celle qui enlève la vie à un autre est donc encore plus « monstrueuse » (Gilbert) que son homologue masculin. Diverses théories orientent l’étude de la femme meurtrière – soit qu’elle cherche à devenir plus masculine, qu’elle réagit à une situation intenable ou qu’elle se démarque d’une norme qui s’applique aux femmes d’une certaine race ou classe sociale (Irwin et Pasko). Dans le cas de la représentation romanesque du meurtre féminin au Québec, on peut constater un certain écart par rapport à la réalité (Gilbert), dans le sens que la violence au féminin prend un essor dans le livre, qui est sans rapport aux statistiques de la société canadienne ou québécoise. Le roman que nous avons retenu pour cette étude – Le sang de l’or de Louise Leblanc (1989) – met en vedette une meurtrière, ce qui devrait alors choquer le lecteur. Nous verrons que dans ce roman, par contre, le portrait hautement stéréotypé du personnage principal amérindien rend la violence du personnage moins surprenante. Qu’en est-il au juste du meurtre au féminin quand la criminelle est aussi amérindienne? Nous élucidons ce sujet en tenant compte des questions de territorialité, d’histoire coloniale et d’écoterrorisme, sans perdre de vue le discours féministe qui informe le récit. De fait, tout en ayant recours à des tropes coloniaux qui remontent au dix-neuvième siècle, voire plus loin, Leblanc crée un personnage qui attire la sympathie du lecteur. En tant que jeune femme victime de violence sexuelle, Kiji est en droit de se défendre; sa défense de l’environnement justifie davantage son geste. En dépit de ces facteurs atténuants, elle demeure un personnage équivoque en raison de sa correspondance au stéréotype littéraire de l’Amérindien dans la littérature québécoise. Mots clés : autochtone, colonie de peuplement, stéréotype, éco-terrorisme, violence sexuelle


1972 ◽  
Vol 27 (03) ◽  
pp. 559-572 ◽  
Author(s):  
L Pouit ◽  
G Marcille ◽  
M Suscillon ◽  
D Hollard

RésuméNous avons étudié en microscopie électronique par la technique de coloration négative : la molécule de fibrinogène, les étapes intermédiaires de la fibrinoformation et la fibre de fibrine. Nous avons constaté que la molécule de fibrinogène se présentait sous forme d’éléments globulaires, à pH 8,3 et pour une force ionique de 0,2, le diamètre moyen mesure 240 Â. L’observation des molécules de taille variable (entre 180 Å et 420 Å) et de filaments très minces nous a conduit à émettre l’hypothèse d’une molécule capable de se dérouler sous certaines conditions physiques. L’ensemble des clichés observés suggère qu’au cours de l’organisation périodique de la fibre, le matériel protéique change de structure. Ce phénomène se manifeste par une diminution des éléments globulaires qui constituent les bandes transversales (de 280 Å à 30 Å) et le développement à partir de ces éléments d’un réseau de filaments longitudinaux, très denses, porteurs de fins granules dont l’alignement forment des sous striations transversales. Il se produit aussi une diminution de la période qui passe de 300 Å à 230 Å.


2018 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 4-20
Author(s):  
Rosiane Xypas
Keyword(s):  
De Se ◽  

Dans le cadre de l’enseignement du Français Langue Étrangère à l’université, il nous a paru que l’étude de biographies langagières d’auteurs francophones ayant appris le français à l’âge adulte, constitue un puissant encouragement pour les apprenants de FLE et leur permet de se pencher sur leur propre parcours linguistico-culturel en découvrant comment s’est forgée l’identité langagière d’auteurs bilingues riches d’une double culture, l’une héritée avec leur langue maternelle, l’autre construite avec la langue de leur choix, le français. L’objectif de cet article est de susciter auprès des étudiants de FLE une métaréflexion sur  leur propre parcours langagier entre le portugais et le français, ainsi qu’à prendre conscience que leur propre identité linguistique bilingue se construit jour après jour pendant leurs études et que cette construction continuera, à condition qu’ils le veuillent,  au-delà de l’université. Parmi les auteurs francophones, nous avons choisi de présenter ici Brina Svit, auteur d’expression française d’origine slovène, pour la clarté de sa réflexion métalinguistique dans deux de ses récits : Moreno (2003) et Petit éloge de la rupture (2009). Elle y explique son rapport à la langue française : ce qui l’a conduite à délaisser sa langue maternelle pour écrire en français ? Par quels chemins y est-elle arrivée ? En effet, pour Brina Svit, le choix de langue relève, d’une part, d’une certaine attirance, du goût et du défi pour la langue française, et, d’autre part, d’une rupture avec sa langue maternelle. Enfin, ce choix construit la nouvelle identité de l’auteure enrichie d’une double langue-culture.


Author(s):  
Laura Stevenson

À une époque où les habiletés de communication font partie des compétences de base du XXIe siècle, on se rend compte que l’obsession avec le langage dans les théories littéraires des années 50 et 60 est justifiée. La communication reste le rôle principal du langage, mais le contenu de cette communication a beaucoup changé. Presque chaque romancier appartenant au mouvement du nouveau roman utilise le langage de façon très différente de celle dont nous avons l’habitude en expérimentant avec le langage, en l’étirant de tous les côtés afin de lui donner une nouvelle dimension. Il ne s’agit plus de communiquer des idées et des sentiments, mais plutôt de se pencher sur le langage lui-même, de se réinventer pour que l’écrivain puisse mettre sur papier ce qu’il ressente : des sensations, des perceptions, des soupçons.Nathalie Sarraute, par exemple, perçoit le langage dans le sens mallarméen du terme, c’est-à-dire, « essentiel », complexe et qui produit du sens. En dehors du langage elle affirme l’existence d’une substance non-verbale qu’elle appelle « l’innommé » ou le « non-nommé » et le langage sert justement de médiateur entre les sensations que l’écrivain veut exprimer et son lecteur.Avec Robbe-Grillet, Claude Simon et Michel Butor, le langage dans le roman joue un rôle important car il force le lecteur à changer sa façon de lire afin de comprendre le roman. Les jeux de mots et l’insistance sur les descriptions des objets font penser le lecteur qu’il doit absolument trouver la clé afin de comprendre l’incompréhensible.


2021 ◽  
Vol 69 (3) ◽  
pp. 813-827
Author(s):  
Audrey Boissonneault

La Loi sur la gestion financière des premières nations (LGFPN) délègue aux conseils de bande le pouvoir de prélever l'impôt foncier. Le présent article décrit et analyse l'efficacité de la délégation de pouvoir comme outil d'autonomie gouvernementale. L'article 5(1) de la LGFPN permet aux conseils de bande de prélever l'impôt foncier afin d'améliorer leur situation économique — en leur fournissant une source de revenus — et d'améliorer leur autonomie gouvernementale. Toutefois, il comporte de nombreuses restrictions. Celles-ci incluent l'obligation de se conformer aux normes de gestions financières prévues par la Loi, ainsi que l'homologation des lois concernant l'impôt foncier par la Commission sur la fiscalité des premières nations (CFPN) (dont la majorité des membres sont nommés par le gouvernement fédéral). L'impôt foncier doit également respecter les règlements pris par le gouverneur en conseil en vertu de la Loi, qui concernent présentement l'évaluation des propriétés (incluant les appels concernant celle-ci), les intérêts et pénalités ainsi que l'inspection des propriétés. Les contribuables ont déposé à deux reprises des demandes en contrôle judiciaire visant à faire invalider les décisions de la CFPN. Considérant que ces deux tentatives se sont soldées par un échec, il importe de mitiger les critiques liées aux restrictions à l'autonomie gouvernementale qui semblent être imposées par le texte de la LGFPN. Il n'en demeure pas moins que le gouvernement fédéral conserve un contrôle important sur le processus législatif des Premières Nations en ce qui concerne l'impôt foncier. Lorsqu'il prend la forme de règlement, ce contrôle est direct, mais le gouvernement conserve également un contrôle indirect de par la présence de la CFPN. Une réforme s'impose : les pouvoirs doivent être véritablement délégués afin d'atteindre l'objectif d'améliorer de façon significative l'autonomie gouvernementale des Premières Nations participantes. Le pouvoir de prélever l'impôt foncier est délégué aux conseils de bande depuis la Loi sur les indiens de 1951. Il est temps que les Premières Nations puissent exercer ce droit sans ingérence fédérale. Une protection constitutionnelle de l'autonomie gouvernementale doit être l'objectif ultime.


2005 ◽  
Vol 4 (3) ◽  
pp. 313-336
Author(s):  
Gérald Fortin ◽  
M.-Adélard Tremblay

Le besoin étant défini de façon subjective, l'univers des besoins de la famille constitue pour celle-ci un système normatif qui conditionnera ses conduites économiques. Cependant, la famille dans la définition de sa situation globale doit tenir compte non seulement de ses normes mais aussi du niveau réel de ses ressources, de son revenu. Nous avons pu déterminer que la définition de la situation était aussi influencée par l'histoire de la famille et par certaines dispositions psychologiques. La définition de la situation par la famille peut cependant porter sur deux objets différents. La famille peut extérioriser sa définition de la situation en exprimant son degré de satisfaction ou de privation par rapport aux différents postes du budget et par rapport à des conduites particulières. Elle peut aussi livrer sa définition en évaluant globalement la situation présente et passée. En général, il nous est apparu que la famille avait beaucoup de difficulté à subdiviser la situation en aspects particuliers et avait plutôt tendance à percevoir globalement ses chances de vie. C'est pourquoi nous voulons consacrer le présent article à l'analyse de la définition globale de la situation. À ce propos deux questions s'imposent à notre attention : a) comment les familles évaluent-elles leur revenu par rapport à leurs besoins ? et, b) de quelle façon les familles entrevoient-elles l'avenir ? Cette double interrogation nous permet de rejoindre l'univers des aspirations, c'est-à-dire ce qui est considéré comme souhaitable et réalisable dans un avenir plus ou moins rapproché. L'aspiration peut être analysée à travers les explications que fournit l'individu pour justifier un comportement et à travers les désirs que ces explications expriment. L'aspiration se révèle aussi dans les objectifs et les projets dont l'individu poursuit la réalisation. Mais tous ces différents indices qui manifestent à des degrés divers, à travers divers mécanismes, la présence d'aspirations n'apparaissent que lorsque le consommateur a atteint un certain niveau de vie. En effet, comme nous le verrons plus loin, la définition de la situation s'exprimera à travers des aspirations seulement si l'individu a réussi au préalable à satisfaire la plupart de ses besoins essentiels. Un individu qui est constamment aux prises avec les problèmes posés par l'incomplète satisfaction des besoins immédiats de sa famille peut difficilement élaborer des projets d'avenir et planifier à long terme l'amélioration de ses conditions de vie. Cependant, la possibilité de se projeter dans l'avenir par l'aspiration ne dépend pas uniquement de la situation objective (un certain niveau de vie), mais aussi de la définition de cette situation. Cette définition de la situation dépend aussi bien de la situation objective de la famille que de ses normes de consommation. C'est pourquoi, avant d'aborder l'étude des aspirations, il faut examiner la manière dont les familles jugent leur situation objective (les ressources disponibles) par rapport à leurs besoins. Cette première section s'intitulera : « La satisfaction des besoins quotidiens ». Dans une deuxième section, on définira « l'univers des aspirations » des travailleurs salariés, puis on analysera comment s'effectue le passage du besoin à l'aspiration et comment les aspirations deviennent des rêves.


2000 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 117-134
Author(s):  
Francine Chainé
Keyword(s):  

Quand les œuvres entrent à l'école, c'est l'occasion pour les élèves de regarder, d'apprivoiser, de faire connaissance avec les artistes qui les ont produites, d'affirmer ses préférences et de les communiquer aux autres. C'est la réception des œuvres. Quand les œuvres deviennent le point de départ au jeu dramatique, c'est ce que nous nommons l'animation des œuvres. En d'autres mots, il s'agit d'aller à leur rencontre d'un point de vue ludique afin de leur donner une nouvelle vie, celle que chaque joueur découvre en atelier d'art dramatique. Nous avons mis sur pied une exposition de peintures ayant pour thème le paysage; nous les avons choisies dans la collection du Prêt d'œuvres d'art du Musée du Québec. L'exposition a été présentée à l'automne 1998 dans une école primaire de Rimouski. Ce texte porte sur cette expérience singulière; elle vise à analyser entre autres ce que le contact quotidien avec les œuvres figuratives ou abstraites a évoqué chez les élèves tant du point de vue du jeu dramatique que des commentaires et des questionnements qu'elles ont soulevés. À la manière d'Alice, les élèves du préscolaire à la sixième année ont donc été invités à entrer dans l'image afin de se l'approprier et de l'animer dans des activités dramatiques. Bien que cette expérience ait un caractère interdisciplinaire, elle est principalement centrée sur le jeu dramatique avec le support des œuvres d'art qui agissent comme révélateur auprès des joueurs.


2020 ◽  
pp. 141-154
Author(s):  
Jeanne Guiet-Silvain

Les réseaux sociaux révolutionnent les foyers et engagent une dynamique réelle de nouvelles relations chez les adolescents. La culture numérique de ces derniers et leurs échanges communicationnels situés hors du regard des parents contribuent à former l’épicentre de leurs centres d’intérêt. A partir de 92 entretiens menés auprès d’adolescents âgés de 14 à 17 ans en Ile de France, nous avons mené une analyse thématique qui nous a permis de catégoriser les échanges les plus fréquents et d’identifier les conceptions dominantes. Traversant une période intense de socialisation, la profusion des relations des adolescents contribue à façonner leur identité, suivant des tonalités relatives et divers centres d’intérêt que nous avons identifiés. Cette recherche interroge ainsi les relations engagées dans les pratiques des sphères communicationnelles et ludiques de certains réseaux sociaux. Quel contrôle de la distance relationnelle est engagé dans une audience imagée où l’intime suppose de se dévoiler sous l’acquiescement des autres ? Quel bénéfice l’adolescent accorde-t-il à ce nouveau lien social inscrit dans ces relations horizontales entre pairs ?


1965 ◽  
Vol 8 (02) ◽  
pp. 83-98
Author(s):  
Henri Velge

Nous avons fait allusion, dans nos études sur le mouvement social pendant les années de crise, aux efforts effectués par les gouvernements successifs en vue de réduire les charges sociales de l’État, et notamment de faire disparaître certains abus constatés dans l’application des lois et arrêtés royaux sur les pensions de vieillesse et l’assurance-chômage. En outre, les réformes adoptées dans le domaine social au cours des mêmes années avaient, en dehors de cette idée, eu spécialement pour but d’ajuster un certain nombre de dispositions législatives, et d’améliorer le fonctionnement des institutions administratives collaborant à l’application de la législation sociale : les difficultés en présence desquelles se trouvait l’industrie ne permettaient pas, en effet, d’envisager la possibilité de certaines réformes sociales d’un autre ordre. Telle n’est plus la situation aujourd’hui : l’amélioration constatée dans la situation économique a fait revivre certaines revendications déjà formulées avant la crise, et auxquelles il n’avait pas pu être donné satisfaction; en outre, dans le domaine de la législation sociale, d’importantes réformes ont été adoptées et mises en vigueur dans le courant de l’année 1936, notamment en matière de durée du travail et de congés payés; nous les examinerons en détail ci-dessous. La déclaration gouvernementale communiquée au parlement le 24 juin 1936 annonçait un certain nombre de réformes dans le domaine social : l’adaptation des salaires et des allocations familiales au prix de la vie, le dépôt d’un projet de loi instituant la semaine de quarante heures dans les industries ou sections d’industries où le travail s’effectue dans des conditions dangereuses, insalubres ou pénibles; la généralisation du régime des commissions paritaires; l’assurance-chômage obligatoire, ainsi que des mesures destinées à garantir la liberté syndicale du travailleur.


2008 ◽  
Vol 31 (3) ◽  
pp. 87-106
Author(s):  
Françoise Morin
Keyword(s):  

Résumé Cet article montre comment une collaboration scientifique poursuivie pendant vingt ans entre deux anthropologues – Françoise Morin et Bernard Saladin d’Anglure – autour d’un intérêt commun pour le chamanisme leur a permis de faire des avancées théoriques et méthodologiques en combinant leurs problématiques, en croisant leurs données et en réalisant des enquêtes sur le terrain ensemble (Sibérie nord orientale, Arctique canadien et Amazonie péruvienne). Grâce à cette collaboration, nous avons mis en lumière des rapports subtils existant entre le chamanisme et certains domaines de la vie sociale : le politique, la parenté, la sexualité, le genre et les rites de passage ; et cela, tant dans les relations humaines, que dans celles qui existent entre les chamanes et certaines entités d’apparence humaine capables de se rendre invisibles, et considérées dans la littérature ethnographique comme une catégorie d’esprits. Ces rapports ont rarement été perçus et étudiés par l’ethnographie classique plus souvent cantonnée dans une approche monographique, avec un seul chercheur, un seul groupe, un seul terrain et un cadre conceptuel déterminé à l’avance.


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