scholarly journals Relire Ingarden : l’ontologie des oeuvres musicales, entre fictions et montagnes

2013 ◽  
Vol 32 (1-2) ◽  
pp. 61-81
Author(s):  
Esteban Buch
Keyword(s):  

Qu’est-ce qu’une oeuvre musicale? La question ontologique soulevée par Roman Ingarden dans sa critique de la phénoménologie de Husserl a de nombreux points communs avec la querelle du “platonisme musical” déployée dans les années quatre-vingt par des philosophes analytiques tels que Jerrold Levinson et Peter Kivy. En 1992, Lydia Goehr a proposé une historicisation radicale du concept d’oeuvre musicale, sans pour autant liquider un projet ontologique qui, tout récemment, insiste dans les réflexions de Roger Pouivet à propos de “l’oeuvre musicale rock”. Cet article fait le point sur ces débats philosophiques avant de signaler la crise sociologique de la notion d’oeuvre liée au virage numérique et à la fragmentation du répertoire classique selon les standards de l’industrie culturelle. Reprenant la définition d’Ingarden de “l’objet purement intentionnel” à partir de cet ébranlement du sens commun, il compare pour finir le statut ontologique de l’oeuvre musicale à celui des êtres de fiction, un personnage de roman par exemple, ainsi qu’à celui d’entités qui, telles les montagnes évoquées par la “théorie granulaire de la réalité” de Barry Smith, résultent de la projection d’une pratique langagière sur la surface sonore du monde.

1961 ◽  
Vol 16 (3) ◽  
pp. 457-468
Author(s):  
Pierre Charpentrat
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Pour le sens commun, l'architecture moderne est géométrie. Des jeux de parallélipipèdes témoignent abstraitement des derniers progrès de nos villes. Les plus récents gratte-ciel dressent d'inexorables falaises de béton, de verre ou d'acier, quadrillées d'un bord à l'autre, sans une inflexion pittoresque, sans une variation, par les lignes des étages et les montants des fenêtres. La façade de l'O.N.U. est si lisse, si hermétique, si impersonnelle, qu'un malin cinéaste y surprend, comme en un énorme miroir, l'image fidèle des mouvements de la rue. Parfois, luxe suprême, audacieuse concession à l'inutile, quatre ou cinq traits noirs empruntés à Mondrian se coupent à angle droit sur le mur aveugle d'un laboratoire de Chicago…


Espaces Temps ◽  
2001 ◽  
Vol 76 (1) ◽  
pp. 82-94 ◽  
Author(s):  
Daniel Gaxie
Keyword(s):  

Pratiques ◽  
2003 ◽  
Vol 117 (1) ◽  
pp. 29-49
Author(s):  
Marie-Anne Paveau
Keyword(s):  

2014 ◽  
Vol 11 (2) ◽  
pp. 40-57
Author(s):  
Lionel Dany

Les communications culturelles participent à rendre « visibles » les objets sociaux et contribuent à les inscrire et à en rendre compte dans un contexte social. Ainsi, l’analyse de produits culturels tels que les chansons peut s’avérer pertinente dans une perspective qui viserait à explorer des représentations sociales. Nous avons effectué l’analyse de contenu de vingt-cinq chansons françaises ayant pour thème le cannabis. Les propos véhiculés témoignent d’une expérience pouvant être rapprochée de celle des consommateurs. Autrement dit, ces chansons expriment bien « quelque chose » qui est de l’ordre de la situation sociale du consommateur dans un ensemble complexe qui fait intervenir divers contextes socionormatifs. De plus, l’omniprésence d’un autrui « pensé » et « agi », en référence à l’objet représenté, fait intervenir des processus de croyances de groupe qui permettent de déchiffrer ce qui est de l’ordre de l’intentionnalité de l’oeuvre. L’analyse de communications culturelles comme les chansons se révèle tout à fait pertinente et heuristique pour appréhender de manière contextuelle les formes de savoir de sens commun et pour saisir certains enjeux propres à leur élaboration.


Hermès ◽  
1988 ◽  
Vol n° 3 (3) ◽  
pp. 38 ◽  
Author(s):  
Samuel Guttenplan
Keyword(s):  

2007 ◽  
Vol 15 (1) ◽  
pp. 77-94 ◽  
Author(s):  
Louise Marcil-Lacoste
Keyword(s):  

RÉSUMÉ Le mot célèbre de Descartes sur le bon sens a fait l’objet de commentaires antithétiques mettant en évidence soit son ironie (c’est l’interprétation dominante), soit son démocratisme. Les philosophes du sens commun avaient néanmoins entrevu une autre interprétation qui mettait l’accent sur le concept d’égalité épistémique et son rapport à la méthode. À la lumière du texte même du Discours de la Méthode, il est montré que la thèse de l’ironie interprète à contre-sens la distinction cartésienne entre l’égalité des raisons et l’égalité des esprits, dans la mesure où c’est pour avoir consenti à l’élitisme épistémologique combattu par Descartes que l’homme de bon sens peut en venir à douter de l’universalité de la raison.


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