scholarly journals « Nous ne sommes pas les mamans de l’entreprise! »

2013 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 49-67
Author(s):  
Kim Turcot Di Fruscia

Dans cet article d'anthropologie du travail, l'auteure soutient que le caractère « genré » de la gestion des ressources humaines (RH) est intégré par ses professionnels et professionnelles en fonction de rapports sociaux de sexe qui traversent un ensemble de représentations sociales du monde du travail et des affaires. À partir d'une perspective ethnographique et historique, elle montre comment les acteurs et les actrices du monde des RH reproduisent et alimentent un système symbolique et social de division et de hiérarchisation des principes masculin et féminin. Deux facettes de la hiérarchisation des principes sexués qui traversent les discours identitaires des spécialistes des RH sont explorés: la valeur différentielle accordée au caractère « féminin » de la profession et la place des catégorisations de sexe dans la promotion d'une conception libérale de l'individu. Il est proposé que l'évocation de différences sexuelles supputées naturelles comme explication de la subalternité des professions liées aux RH dans le monde des affaires constitue un mécanisme par lequel les rapports sociaux de sexe sont révélés, solidifiés et reproduits.

2019 ◽  
Vol 31 (2) ◽  
pp. 177-195
Author(s):  
Marthe Christine Immongault ◽  
Claire Lapointe

Dans leur étude d’inspiration ethnographique sur les représentations sociales de la réussite scolaire, les auteures ont constaté chez les lycéennes gabonaises la présence d’une conscience des rapports sociaux de sexe et l’émergence d’une forme de féminisme. Les lycéennes sont à la recherche d’un équilibre entre leur désir d’autonomie et d’émancipation et leur respect des rôles sexués traditionnels. Ce positionnement semble engendrer des transformations dans les pratiques de vie individuelle, familiale, sociale et professionnelle. Pour les adeptes du statu quo, il existe une dichotomie entre cette affirmation des filles et la culture africaine, la première trahissant la seconde.


2005 ◽  
Vol 9 (1) ◽  
pp. 105-132 ◽  
Author(s):  
Pierrette Bouchard ◽  
Jean-Claude St-Amant ◽  
Jacques Tondreau

Au moyen d'entrevues de groupe auprès d'élèves de troisième secondaire de la région de Québec, nous avons voulu vérifier, d'une part, comment se manifestent dans l'expérience scolaire des élèves les rapports sociaux de classe et de sexe et, d'autre part, quelle dynamique sous-tend la production et la reproduction de ces rapports sociaux. Nous avons regardé à la fois du côté des représentations sociales que se font les filles et les garçons de leur identité de sexe et du côté de leurs interactions au sein de l'école. Peu importe le milieu ou le niveau de rendement scolaire, les filles interrogées témoignent d'une conscience des inégalités entre les hommes et les femmes. Chez les garçons, la représentation de l'identité de sexe montre une soumission aux valeurs de la masculinité, notamment une compréhension des relations hommes - femmes à travers le prisme de la sexualité et une difficulté à penser la masculinité en dehors de l'hétérosexualité. Peu importe le milieu ou le niveau de rendement scolaire, ces garçons partagent des stéréotypes sexuels, sexistes et hétérosexistes.


2013 ◽  
Vol 11 (2) ◽  
pp. 7-22 ◽  
Author(s):  
Barbara Pfister Giauque ◽  
Elettra Flamigni ◽  
Isabelle Caprani

Cette contribution porte sur les représentations que développent les enseignants des écoles professionnelles à l’égard de leurs élèves issus de la migration. Elle se fonde sur l’analyse d’entretiens semi-directifs et d’observations in situ effectués dans deux écoles en Suisse romande, auprès des enseignants des filières de peinture en bâtiment et de coiffure. Quelques repères théoriques liés aux représentations sociales et stéréotypes permettent de cadrer la problématique. Les résultats présentés ici, ainsi que la discussion qui en découle, mettent en évidence la prégnance des stéréotypes culturels dans les représentations et le discours des personnes interrogées et soulignent la manière dont les stéréotypes influent sur l’appréhension des élèves et du quotidien dans les classes.


2008 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 105-142 ◽  
Author(s):  
Louise Guyon ◽  
Chantale Audet ◽  
Nicole April ◽  
Maria De Koninck

Résumé Les conséquences néfastes du tabagisme pendant la grossesse ont été largement documentées. On sait également que pendant cette période les mères sont plus susceptibles de réduire ou cesser leur consommation de tabac. En dépit de l’information transmise sur les conséquences du tabagisme, certaines femmes maintiennent cette habitude pendant la grossesse et cette situation se retrouve plus souvent chez les mères de milieux défavorisés socio-économiquement. La signification que les femmes donnent au tabagisme pendant la grossesse, qu’elles soient fumeuses ou non, a cependant été peu étudiée. Le but de cette recherche était d’identifier les représentations sociales du tabagisme pendant la grossesse de femmes enceintes ainsi que leurs perceptions des messages qu’elles reçoivent à cet effet. Les données ont été recueillies à partir d’entrevues semi-dirigées avec des femmes enceintes de milieux socioéconomiques variés. Toutes les femmes rencontrées ont affirmé que le tabagisme pendant la grossesse était nocif et qu’il devait être évité, quoique plusieurs d’entre elles ne semblaient pas en mesure d’en identifier avec précision les conséquences pour l’enfant à naître. Or, au-delà des connaissances véhiculées et intégrées sur les aspects nocifs du tabagisme pendant la grossesse, c’est bien plus l’identité sociale et ses fondements qui vont déterminer la perception du risque et, de là, le comportement tabagique, mais aussi, la représentation sociale dominante du tabagisme pendant la grossesse. En effet, les normes sociales, mais aussi les rapports sociaux, les expériences personnelles et celles de l’entourage, construisent la perception du risque de ces femmes et agissent sur leur potentiel à modifier leurs comportements.


2008 ◽  
Vol 67 (2) ◽  
pp. 119-123 ◽  
Author(s):  
Grégory Lo Monaco ◽  
Florent Lheureux ◽  
Séverine Halimi-Falkowicz

Deux techniques permettent le repérage systématique du système central d’une représentation sociale: la technique de la mise en cause (MEC) et le modèle des schèmes cognitifs de base (SCB). Malgré cet apport, ces techniques présentent des inconvénients: la MEC, de par son principe de double négation, et les SCB, de par la longueur de passation. Une nouvelle technique a été développée: le test d’indépendance au contexte (TIC). Elle vise à rendre compte des caractères trans-situationnel ou contingent des éléments représentationnels, tout en présentant un moindre coût cognitif perçu. Deux objets de représentation ont été étudiés auprès d’une population étudiante. Les résultats révèlent que le TIC paraît, aux participants, cognitivement moins coûteux que la MEC. De plus, le TIC permet un repérage du noyau central identique à celui offert par la MEC.


2019 ◽  
pp. 183-188
Author(s):  
Claude Wacjman

Ce travail montre comment les représentations sociales à propos de l’autisme se répandent et gagnent peu à peu de nombreuses strates dans la société. Il s’agit ici de considérer l’influence de l’écologie sur des aspects de la politique internationale portée par la voix d’une lycéenne suédoise auto-proclamée autiste, suivant des mécanismes complexes intra ou extra familiaux faisant penser à des phénomènes d’écriture automatique, tels que nous les avons connus par le passé. Opposée à toute manœuvre favorisant le réchauffement climatique, elle intervient dans différentes instances politiques. C’est un super pouvoir dû à son autisme qui la motive.


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