scholarly journals Les Sourds ne gesticulent pas, ils « signent »

2013 ◽  
Vol 36 (3) ◽  
pp. 153-170 ◽  
Author(s):  
Charles Gaucher
Keyword(s):  

Réfléchir sur la spécificité langagière sourde et au sentiment identitaire qui l’accompagne, c’est d’abord et avant tout interroger le sens commun qui veut que les Sourds gesticulent pour communiquer. Pourtant, les Sourds ont une langue qui ne se résume pas à un ensemble de mouvements substituant le geste à la parole ou à des adaptations de l’oralité à la gestualité. En fait, cette différence linguistique est plurielle : il existe des langues, qui véhiculent et sont véhiculées par autant de communautés identitaires sourdes. Le rapport des Sourds à ces langues se fait à travers une rhétorique ancrant paradoxalement la différence langagière sourde dans une caractéristique qui serait naturelle aux Sourds, une sorte d’inclination spontanée ramenant bien souvent la langue des signes à des gestes quasi instinctifs et souvent conçus comme innés. La langue des signes serait en quelque sorte une essence qui relie les Sourds entre eux. Le présent article propose d’explorer trois axes d’interprétation du lien entre langues des signes et corps sourds.

Author(s):  
Joël Bellassen
Keyword(s):  

Les langues sont une forme de voyage et il n’est somme toute pas surprenant que l’émergence de la notion de distance entre les langues ait été historiquement liée avec les voyages exploratoires d’un grand voyageur. A partir de cet ancrage historique, l’enjeu du présent article est de s’extraire du sens commun s’agissant de la « difficulté » de telle ou telle langue et de poser la notion de langue distante et de langue proche, voire de langue distante qui se rapproche, en s’interroger sur les indicateurs qui font la distance entre deux langues, mais également celle entre un apprenant donné et une langue d’apprentissage. La rationalisation d’une telle problématique conduit inévitablement vers la mise en question de l’égalitarisme institutionnel qui désigne les mêmes objectifs de compétences linguistiques indépendamment de la nature distante ou proche des langues.


Sens public ◽  
2017 ◽  
Author(s):  
Adriano Fabris

Peut-on faire de la philosophie sur Twitter ? 140 caractères suffisent-ils pour développer une communauté virtuelle basée sur la communication paritaire et le partage d’opinions ? C’est à ces questions que le présent article entend répondre, à partir de l’analyse de deux expériences conduites sur Twitter par l’auteur. Le but n’est pas seulement de faire émerger les potentialités et les limites, en partie déjà connues, de Twitter, mais aussi de vérifier la possibilité de conduire une investigation philosophique à la hauteur de l’époque dans laquelle elle est amorcée et des outils à travers lesquels elle peut s’exprimer. Il s’agit de comprendre cette époque et ces outils, de sortir de l’acquiescement au sens commun et à ses catégories, d’exercer ce droit de critique que la philosophie s’est toujours réservé, en particulier face à ce qui peut sembler inévitable. En retour, il s’agit de comprendre ce que la philosophie peut être aujourd’hui, à l’époque des nouvelles technologies, de se demander ce que philosopher peut vouloir dire par rapport et à travers elles, et surtout d’expliquer comment il est possible de philosopher vraiment, d’une façon juste et bonne.


2003 ◽  
Vol 42 (2) ◽  
pp. 209-228 ◽  
Author(s):  
Razmig Keucheyan

The aim of the present article is to submit to criticism the idea, originally taken from Durkheim, that commonsense reasoning errs radically when it comes to social reality. We will begin by proposing an interpretation of Durkheim's theory of “prenotions” or preconceptions. We will then compare this theory with the conception of common sense of the philosopher G.E. Moore, who, contrary to Durkheim, maintains that the ordinary view of the world is basically true. Comparison of Durkheim's and Moore's theories will enable us to distinguish between ordinary individual concepts (concepts ordinaires individuels, COI), which are connected with the individual and his or her immediate environment, and ordinary social concepts (concepts ordinaires sociaux, COS), which have as their object collective facts. We will then attempt to explore the relationship between these two kinds of ordinary concepts. The conception of common sense that results from this reflection will be described as gradualist and evolutionist.


2003 ◽  
Vol 34 (4) ◽  
pp. 219-226 ◽  
Author(s):  
Bart Duriez ◽  
Claudia Appel ◽  
Dirk Hutsebaut

Abstract: Recently, Duriez, Fontaine and Hutsebaut (2000) and Fontaine, Duriez, Luyten and Hutsebaut (2003) constructed the Post-Critical Belief Scale in order to measure the two religiosity dimensions along which Wulff (1991 , 1997 ) summarized the various possible approaches to religion: Exclusion vs. Inclusion of Transcendence and Literal vs. Symbolic. In the present article, the German version of this scale is presented. Results obtained in a heterogeneous German sample (N = 216) suggest that the internal structure of the German version fits the internal structure of the original Dutch version. Moreover, the observed relation between the Literal vs. Symbolic dimension and racism, which was in line with previous studies ( Duriez, in press ), supports the external validity of the German version.


Author(s):  
Odile Husain

Le présent article tente d’effectuer un rapprochement entre un article européen de Rossel et Merceron et un livre américain de Reid Meloy, tous deux consacrés à l’analyse des organisations psychopathiques. Si tous les auteurs s’entendent sur l’économie narcissique du psychopathe, le choix de la population d’étude diffère quelque peu, en raison de l’approche structurale des premiers et de l’approche symptomatique du second. Tandis que l’étude suisse ne retient que des psychopathes du registre des états-limites, l’étude américaine inclut également des psychopathes de niveau psychotique. Par contre, la mésentente règne au niveau des outils d’analyse du discours psychopathique: analyse statistique et échelles validées chez Meloy; approche qualitative chez Rossel et Merceron. Aux premiers, l’on reprochera un certain réductionisme et appauvrissement du discours, prix à payer pour le respect de la standardisation et de la cotation. Aux seconds, l’on reprochera l’absence de toute quantification qui pose problème lorsque l’on aborde la question de la validité des données. Néanmoins, Européens et Américains s’entendent sur la notion d’un fonctionnement psychopathique. La relation d’objet est marquée par la pulsion agressive et ses dérivatifs, par la recherche de pouvoir et de contrôle. La lutte contre la dépendance est déduite chez Meloy de l’absence de réponse de texture et chez Rossel et Merceron de l’absence de contenus de dépendance. La qualité narcissique des représentations d’objet est mise en évidence, chez Meloy, par le biais de l’investissement du paraître, chez Rossel et Merceron par l’importance du processus d’externalisation. La dévalorisation des objets est aussi décrite. Ni les uns ni les autres ne font réellement référence à l’angoisse car cette angoisse qualifiable d’anaclitique s’exprime justement sous des manifestations tout à fait opposées. Le vide intérieur est déduit, chez Meloy, à partir de l’ennui que vit le psychopathe et, chez Rossel et Merceron, à partir de la survalorisation de la référence au réel. Une grande convergence existe entre les deux écrits au sujet des mécanismes de défense. Tous les auteurs s’accordent sur la prépondérance du clivage et du déni, un déni par le mot et l’acte chez Meloy, un déni hypomaniaque chez Rossel et Merceron. De part et d’autre de l’Atlantique, on s’accorde également pour attribuer une place importante à l’identification projective et à l’identification à l’agresseur. Par ailleurs, Rossel et Merceron démontrent comment à travers les caractéristiques de l’énonciation et les nuances de la verbalisation du psychopathe, il est possible d’inférer son non-investissement de la mentalisation et du savoir au profit d’un surinvestissement de l’agir. La complémentarité, voire la similarité, des commentaires dans les deux ouvrages devrait réconforter certains cliniciens, désarmés devant le fossé qui semble parfois régner entre la littérature des deux continents et confirmer, qu’indépendamment du type de méthodologie et de validation choisi, l’observation clinique du psychologue expérimenté demeure la pierre angulaire de toute recherche en psychopathologie.


2011 ◽  
pp. 4-15
Author(s):  
A. Belyanin ◽  
I. Egorov

The paper is devoted to Maurice Allais, the Nobel prize winner and one of the most original and deep-thinking economist whose centenary is celebrated this year. The authors describe his contributions to economics, and his place in contemporary science - economics and physics, as well as his personality and philosophy. Scientific works by Allais, albeit translated into Russian, still remain little known. The present article aims to fill this gap and to pay tribute to this outstanding intellectual and academic, who deceased last year, aged 99.


Author(s):  
Somboon Watana, Ph.D.

Thai Buddhist meditation practice tradition has its long history since the Sukhothai Kingdom about 18th B.E., until the present day at 26th B.E. in the Kingdom of Thailand. In history there were many well-known Buddhist meditation master teachers, i.e., SomdejPhraBhudhajaraya (To Bhramarangsi), Phraajarn Mun Puritatto, Luang Phor Sodh Chantasalo, PhramahaChodok Yanasitthi, and Buddhadasabhikkhu, etc. Buddhist meditation practice is generally regarded by Thai Buddhists to be a higher state of doing a good deed than doing a good deed by offering things to Buddhist monks even to the Buddha. Thai Buddhists believe that practicing Buddhist meditation can help them to have mindfulness, peacefulness in their own lives and to finally obtain Nibbana that is the ultimate goal of Buddhism. The present article aims to briefly review history, and movement of Thai Buddhist Meditation Practice Tradition and to take a case study of students’ Buddhist meditation practice research at the university level as an example of the movement of Buddhist meditation practice tradition in Thailand in the present.


2015 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 24-46 ◽  
Author(s):  
M.O. Klar

The thesis of a single pillar or axis around which the longer Medinan suras are structured has been highly influential in the field of sura unity, and scholarship on the structure and coherence of Sūrat al-Baqara has tended to work towards charting the progress of a dominant theme throughout the textual blocks that make up the sura. In order to achieve this, scholars have divided the sura into discrete blocks; many have posited a chain of lexical and thematic links from one block to the next; some have concentrated solely on the hinges and borders between these suggested textual blocks. The present article argues that such methods, while often in themselves illuminating, are by their very nature reductive. As such they can result in the oversight of important elements of the sura. From a starting point of the Adam pericope provided in Q. 2:30–9, this study will focus on the recurrence of a number of its lexical items throughout Sūrat al-Baqara. By methodically tracing the passage of repeated, loosely Fall-related, vocabulary, it will attempt to widen the contextual lens through which the sura's textual blocks are viewed, and establish a broader perspective on its coherence. Via a discussion of the themes of ‘gardens’, ‘parable’, ‘prostration’, ‘covenant’, ‘wrongdoing’ and finally ‘blindness’, this article will posit ‘garments’, not as a structural pillar, but as a pivot around which many of the repeated lexical items of the sura rotate.


2017 ◽  
Vol 19 (3) ◽  
pp. 4-17
Author(s):  
Marie-Geneviève Guesdon

Plusieurs bibliothèques et musées français conservent dans leurs fonds des manuscrits ou des fragments du Coran qui ont été copiés dans l'Occident musulman entre le XIIe et le XVIIe siècle, mais n'ont parfois pas été correctement identifiés. Si on laisse de côté la Bibliothèque nationale de France, sa collection ayant été déjà décrite de manière exhaustive, le présent article rassemble de l'information sur des manuscrits possédant ces caractéristiques, tirée de divers catalogues et bases de données où ils sont décrits. [Various libraries and museums in France have in their holdings Qur'an manuscripts and fragments copied in the Western Islamic World between the twelfth and seventeenth centuries that are sometimes not properly identified. Leaving aside the Bibliothèque nationale de France, since its collection has already been fully described, the present paper collates information about such manuscripts from the various disparate catalogues or databases in which they are described.]


2011 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 155-139
Author(s):  
Hasan Shafie

In this study we propose the establishment of theological rules (qawāʿid iʿtiqādiyya) similar to the jurisitic rules (qawāʿid fiqhiyya) which have for centuries been very important to Islamic jurisprudence, and which play a vital role in jurisprudence and uṣūl al-fiqh. The present article takes the second sura of the Qur'an, Sūrat al-Baqara, as a case study, identifying three fundamental principles in this sura: (i) man is honoured (al-insān mukarram), (ii) the Resurrection is a reality (al-baʿth ḥaqq) (iii) belief in all prophets is obligatory (al-īmān bi-kāfat al-anbiyāʾ wājib). These three rules are emphasised and reiterated in many parts of the sura, to a greater extent than any other principle. This study calls for other scholars to consider this proposition and develop it further.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document