scholarly journals L’apport des données génétiques à la mesure généalogique des origines amérindiennes des Canadiens français

2012 ◽  
Vol 41 (1) ◽  
pp. 87-105 ◽  
Author(s):  
Hélène Vézina ◽  
Michèle Jomphe ◽  
Ève-Marie Lavoie ◽  
Claudia Moreau ◽  
Damian Labuda

Dans le cadre d’un programme de recherche sur la diversité génétique des populations régionales du Québec, nous avons mesuré la contribution des ancêtres amérindiens au pool génique de 794 participants résidant dans les régions de Montréal, du Saguenay—Lac-Saint-Jean (SLSJ), de la Gaspésie et de la Côte-Nord. Les ancêtres amérindiens ont été identifiés à partir de reconstructions généalogiques (fichier BALSAC) et de données génétiques (ADN mitochondrial) à l’aide d’une approche qui repose sur l’exploitation conjointe de ces deux types de données. Les résultats indiquent que plus de la moitié des participants ont au moins un ancêtre amérindien dans leur généalogie. Ceci veut dire que la majorité des participants sont porteurs de gènes reçus de fondateurs amérindiens. Cependant la contribution génétique totale de ces ancêtres aux quatre groupes régionaux demeure faible. En effet, elle est de moins de 1 % au SLSJ et à Montréal alors qu’elle dépasse à peine 1 % sur la Côte-Nord et en Gaspésie.

2012 ◽  
Vol 136 (2) ◽  
pp. 101-107 ◽  
Author(s):  
Louise Gratton ◽  
Dirk Bryant

Les organismes de conservation et les agences gouvernementales reconnaissent aujourd’hui que la planification des aires protégées doit aller au-delà de la simple agrégation de sites importants pour la biodiversité pour constituer un réseau écologiquement fonctionnel et que la connectivité entre les fragments naturels est importante. À différentes échelles géographiques, l’établissement de corridors naturels répond à différents enjeux environnementaux, par exemple : faciliter la dispersion des espèces à grands domaines vitaux, préserver la diversité génétique des populations et maintenir les processus évolutifs ou leur permettre de s’adapter aux changements environnementaux. Pour conserver la connectivité au sein du couloir atlantique, le défi que doivent relever le Wildlands Network, l’organisme « Deux pays, une forêt », Conservation de la nature Canada, The Nature Conservancy et le Corridor appalachien, est d’intégrer ces différents objectifs à une planification cohérente avec leur mission.


2005 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 117-123 ◽  
Author(s):  
Pierre Philippe

On a souvent dénoncé la carence d'études strictement démographiques au Canada français. Or, les populations canadiennes-françaises constituent un véritable laboratoire qui place les chercheurs dans une situation presqu'expérimentale. À cet effet, insistons sur la qualité de notre état civil grâce auquel des analyses de démographie historique peuvent être achevées avec une rare précision. De plus, l'union de cette discipline à la génétique des populations peut donner lieu à des travaux extrêmement féconds. Depuis quelques années, la génétique démographique a connu un essor rapide au Canada français. Le présent travail se propose de présenter, dans une première étape, les taux de fécondité des couples fertiles de la population de l'Isle-aux-Coudres depuis la colonisation jusqu'à 1960. L'évaluation des taux de fécondité a été réalisée par la compilation des durées d'intervalles intergénésiques des cinq premiers rangs de naissance, ce qui correspond approximativement à la fécondité des couples dont la femme est âgée de vingt à trente ans. En second lieu, nous avons estimé la fécondabilité des femmes par le calcul de l'intervalle protogénésique. Pour les détails concernant le matériel et les méthodes, le lecteur est prié de se référer à un autre article. Finalement, nous soulignerons la possibilité d'incidence de la consanguinité sur la fécondité.


2018 ◽  
Vol 44 (1) ◽  
pp. 85-96
Author(s):  
Nadya Wahid ◽  
Jamal Aabdousse ◽  
Aissa Chkhichekh ◽  
Ahmed El Aboudi ◽  
Mohammed S. Lamhamedi ◽  
...  

2018 ◽  
Vol 337 ◽  
pp. 79 ◽  
Author(s):  
Félicien Tosso

La présente thèse s’intéresse aux mécanismes à l’origine de la diversification des espèces d’arbres tropicaux. Elle utilise le genre Guibourtia Benn. (Fabaceae-Detarioideae) comme modèle biologique afin de comprendre les mécanismes historiques, biologiques et environnementaux à l’origine de la diversité de ce genre. Plus particulièrement, elle vise, d’une part, à étudier, au niveau interspécifique, le rôle relatif des forces évolutives neutres et de sélection dans la diversification du genre Guibourtia et, d’autre part, au niveau intra-spécifique, à questionner les causes de la différenciation des populations de trois espèces de Guibourtia. Au niveau interspécifique, la phylogénie datée basée sur le séquençage du génome chloroplastique complet a globalement confirmé la taxonomie actuelle. Elle a montré une diversification au milieu du Miocène en trois clades qui sont décrits aujourd’hui comme des sous-genres (Guibourtia, Gorskia et Pseudocopaiva). Elle démontre en outre que deux espèces américaines sont issues d’une migration de l’Afrique vers l’Amérique à la fin du Miocène. Il est également apparu que certains traits morphologiques ont été sélectionnés de manière convergente au sein des différents clades du genre Guibourtia en fonction des niches climatiques des espèces. Ce dernier résultat a été consolidé au moyen d’une expérimentation écophysiologique prouvant que la lumière constitue un important facteur de sélection et de différenciation adaptative entre certaines espèces du genre. Au niveau intraspécifique, une étude de phylogéographie a permis de mettre en évidence que les barrières biogéographiques chez G. ehie et les gradients climatiques chez G. coleosperma auraient contribué à la différenciation génétique des populations. En outre, cette étude montre une forte différenciation entre les populations de G. ehie d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, en lien avec quelques traits morphologiques, ce qui préjuge de l’existence d’une nouvelle espèce. Enfin, chez G. tessmannii, espèce aux fruits déhiscents et graines arillées, nous avons identifié les principaux disperseurs dont les calaos (Ceratogymna atrata) qui pourraient contribuer à une dispersion à longue distance, influençant la structure spatiale de la variation génétique des populations. Cette thèse, en utilisant le genre Guibourtia comme modèle d’étude, a apporté de nouveaux éléments à la compréhension des mécanismes qui génèrent la diversité au sein des espèces d’arbres.


Author(s):  
R. Chaix ◽  
G. Ly ◽  
R. Laurent ◽  
S. Lafosse ◽  
B. Toupance ◽  
...  

Dans cette note, nous revenons sur les grandes lignes de la conférence donnée lors des journées de la SAP 2019 concernant le champ actuel de l’ethnogénétique, qui s’intéresse entre autres à l’influence des systèmes de parenté sur la diversité génétique des populations humaines. Nous présentons certains des résultats principaux d’une étude ethnogénétique menée en Asie du Sud-Est dans douze populations présentant des systèmes de parenté variés, à filiation patrilinéaire, matrilinéaire et cognatique. Les données ethno-démographiques et génétiques collectées montrent que les processus de résidence, de filiation et d’alliance façonnent la diversité génétique des populations humaines. Ce champ de recherche ouvre ainsi de nouvelles perspectives : mieux connaître, à partir des données génétiques, la dynamique des systèmes de parenté actuels, et retracer leur évolution à travers le temps grâce aux données archéogénétiques. Cependant, les données ethno-démographiques montrent également que le niveau d’observance des règles varie entre populations catégorisées dans un même système de parenté, ce qui module les signatures génétiques laissées par ce système de parenté et invite à une certaine prudence concernant l’inférence des structures sociales du passé à partir des données archéogénétiques. L’impact du « puzzle matrilinéaire » sur la diversité génétique autosomale est également discuté.


2009 ◽  
Vol 22 (4) ◽  
pp. 317-330 ◽  
Author(s):  
A. BOUQUET ◽  
G. RENAND ◽  
F. PHOCAS

Cet article présente un bilan de la variabilité génétique des trois principales populations bovines allaitantes françaises en contrôle de performances (CP). Des noyaux de sélection diffusent largement des taureaux de monte naturelle (MN) ou d’insémination animale (IA) utilisés dans le reste des élevages de production au CP. La connaissance des généalogies est bonne dans les trois races mais est hétérogène entre élevages de sélection et de production. Les taux d’accroissement de consanguinité estimés sont faibles à modérés dans les populations Limousine, Charolaise et Blonde d’Aquitaine (environ 0,01, 0,1 et 0,2% par génération, respectivement) et correspondent à des effectifs génétiques relativement élevés (>1000, 601 et 247). Les effectifs génétiques estimés sont plus faibles dans les noyaux de sélection des reproducteurs de MN et d’IA que dans l’ensemble des élevages en CP mais ils restent importants. L’évolution des statistiques dérivées des probabilités d’origine des gènes montre l’existence de goulets d’étranglement anciens dans la population Blonde d’Aquitaine et plus récents dans les populations Charolaise et Limousine. Ces goulets résultent de l’utilisation de l’IA historiquement forte dans la population Blonde d’Aquitaine et plus modérée mais en constante augmentation dans les populations Charolaise et Limousine. Pour préserver la variabilité génétique toujours disponible dans ces populations, il conviendrait de recruter dans les programmes de sélection des taureaux d’IA une proportion suffisante de mâles issus de taureaux de MN et de veiller à équilibrer les contributions des pères à taureaux aux différentes séries de testage.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document