scholarly journals L’avenir de la guerre dans le monde du commerce

2012 ◽  
Vol 43 (3) ◽  
pp. 421-438
Author(s):  
Benjamin Brice

Résumé Le monde occidental, et plus particulièrement l’Europe, comprend souvent la mondialisation libérale comme un processus inédit qui saura, à terme, mettre fin au règne de la politique traditionnelle. Ce texte interrogera l’idée d’une progressive disparition de la guerre, à l’aide des réflexions de Raymond Aron sur le sujet. Dans une première partie, nous verrons comment les concepts de « procès » et de « drame » offrent une méthode d’analyse des développements historiques. Puis, dans une seconde partie, nous appliquerons cette grille de lecture à trois grandes causes de conflit (à savoir les passions, l’intérêt économique et les principes) pour montrer que les espérances iréniques doivent se montrer prudentes. La pacification européenne elle-même ne permet pas d’anticiper une fin de la guerre.

Author(s):  
Aymeric Durez

Inventé par le géographe français Onésime Reclus en 1880 pour définir l'espace de diffusion de la langue française au niveau mondial, le mot francophonie refait surface en novembre 1962 à l’occasion d’un numéro spécial de la Revue Esprit consacré au « Français langue vivante ». À partir de 1964, le président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, propose même la création d’une organisation intergouvernementale de la Francophonie. Malgré le soutien de ses homologues africains, Senghor se heurte à l'opposition de la France. Tout en reconnaissant l'existence d'une « réalité francophone », de Gaulle refuse de remettre en cause la politique franco-africaine fondée sur le bilatéralisme au profit de l'édification d'un projet de Francophonie multilatérale. Au cours des années suivantes, la position de la France va toutefois s’infléchir et permettre la création en 1970 d’une première organisation intergouvernementale : l'Agence de Coopération culturelle et technique (ACCT) qui voit le jour à l'issue de deux conférences à Niamey en 1969 et 1970. Si cette évolution n’aurait pas eu lieu sans l’insistance de Léopold Sédar Senghor et le soutien de ses homologues de l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM), cet article a pour objet de démontrer que c’est avant tout les enjeux liés à la relation avec le Québec qui ont conduit la diplomatie française à endosser le projet de création d'une Francophonie intergouvernementale. Dans la première partie, nous verrons que la volonté du gouvernement du Québec de fonder sa personnalité extérieure sur une union linguistique a conduit le gouvernement français à adopter une attitude plus positive face aux initiatives sur la Francophonie. Dans la deuxième partie, nous verrons que tout en s'appuyant sur l'existence d'un « lobby du Québec » et sur le Secrétariat général aux Affaires africaines et malgaches (SGAAM), le général de Gaulle a souhaité conserver la haute main sur la politique française de la Francophonie en veillant à la fois au maintien de la priorité québécoise et à la préservation des intérêts de sa politique africaine.


2018 ◽  
Vol 19 ◽  
pp. 237-247
Author(s):  
Thomas F. Broden

C’est en développant la phonologie selon les principes sémiologiques du Cours de linguistique générale (CLG) que le Cercle linguistique de Prague a réussi à imposer la linguistique comme étant la plus avancée des sciences humaines pendant des décennies. Ce faisant, le groupe tchèque a aidé à faire reconnaître Ferdinand de Saussure comme maître à penser pour l’ère moderne, à côté de figures telles que Freud, Marx et Nietzsche. Roman Jakobson en particulier a beaucoup contribué au rayonnement du saussurisme, par son génie et sa production scientifique abondante, par ses vues généreuses et sa longue carrière variée. Dans une première partie, cet essai retracera brièvement quelques étapes dans l’élaboration de l’idée du sémiologique chez Saussure. Dans la deuxième partie, nous verrons comment Jakobson a repris la thèse saussurienne tout en élaborant ses propres idées sémiotiques qui complètent, développent et contestent parfois certaines propositions du CLG.


2005 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 33-45 ◽  
Author(s):  
Jean-Charles Falardeau

La présente étude est d'abord d'intérêt historique. Notre objectif est de décrire les conditions dans lesquelles a pris naissance et a progressé, au Canada français, une catégorie socialement visible de marchands, d'hommes d'affaires et d'industriels. On a appelé bourgeoisie, dans les sociétés européennes, cette classe de marchands, de commerçants, d'entrepreneurs et d'hommes de loi identifiés avec le capitalisme et qui, depuis le XIXe siècle, ont assumé le pouvoir politique. Le terme de « bourgeoisie » a aussi servi à désigner des variétés fort diverses de groupes sociaux investis de prestige ou jouissant d'une forme ou une autre d'influence idéologique ou de pouvoir effectif sur des secteurs plus ou moins vastes d'une société. Dans certains contextes, bourgeoisie a été purement synonyme d'élite. Sans compter qu'« être bourgeois » signifie aussi une manière d'être et une façon de penser socialement. Pour autant qu'il faut, en définitive, réserver le terme de bourgeoisie à un univers social qui constitue proprement une classe et qui possède une conscience de classe, nous ne pouvons l'appliquer à ceux dont nous comptons parler. Ceux-ci ne se sont que très lentement manifestés comme une catégorie sociale distincte. À la différence de ce qui s'est passé dans la société américaine et dans la société anglo-canadienne où, très tôt, les commerçants et les grands entrepreneurs ont acquis une position de premier plan comme élite de puissance, les hommes d'affaires canadiens-français ont mis du temps à apparaître, à s'affirmer, et encore davantage à participer à l'élaboration des décisions collectives. Ce n'est qu'à une époque toute récente qu'ils ont accédé à la structure des classes dirigeantes de la société canadienne-française. Nous verrons donc ce groupe comme une catégorie sociale en devenir — un devenir qui a été freiné par deux facteurs principaux : 1° le plafonnement des structures économiques canadiennes par la présence dominatrice et coercitive des Anglo-Saxons ; 2° une idéologie canadienne-française unitaire qui, à compter de la seconde moitié du XIXe siècle, a valorisé la stabilité et l'ordre sous toutes ses formes — ecclésiastiques, politiques et sociales — et qui, du même coup, a privilégié les activités intellectuelles ou agricoles par opposition aux activités économiques. Selon C. Wright Mills et Raymond Aron, c'est la structure des catégories dirigeantes, des constellations de privilégiés suprêmes, qui, plus que le rapport des classes, « détermine l'essence des régimes économico-politiques » et permet une comparaison sociologiquement valable entre les sociétés contemporaines. Les catégories dirigeantes au Canada français n'ont pas encore fait l'objet d'étude systématique. Analyser la genèse et le rôle historique de l'une des moins bien connues d'entre elles rapprochera notre société de la possibilité d'une telle comparaison.


2011 ◽  
Vol 40 (1) ◽  
pp. 63-79
Author(s):  
Roland Boer

The importance of the early religious commitment of Friedrich Engels, who had such an ambiguous effect on world history, is often recognised but rarely analysed. This article offers a critical treatment of the formative religious experience of the young Engels. His was a (Calvinist) Reformed upbringing and the faith he inherited was taken up with a zeal and exuberance he would later transfer to communism. In the early part of the article, this exuberance is balanced with Engels’s increasing frustrations with the narrow piety of his home town in Wuppertal, a frustration enhanced by his increasing engagement with critical biblical analysis in Germany at the time. The second half of the study deals with two features that would stay with Engels: his sense of the political ambivalence of Christianity, torn between reaction and revolution (as he saw it embodied in his formidable minister, F. W. Krummacher); and his intimate knowledge of the Bible, which would lead to a life-long practice of citing biblical passages at will. In the end, Engels may have lost his Christian faith, but he could not evict Christianity from his life and thought, returning to it again and again to explore its revolutionary potential. L’influence exercée par Friedrich Engels sur l’histoire mondiale demeure ambiguë. Souvent reconnues par les chercheurs, les convictions religieuses du jeune Engels ont rarement été analysées. Cet article offre un regard critique sur l’expérience religieuse du jeune Engels. À la longue, il transformera en communisme la foi calviniste dans laquelle il a été formé, une foi qu’il a assumée avec zèle et exubérance. Dans la première partie de l’article, nous verrons que cette exubérance a été freinée par ses frustrations grandissantes devant la piété étroite de sa ville natale, Wuppertal; des frustrations exacerbées par son engagement avec la nouvelle critique biblique allemande. La suite de l’article traite de deux aspects qu’Engels retient tout au long de sa vie: la conviction que le christianisme (tel qu’il le voyait incarné chez son redoutable curé, F. W. Krummacher) était politiquement ambivalent, divisé entre réaction et révolution; et sa connaissance intime de la Bible, qui lui a permis tout au long de sa vie de citer des passages bibliques à volonté. Même si, à la longue, Engels a perdu sa foi chrétienne, il n’arrivait pas à évincer de sa vie et de sa pensée le christianisme et il y est retourné incessamment dans le but d’en exploiter le potentiel révolutionnaire.


Author(s):  
Émile-Michel Hernandez

Aujourd’hui, en Afrique, l’importance prise par l’informel est telle que les États ne peuvent plus éviter une réflexion approfondie sur sa place dans leur économie et sur l’attitude qu’ils doivent adopter. L’informaiité offre un certain nombre d’avantages, lesquels sont présentés dans une première partie, tandis que ses inconvénients sont analysés en deuxième partie. Face à ce phénomène et à ses contradictions, la position des États a évolué, passant en quelques années d’une attitude répressive ou indifférente à une attitude plus constructive, ce que nous verrons en troisième partie. La conclusion, enfin, propose aux États des voies d’action possibles pour faciliter le fonctionnement du secteur informel sans risquer de le perturber.


2018 ◽  
Vol 52 (1) ◽  
pp. 9-20
Author(s):  
C. Goubron ◽  
M. Le Gall ◽  
C. Philip-Alliez ◽  
V. Monnet-Corti

Parodontologie et orthodontie sont deux disciplines odontologiques intimement liées, l’une et l’autre agissant sur le parodonte de nos patients. Si dans la majeure partie des cas l’orthodontie n’a pas d’effet néfaste sur le parodonte, en cas de parodonte dont le phénotype est fragile (faible hauteur ou absence de tissu kératinisé, tables osseuses fines, fenestrations ou déhiscences osseuses), le traitement orthodontique peut, selon les mouvements effectués, entraîner ou aggraver des récessions parodontales inesthétiques et douloureuses pour le patient et compromettre les résultats. Au travers d’un cas clinique, nous verrons comment prévenir et traiter ces cas afin de rendre possible le traitement orthodontique et maintenir ses résultats dans le temps.


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