scholarly journals Traitement intégré de la comorbidité toxicomanie et santé mentale chez les populations urbaines : la situation montréalaise

2012 ◽  
Vol 37 (1) ◽  
pp. 31-46 ◽  
Author(s):  
Simon Dubreucq ◽  
Florence Chanut ◽  
Didier Jutras-Aswad

La prévalence des patients qui présentent une problématique psychiatrique et de toxicomanie (dits troubles concomitants) est élevée. Montréal, comme d’autres grands centres urbains, est un lieu d’accueil pour un nombre élevé d’entre eux. Malgré la disponibilité des ressources pour traiter chacune de ces affections, il y avait jusqu’à récemment un manque de programmes qui offraient des modalités de traitement intégré. Au cours des dernières années, le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) a mis en oeuvre un tel programme pour répondre aux besoins multiples d’une population vulnérable à maints égards, en plus d’être marginalisée. Dans cet article, les auteurs présentent la problématique du « double diagnostic » et son ampleur, les modèles d’intervention existants et les obstacles à l’obtention des soins pour les personnes qui souffrent de troubles concomitants. Les auteurs décrivent les étapes qui ont mené à l’instauration d’une Unité de psychiatrie des toxicomanies au CHUM, et les défis liés à la création d’un modèle d’intervention multidisciplinaire intégré en milieu urbain.

2012 ◽  
Vol 37 (1) ◽  
pp. 47-63

Certaines personnes atteintes de troubles mentaux présentent des problèmes d’itinérance, de toxicomanie ou de prostitution, surtout en milieu urbain. Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont établi un protocole d’entente afin de mieux intervenir auprès de cette clientèle et d’éviter des conséquences malheureuses liées à la violence. Les défis sont toutefois nombreux. Santé mentale au Québec a rencontré M- Sandra D’Auteuil, adjointe au directeur des services professionnels et directeur adjoint aux affaires médicales et académiques du CHUM et Geneviève Gonthier, agente sociocommunautaire du SPVM.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 72-72
Author(s):  
C. Bergot

Les troubles mentaux affecteraient, selon les données officielles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) [1,2] 450 millions de personnes dans le monde. L’incidence de ces troubles est en tout lieu similaire à celle des pays européens, du moins pour les principales pathologies chroniques (schizophrénie et trouble bipolaire notamment), mais il existe des spécificités épidémiologiques propres à l’Afrique Subsaharienne. Ces données sont difficilement interprétables, en regard du contexte socioculturel des pays concernés, où la maladie mentale est encore souvent interprétée comme une faiblesse de caractère, un châtiment causé par des esprits surnaturels, voire même comme un mal dangereux et contagieux. La maladie mentale y est donc peu prise en compte, d’autant plus que pour faire face à ces représentations, les programmes nationaux de développement de soins en santé mentale sont quasiment inexistants. La disparité des moyens octroyés par les différents états dans le monde est abyssale, tant sur le plan financier, que sur le plan des moyens matériel et humain. De même, les initiatives non gouvernementales se détournent le plus souvent des prises en charge pérennes, au profit de la gestion de crises humanitaires et du traumatisme psychique. L’exemple plus particulier du Bénin appuie ces données communes aux pays d’Afrique de l’Ouest. Il n’y existe qu’un seul centre hospitalier psychiatrique public pour tout le territoire, pour lequel il manque cruellement de main d’œuvre soignante (médecins, infirmiers, psychologues, travailleurs sociaux,…). Les frais à la charge des familles, lorsqu’elles parviennent à consulter, sont colossaux, et ne peuvent être assurés de façon continue. Ainsi, la crainte, l’impuissance et la pauvreté poussent les familles à abandonner leurs parents, qui se retrouvent isolés de la société, errants dans les métropoles, enchaînés à des arbres ou accaparés par des sectes. Les maltraitances qu’ils subissent sont peu connues, et d’autant plus fréquentes, qu’à de rares exceptions près, elles s’inscrivent dans une absence de cadre juridique approprié.


2018 ◽  
Vol 80 (4) ◽  
pp. 17-21
Author(s):  
Matias DellaBella ◽  
Steven H. Schwartz ◽  
Leon Nehmad

Objet : Les tests de dépistage de la dépression clinique, une maladie très répandue et souvent invalidante, n’ont pas été étudiés dans les établissements de soins oculovisuels de première ligne. L’objet de la présente étude était de déterminer le pourcentage de patients d’une clinique de soins oculovisuels de première ligne en milieu urbain qui répondent positivement à l’outil de dépistage PHQ-2. Le PHQ-2 est un outil de dépistage ultra-court composé de deux questions concernant l’humeur et l’anhédonie. Méthodes : Les deux questions du PHQ-2 ont été posées (dans le cadre d’un questionnaire plus vaste qui comprenait des données sur le sexe, l’âge et l’origine ethnique) aux patients assis à la clinique de soins de première ligne du College of Optometry de la SUNY [University Eye Center] à Manhattan (New York). Au total, 739 questionnaires ont été remplis sur une période de deux mois, avec un pourcentage de réponse de 69 %. Tous les questionnaires ont été remplis de façon anonyme, et les questionnaires inachevés n’ont pas été inclus dans l’ensemble de données final. Résultats : Les données démographiques recueillies dans le cadre de cette étude reflètent celles de la population desservie par cette clinique; très diversifiée dans l’ensemble, avec une bonne représentation de chaque groupe d’âge. Treize pour cent de l’échantillon a reçu une cote de 3 ou plus, soit le seuil standard pour un résultat positif au PHQ‑2. Conclusions : Le taux de résultats positifs au PHQ-2 obtenu chez la population urbaine en soins oculovisuels de première ligne s’approche de celui que l’on trouve en médecine générale, ce qui suggère des taux semblables de dépression clinique. Par conséquent, le PHQ‑2 peut être un outil utile pour le dépistage de la dépression, mais il est important de faire un suivi en aiguillant les personnes vers un spécialiste de la santé mentale.


2009 ◽  
Vol 29 (3) ◽  
pp. 132-142
Author(s):  
C.P. Karunanayake ◽  
P. Pahwa

L’augmentation rapide du nombre de personnes âgées au Canada entraînera une augmentation de la demande de soins de santé chez les aînés qui souffrent de troubles mentaux. Comme les personnes âgées sont plus nombreuses à vivre en zone rurale que les plus jeunes, il est important de cerner les différences entre les personnes âgées vivant en milieu rural et celles vivant en milieu urbain afin de concevoir et de fournir des soins de santé mentale appropriés. L’objectif principal de cette étude était d’utiliser l’Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP) afin d’examiner les différences à l’égard de la détresse psychologique entre les personnes âgées vivant en milieu rural et celles vivant en milieu urbain (il s’agit des personnes de plus de 55 ans). Les autres objectifs consistaient à examiner l’association à long terme entre l’usage du tabac et la santé mentale et l’association à long terme entre les besoins de soins de santé non satisfaits et la santé mentale des personnes âgées vivant en milieu rural et en milieu urbain. La mesure de la détresse psychologique a été examinée comme un résultat binaire. L’analyse a été menée selon le modèle de l’équation d’estimation généralisée qui a pris en compte la complexité d’un plan de sondage à plusieurs degrés. Les personnes âgées vivant en milieu rural étaient proportionnellement plus nombreuses à déclarer une détresse psychologique que les personnes âgées vivant en milieu urbain. Cette incidence était toutefois à la limite de la signification statistique [RC = 1,16; IC à 95 % : 0,98, 1,37]. Cette conclusion s’est fondée sur un modèle final à variables multiples qui avait pour objet de déterminer s’il existe un lien entre la détresse psychologique et le lieu de résidence (rural ou urbain) de même qu’entre l’usage du tabac et l’autodéclaration de besoins de soins de santé non satisfaits. Ce modèle a été ajusté afin de prendre en compte d’autres covariables importantes et le manque de données relatives à la variable étudiée. Une corrélation significative a été notée entre l’usage du tabac et les problèmes de santé mentale chez les personnes âgées après que l’on a effectué des ajustements pour prendre en compte d’autres covariables [RC = 1,26; IC à 95 % : 1,00, 1,60]. Les participants ayant déclaré des besoins de soins de santé non satisfaits étaient proportionnellement plus nombreux à déclarer une détresse psychologique [RC = 1,72; IC à 95 % : 1,38, 2,13] que ceux qui se disaient satisfaits de leurs soins de santé.


2015 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 65-78 ◽  
Author(s):  
Hubert Wallot

La transformation d’une institution psychiatrique est toujours un défi et suppose un dialogue entre les acteurs sur le terrain préoccupés d’offrir de bons services et les acteurs gouvernementaux soucieux, en plus, d’un contrôle budgétaire. Ce dialogue est parfois absent et les crises font alors partie d’une évolution vers un temps meilleur. L’Hôpital Louis-H. Lafontaine a été l’objet de trois tutelles avant de s’acheminer vers le statut actuel d’institut universitaire en santé mentale. La première tutelle, qui ne porta pas ce nom, caractérise le passage d’une institution privée gérée par les religieuses à une institution publique avec ses aléas propres. Cette tranche d’histoire permet d’entrevoir comment pouvait s’effectuer à l’époque le questionnement des deux types d’acteurs sur le devenir d’un hôpital psychiatrique.


2007 ◽  
Vol 23 (2) ◽  
pp. 48-69
Author(s):  
Catherine Vallée ◽  
Natacha Courtemanche ◽  
Thierry Boyer

RÉSUMÉ Les auteurs proposent un survol de la pratique du suivi communautaire, à partir de ses valeurs, de ses fonctions inhérentes, de façon générique. Allant au-delà des différents modèles de pratique, ils cherchent à illustrer ce qui distingue ce suivi des autres services externes ou dans la communauté. Ils en présentent ensuite l'actualisation au Service d'Accompagnement et de Soutien Communautaire (SASC) du Centre hospitalier Pierre-Janet. Une vignette, écrite avec une usagère, illustre les aspects quotidiens et cliniques, tandis que les aspects structuraux et organisationnels sont discutés en lien avec l'organisation régionale des services de santé mentale.


2008 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 47-61 ◽  
Author(s):  
Paul Morin

Résumé L'immense majorité des personnes psychiatrisées vivent dorénavant en dehors des murs en milieu urbain. Cette modification majeure dans la dispensation des services de santé mentale s'est faite sans que l'on associe dimension sociospatiale et lieux d'hébergement. Des instruments de contrôle territorial comme le zonage ont donc été utilisés afin de tenir les personnes psychiatrisées à l'écart de certains quartiers. Mais en fait, faut-il vraiment développer autant de foyers de groupes ? De récentes recherches démontrent que si l'on prend la peine de questionner les personnes concernées, celles-ci ont des idées précises et réalistes sur ce qu'elles désirent.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S63-S63
Author(s):  
P. Lekadir

Sont entendus comme risques psychosociaux (RPS) les « risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi, les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental » . Selon l’article L. 4121-1 du Code du travail, un inventaire des risques auxquels sont exposés les salariés d’une entreprise doit être réalisé et réévalué annuellement en utilisant des indicateurs de suivi définis initialement  ; ceci est facilité par des outils d’évaluation standardisés. En milieu hospitalier, différentes commissions sont diligentées pour étudier les RPS par catégories d’employés, notamment celle des praticiens hospitaliers (PH). Il n’existe pas ou peu d’études ciblant particulièrement les RPS des PH, abordés indirectement dans la littérature sur le burn-out. Notre étude avait ainsi pour objectif l’élaboration d’une échelle d’évaluation spécifique des facteurs de RPS des PH. La procédure s’est déroulée de janvier à juillet 2013 en 4 parties :– construction d’après la littérature d’une grille d’items répartis selon les 6 catégories de RPS identifiées , enrichie d’entretiens exploratoires auprès d’une psychologue du travail du CHRU de Lille et d’un médecin du travail du centre hospitalier de Valenciennes (CHV) ;– première phase qualitative de sélection des items selon la méthodologie delphi, avec un groupe de 10 PH de spécialités diverses du CHV ;– seconde phase qualitative de validation de forme de l’outil avec un groupe de 10 PH du centre hospitalier de Denain ;– diffusion aux 500 PH psychiatres de la région via la fédération régionale de recherche en santé mentale pour analyse quantitative inaugurale avec validation interne de l’échelle.Ces premiers résultats ont confirmé l’intérêt d’étudier les RPS des PH, qui constituent bien une réalité professionnelle : 85,72 % des participants de la dernière étape y sont ainsi exposés modérément, avec un surrisque probable pour les jeunes médecins.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 73-73
Author(s):  
W. Alarcon

L’association Santé Mentale en Afrique de l’Ouest a été créée par des soignants de l’hôpital psychiatrique du centre hospitalier Mas Careiron à Uzès dans le Gard. Son objectif est de nouer des partenariats avec des structures de soins psychiatriques en Afrique (ONG, Hôpitaux publics, Associations,…) et de sensibiliser la communauté psychiatrique à la nécessité de développer de véritables politiques de santé mentale à l’échelle du continent. La faiblesse des politiques publiques, le faible niveau d’équipement et de formation psychiatrique dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne obligent à penser des modèles d’organisation sanitaire adaptés à la réalité du terrain [3]. Nous prendrons pour exemple le partenariat passé entre SMAO et l’ONG Ivoiro-béninoise Saint-Camille de Lellis qui depuis trente ans, œuvre à la mise en place de soins et d’outils de réinsertion pour les malades psychiatriques dans ces deux pays. À ce jour, ce sont huit centres d’hospitalisation, autant de centres de consultation et sept centres de réhabilitation par le travail qui y ont vu le jour. Le modèle de soins proposé par l’ONG St-Camille repose essentiellement sur la compétence infirmière du fait d’une carence réelle sur le plan médical. L’idée des soins proposés par cette association est intéressante car elle rappelle par bien des points la naissance de la sectorisation psychiatrique en France : modicité et accessibilité des soins, maillage territorial, volonté de déstigmatisation de la pathologie psychiatrique dans un environnement culturel chargé de représentations négatives [2]. Il apparaît cependant nécessaire d’imaginer à court et moyen termes des aides plus importantes sur la question de l’aide à l’achat des traitements psychotropes, et ce d’autant que le coût moyen d’un traitement annuel par patient reste très modique au regard d’autres traitements (ex VIH) pour lesquels la communauté internationale a su se mobiliser [1].


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