scholarly journals Le rôle des réseaux patronaux dans la diffusion de la gestion des compétences en France

2012 ◽  
Vol 67 (3) ◽  
pp. 375-397
Author(s):  
Thierry Colin ◽  
Benoît Grasser

En s’inscrivant dans le cadre des approches néo-institutionnelles, cette contribution s’intéresse à l’influence exercée par les réseaux patronaux sur la diffusion des pratiques managériales, à travers l’exemple de la gestion des compétences dans les entreprises françaises. La littérature permet d’envisager les organisations d’employeurs comme des réseaux sociaux ayant un impact sur les politiques RH des entreprises, et l’étude du développement de la gestion des compétences permet d’étayer l’hypothèse d’une institutionnalisation sous influence patronale de cette pratique de gestion.Pour proposer une évaluation de ce lien, nous nous appuyons ensuite sur une méthodologie quantitative permettant de croiser l’appartenance de membres de la direction d’une entreprise à des réseaux patronaux et la diffusion des pratiques de gestion par les compétences. Les données utilisées sont issues de l’enquête Réponse réalisée par le Ministère du Travail, et ont été collectées auprès de 3000 établissements. Cette approche permet dans un premier temps de procéder à un succinct mais inédit état des lieux des réseaux patronaux en France, puis de mesurer l’impact de l’appartenance à ces réseaux sur la mise en oeuvre de la gestion des compétences.Les résultats montrent que près des trois quarts des établissements appartiennent à des réseaux patronaux ou bien les fréquentent, mais que derrière ce constat initial se cache une réalité multiforme et plutôt concentrée. Nous montrons ensuite que l’appartenance à des réseaux patronaux est bien un élément explicatif important du choix de mise en oeuvre d’une politique GRH orientée vers les compétences, et en particulier la participation à des clubs de DRH ou associations d’entrepreneurs. Les structures patronales les plus influentes apparaissent donc ici comme celles qui reposent davantage sur l’adhésion volontaire, la recherche de légitimité et l’échange d’outils et d’idées.

2014 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 49-71 ◽  
Author(s):  
Moustapha Bamba ◽  
Richard Morin

Cet article traite de l’impact des services offerts aux nouveaux immigrants issus des minorités visibles par les organismes communautaires (OC) qui interviennent dans le domaine de l’employabilité. Nous passons d’abord en revue les principales difficultés que rencontrent généralement les nouveaux immigrants issus des minorités visibles dans leur processus d’insertion sur le marché du travail. Nous présentons ensuite quelques éléments de réflexion sur la contribution des organismes communautaires en employabilité à l’insertion des immigrants dans leur société d’accueil. Nous mettons enfin en lumière les effets des services de ce type d’OC sur l’intégration des nouveaux immigrants issus des minorités visibles à Montréal. Nous montrons que les OC facilitent l’intégration de ces nouveaux immigrants non seulement sur le marché du travail, mais aussi dans des réseaux sociaux et que l’apport des services des OC n’est pas significativement différent selon le sexe de l’usager.


2012 ◽  
Vol 16 ◽  
pp. 11-19 ◽  
Author(s):  
Patrick Cohendet ◽  
Jean-Luc Gaffard

La théorie comme la pratique des affaires ont semblé obéir à deux croyances : les marchés devraient être flexibles et les entreprises devaient chercher à optimiser la performance individuelle de leurs employés. Ces croyances reposent sur l’idée que, pour faire face à une information qui est inégalement distribuée, peut être cachée ou manipulée, il suffit de concevoir des incitations individuelles appropriées. La création de connaissance requiert au contraire la mise en oeuvre de réseaux sociaux, entre entreprises comme dans l’entreprise, dédiés à coordonner les investissements concurrents comme complémentaires dans un monde caractérisé par l’irréversibilité et l’incertitude.


2015 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 55
Author(s):  
Maria Khachaturyan

Cet article porte sur la construction de l’identité ethnique “mixte” de jeunes Russo-Africains. La construction de l’identité ethnique est ici analysée en tant que produit d’interactions sociales à partir desquelles les pratiques sociales, la représentation de soi et les réseaux sociaux jouent un rôle important.  Nous essayons de démontrer que dans une société avec un niveau de xénophobie assez important l’origine africaine devient un stigmate social, dans le sens de Goffman. La construction de l’identité ethnique est examinée tout d’abord à travers l’expérience sociale de stigmatisation qui met en avant la dualité de l’origine des Russo-Africains, ainsi que leurs différences. Ensuite, c’est l’impossibilité d’épouser pleinement l’une des identités « pures », à savoir « russe » ou « africaine ». Finalement, on observe le processus de bricolage identitaire : la construction d’une identité « mixte » qui se produit à travers la sélection d’éléments distincts des deux représentations culturelles. Nous montrons ensuite comment la création des communautés et des réseaux sociaux contribuent au développement d’une communauté ethnique russo-africaine, sans pour autant que l’on puisse la considérer comme un véritable groupe  ethnique.


2011 ◽  
Vol 43 (1) ◽  
pp. 175-199
Author(s):  
Frédéric Godart ◽  
Ashley Mears

Face à l’existence d’une forte incertitude dans les industries dites « de la création », comment les producteurs culturels prennent-ils des décisions ? Nous abordons cette question en étudiant un cas particulier, la sélection des mannequins par les maisons de mode pour leurs défilés dans les villes de New York, Londres, Milan et Paris. Les données utilisées sont à la fois qualitatives (entretiens ethnographiques) et quantitatives (analyse de réseaux sociaux). Alors que les producteurs présentent la sélection des mannequins comme une question de « goût », ou de préférences personnelles, nous montrons que leurs décisions sont en fait définies par des mécanismes de partage de l’information dans des réseaux sociaux, notamment à travers des mécanismes d’« options ». L’analyse de nos données révèle que les processus décisionnels des producteurs culturels sont une question de choix stratégiques fondés sur le statut, même s’ils sont exprimés à travers une rhétorique du goût personnel.


Author(s):  
Anne Loubès ◽  
Isabelle Bories-Azeau ◽  
Claude Fabre

Résumé Notre étude porte sur un réseau de PME labellisé système productif local (SPL). Elle relève de la réflexion actuelle sur la GRH dans le cadre des rapprochements interentreprises. L’hypothèse sous-jacente est que ces maillages peuvent faciliter l’accès des PME aux dispositifs de GRH et ainsi « élever » leurs pratiques dans ce domaine. En mobilisant le cadre théorique des réseaux sociaux et du capital social, nous montrons quels sont les facteurs qui contribuent à l’émergence d’une GRH de réseau en favorisant la modernisation de la GRH des différents partenaires. La méthodologie adoptée repose sur une étude de cas en profondeur. Les résultats obtenus montrent que les actions initiales et collectives menées dans le SPL étudié produisent un capital social propre à modifier l’environnement de la fonction RH et, par là même, à faire progresser le mix social des entreprises partenaires et à impulser une GRH de réseau. La problématique centrale de cette nouvelle GRH est de combiner localement des ressources, de les mutualiser et de favoriser l’émergence, la mobilisation et le maintien du capital social. Même si le SPL ne règle pas l’ensemble des problèmes auxquels se heurtent les PME qui le constituent (par exemple : dialogue social encore difficile), le réseau apporte une nouvelle conception de la GRH, centrée sur la relation et les partenariats, incluant les niveaux stratégiques et territoriaux.


2010 ◽  
Vol 36 (202) ◽  
pp. 79-96 ◽  
Author(s):  
Vincent Chauvet ◽  
Bathélemy Chollet

2019 ◽  
Vol 45 (283) ◽  
pp. 51-72
Author(s):  
Jean-François De Moya ◽  
Jessie Pallud ◽  
Caroline Merdinger-Rumpler ◽  
Franck Schneider

Cette recherche examine l’environnement communicationnel des hôpitaux sur les médias sociaux et la structure de leur réseau sur Twitter. L’étude propose une approche méthodologique innovante reposant sur l’analytique des médias sociaux et l’analyse des réseaux sociaux afin de mieux comprendre les interactions d’un hôpital avec son réseau social sur Internet. En s’appuyant sur les données du compte Twitter des hôpitaux universitaires de Genève (HUG), l’étude révèle la stratégie mise en place par cet hôpital afin d’inspirer et de guider d’autres organisations. Les résultats introduisent de nouveaux indicateurs de performance utiles à l’action managériale.


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