scholarly journals Prise de décision créative en situation d’incertitude : le cas de la sélection des mannequins par les maisons de mode1

2011 ◽  
Vol 43 (1) ◽  
pp. 175-199
Author(s):  
Frédéric Godart ◽  
Ashley Mears

Face à l’existence d’une forte incertitude dans les industries dites « de la création », comment les producteurs culturels prennent-ils des décisions ? Nous abordons cette question en étudiant un cas particulier, la sélection des mannequins par les maisons de mode pour leurs défilés dans les villes de New York, Londres, Milan et Paris. Les données utilisées sont à la fois qualitatives (entretiens ethnographiques) et quantitatives (analyse de réseaux sociaux). Alors que les producteurs présentent la sélection des mannequins comme une question de « goût », ou de préférences personnelles, nous montrons que leurs décisions sont en fait définies par des mécanismes de partage de l’information dans des réseaux sociaux, notamment à travers des mécanismes d’« options ». L’analyse de nos données révèle que les processus décisionnels des producteurs culturels sont une question de choix stratégiques fondés sur le statut, même s’ils sont exprimés à travers une rhétorique du goût personnel.

2014 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 49-71 ◽  
Author(s):  
Moustapha Bamba ◽  
Richard Morin

Cet article traite de l’impact des services offerts aux nouveaux immigrants issus des minorités visibles par les organismes communautaires (OC) qui interviennent dans le domaine de l’employabilité. Nous passons d’abord en revue les principales difficultés que rencontrent généralement les nouveaux immigrants issus des minorités visibles dans leur processus d’insertion sur le marché du travail. Nous présentons ensuite quelques éléments de réflexion sur la contribution des organismes communautaires en employabilité à l’insertion des immigrants dans leur société d’accueil. Nous mettons enfin en lumière les effets des services de ce type d’OC sur l’intégration des nouveaux immigrants issus des minorités visibles à Montréal. Nous montrons que les OC facilitent l’intégration de ces nouveaux immigrants non seulement sur le marché du travail, mais aussi dans des réseaux sociaux et que l’apport des services des OC n’est pas significativement différent selon le sexe de l’usager.


2018 ◽  
Vol 19 (4) ◽  
pp. 140-154
Author(s):  
Fanny Simon ◽  
Albéric Tellier

Les capacités dynamiques reposent sur des processus organisationnels qui diffèrent selon que l’on s’inscrit dans une démarche d’exploitation ou d’exploration. Peut-on établir un lien entre les caractéristiques des réseaux sociaux dans lesquels sont engagés les acteurs des projets et le développement d’une capacité d’exploration ? Pour répondre à cette question, nous avons suivi pendant quatre ans les équipes dédiées à quatre projets d’exploration chez un fabricant de semi-conducteurs. Il apparaît que la structure du réseau et les type de liens peuvent faciliter le développement des capacités d’exploration. Notamment, les structures de type coeur/périphérie semblent propices au développement de ces capacités.


2015 ◽  
Vol 54 (2) ◽  
pp. 131-139
Author(s):  
Philip Robinson

Les documents touchant à ce sujet sont si peu nombreux qu'on a même pu douter du service militaire de Bernardin pour la France pendant cette guerre (1756–63). La nouvelle édition électronique de la correspondance de Bernardin jette quelques lumières sur cette question. Le lecteur moderne admirateur de notre auteur s’étonnera quelque peu de découvrir que, après avoir quitté le service de la France en Westphalie et à Malte (1760–61) comme officier ingénieur géographe, il semble chercher à servir des pays ennemis de la France (le Portugal et la Prusse). L'examen de cette possibilité pose des questions sur la notion de patriotisme dans le contexte d'un conflit entre armées professionnelles et bien avant les engagements nationaux de la période révolutionnaire. Bernardin, perpétuel surnuméraire et outsider, doit exploiter les divers réseaux sociaux et politiques auxquels il se trouve confronté dans la France et l'Europe de son temps.


2012 ◽  
Vol 67 (3) ◽  
pp. 375-397
Author(s):  
Thierry Colin ◽  
Benoît Grasser

En s’inscrivant dans le cadre des approches néo-institutionnelles, cette contribution s’intéresse à l’influence exercée par les réseaux patronaux sur la diffusion des pratiques managériales, à travers l’exemple de la gestion des compétences dans les entreprises françaises. La littérature permet d’envisager les organisations d’employeurs comme des réseaux sociaux ayant un impact sur les politiques RH des entreprises, et l’étude du développement de la gestion des compétences permet d’étayer l’hypothèse d’une institutionnalisation sous influence patronale de cette pratique de gestion.Pour proposer une évaluation de ce lien, nous nous appuyons ensuite sur une méthodologie quantitative permettant de croiser l’appartenance de membres de la direction d’une entreprise à des réseaux patronaux et la diffusion des pratiques de gestion par les compétences. Les données utilisées sont issues de l’enquête Réponse réalisée par le Ministère du Travail, et ont été collectées auprès de 3000 établissements. Cette approche permet dans un premier temps de procéder à un succinct mais inédit état des lieux des réseaux patronaux en France, puis de mesurer l’impact de l’appartenance à ces réseaux sur la mise en oeuvre de la gestion des compétences.Les résultats montrent que près des trois quarts des établissements appartiennent à des réseaux patronaux ou bien les fréquentent, mais que derrière ce constat initial se cache une réalité multiforme et plutôt concentrée. Nous montrons ensuite que l’appartenance à des réseaux patronaux est bien un élément explicatif important du choix de mise en oeuvre d’une politique GRH orientée vers les compétences, et en particulier la participation à des clubs de DRH ou associations d’entrepreneurs. Les structures patronales les plus influentes apparaissent donc ici comme celles qui reposent davantage sur l’adhésion volontaire, la recherche de légitimité et l’échange d’outils et d’idées.


2015 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 55
Author(s):  
Maria Khachaturyan

Cet article porte sur la construction de l’identité ethnique “mixte” de jeunes Russo-Africains. La construction de l’identité ethnique est ici analysée en tant que produit d’interactions sociales à partir desquelles les pratiques sociales, la représentation de soi et les réseaux sociaux jouent un rôle important.  Nous essayons de démontrer que dans une société avec un niveau de xénophobie assez important l’origine africaine devient un stigmate social, dans le sens de Goffman. La construction de l’identité ethnique est examinée tout d’abord à travers l’expérience sociale de stigmatisation qui met en avant la dualité de l’origine des Russo-Africains, ainsi que leurs différences. Ensuite, c’est l’impossibilité d’épouser pleinement l’une des identités « pures », à savoir « russe » ou « africaine ». Finalement, on observe le processus de bricolage identitaire : la construction d’une identité « mixte » qui se produit à travers la sélection d’éléments distincts des deux représentations culturelles. Nous montrons ensuite comment la création des communautés et des réseaux sociaux contribuent au développement d’une communauté ethnique russo-africaine, sans pour autant que l’on puisse la considérer comme un véritable groupe  ethnique.


Author(s):  
Anne Loubès ◽  
Isabelle Bories-Azeau ◽  
Claude Fabre

Résumé Notre étude porte sur un réseau de PME labellisé système productif local (SPL). Elle relève de la réflexion actuelle sur la GRH dans le cadre des rapprochements interentreprises. L’hypothèse sous-jacente est que ces maillages peuvent faciliter l’accès des PME aux dispositifs de GRH et ainsi « élever » leurs pratiques dans ce domaine. En mobilisant le cadre théorique des réseaux sociaux et du capital social, nous montrons quels sont les facteurs qui contribuent à l’émergence d’une GRH de réseau en favorisant la modernisation de la GRH des différents partenaires. La méthodologie adoptée repose sur une étude de cas en profondeur. Les résultats obtenus montrent que les actions initiales et collectives menées dans le SPL étudié produisent un capital social propre à modifier l’environnement de la fonction RH et, par là même, à faire progresser le mix social des entreprises partenaires et à impulser une GRH de réseau. La problématique centrale de cette nouvelle GRH est de combiner localement des ressources, de les mutualiser et de favoriser l’émergence, la mobilisation et le maintien du capital social. Même si le SPL ne règle pas l’ensemble des problèmes auxquels se heurtent les PME qui le constituent (par exemple : dialogue social encore difficile), le réseau apporte une nouvelle conception de la GRH, centrée sur la relation et les partenariats, incluant les niveaux stratégiques et territoriaux.


Author(s):  
Henri Laude

La réponse à la question de la prise de décision dans des environnements complexes, telle que nous la proposons ici, se trouve encapsulée dans une méthode que nous avons nommée "Naive complexity reduction for decision making through weak signals", pour "Elaboration de décisions au travers de la réduction de la complexité afin de générer des prises de décision via l'identification de signaux faibles". Après avoir exploré différents aspects de la notion de complexité et de sa mesure, en particulier dans le contexte du machine learning, nous présentons les fondements d'une méthode de réduction de la complexité débouchant sur l'identification d'un événement ou d'un signal faible. Le tout est illustré au travers du cas d'un graphe de réseaux sociaux évoluant dans le temps.


GeoTextos ◽  
2009 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
Author(s):  
Gislene Santos

Nos últimos tempos consolidaram-se uma significativa literatura acadêmica e um discurso político que priorizam em suas reflexões a relação entre o local e o global. Comumente o fluxo migratório internacional apresenta-se como exemplo mais referenciado nesta interação, para o qual o quadro de análise situa-se na esfera do global - imaginado como um ponto externo e distante da escala local. Para este artigo, desenvolve-se uma análise crítica desta vertente explicativa por meio de dois argumentos: 1) A concepção de que o fenômeno migratório contemporâneo é transcalar em função de sua característica elementar (atravessar e habitar fronteiras nacionais distintas) e a ideia de que a migração local é determinada por ações externas não são suficientes empiricamente para compor um teoria relacional entre o local e o global. 2) A interação entre o local e o global demanda análise alicerçada na noção histórica das redes sociais, na qual diferentes temporalidades, lugares e situações configuram o espaço social da migração. Resumé LA RECONFIGURATION DES HÉRITAGES TERRITORIALES DANS LE PROCESSUS MIGRATOIRE Ces dernières années on a vu s’établir une importante littérature académique et un discours politique qui mettent en valeur dans leurs discussions la relation entre le local et le global. Généralement le flux migratoire international représente l’exemple le plus important dans cette interaction, dont les réflexions se situent dans la sphère du global – ce flux étant conçu comme un point externe et distant de l’échèlle locale. Pour cet article on dévéloppe une analyse critique de cette question explicative au travers de deux arguments: 1) L’idée que le phénomène migratoire contemporain est trans-scalair en raison de sa caractéristique élémentaire: traverser et habiter des frontières nationales distinctes et la migration locale determine par des actions externes, ne sont pas suffisantes empiriquement pour concevoir une théorie relationelle entre le local et le global. 2) L’interaction entre le local et le global demande une analyse basée sur la notion historique des réseaux sociaux, dans laquelle des différentes temporalités, lieux et situations constituent l’espace social de la migration.


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