scholarly journals De la littérature « contre » le journal, du journal « contre » la littérature : le cas de quelques journaux d’écrivains québécois contemporains

Tangence ◽  
2012 ◽  
pp. 79-97
Author(s):  
Manon Auger
Keyword(s):  
De Se ◽  

Malgré l’immense intérêt qu’il suscite, particulièrement depuis le début des années 1980, le journal intime, même s’il présente à l’occasion un caractère littéraire, continue de s’inscrire hors du champ de la littérature proprement dite. Or, ce jugement discriminatoire à l’égard du genre diaristique n’est pas que l’apanage de la critique, mais aussi celui d’un certain nombre d’écrivains qui s’adonnent à cette pratique et en assurent de surcroît la publication. C’est même cette position « anti-littéraire » du genre diaristique qui, semble-t-il, en constitue la principale puissance d’attraction. En effet, cette écriture « libre », qui se déploie dans un genre apparemment sans code, semble offrir la possibilité à certains écrivains de se positionner « contre » la littérature, en portant un regard extérieur et diffracté sur elle. Dans cet article, il s’agira donc d’examiner la charge critique (à la fois éthique et esthétique) que revêtent trois journaux d’écrivains québécois contemporains dont la démarche semble viser tout autant une dénonciation des normes qui président à l’ordre des discours qu’une tentative de légitimation de leur parole à travers la « formation » du genre diaristique, ce dernier devenant, paradoxalement, garant de leur statut d’écrivain.

2002 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 75-90
Author(s):  
Vera L. ZOLBERG

Résumé L'art conçu comme capital culturel est au centre des recherches de sociologues tels que Pierre Bourdieu et ce concept est pertinent à l'analyse des musées d'art dans la société contemporaine. À la différence du niveau d'instruction, le goût artistique se conçoit comme une affaire individuelle sans grande importance sociale. Je critique cette position à la lumière de l'étude de Bourdieu et Darbel concernant les publics des musées d'art, je compare leurs résultats avec ceux des recherches actuelles en Europe et aux États-Unis, et je mets en doute les preuves de la relation entre le goût et la mobilité sociale. Le musée d'art peut devenir un facteur de nivellement plutôt qu'une barrière à l'égalité, mais tant qu'il subsiste des inégalités en matière d'éducation et de profession, ce programme a peu de chances de se réaliser.


Author(s):  
André Daviault

La vis comica de Plaute, traduite et mise en scène par Jean-Pierre Ronfard, est une adaptation originale du Curculio (Le charançon) de Plaute. Au lieu de se limiter à la simple représentation d’une comédie, Ronfard veut aussi expliquer le génie comique du poète latin dans le cadre inusité d’un spectacle triptyque : d’abord la présentation en format réduit d’une comédie latine, ensuite l’adaptation proprement dite du Curculio, et enfin, en guise d’épilogue, une scène du Miles Gloriosus (Le soldat fanfaron). Abstraction faite du cadre, l’examen des textes montre que, si l’adaptation est généralement fidèle, les libertés prises dans la traduction demeurent très plautiniennes.


2017 ◽  
Author(s):  
François Laplantine

La question du sujet est devenue la question cruciale de notre époque. Pour nous en rendre compte, il nous faut réfléchir d’emblée à son élimination qui revêt trois formes : sa destruction radicale dont le XXème siècle, siècle des génocides, porte la marque indélébile ; sa domination et sa discrimination dans les rapports coloniaux ; sa normalisation, sa neutralisation voire sa réification dans les sociétés contemporaines les plus modernes et d’apparence les plus démocratiques. L’anthropologie se doit de considérer de manière non pas réactive mais réflexive les opérations de simplification du sujet, qui s’accompagnent le plus souvent d’une falsification du langage : sa réduction à l’individu qui, en tant que monade séparée se créditant d’autosuffisance, est une construction culturelle qui n’a rien d’universelle ; à la culture (ou plus précisément à la monoculture dans certaines formes de nationalisme et de communautarisme), au cerveau dans une idéologie cognitiviste procédant d’une instrumentalisation des neuro-sciences. Ce sont des opérations de réduction du multiple à l’un qui recèlent une forte charge de violence. Aussi avant de se demander comment la question du sujet peut être traitée, il convient de constater que ce dernier est aujourd'hui maltraité y compris dans une partie des sciences sociales. Plusieurs dimensions du sujet (ou plus exactement de processus de subjectivation) doivent être distingués. Un sujet politique pris dans des rapports de pouvoir et cherchant à les transformer : c’est la notion de citoyen et de citoyenneté. Un sujet juridique, sujet de droit et du droit impliquant les notions de reconnaissance et de personne. Un sujet psychologique (moi, esprit, conscience) pouvant être groupal, sociétal, national. Un sujet grammatical ou sujet du langage engagé physiquement dans des processus d’énonciation mais qui n’a aucune universalité puisqu’un certain nombre de langues comme le japonais ne le place pas dans cette position d’antériorité et de centralité du je et peuvent très bien ne pas le désigner explicitement. Il existe enfin un sujet logique ou sujet de la connaissance – qualifié par Michel Foucault de « sujet épistémique ». C’est le sujet de la philosophie européenne. Successivement socratique, cartésien, kantien, durkheimien puis sartrien, il se pose comme étant indépendant des notions de genre, de culture et de couleur et présuppose, dans la constitution asymétrique d’un « champ », son antériorité, son extériorité et sa supériorité par rapport à un « objet ». C’est ce sujet premier et fondateur, visée et intentionnalité, foyer affranchi de toute détermination à partir duquel se constitue la dotation et l’assignation des significations qu’une anthropologie non hégémonique se doit de remettre en question. Ce qui est en crise aujourd'hui est à la fois le logicisme sans sujet du structuralisme et le sujet logique durkheimien non troublé d'affectivité, impassible et immuable, le sujet européencentré blanc, masculin, hétérosexuel, compact, constant, cohérent, transparent, adéquat à lui-même. Ce sujet de l'universalisme à la française n'a rien d'anthropologique car il est androcentré, géocentré et même chromatocentré. Cet universalisme par capitalisation de signes (homme – blanc – hétérosexuel – jamais malade – toujours jeune et toujours en forme – propriétaire ou copropriétaire de tous les biens et de toutes les valeurs) est une forme de communautarisme déguisé. C'est un universalisme abstrait, anhistorique et métaculturel qui a de la difficulté à prendre en considération les situations de vulnérabilité créées par la logique économiste de la globalisation. Pour dire les choses autrement, la notion égologique du sujet individuel tel qu'il s'est construit de manière historique, philosophique, sociologique et anthropologique en Europe n'est pas transférable telle quelle dans d'autres sociétés et à d'autres époques. Elle peut même constituer un obstacle dans la connaissance (qui commence avec la reconnaissance) de ce qui se joue aujourd'hui dans toutes les sociétés : non seulement des rapports socio-économiques de classe, mais des rapports de couleur, de genre, de génération, des rapports aux situations de handicap sans oublier la manière dont on traite les animaux. L’horizon de connaissance et d’action ne peut plus être celui de l’humanisme européen. Il ne peut plus être égologique et monologique. Il appelle la déliaison de la subjectivité (laquelle n’est pas intériorité et encore moins irrationalité mais condition de la précision) par rapport à la philosophe européenne. Le sujet n’est nullement abandonné mais requalifié en termes de processus (hétérogènes) de subjectivation. Il se trouve déplacé dans l’expérience du terrain et le travail de l’écriture ainsi que des sons et des images. Dans le trouble et la turbulence sont aujourd'hui en train de s’inventer dans les périphéries de la culture et dans les cultures diasporiques de nouvelles formes de subjectivité pouvant être qualifiées d’hybride, de métisse, de mutante. Aussi notre vocation est-elle d’accompagner et pourquoi pas de contribuer à créer des possibilités de devenir différents de ce que nous sommes. Dans cette perspective, qui est celle d’une anthropologie politique du sujet (et non de l’objet), ce qu’Alexandre Kojève a qualifié le « sujet de la science » conçu de manière vectorielle et unidirectionnel appelle à être problématisé car ce dernier ne peut être transparent et unifié. Il se trouve dans les sociétés contemporaines en permanence divisé, ce qui est source de toutes les multiplicités. Les notions d’assujettissement et de désassujettissement (c'est-à-dire de resubjectivation), peuvent être alors utilisées comme des notions exploratoires afin de poser cette question : comment ceux qui ont été considérés comme objets (du savoir) peuvent (re)devenir sujet (de la connaissance), acteurs (et non seulement agents)


2012 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
Author(s):  
Alistair MacLeod

This article examines G.A. Cohen’s celebrated critique of the Rawlsian doctrine of “the basic structure as subject.” Cohen describes the principal difference between his and Rawls’s view of “the site of distributive justice” – that is, of “the sorts of items to which principles of distributive justice apply” – by claiming that whereas in his view “both just rules and just personal choice within the framework set by just rules are necessary for distributive justice,” the Rawlsian view is that “distributive justice and injustice are features of the rules of the public order alone.” Despite the acuteness of Cohen’s criticisms of the Rawlsian positions he targets, there are important strands in Rawls’s view of the domain within which judgments of distributive justice can be made that are not adequately reflected in these positions. When these ambiguities in Rawls’s writings are given due weight, it emerges that the similarities between the views Rawls and Cohen take of the task of a theory of distributive justice are more striking than the differences. The only major difference, arguably, concerns the status of judgments about the “personal choices” the members of a society must make when their options are unconstrained by just institutional rules – that is, when the alternatives they can opt for are neither required nor prohibited by these rules. For Rawls these are choices they are at liberty to make in any way they please. According to Cohen, however, at least some of these choices must be made by direct appeal to the principles of distributive justice that underpin just institutional rules. Cet article analyse la critique justement célèbre par G.A. Cohen’s de la doctrine de Rawls concernant « la structure de base comme sujet ». Cohen décrit la différence principale entre son point de vue et celui de Rawls sur « le lieu de la justice distributive » -- c’est à dire les « types d’objets auxquels les principes de justice distributive s’appliquent » -- en soulignant que, tandis que pour lui, « les règles justes et les choix personnels justes dans le cadre de règles justes sont nécessaires pour la justice distributive », pour Rawls « la justice distributive et l’injustice sont des résultantes des seules règles d’ordre public ». Malgré la pertinence de la critique par Cohen de cette position de Rawls, certaines réflexions de Rawls quant au domaine de validité des jugements de justice distributive ne s’y conforment pas pleinement. Quand ces ambigüités des écrits de Rawls sont évaluées à leur juste mesure, il émerge que les similarités entre les visions que de Rawls et de Cohen sur les enjeux d’une théorie de la justice distributive sont plus frappantes que les différences. La seule différence majeure, peut-être, concerne le statut des jugements à propos des « choix personnels » que les membres d’une société doivent prendre quand ces options ne sont pas contraintes par des règles institutionnelles justes – c’est à dire, quand les alternatives parmi lesquelles ils peuvent choisir ne sont ni requises ni interdites par ces règles. Pour Rawls, ce sont des choix qu’ils sont libres de faire comme il leur plait. Chez Cohen, en revanche, certains de ces choix au moins nécessitent de se référer directement aux principes de justice distributive qui sous-tendent des règles institutionnelles justes.


1959 ◽  
Vol 5 (3) ◽  
pp. 157-173 ◽  
Author(s):  
Oscar Cullmann
Keyword(s):  
De Se ◽  

L'historiographie des origines du christianisme est dominée depuis longtemps par un dogme scientifique dont il faudrait se débarrasser. C'est l'école dite de Tubingue, inspirée par la philosophie de Hegel, qui en est responsable. D'après ce dogme (schème: thèse — antithèse — synthèse), il y aurait au début du christianisme la communauté de Jérusalem, entièrement dominée par la théologie juive et surtout l'espérance juive; plus tard, au contact avec le monde hellénistique, un tout autre christianisme aurait surgi: le paganochristianisme. Le catholicisme représenterait la synthèse. Il est vrai que tous les historiens modernes qui s'occupent du Nouveau Testament ont l'habitude d'abord de se distancer en principe de cette Ecole. Il est presque de bon ton de rejeter tout ce qu'il y a de schématique et d'exagéré dans cette position. Et cependant presque tous les savants modernes qui s'occupent des origines du christianisme conservent quand même la thèse générale de cette Ecole selon laquelle il n'y aurait dans le christianisme primitif que ces deux tendances: le judéo-christianisme de la première heure, localisé en Palestine, et le pagano-christianisme né plus tard et localisé en dehors de la Palestine dans la sphère de l'hellénisme. Tous les grands ouvrages consacrés à l'histoire ou à la pensée des premiers chrétiens sont dominés par ce schème. Il est vrai que W. Bousset et R. Bultmann ont le mérite d'avoir démontré dans leurs ouvrages l'existence d'un mouvement de pensée oriental, hellénistique, qu'ils appellent gnosticisme préchrétien et dont us admettent une influence sur le judaïsme antérieur au christianisme, mais leur manière générale de représenter le développement surtout des idées théologiques du christianisme primitif est restée, malgré tout, dominée entièrement par cette perspective: d'abord christianisme juif en Palestine — ensuite christianisme hellénisé en dehors de la Palestine.


2017 ◽  
Author(s):  
François Laplantine

La question du sujet est devenue la question cruciale de notre époque. Pour nous en rendre compte, il nous faut réfléchir d’emblée à son élimination qui revêt trois formes : sa destruction radicale dont le XXème siècle, siècle des génocides, porte la marque indélébile ; sa domination et sa discrimination dans les rapports coloniaux ; sa normalisation, sa neutralisation voire sa réification dans les sociétés contemporaines les plus modernes et d’apparence les plus démocratiques. L’anthropologie se doit de considérer de manière non pas réactive mais réflexive les opérations de simplification du sujet, qui s’accompagnent le plus souvent d’une falsification du langage : sa réduction à l’individu qui, en tant que monade séparée se créditant d’autosuffisance, est une construction culturelle qui n’a rien d’universelle ; à la culture (ou plus précisément à la monoculture dans certaines formes de nationalisme et de communautarisme), au cerveau dans une idéologie cognitiviste procédant d’une instrumentalisation des neuro-sciences. Ce sont des opérations de réduction du multiple à l’un qui recèlent une forte charge de violence. Aussi avant de se demander comment la question du sujet peut être traitée, il convient de constater que ce dernier est aujourd'hui maltraité y compris dans une partie des sciences sociales. Plusieurs dimensions du sujet (ou plus exactement de processus de subjectivation) doivent être distingués. Un sujet politique pris dans des rapports de pouvoir et cherchant à les transformer : c’est la notion de citoyen et de citoyenneté. Un sujet juridique, sujet de droit et du droit impliquant les notions de reconnaissance et de personne. Un sujet psychologique (moi, esprit, conscience) pouvant être groupal, sociétal, national. Un sujet grammatical ou sujet du langage engagé physiquement dans des processus d’énonciation mais qui n’a aucune universalité puisqu’un certain nombre de langues comme le japonais ne le place pas dans cette position d’antériorité et de centralité du je et peuvent très bien ne pas le désigner explicitement. Il existe enfin un sujet logique ou sujet de la connaissance – qualifié par Michel Foucault de « sujet épistémique ». C’est le sujet de la philosophie européenne. Successivement socratique, cartésien, kantien, durkheimien puis sartrien, il se pose comme étant indépendant des notions de genre, de culture et de couleur et présuppose, dans la constitution asymétrique d’un « champ », son antériorité, son extériorité et sa supériorité par rapport à un « objet ». C’est ce sujet premier et fondateur, visée et intentionnalité, foyer affranchi de toute détermination à partir duquel se constitue la dotation et l’assignation des significations qu’une anthropologie non hégémonique se doit de remettre en question. Ce qui est en crise aujourd'hui est à la fois le logicisme sans sujet du structuralisme et le sujet logique durkheimien non troublé d'affectivité, impassible et immuable, le sujet européencentré blanc, masculin, hétérosexuel, compact, constant, cohérent, transparent, adéquat à lui-même. Ce sujet de l'universalisme à la française n'a rien d'anthropologique car il est androcentré, géocentré et même chromatocentré. Cet universalisme par capitalisation de signes (homme – blanc – hétérosexuel – jamais malade – toujours jeune et toujours en forme – propriétaire ou copropriétaire de tous les biens et de toutes les valeurs) est une forme de communautarisme déguisé. C'est un universalisme abstrait, anhistorique et métaculturel qui a de la difficulté à prendre en considération les situations de vulnérabilité créées par la logique économiste de la globalisation. Pour dire les choses autrement, la notion égologique du sujet individuel tel qu'il s'est construit de manière historique, philosophique, sociologique et anthropologique en Europe n'est pas transférable telle quelle dans d'autres sociétés et à d'autres époques. Elle peut même constituer un obstacle dans la connaissance (qui commence avec la reconnaissance) de ce qui se joue aujourd'hui dans toutes les sociétés : non seulement des rapports socio-économiques de classe, mais des rapports de couleur, de genre, de génération, des rapports aux situations de handicap sans oublier la manière dont on traite les animaux. L’horizon de connaissance et d’action ne peut plus être celui de l’humanisme européen. Il ne peut plus être égologique et monologique. Il appelle la déliaison de la subjectivité (laquelle n’est pas intériorité et encore moins irrationalité mais condition de la précision) par rapport à la philosophe européenne. Le sujet n’est nullement abandonné mais requalifié en termes de processus (hétérogènes) de subjectivation. Il se trouve déplacé dans l’expérience du terrain et le travail de l’écriture ainsi que des sons et des images. Dans le trouble et la turbulence sont aujourd'hui en train de s’inventer dans les périphéries de la culture et dans les cultures diasporiques de nouvelles formes de subjectivité pouvant être qualifiées d’hybride, de métisse, de mutante. Aussi notre vocation est-elle d’accompagner et pourquoi pas de contribuer à créer des possibilités de devenir différents de ce que nous sommes. Dans cette perspective, qui est celle d’une anthropologie politique du sujet (et non de l’objet), ce qu’Alexandre Kojève a qualifié le « sujet de la science » conçu de manière vectorielle et unidirectionnel appelle à être problématisé car ce dernier ne peut être transparent et unifié. Il se trouve dans les sociétés contemporaines en permanence divisé, ce qui est source de toutes les multiplicités. Les notions d’assujettissement et de désassujettissement (c'est-à-dire de resubjectivation), peuvent être alors utilisées comme des notions exploratoires afin de poser cette question : comment ceux qui ont été considérés comme objets (du savoir) peuvent (re)devenir sujet (de la connaissance), acteurs (et non seulement agents)


2021 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 209-233
Author(s):  
Lea Niccolai

Les études récentes sur Synesius de Cyrène rejettent de plus en plus la thèse traditionnelle qui le considérait comme un nouveau venu dans le christianisme, pour le considérer plutôt comme un chrétien flexible et antidogmatique. Cependant, tout en reflétant notre meilleure compréhension de l’expérience de la religion vécue à la fin de l’Antiquité, cette position néglige un aspect crucial de l’identité religieuse de Synesius: son auto-récit. À travers une étude des stratégies rhétoriques utilisées par Synesius pour communiquer son allégeance religieuse, cet article soutient que Synesius a plutôt cherché des moyens de se présenter comme un concurrent du christianisme et de ses représentants les plus éminents. Le « sophiste » Synesius (défini comme tel en dépit, ou mieux, en vertu de ses prétentions à ne pas en être un), caractérisé par la recherche d’une identité oppositionnelle construite à l’aide de la rhétorique traditionnelle, apparaît ainsi comme incarnant la tension entre innovation et continuité qui marque la Troisième sophistique au IVe siècle.


2020 ◽  
pp. 30-33
Author(s):  
Keyword(s):  

Depuis le début de la crise sanitaire, la filière nucléaire ainsi que les autorités de contrôle ont modifié leur façon de travailler et d’inspecter, car il n’est pas toujours possible aux inspecteurs de se rendre sur les sites nucléaires ou dans les usines. La mise en oeuvre de nouvelles solutions d’inspections à distance s’inscrira probablement parmi les pratiques usuelles post-épidémie, pour une part des contrôles, l’inspection physique demeurant de toute façon incontournable pour un certain nombre d’opérations.


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