scholarly journals L’impact des positionnements des négociateurs sur le contenu d’un accord-cadre international

2012 ◽  
Vol 67 (1) ◽  
pp. 76-96 ◽  
Author(s):  
Jocelyne Barreau ◽  
Angélique Ngaha

Résumé La conclusion d’accords-cadres internationaux (ACI) est en pleine expansion depuis le début des années 2000. Mais comment s’explique l’hétérogénéité des contenus de ces accords ? En l’absence de tout cadre juridique, certains accords définissent succinctement des principes généraux dont l’application devra être négociée dans chacune des filiales, d’autres détaillent précisément des normes substantives applicables dans toutes les entités du groupe. Dans cet article, nous focalisons notre analyse sur les dispositions portant sur la fonction « ressources humaines », c’est-à-dire sur les règles de GRH définies par la direction générale des ressources humaines (DGRH), notamment en matière de rémunération, de conditions de travail et de formation ainsi que sur les missions qui lui sont imparties. En nous inscrivant dans la lignée des travaux d’Anselm Strauss, nous étudions le lien entre le contenu de l’accord, les objectifs poursuivis par les signataires et négociateurs des ACI (les fédérations syndicales internationales - FSI, et les directions des groupes signataires) et les autres éléments du contexte de la négociation. Nous faisons l’hypothèse que le contenu de l’accord dépend des « positionnements » des négociateurs (logique quantitative ou qualitative pour les FSI; politique d’image ou politique sociale pour les directions) et du contexte de la négociation. Nous justifions cette hypothèse avant de la tester en comparant les dispositions « ressources humaines » d’ACI conclus dans des firmes multinationales françaises. Nous appuyons cette démonstration sur l’exemple de quatre groupes français (Accor, France Télécom, Danone et EDF) ayant fait l’objet d’une étude de cas longitudinale approfondie, dans le cadre d’un vaste programme de recherche financé par l’Agence nationale pour la recherche.

1992 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 10-16
Author(s):  
Donna Wilson

Les hôpitaux se sont développés à une époque où le positivisme devenait une perception prédominante du monde. Le positivisme se fondait sur quatre tendances occidentales: prépondérance de la hiérarchie et de l'autocratie, expansion de la bureaucratie, application généralisée d'une orientation mécaniste au travail et prédominance de l'enquête «scientifique». La théorie organisationnelle s'est en grande partie développée à partir des constatations tirées des recherches quantitatives découlant d'une perception positiviste du monde. Nous présentons une étude de cas dans laquelle on analyse la structure organisationnelle actuelle des soins infirmiers d'un grand hôpital. On constate que la gestion des soins infirmiers repose sur un paradigme positiviste, à preuve la prédominance de l'orientation mécaniste et une structure autocratique et bureaucratique. On a fait l'essai d'un changement dont l'objet était de passer à la régie partagée, indice d'une évolution vers une structure organisationnelle plus moderne, reposant sur un paradigme différent. L'auteur termine en rappelant que les gestionnaires sont en grande partie responsables de la facilitation du changement, changement qui répondra aux besoins internes de ressources humaines et aux crises de rentabilité des hôpitaux actuels par une utilisation plus efficace des ressources humaines.


2015 ◽  
Vol 59 (2) ◽  
pp. 69-81
Author(s):  
Dominique Gazo

Dans le cadre d’une recherche postdoctorale, nous avons mené une étude de cas pour décrire les méthodes d’évaluation des candidats bibliothécaires dans six municipalités québécoises. Nous avons requis l’avis des gestionnaires des ressources humaines, des évaluateurs et des recrues, ainsi que les documents produits dans le processus de dotation. L’entrevue est la méthode la plus répandue. Elle n’est pas toujours structurée et permet aux candidats de se mettre en valeur. La formulation des questions ne correspond pas toujours aux recommandations des experts. Les tests sont également utilisés pour évaluer les candidats, les plus redoutés étant les tests psychométriques.


Author(s):  
Christian Defélix ◽  
Didier Retour

La recherche sur les PME a jusqu’ici mis en lumière les enjeux ressources humaines de la croissance ainsi que l’existence de pratiques de gestion des compétences. Mais, de façon surprenante, ces deux dimensions n’ont pas été croisées jusqu’à présent : que sait-on de l’apparition et du développement de la gestion des compétences dans les PME en croissance ? Le présent article propose un cadre d’analyse et l’applique à une étude de cas longitudinale et approfondie, celle de l’entreprise Microtek.


2005 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 11-26 ◽  
Author(s):  
Bérengère Marques-Pereira

Alors que le concept de « la féminisation de la pauvreté » a été introduit par les chercheuses féministes contemporaines, le concept de la catégorie sociale de sexe comme catégorie d'analyse a été introduit dans le discours de la politique sociale en Grande-Bretagne à la fin du XIX e siècle et au début du XX e par les enquêteuses sociales. Cet article fournit une étude de cas des façons dont la catégorie sociale de sexe a été introduite par Helen Bosanquet et Beatrice Webb, toutes deux membres de la commission royale d'enquête sur la Loi des pauvres et du soulagement de la misère (1905-1909).


2018 ◽  
Vol 73 (2) ◽  
pp. 343-368
Author(s):  
Yves Hallée ◽  
Gabrielle Plamondon

Cet article s’intéresse aux organisations de la société civile (OSC) spécialisées dans le soutien aux démarches de (ré)insertion socioprofessionnelle des personnes en situation d’itinérance (PSI) et aux nouveaux acteurs dans le système de relations industrielles québécois. À partir d’une étude de cas réalisée dans l’Arrondissement Ville-Marie de Montréal, nous avons utilisé les dimensions développées par Bellemare (2000) pour rendre opérationnel le concept d’acteur, les travaux de Heery et al. (2012) sur les OSC britanniques, ainsi que les résultats issus de nos recherches dans cet arrondissement, pour déterminer si les OSC impliquées dans la (ré)insertion socioprofessionnelle des PSI peuvent être considérées comme de nouveaux acteurs en relations industrielles (RI). Selon les dimensions de l’analyse, il apparaît que nous pouvons considérer les OSC qui sont engagées dans des expériences de (ré)insertion socioprofessionnelle des PSI comme de nouveaux acteurs en RI. En effet, en termes d’implication aux divers niveaux d’analyse des RI, elles interviennent de façon ponctuelle sur les lieux de travail, mais de façon beaucoup plus continue sur les plans organisationnel et institutionnel. Au niveau organisationnel, mentionnons que les OSC sont en lien avec des entreprises par le biais d’un réseau entretenu avec une OSC qui agit à titre d’intermédiaire afin de permettre le déploiement des programmes d’employabilité. Il s’agit d’un mode de fonctionnement en réseau où nous retrouvons de nombreux échanges interorganisationnels permettant d’assurer un continuum de services dans le but de soutenir les individus dans leur trajectoire de retour au travail et de faciliter les transitions des PSI en entreprises. En ce qui a trait au degré de continuité de l’implication des OSC dans le système de RI, nos résultats diffèrent de ceux de Heery et al. (2012). Nous avons, en effet, constaté une implication soutenue dans les programmes d’employabilité et de pré-employabilité, alors que ces auteurs parlent plutôt d’implication sporadique ou discontinue. Nos résultats montrent, également, des changements au niveau des règles liées aux conditions de travail et dans l’organisation de l’entreprise par la mutualisation de certaines pratiques de GRH, que nous assimilons à une influence des OSC sur le niveau organisationnel. De plus, ces dernières contribuent indirectement à influencer l’environnement social des entreprises grâce à l’action concertée entre OSC et entreprises dans le but d’apporter une solution au problème de concentration de l’itinérance dans le territoire du centre-ville montréalais.


2021 ◽  
Vol 1 (4) ◽  
Author(s):  
Christian Hoffmann ◽  
Gilles Buisson

Nous présentons dans cet article l’étude de l’engagement des étudiants d’une école d’ingénieur française dans un cours en fonction de sa modalité : cours en présentiel ou cours-vidéo. Sur la base de l’analyse de diverses données prises auprès d’étudiants sur deux ans, deux questionnaires écrits et 12 interviews, nous montrons que l’engagement est soutenu et indépendant de la modalité. Nous attribuons ce résultat entre autres aux caractéristiques des apprenants qui sont fortement motivés et possèdent une bonne connaissance de soi ; ce qui leur permet de choisir et de créer des conditions de travail adaptées afin de réussir leurs études. Finalement, nous examinons l’ensemble des spécificités de cette étude de cas afin d’extraire les conditions favorables à l’engagement des apprenants et concluons sur une possible transférabilité dans d’autres contextes.


Author(s):  
Yassine Louzzani

Cette étude vise à analyser le rôle des ressources immatérielles dans la création de valeur dans une entreprise installée dans une zone où le terroir peut être source d’avantages concurrentiels. À l’aide d’une étude de cas portant sur une PME agroalimentaire familiale du secteur fromager auvergnat, nous proposons une analyse en profondeur de ce rôle qui nous parait déterminant. Cette étude est de nature exploratoire et à visée compréhensive. Le mode de recueil des données est multi-angulé. L’hypothèse centrale dans cette recherche est que la création de valeur dans cette entreprise de terroir est déterminée par ses ressources immatérielles (humaines et celles liées au terroir) mobilisées. Cette étude montre que les atouts essentiels de la PME étudiée sont de nature immatérielle ; tels que le label qu’elle partage avec le groupe stratégique de terroir, les savoir-faire distinctifs (maîtrise des risques sanitaires à travers l’application des normes, des ressources humaines qualifiées) et les relations privilégiées entretenues avec les différents partenaires (notamment les fournisseurs). D’où l’importance en termes de création de valeur des efforts d’investissements dans le capital immatériel (capital humain, image…) et de leur visibilité auprès de différents acteurs économiques et politiques (clients, fournisseurs, collectivités territoriales, interprofessions…). En effet, il nous semble nécessaire que les chercheurs en sciences de gestion participent à l’élaboration de cartographie(s) des ressources immatérielles dans les PME de terroir et plus généralement dans les entreprises industrielles.


2008 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 51-63
Author(s):  
Frédérique Nakache-Danglot ◽  
Olivier Le Goallec ◽  
Christian Mannschott ◽  
Éric Lefebvre ◽  
Francis Bourgine

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