Le rôle des synergies locales dans les processus spatiaux d'innovation
Cet article porte sur l’évolution du rapport local-international selon les différents modèles (ou théories) de la diffusion spatiale de l’innovation: les modèles épidémico-hiérarchiques, les modèles de la division spatiale du travail, les modèles réticulaires. Il essaye, d’une façon originale, de situer la position de la PME innovatrice en distinguant trois espaces de vie de la firme : l’espace de marché, l’espace de production et l’espace de soutien. Les résultats de l’étude montrent que, dans une vision classique, la PME agirait plutôt selon le cadre défini par son espace de marché et dans un modèle où les règles du jeu seraient dictées par le marché et par la hiérarchie urbaine. Dans un contexte structurel de division spatiale du travail, au contraire, la PME devra surtout agir pour adapter son « espace de production » sans pour autant s’affranchir d’une certaine subordination par rapport à la grande entreprise multinationale et aux centres métropolitains. Enfin, le modèle récent d’analyse selon une approche réticulaire place théoriquement la PME dans une position d’affranchissement par rapport aux subordinations citées, à la condition qu’elle sache développer son espace de « soutien », c’est-à-dire une stratégie de rapport « hors marché » à caractère précompétitif. Or, ce qui est intéressant, c’est que cet espace de soutien sera avec une bonne probabilité réalisable dans certains lieux spatialement marqués par une cohésion nouvelle, par des synergies locales qui représentent à la fois un élément constitutif et un résultat de l’existence d’un « milieu innovateur », selon la terminologie du GREMI.