scholarly journals À l’écoute des peuples autochtones ?

2011 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 99-113 ◽  
Author(s):  
Christiane Guay ◽  
Sébastien Grammond

Le présent article vise à déterminer dans quelle mesure le processus d’adoption de la « loi 125 » (modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec) a permis de tenir compte du point de vue autochtone. Deux organismes autochtones ont présenté des mémoires à la commission parlementaire chargée d’étudier ce projet de loi. Ils ont dénoncé la méconnaissance des réalités autochtones par les acteurs du système des services sociaux et les effets néfastes du « projet de vie à long terme », pierre angulaire de la « loi 125 », sur les communautés autochtones. Ils ont aussi réclamé une plus grande autonomie des peuples autochtones dans la gestion de leurs services de protection de la jeunesse. Or, les députés, sans nier l’existence d’un problème, n’en comprenaient pas vraiment la nature, les causes et les conséquences. Ils se sont contentés d’affirmer qu’il faudrait faire preuve de « flexibilité » dans l’application de la loi aux Autochtones, tout en se montrant méfiants à l’égard des affirmations de la différence autochtone dans les méthodes d’intervention sociale et de la revendication d’une plus grande autonomie. En définitive, le projet de loi n’a pas été modifié pour tenir compte des préoccupations des Autochtones. L’obligation de l’État de consulter les peuples autochtones avant d’adopter des mesures législatives qui les affectent n’a pas été respectée.

Author(s):  
Eve Pouliot ◽  
Marie-Christine Saint-Jacques

Résumé Depuis quelques années, les auteurs de plusieurs disciplines affirment que l’engagement paternel doit être facilité par l’accès à des services sociaux adaptés aux besoins des pères. Bien que le rôle du père soit de plus en plus démystifié, les chercheurs et les cliniciens sont toutefois loin d'être tous convaincus de l'utilité de sa présence dans l'intervention. Étant donné les enjeux inhérents au contexte de la protection de la jeunesse, le présent article est consacré à la question suivante : « Dans quelle mesure les intervenants impliquent les pères dans les pratiques en protection de la jeunesse? ». Afin de répondre à cette question, cet article brosse d’abord un tableau des connaissances empiriques sur la question de l’intervention auprès des pères, tout en insistant sur la spécificité du contexte de la protection de la jeunesse. Ensuite, les résultats obtenus à la suite d’une recherche menée auprès de 229 intervenants qui travaillent dans un contexte de protection de la jeunesse sont présentés et discutés.


2019 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-21
Author(s):  
Doris Chateauneuf ◽  
Catherine Arseneault ◽  
Marie-Ève Bedard Nadeau

Malgré la promotion et la valorisation des données probantes dans les domaines de la santé et des services sociaux, l’utilisation d’outils d’évaluation systématique en intervention sociale demeure un sujet de recherche peu exploré au Québec. Le présent article s’intéresse aux enjeux entourant l’implantation et l’utilisation d’un outil d’évaluation systématique en contexte d’intervention en protection de la jeunesse, le Protocole d’évaluation familiale (PEF). À partir des points de vue de 37 acteurs directement concernés par l’utilisation de ce protocole (intervenants, gestionnaires et familles), cette étude se penche plus spécifiquement sur les enjeux qui interviennent dans le processus d’implantation de l’outil et qui influencent son utilisation. Les résultats indiquent que le contexte organisationnel, les propriétés des questionnaires, les caractéristiques des acteurs, ainsi que les perceptions de ces derniers à l’égard de la pertinence clinique de l’outil sont les principaux facteurs soulevés par les participants pour expliquer les conditions d’implantation et le niveau d’utilisation du PEF.


2005 ◽  
Vol 37 (101) ◽  
pp. 263-290 ◽  
Author(s):  
Jules Dufour

Les peuples autochtones qui vivent au Québec, Canada, cherchent à faire reconnaître leurs droits les plus fondamentaux, ancestraux existants, territoriaux, économiques et sociaux et ce, en conformité avec le mouvement international en faveur de ces peuples, tel qu'il s'est manifesté au cours des 20 dernières années dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies. Le présent article analyse cette question fondamentale en dressant le bilan des efforts des peuples autochtones vivant au Québec déployés sur ce plan et en esquissant les conditions qui leur permettront de survivre, telles qu'elles ont été définies dans le cadre du Sommet de la Terre qui s'est tenu à Rio de Janeiro, Brésil, en juin 1992.


2013 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 67-83 ◽  
Author(s):  
Christiane Guay ◽  
Sébastien Grammond

Le régime provincial de protection de la jeunesse tend à marginaliser les conceptions autochtones de la famille, qui sont souvent fondées sur le rôle de la famille élargie et des formes d’adoption coutumières propres à chaque communauté. En effet, les intervenants sociaux et les tribunaux prennent généralement des décisions en se fondant sur leurs propres références culturelles, ce qui les conduit à méconnaître les conceptions autochtones de la famille. Les directives données par le législateur de tenir compte de la culture autochtone ont eu peu d’effet pratique. Seule l’autonomie gouvernementale des peuples autochtones en matière de protection de la jeunesse paraît pouvoir changer la donne.


2004 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 31-47 ◽  
Author(s):  
Gilles Rondeau ◽  
Guylaine Sirois ◽  
Solange Cantin ◽  
Valérie Roy

Résumé Des tables de concertation intersectorielle en violence conjugale sont en place au Québec depuis plus de quinze ans. La politique gouvernementale Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale de 1995 a choisi la concertation intersectorielle comme instrument d’action privilégié en la matière. Le présent article présente le profil de ces tables dans les différentes régions du Québec. Ces tables sont composées à la fois d’organismes communautaires et d’établissements des réseaux concernés. L’analyse des données révèle le caractère répandu et hétérogène de la concertation entre les secteurs santé et services sociaux, sécurité publique, justice, éducation et autres.


2010 ◽  
Vol 38 (2) ◽  
pp. 221-251 ◽  
Author(s):  
Eric Guimond ◽  
Norbert Robitaille ◽  
Sacha Senécal

Dans leur désir de faire des recherches et de rassembler de la documentation sur les questions sociales autochtones au Canada, les démographes et autres spécialistes de l’étude des populations, aussi bien autochtones que non autochtones, négligent souvent une question fondamentale : quelles définitions des populations autochtones utiliser ? L’appartenance autochtone n’étant ni permanente, ni transférée automatiquement de génération en génération, les principales définitions des peuples autochtones conduisent à des effectifs et des caractéristiques forts différents. Le présent article offre une vue d’ensemble de ces définitions ainsi que des effectifs de population correspondants et illustre l’effet du choix d’une définition sur l’analyse démographique.


2008 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 101-116
Author(s):  
Michel Dubois

Résumé Cette recherche quantitative et non expérimentale sur le terrain auprès des employés oeuvrant au service de protection de la jeunesse d'un centre de services sociaux a comme objectif de vérifier les liens entre les diverses variables que sont les sources de stress au travail et en dehors du travail, la personnalité et les conséquences de stress. Les résultats montrent qu'il existe un lien entre un ensemble de stresseurs et les conséquences personnelles et organisationnelles. La difficulté de concilier le travail et les obligations personnelles et familiales ont des incidences sur la santé des répondants et sur l'organisation. Deux profils de personnalité distincts, l'interne confiant et le pondéré altruiste, perçoivent des conséquences de stress différentes.


Author(s):  
Serge Beauchamp ◽  
Bruno Fabi

Le présent article traite de l'influence de certaines caractéristiques organisationnelles sur le plafonnement de carrière, une attention particulière étant apportée à l'influence de la taille de l'organisation. Pour y parvenir, une démarche empirique a été effectuée auprès d'une population de 441 cadres intermédiaires provenant des 14 centres de services sociaux (CSS) du Québec. Les résultats révèlent que les répondants œuvrant au sein des organisations de dimension moins importante s’avèrent plus sujets au plafonnement de carrière que leurs collègues œuvrant dans des organisations de plus grande dimension. D’autres résultats font ressortir l'absence d'influence significative de la structure organisationnelle sur le plafonnement de carrière, ce dernier phénomène s’avérant par ailleurs influencé par la nature du poste occupé. À cet effet, on relève que les cadres œuvrant au sein d’un service conseil semblent plus sujets au plafonnement de carrière que leurs collègues des services hiérarchiques. Finalement, en plus de vérifier l’effet de certaines caractéristiques individuelles sur le plafonnement de carrière, cette étude a contribué à démontrer les limites de l’approche traditionnelle consistant à mesurer la variable dépendante à partir de seuils arbitraires d’ancienneté dans le poste actuel. Nos analyses suggèrent en effet la pertinence de délaisser une telle approche dichotomique pour adopter une mesure continue, plus flexible et moins arbitraire. L’ensemble de ces résultats fait l’objet d’une discussion relative aux implications d’une gestion renouvelée du cheminement de carrière dans les organisations, particulièrement dans les PME.


2005 ◽  
Vol 36 (3) ◽  
pp. 669-744
Author(s):  
Alain Lafontaine

Le droit à l'autonomie gouvernementale autochtone occupe une place sans cesse croissante dans les milieux politique et juridique. Parallèlement, le devoir de fiduciaire de la Couronne est de plus en plus invoqué par les autochtones pour obtenir réparation. Le présent article consiste en une étude des liens qui existent entre les deux concepts juridiques. L'auteur traite de l'incompatibilité apparente entre le droit des peuples autochtones de s'autogouverner et l'obligation qu'a la Couronne, à titre de fiduciaire, d'assumer la responsabilité de leur bien-être et la protection de leurs intérêts. À partir des principales sources de droit autochtone, nommément la Proclamation royale de 1763 et la doctrine des droits ancestraux, l'auteur expose d'un point de vue historique et juridique comment les deux institutions, loin de s'opposer, sont en fait des compléments.


2018 ◽  
Vol 29 (1-2) ◽  
pp. 102-120
Author(s):  
Lise St-Germain ◽  
Josée Grenier ◽  
Mélanie Bourque ◽  
Danielle Pelland

Le présent article présente les résultats d’une analyse documentaire des rapports d’activités de deux cents groupes communautaires oeuvrant en santé et services sociaux financés par le Programme de soutien aux organismes communautaires. L’analyse critique porte sur le processus de reddition de comptes des groupes communautaires et la manière dont les organismes rendent compte de leurs actions dans leur rapport, à partir des critères déterminés par le cadre de référence et comment ils arrivent à travers ce processus à mettre en évidence leurs contributions et spécificités. De cet examen se dégage une analyse des discours et des enjeux d’autonomie de l’action communautaire.


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