Pratiques de bons soins — la maladie d’Alzheimer et la « personne intérieure »
Cet article vise à problématiser le « mouvement pour la personne » dans le domaine des soins de la maladie d’Alzheimer. L’histoire récente de ce mouvement, lequel viendrait sauver « la personne à l’intérieur », l’inscrit dans une opposition explicite à l’approche biomédicale. On juge que cette dernière nie la personne en mettant l’accent sur la cognition, la rationalité, la réflexivité et l’autonomie. J’avance dans cet article que la notion changeante de personne, dans le domaine des soins de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence, prolonge la vie dans la vie, ce qui est relié à la « mort sociale » dont traitent depuis longtemps les sciences sociales. Les pratiques investissant la personne peuvent être comprises comme des négociations culturelles entourant la mort bio-sociale. Ces pratiques reposent sur un sens commun qui n’est pas questionné, et elles ne sont pas exemptes de limites.