scholarly journals Pratiques de bons soins — la maladie d’Alzheimer et la « personne intérieure »

2011 ◽  
pp. 147-168 ◽  
Author(s):  
Annette Leibing

Cet article vise à problématiser le « mouvement pour la personne » dans le domaine des soins de la maladie d’Alzheimer. L’histoire récente de ce mouvement, lequel viendrait sauver « la personne à l’intérieur », l’inscrit dans une opposition explicite à l’approche biomédicale. On juge que cette dernière nie la personne en mettant l’accent sur la cognition, la rationalité, la réflexivité et l’autonomie. J’avance dans cet article que la notion changeante de personne, dans le domaine des soins de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence, prolonge la vie dans la vie, ce qui est relié à la « mort sociale » dont traitent depuis longtemps les sciences sociales. Les pratiques investissant la personne peuvent être comprises comme des négociations culturelles entourant la mort bio-sociale. Ces pratiques reposent sur un sens commun qui n’est pas questionné, et elles ne sont pas exemptes de limites.

2002 ◽  
Vol 25 (2) ◽  
pp. 11-22
Author(s):  
Jean-Claude GARDIN
Keyword(s):  
De Se ◽  

Résumé Dans une perspective logiciste, les textes interprétatifs des sciences sociales sont justiciables d'une réécriture à la manière d'un calcul, qui fait ressortir les données et les opérations constitutives du raisonnement. Les recherches menées dans cette voie, en archéologie notamment, éclairent d'un jour nouveau les mécanismes et les fondements des constructions propres aux sciences de l'homme. Les leçons tirées portent sur le statut de l'explication dans ces disciplines, sur la part du sujet dans la conception et dans la validation de nos théories, sur l'intérêt d'une épistémologie pratique où ces théories sont jaugées selon des critères de valeur clairement déclarés, sur la neutralité d'une telle épistémologie à l'égard des méthodes des sciences sociales; enfin et surtout, sur la fragilité d'un entre-deux où celles-ci tentent sans relâche de se placer, entre science et littérature ou sens commun.


2002 ◽  
Vol 31 (1) ◽  
pp. 119-127 ◽  
Author(s):  
Jean-Claude Gardin

Résumé L'archéologie est depuis vingt ans le lieu d'un programme de recherches consacrées à une analyse formelle des constructions historiques, inspirée du paradigme computationnel. Les travaux menés dans cette voie apportent quelque lumière sur des questions d'épistémologie pratique, groupées ici sous trois titres: le sens et la place du " naturel " dans ces constructions (langage naturel, logique naturelle, raisonnement naturel) ; la manière dont on s'y accommode ou non de la pluralité des interprétations et de leur caractère réputé non cumulatif ; la viabilité des positions médianes recommandées aujourd'hui entre science et littérature ou sens commun. L'article expose les enseignements tirés du programme logiciste sur ces différents points, en archéologie, et s'achève par une interrogation sur leur pertinence dans les sciences sociales en général.


2002 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 77-86 ◽  
Author(s):  
Gilles HOULE

Résumé L'opposition désormais classique des méthodes quantitatives et qualitatives en sciences sociales a pour conséquence que ce sont les données, faites de chiffres ou lettres, qui infèrent le plus souvent les objets de recherche, parce que réductibles précisément à ces techniques et méthodes. De l'herméneutique au positivisme le plus intempéré, l'enjeu est bel et bien celui d'une méthodologie générale: le cas de l'analyse clinique est ici considéré.


1978 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 3-32 ◽  
Author(s):  
A. D. Nelson

Le relativisme éthique et l'étude des valeurs politiquesDepuis quelques années, de nombreux politicologues se sont laissés persuader de réprimer leurs penchants réformistes, au moins dans le cadre de leur profession. Cette auto-répression a été produite par leur adoption de la doctrine du relativisme éthique qui a prédominé dernièrement dans les sciences sociales en Amérique du Nord et en Europe. Cette doctrine se manifeste par une censure methodologique qui soutient que l'analyse scientifique est en elle-même incapable de produire des jugements sur la valeur des choses. L'acceptation de cette censure méthodologique a conduit les analystes non seulement à abandonner la recherche traditionnelle de ce que l'on pourrait appeler « des standards objectifs de valeur dans la nature » mais elle a aussi empêchê le développement des recherches sur les origines et la signification des jugements de valeur.L'examen des fondements de cette censure méthodologique suggère qu'elle est fondée sur des postulats hautement spéculatifs plutôt que sur des évidences empiriques concluantes. L'examen des raisons techniques avancées à l'appui de cette censure, c'est-à-dire l'argumentation baseé sur une logique propositionnelle, révèle que cet argument ne s'adresse pas à la question fondamentale et est donc une raison insuffisante pour restreindre nos recherches de la façon prescrite par cette approche. De même l'examen de la théorie émotive des valeurs et la base empirique sur laquelle elle est fondée, révèle que son fondement est plutôt faible. Elle semble tenir sa force d'un mode particulier d'interprétation des comportements présupposant la subjectivité des valeurs, ce qui est précisément l'objet de cet article. Et finalement, l'examen des raisons du rejet d'une autre possibilité—celle de l'existence des critères objectifs de valeurs discernables dans la nature—montre que ce rejet n'a qu'une base empirique fragmentair e et non concluante.Il semble que ce rejet soit fondé sur un postulat méthodologique ou sur des hypothèses métaphysiques ou épistémologiques qui peuvent être vrais mais qui ne peuvent prétendre avoir été démontrés empiriquement de façon décisive. Et puisque ces postulats semblent contredire l'expérience telle que saisie par le sens commun, il est raisonnable de conclure que leur adoption n'est pas conforme aux exigences empiriques de la science moderne.Il appert donc que l'influence considérable que la doctrine du relativisme éthique a eu sur les études politiques récentes a rétréci leurs perspectives et les a détournées de manière injustifiée de ce qui peut être considéré comme leurs véritables objectifs.


2018 ◽  
Vol 202 (1-2) ◽  
pp. 307-320
Author(s):  
Jacques Hugon ◽  
Julien Dumurgier ◽  
Emmanuel Cognat ◽  
Claire Paquet

2018 ◽  
Vol 1 ◽  
pp. S160-S161
Author(s):  
A. Rahoui ◽  
H. Boulenouar ◽  
H. Boucif

2020 ◽  
pp. 2
Author(s):  
Camille Roche ◽  
Aude Bournazel ◽  
Caroline Allix-Beguec ◽  
Marie-Laure Pinon-Vignaud

Les troubles neurocognitifs et la presbyacousie constituent deux pathologies très présentes dans la population âgée. Les troubles neurocognitifs sont marqués par la survenue précoce de troubles lexico-sémantiques. Le but de cette étude est de déterminer le lien entre le manque du mot et la presbyacousie chez des patients présentant une maladie d’Alzheimer ou apparentée. Trente-sept sujets présentant un trouble neurocognitif léger à modéré ont répondu au Questionnaire de dépistage des difficultés d’écoute et d’audition, et aux épreuves de dénomination de substantifs et de verbes de la Batterie Informatisée du Manque du Mot (BIMM). Ils ont été répartis en deux groupes : « normo-entendants » et « risque de presbyacousie ». Aucune différence significative pour les scores et les temps en dénomination, les variables psycholinguistiques et les types d’erreurs n’a été observée entre les deux groupes. Aucune corrélation entre le score global obtenu à la BIMM et celui obtenu au questionnaire d’audition n’a été mise en évidence. Ces résultats négatifs peuvent s’expliquer par la présence très précoce de troubles lexico-sémantiques chez les sujets avec une maladie d’Alzheimer ou apparentée.


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