scholarly journals Tombeaux de l’enfance. Pour une prosopopée de la mémoire chez Émile Nelligan, Réjean Ducharme et Gaétan Soucy

2011 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 93-118
Author(s):  
Jean-François Hamel

À partir du mythe de l’enfant-poète légué par Emile Nelligan à la littérature québécoise, qui trouve son expression tant dans le poème « Le berceau de la muse » que dans la célèbre préface de Louis Dantin à ses Poésies, mythe qui enfin se voit repris dans la première trilogie romanesque de Réjean Ducharme et, plus récemment, dans La petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy, cet essai vise à comprendre comment une telle figure, relevant d’une prosopopée où l’enfant - l’infans, ce qui ne parle pas - dit ou écrit son hypermnésie, donne voix à un certain rapport historique, éminemment paradoxal, de la littérature québécoise à sa mémoire. Au fil de mélancoliques figurations d’une enfance impossible et d’une mémoire toujours dépossédée de l’expérience des premières fois, il s’agira d’esquisser comment s’est formé un véritable lieu de mémoire à même la reprise, d’auteur en auteur, de cette singulière prosopopée. La figuration de l’enfance dans la littérature québécoise se révèle ainsi une représentation marginale, sans postulat d’homogénéité, des cadres identitaires collectifs et le signe d’une interrogation à propos des possibles inscriptions de soi dans la durée.

2003 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 113-125
Author(s):  
Pascal Caron
Keyword(s):  

Résumé L’hiver de force occupe une place particulière dans l’oeuvre de Réjean Ducharme. La pléthore de noms propres, marques, enseignes, etc., peut être interprétée comme l’intrusion d’une réalité circonstancielle, d’un contexte socio-historique donné, à l’intérieur du texte. Mais celui-ci n’est pas réductible à la peinture du Québec des années soixante-dix. L’adaptation théâtrale de Lorraine Pintal et la présentation de la pièce au Québec et en France permettent de prendre la mesure des changements idéologiques qu’une volonté de motivation historique et politique peut provoquer. La transformation, soumise aux exigences de la représentation, montre en retour que la singularité esthétique de L’hiver de force ne réside pas dans le témoignage univoque d’une lutte pour l’identité culturelle.


2017 ◽  
Vol 53 (1) ◽  
pp. 133
Author(s):  
Élisabeth Nardout-Lafarge
Keyword(s):  

Author(s):  
Emile Fromet de Rosnay ◽  
Dennis Ioffe ◽  
Samantha Rowe

Symbolism is a late-nineteenth-century literary movement centred mostly around the work of poets such as Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Philippe Villiers de L’Isle-Adam, and the later Maurice Maeterlinck, as well as novelists like Joris-Karl Huysmans and Edouard Dujardin. Although Tristan Corbière died in 1875, he is an important figure associated with the movement thanks to his image as a poète maudit (‘poet of the damned’) and to this poetic style. A broad term that occasionally extends to early twentieth-century modernists like T.S. Eliot, James Joyce, and Ezra Pound, Symbolism is traditionally dated from circa 1870 to 1900. (The term ‘Symbolist’ was coined by Jean Moréas in the review La Vogue in 1886.) The movement became more international in the 1890s with the emergence of European Symbolism such as Russian Symbolism, German Symbolism etc., and with poets such as Emile Nelligan in Canada. Of equal importance is its influence as an artistic movement. Symbolism reacted to broader cultural tendencies related to scientific and literary Positivism such as Realism and Naturalism, and the language of the popular press, particularly as it appeared in the form of best-sellers. Where popular language informs the public with moral narratives, Symbolist language tries to avoid such a reduction.


1975 ◽  
Vol 11 (3-4) ◽  
pp. 247
Author(s):  
Gilles Marcotte
Keyword(s):  

2011 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 121-129
Author(s):  
Élisabeth Nardout-Lafarge

Le rire est l’une des stratégies anti-littéraires de l’oeuvre romanesque de Réjean Ducharme. Mais l’humour des narrateurs, plus ridicule que drôle, se caractérise par le recyclage des plaisanteries les plus banales, par le soulignement de mots d’esprit laborieux souvent désamorcés par leur explication, et la mise en scène d’une obligation de rire qui frise l’absurde. Dans le dérèglement de la langue, les romans produisent une usure du rire et exacerbent le dispositif pragmatique de l’humour dans une relation paradoxale avec le lecteur, à la fois invité à rire et empêché de le faire. Ce traitement du rire est analysé à partir d’exemples tirés de L’avalée des avalés, Le nez qui voque, La fille de Christophe Colomb, L’hiver de force et Les enfantômes.


2006 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 334-350
Author(s):  
Brigitte Seyfrid
Keyword(s):  

Résumé À partir d'un bref fragment représentatif (une diatribe de Bérénice), cet article se propose de cerner la dimension polémique de L'Avalée des avalés de Réjean Ducharme. La technique argumentative bérénicienne concilie en effet les deux stratégies constitutives de la polémique : elle allie en permanence la persuasion au discours disqualifiant, le « raisonnement » à un lyrisme du refus, de la révolte et de la négation. L'analyse montre, dans un premier temps, comment la disqualification de la cible, du « Titan » dévorant que constitue le corps social, se fait par l'exploitation de la réfutation, ainsi que par l'emploi d'injures, de menaces et de métaphores dévalorisantes. Puis elle s'intéresse à la constitution des valeurs béréniciennes, qui se mettent en place par le biais du marquage et du renversement axiologiques, également typiques du discours polémique. Enfin, elle fait ressortir la dimension dialogique particulière du monologue bérénicien. Ce dialogisme est en même temps présent et désavoué : l'Autre, convoqué dans le discours, est aussitôt déprécié : « la doxa », retournée en para-doxe. Le paradoxe (dans tous les sens de ce terme) est sans doute l'une des techniques privilégiées de la rhétorique bérénicienne. Il permet de caractériser la figure même de la narratrice, avaleuse et avalée tout à la fois, être clivé par excellence chez qui s'unissent les contraires.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document