scholarly journals La polarité des idéologies : conservatisme et progressisme

2005 ◽  
Vol 7 (1-2) ◽  
pp. 23-35 ◽  
Author(s):  
Léon Dion

Il y a moins de dix ans, les intellectuels étaient d'avis que la société québécoise était parvenue à un moment critique de son existence. Nombre d'entre eux se groupaient dans le Rassemblement des forces démocratiques. Leur diagnostic était des plus déprimants : (( stérilité » de l'esprit, « monolithisme » de la pensée, « omniprésence » de la droite, bref, le corps social tout entier, selon eux, était menacé de mort. Aujourd'hui, cependant, les intellectuels définissent la situation d'une manière bien différente : ils parlent généralement de « dynamisme », de « croissance » et de « révolution ». Comment expliquer cette étonnante volte-face des états d'esprit en si peu de temps ? L'observation un peu attentive des faits nous amène à conclure que les conditions sociales, bien qu'elles aient évolué dans ce court intervalle, ne sont pas fondamentalement aussi différentes que l'antinomie des slogans qui servent à les caractériser ne le laisse supposer. Le contraste des perceptions paraît tenir surtout à des facteurs psychologiques. Il y a dix ans, le Québec touchait à la fin d'une longue ère de conservatisme politique : l'impression d'immobilisme social et intellectuel s'en trouvait amplifiée ; aujourd'hui, nous venons d'entrer dans une ère de progressisme politique : la conscience du changement social et intellectuel s'en trouve accrue. Inversement, l'ampleur de l'évolution dans certains secteurs était alors méconnue tandis qu'aujourd'hui on sous-estime souvent l'importance des foyers de conservatisme. Une enquête un peu poussée, menée en 1958 par l'Institut d'éducation des adultes auprès de différents milieux, révélait chez les membres d'associations les plus diverses, en même temps qu'une conscience aiguë de l'emprise du traditionalisme, l'adhésion à des normes démocratiques élevées de même qu'aux valeurs propres à la civilisation moderne. Par contraste, le débat sur le Bill 60, moment critique de l'évolution récente, manifesta la fermeté de l'emprise des convictions anciennes sur un grand nombre d'associations et d'individus. Au delà des apparences, aujourd'hui comme il y a dix ans, la divergence des aspirations et des mentalités parmi les agents sociaux est intense. Dans les deux cas, cependant, par suite d'une disposition d'esprit particulière, on magnifie dans les perceptions globales un aspect de la situation idéologique et on réduit l'importance de l'autre aspect. Comment rendre compte de ce comportement insolite ? Peut-on aller au delà de l'explication psychologique élémentaire que je viens d'esquisser ? Le problème posé peut se formuler ainsi : comment se fait-il que le stock des idéologies dont dispose la société — entendant par idéologie un système plus ou moins élaboré de représentations en vue de l'action — soit assurément beaucoup plus diversifié qu'il ne semble aux acteurs sociaux ? Comment se fait-il qu'une série entière d'idéologies reste toujours sous-utilisée, voire même ignorée au plan global, et que les idéologies qui paraissent activer le cours des choses fassent généralement partie elles aussi d'une seule et même série d'idéologies ? Tout se passe comme s'il existait dans la société des mécanismes de polarisation qui entraînent les idéologies sociales particulières, dès qu'elles acquièrent une fonction et une signification globales, dans l'orbite de deux constellations idéologiques dominantes que j'appellerai le « conservatisme » et le « progressisme ». Par ces deux termes, j'entends deux orientations d'esprit opposées, l'une, le conservatisme, s'attachant à la consolidation et à la défense des valeurs et des institutions existantes, et l'autre, le progressisme, visant à l'implantation de valeurs et d'institutions nouvelles. J'emploierai ces deux notions d'une manière synthétique, c'est-à-dire comme exprimant deux dynamiques, différentes et opposées, de polarisation des idéologies. Dans le présent exposé, je veux m'attacher à identifier les mécanismes de polarisation des idéologies, à supposer qu'ils existent, et à examiner les effets qui résultent de la polarité sur le comportement et le destin des idéologies. L'identification des mécanismes de polarisation, je vais la chercher, d'une part, dans la nature même du tissu social qui enveloppe les idéologies, c'est-à-dire les pouvoirs, et, d'autre part, dans la voie d'analyse généralement empruntée pour l'étude des idéologies et qui consiste à considérer celles-ci selon l'optique des pouvoirs plutôt que selon celle des agents sociaux. À la suite de cet exposé forcément abstrait, je décrirai brièvement comment la question de la polarité des idéologies se pose au Québec.

2005 ◽  
Vol 35 (3) ◽  
pp. 419-466
Author(s):  
Gregor Murray ◽  
Pierre Verge

L'actuel régime juridique de représentation syndicale perçoit le syndicat primordialement comme un agent local de négociation collective et l'investit à cette fin d'un pouvoir de représentation exclusif d'une collectivité particulière de salariés. Privilégiant la représentation sur le plan de l'entreprise, il ne prend en considération la réalité syndicale que partiellement. La réalité de la représentation syndicale est en effet plus riche et plus variée. L'action syndicale s'exerce sur un grand nombre de plans à l'égard d'une variété d'objets. Le présent texte traite de la représentation syndicale au-delà de l'entreprise sous ses diverses formes et, plus particulièrement, de la participation des syndicats au sein de différentes instances étatiques au Québec. A partir d'une distinction entre la représentation du salarié en tant que salarié et du salarié en tant que citoyen, il veut d'abord établir généralement les différentes dimensions de la représentation syndicale au-delà de l'entreprise. Il s'attarde ensuite aux manifestations de cette représentation au Québec pour tenter d'en dégager les traits significatifs. Au Québec, l'appréhension du rôle des groupements syndicaux ne saurait être complète sans aller au-delà de l'entreprise. Dans ces sphères plus vastes, plusieurs d'entre eux exercent des actions ou, à tout le moins, une influence qui concernent aussi bien le salarié en tant que tel que le salarié-citoyen. Saisie globalement, la représentation syndicale est toutefois loin d'équivaloir à une intégration des mouvements syndicaux à la gouverne de l'État. Au Québec, sans doute peut-on aller jusqu'à parler d'une certaine « inclusion », dans la mesure où les groupements syndicaux sont appelés à participer, à titre consultatif, à diverses institutions à vocation particulière, sans pour autant avoir part à la détermination des orientations de l'État. Au fédéral, la reconnaissance étatique de la représentativité des groupements syndicaux paraît relativement marginale, surtout depuis l'abolition de certains grands organismes étatiques de consultation. En sens inverse, il y a toutefois lieu de tenir compte de l'émergence de nouveaux organismes dont la mission s'étend à certains aspects de la restructuration économique, particulièrement la formation professionnelle, et qui se caractérise par une forte participation syndicale. Lorsqu'il s'agit du salarié-citoyen, la représentation syndicale subit la concurrence de la part de divers autres groupements établis en fonction de nouvelles identités. La composition des organismes établis par la loi devient alors franchement multipartite. De surcroît, les critères de représentativité des groupements appelés à participer, dont ceux de nature syndicale, sont absents, ce qui affaiblit leur légitimité. D'importants courants d'opinion contemporains favorisent même la représentation directe et exclusive du citoyen-individu, par rapport à l'État, aux dépens de toute intermédiation fonctionnelle. Les acquis de la représentation syndicale, quoique perfectibles, témoignent cependant déjà de façon significative de la présence de divers intérêts collectifs dans la société québécoise, ainsi que de la vocation des groupements syndicaux à participer à leur expression.


2017 ◽  
Vol 38 (1) ◽  
pp. 225-236
Author(s):  
Liesette Brunson

Il y a un intérêt croissant pour l’utilisation d’indicateurs de bien-être subjectif pour le monitorage au niveau des populations et pour l’évaluation des politiques sociales. Les indicateurs collectifs de bien-être subjectif fournissent des informations sur la qualité de vie qui complètent d’autres indicateurs sociaux et économiques. Des recherches récentes mettent l’accent sur les conditions sociales qui contribuent au bien-être. Que disent les recherches sur une approche-population pour la promotion du bien-être? Une telle approche est-elle pertinente pour les psychologues? Cet article vise à donner un aperçu non exhaustif de la littérature qui traite des indicateurs de bien-être subjectif et de leurs implications possibles pour les politiques sociales et les interventions au sein de la population.


2007 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 509-526 ◽  
Author(s):  
Roger Bernard

Résumé Dans des conditions sociales et démographiques très défavorables, nous demandons à l'école minoritaire de réussir là où la famille et la communauté éprouvent d'énormes difficultés. L'analyse reprend l'argumentation qui conduit à faire de l'école un agent de vitalité ethnolinguistique, examine l'environnement social qui délimite les véritables pouvoirs de l'école, et fait ressortir les contradictions fondamentales qui guettent l'école qui se donne comme mission le changement social. Devant l'ampleur de l'assimilation linguistique, la profondeur de l'acculturation et l'étendue de l'effritement des communautés canadiennes-françaises minoritaires, les défis de culturation et de communalisation de l'école sont démesurés par rapport aux moyens habituellement mis à sa disposition pour les relever.


Keyword(s):  

On se rappelle le Questionnaire qu'a publié, il y a un peu plus d'une année, la Société anglaise de secours aux blessés, curieux document d'une grande importance pratique par la nature des questions posées et par le grand nombre de réponses qui y ont été faites (voir notre Bulletin no 9).


Author(s):  
Carolina Gomes Almeida ◽  
Gabriel Pereira Ávila ◽  
Isabelly Montenegro Teixeira ◽  
Raíza Júlia Viana Rodrigues ◽  
Claudio Alberto Gellis de Mattos Dias ◽  
...  

La syphilis est une maladie causée par la bactérie Treponema pallidum, acquise, en grande partie, par transmission sexuelle. La syphilis congénitale est une maladie contagieuse de transmission verticale (de la mère au fœtus). Cette étude visait à présenter le nombre de cas signalés de syphilis congénitale dans le nord du Brésil, entre 2014 et 2019, et à caractériser le profil épidémiologique des cas. Des recherches descriptives, transversales et rétrospectives ont été effectuées à l’aide de la base de données DATASUS. Il y a eu une augmentation du nombre de cas au cours de la période évaluée, en particulier dans l’État d’Amazonas, qui a présenté le plus grand nombre de notifications. En ce qui concerne les soins prénataux, en moyenne quatre fois plus de femmes que celles qui n’en ont pas fait. Les femmes dont la classe maternelle était de la 5e à la 8e école élémentaire incomplète avaient un plus grand nombre de cas de la maladie. Bien que la région du Nord ait eu une performance prénatale élevée, la plupart des cas de syphilis congénitale n’ont été diagnostiqués qu’après l’accouchement, ce qui indique des interprétations erronées concernant les tests et une erreur conséquente dans le diagnostic et le traitement. Étant donné que la forme précoce (émergence jusqu’à la 2ème année de vie) est la majorité du nombre de cas, il y a une évolution favorable de la maladie.La scolarité et le revenu semblent être des facteurs qui influencent le diagnostic tardif de la maladie. Il est nécessaire d’augmenter le nombre de partenaires traités, ce qui réduit la transmission de la syphilis et, par conséquent, de la syphilis congénitale.


Author(s):  
Peter Milley ◽  
Barbara Szijarto

There has been global growth in the number of social innovation initiatives launched in the university sector over the last decade. These initiatives aim to address complex social problems and to promote institutional change. This surge is occurring without a well-developed empirical knowledge base. This article provides a comprehensive description and analysis of the landscape of social innovation initiatives in the Canadian university sector. Findings show that nearly half of Canada’s 96 universities are associated with at least one initiative; many are interdisciplinary and emphasize collaborative problem-solving with sectors outside the university; and government agencies and charitable foundations are the most common funding sources. Findings suggest there is room for growth and for linking and clustering initiatives. The article concludes with directions for future research. RÉSUMÉLa dernière décennie a été marquée par une croissance mondiale du nombre d’initiatives d’innovation sociale lancées dans le secteur universitaire. Ces initiatives visent à résoudre des problèmes sociaux complexes et à induire des changements institutionnels et systémiques. Cette poussée de l’activité d’innovation sociale se produit sans une base de connaissances empiriques bien développée. Nous y contribuons en fournissant une description et une analyse complètes de toutes les initiatives d’innovation sociale auxquelles participe le secteur universitaire canadien, de leurs caractéristiques et du paysage qu’elles constituent. Résultats notables: près de la moitié des 96 universités canadiennes sont associées à au moins une initiative; de nombreuses initiatives sont interdisciplinaires et mettent l’accent sur la résolution de problèmes en collaboration avec des secteurs extérieurs à l’université; Les agences gouvernementales et les fondations caritatives sont les sources de financement les plus courantes. Les résultats suggèrent: il existe un potentiel de croissance de l’innovation sociale dans le secteur; il y a moins de liens internes et de regroupement d’initiatives que ne le recommande la théorie de l’innovation; l’accent mis sur la collaboration extérieure rejoint la «troisième mission» des universités, qui existe depuis longtemps, mais les innovateurs sociaux ont des objectifs, des méthodes et des processus distincts pour mener à bien cette mission. Nous concluons avec les orientations pour les recherches futures. Keywords / Mots clés: Universities; Higher education; Social innovation; Community engagement; Service mission; Social change; Canada / Universités; Établissements d’enseignement supérieur; Innovation sociale; Engagement communautaire; Mission de service; Changement social; Canada


Author(s):  
David Ephraim

Bien que les êtres humains aient subi et soufferts des traumatismes à toutes les époques et en tous lieux, l’étude scientifique à grande échelle des personnes traumatisées n’a été entamée que dans les deux dernières décennies. Notre connaissance et compréhension des besoins des personnes traumatisées se sont certainement accrues à la faveur du changement de perspective introduit par la littérature actuelle sur le thème du traumatisme (voir par exemple Herman, 1992 ; van der Kolk, McFarlane & Weisaeth, 1997 ). Les données du Rorschach peuvent être interprétées dans des perspectives différentes. Les recherches actuelles sur le traumatisme aident à nous faire mieux comprendre les réponses au Rorschach des personnes traumatisées. En retour, les données du Rorschach dans les cas de traumatisme peuvent enrichir notre compréhension théorique et clinique de la nature des états post traumatiques. Les spécialistes du Rorschach du monde entier se sont mis à évaluer des personnes traumatisées depuis de nombreuses années. Il est par conséquent pertinent de nous demander si nos présupposés habituels concernant l’évaluation de la personnalité à l’aide du Rorschach sont adéquats à l’évaluation des séquelles des expériences traumatiques. Les diverses contributions assemblées dans cette section thématique de Rorschachiana abordent ces questions en profondeur. Briere (1997 ) parmi d’autres a formulé la question de manière nuancée. D’un côté, il serait erroné d’écarter un trouble schizophrénique, affectif ou de la personnalité au motif que la personne présente une histoire traumatique. D’un autre côté, les approches traditionnelles et actuelles de l’évaluation pourraient interpréter à tort des symptômes post traumatiques intrusifs comme des manifestations psychotiques, et des réactions adaptatives au traumatisme comme de banals troubles de la personnalité. L’évaluation du traumatisme est fréquemment vécue comme une intrusion par la personne évaluée. Il y a donc un risque de la traumatiser à nouveau, ce qui exige que l’examinateur soit prudent et sensible à la souffrance de l’autre. C’est dans ce cadre que la méthode du Rorschach présente certains avantages pour l’évaluation du traumatisme en comparaison avec les entretiens structurés et les autoquestionnaires. Notamment, (a) le Rorschach permet de contourner les défenses par l’évitement et les réticences de la personne traumatisée ( Levin & Reis, 1997 ; van der Kolk & Ducey, 1989 ); (b) les méthodes projectives génèrent des données de type vécu à travers lesquelles “prennent vie” ( Lating, Zeichner & Keane, 1995 ) les symptômes et les altérations post traumatiques de la personnalité; (c) enfin, l’action des mécanismes d’ajustement et de défenses peuvent être détectés dans les réponses au Rorschach, reflétant des différences individuelles essentielles pour la planification du traitement. Les chapitres qui composent cette section thématique de Rorschachiana reflètent la contribution originale du Rorschach à l’évaluation du traumatisme. Ils montrent l’intérêt croissant des spécialistes du Rorschach de divers pays pour cette question. L’article de Judith Armstrong (Etats-Unis) traite des réactions dissociatives au Rorschach que l’on observe chez un grand nombre de patients diversement traumatisés. Sa contribution établit un lien significatif entre des données cliniques et empiriques et la théorie actuelle du traumatisme et de la dissociation. Armstrong passe en revue et illustre par des vignettes cliniques les signes de dissociation qui apparaissent dans l’examen comme dans les comportements et les réactions contre transférentielles. Ce chapitre présente également des façons d’explorer les réactions dissociatives après le test, dans le but de potentialiser les processus diagnostique et thérapeutique. Après une introduction documentée faisant le point sur la littérature actuelle concernant la transmission transgénérationnelle du traumatisme chez les enfants de survivants de l’holocauste, Ety Berant (Israël) présente une étude de cas de deux soeurs qui montre les modalités directes et indirectes de transmission du traumatisme. Tout en tenant compte de la biographie, Berant discute et compare les deux protocoles en se fondant sur les stratégies d’interprétation du Système Intégré. David Ephraim (Venezuela / Canada) discute et illustre par des cas de survivants de tortures et/ou de violences politiques quelques clés diagnostiques de victimisation extrême. Les thèmes abordés sont les suivants: perturbations cognitives associées à la symptomatologie intrusive, distinction entre les stratégies défensives d’évitement et d’anesthésie émotionnelle, changements post traumatiques de la personnalité, ainsi que l’autorégulation et la dissociation dans des cas présentant de manière concurrente des traumatismes précoces. María Cristina Gravenhorst (Argentine) présente quatre cas qui illustrent sa grande expérience dans l’utilisation du Rorschach dans l’expertise judiciaire d’enfants victimes de violences sexuelles. L’auteur propose divers indicateurs d’atteinte psychique au Rorschach, en se basant sur le système d’interprétation développé par l’Ecole Argentine, tels que: contenus symbolisant l’abus, phénomènes particuliers (par exemple, Action subie, MOR, Persévération), dominance des réponses de forme indicatives de sur-adaptation, et incapacité de répondre. Le chapitre de Patrick Sloan, Linda Arsenault et Mark Hilsenroth (Etats-Unis) présente un panorama exhaustif des résultats décrits dans la littérature portant sur les Rorschach des anciens combattants et de la population civile des Etats-Unis. Les auteurs couvrent les question de diagnostic, les effets longitudinaux de l’exposition à la guerre, et l’évolution de la symptomatologie post traumatique dans ces cas, y compris la relation entre symptômes psychologiques et physiques. Les auteurs discutent aussi des implications cliniques pour les évaluations longitudinales et le traitement du personnel militaire, et donnent des pistes pour la recherche à venir. La variété des thèmes et des populations étudiées dans ce recueil de travaux reflète la grande vitalité de notre méthode pour aborder la condition humaine. Nous espérons que la communauté internationale des spécialistes du Rorschach trouvera ces travaux utiles pour la pratique clinique et la recherche avec les personnes victimes de traumatismes.


2019 ◽  
Author(s):  
Gabriella Brusa-Zappellini

L’art pariétal du Paléolithique supérieur présente, à côté d’un extraordinaire répertoire animalier bien diversifié, un grand nombre de signes qui ne trouvent pas d’équivalents dans la perception de la réalité sensible. Tandis que les images des humains ou des créatures mi-humaines mi-animales sont très rares, ces formes aniconiques, souvent géométrisantes et aisément classifiables, sont globalement plus nombreuses que les animaux. Si saisir l’intentionnalité qui a poussé les premiers artistes à peindre sur les parois représente un défi pour nos compétences interprétatives, les « signes » constituent l’aspect le plus énigmatique de ce défi. Il y a trente ans, en 1988, dans la revue Current Anthropology, a été publié un article de James D. Lewis-Williams et Thomas A. Dowson, « The Signs of All Times. Entoptic Phenomena in Upper Paleolithic Art », ouvrant une nouvelle perspective sur l’origine des signes. En appliquant le modèle neuropsychologique à l’imagerie bidimensionnelle de l’art des grottes, il est possible d’identifier à des signes à valeur universelle, selon les auteurs, les apparitions entoptiques présentes, avec leurs diverses modalités combinatoires, dans l’art rupestre de « tous les temps ». Cette interprétation de l’art des sociétés préhistoriques, qui resitue la naissance des images dans les territoires visionnaires des cultures chamaniques, a soulevé en France des perplexités et des polémiques innombrables, parfois acerbes. Il est prioritaire alors de voir si le modèle neuropsychologique est effectivement en mesure d’offrir un cadre explicatif des données archéologiques des grottes ornées et de ses « constructions symboliques », en mesure d’intégrer tous les indices disponibles dans une construction théorique cohérente.


2019 ◽  
Vol 3 (2) ◽  
Author(s):  
Georges Dontchev ◽  
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Keyword(s):  

Parmi l’énorme héritage d’icônes du monastère de Zographe du Mont Athos, en Grèce, ses icônes miraculeuses sont d’une importance spiratuelle, historique et culturelle non seulment pour monastère de Zographe et le Mont Athos, mais d’une façon générale pour la Chrétienneté Orthodoxe. Elles présentent un intêret non seulment du point de vue culture, estétique et d’histoire d’art, mais sont en même temps un centre d’atraction de pèlerinage et de vénération d’un grand nombre de pèlerins bulgares et de tout le monde orthodoxe. Quand on parle d’icônes miraculeuses, il faut souligner que toute icône en son essence est miraculeuse à une condition bien sûr, que l’on ait une foi assez forte, pour le constater. Il y a des icônes que l’on définit comme miraculeuses à cause du fait qu’il en coulent des larmes, du sang ou d’huiles saintes. D’autre part, l’épithète “miraculeuse” est atribuée aux icônes, liées aux récits où d’une manière inéxplicable elles répondent aux prières des fidels, les guérissent, les sauvent, viennent les aider, mais d’une façon inimitable et qui échappe à la logique humaine. Un nombre impressionnant d’icônes miraculeuses se trouvent dans les monastères du Mont Athos. Elles sont d’une grande importancennon non seulment dans l’histoire des monastères à travers les siècles, mais certaines jouent un rôle important décisif dans le service religieux de tous les jours. D’autres encore, ont un rôle prépondérant dans la foundation et le nom du monastère. Dans le monastère de Zographe il y a six grandes icônes miraculeuses. Trois d’entre elles sont consacrées à St. Georges et trois à la Vierge. Les icônes de St. Georges sont: St. Georges Acheiropoiitos, St. Georges de l’Arabie et St. Georges de Moldàvie. Les icônes de la Vierge sont: St. Vierge Proagellomeni, St. Vierge Epakoousa et St. Vierge Esfagmeni. L’icône la plus vénérée et la plus importante est cette de St. Georges Acheiropoiitos. D’après la légende c’est l’autoportrait de St. Georges lui-même, ce qui explique le nom de monastère Zographe, ce qui en grec signifie “peintre”. Elle présente un très grand intérêt avec ses qualités artistiques au même titre que l’autre icône de St. Georges de l’Arabie. Cette dernière icône de son côté est a double face et présente un grand intérêt avec la très rare representation de St. Archange Michel à cheval.


1900 ◽  
Vol 31 (124) ◽  
pp. 226-227
Author(s):  
Dr F.
Keyword(s):  
De Se ◽  

Les lecteurs du Bulletin nous sauront gré de mentionner en quelques lignes une nouvelle publication du champion de « l'improvisation des moyens de secours sur les champs de bataille ». M. le médecin-général Dr Port, dans une petite brochure d'une quarantaine de pages, revient une fois de plus sur cet important sujet, et démontre dans un langage spirituel el persuasif, que la chirurgie de guerre ne saurait être assimilée à la chirurgie des salles d'opérations, mais qu'elle doit savoir se tirer d'affaire plus simplement tout en garantissant au malade des soins non moins sûrs, non moins parfaits, du moins quant à leur résultat final. La brochure de M. le Dr Port a pour titre: De la réforme dupansement de guerre. Nos lecteurs connaissent les idées de l'éminent médecin militaire sur l'importance du transport rapide et sur l'enseignement à donner à l'infirmier afin d'assurer dans chaque cas la sécurité absolue de ce transport en vue du traitement consécutif, on pourrait dire même pour éviter autant que possible d'avoir à recourir à un traitement consécutif. Il y a là une difficulté à résoudre entre différentes indications: la rapidité du pansement dont le premier objectif doit être le transport, la nécessité de se contenter d'un matériel de pansement dont la fourniture et le maniement soient faciles, enfin l'importance de ce premier pansement même qui, dans le plus grand nombre des cas, décidera du sort du malade. Il faut en un mot arriver à concilier les deux thèses longtemps opposées: le transport rapide prime le pansement ou le premier pansement prime toute autre préoccupation dans le traitement du blessé sur le champ de bataille.


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