Gérard Macé et son lecteur : un compagnonnage orienté
Si l’on en croit certains propos de Gérard Macé, son écriture n’est pas de celles qui font grand cas de leurs lecteurs. Son geste d’écrivain semble plutôt dirigé à rebours de ces derniers, vers ses propres lectures, à la rencontre notamment de vies antérieures qui l’habitent et qu’il habite. Et pourtant, on n’entre pas par effraction dans les textes de Macé. Une hospitalité itinérante se met en place au fil de l’oeuvre, au travers de laquelle l’écriture s’affirme comme un compagnonnage dont la nature profonde repose sur la différence plutôt que sur la ressemblance, tout comme est profondément autre l’Orient qui fascine Macé, et étrangère la « main italique » qui s’invite à sa table d’écriture. La littérature ainsi conduite ouvre un espace en mouvement dont l’orientation est celle d’une abolition de toute distance entre l’acte de lire et celui d’écrire.