scholarly journals Gérard Macé et son lecteur : un compagnonnage orienté

2011 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 89-103
Author(s):  
Adeline Liébert
Keyword(s):  

Si l’on en croit certains propos de Gérard Macé, son écriture n’est pas de celles qui font grand cas de leurs lecteurs. Son geste d’écrivain semble plutôt dirigé à rebours de ces derniers, vers ses propres lectures, à la rencontre notamment de vies antérieures qui l’habitent et qu’il habite. Et pourtant, on n’entre pas par effraction dans les textes de Macé. Une hospitalité itinérante se met en place au fil de l’oeuvre, au travers de laquelle l’écriture s’affirme comme un compagnonnage dont la nature profonde repose sur la différence plutôt que sur la ressemblance, tout comme est profondément autre l’Orient qui fascine Macé, et étrangère la « main italique » qui s’invite à sa table d’écriture. La littérature ainsi conduite ouvre un espace en mouvement dont l’orientation est celle d’une abolition de toute distance entre l’acte de lire et celui d’écrire.

Critique ◽  
2019 ◽  
Vol n° 870 (11) ◽  
pp. 957
Author(s):  
Claude Coste ◽  
Yves Hersant
Keyword(s):  

2010 ◽  
Vol 45 (3) ◽  
pp. 11-23 ◽  
Author(s):  
Laurent Demanze

Résumé Sociologues et historiens de la famille décrivent la modernité comme la perte des communautés traditionnelles qui soudaient l’un à l’autre l’héritier et ses ancêtres. Pour s’inventer librement, l’individu moderne rompt les entraves du passé, mais cette libération est aussi vécue chez les écrivains contemporains avec culpabilité. Afin d’y remédier, ils font une place à la fois inquiétante et fondatrice aux spectres et aux revenants de la généalogie, qui étayent et disloquent la parole de l’héritier. C’est ainsi que Sylvie Germain et Jean Rouaud, Gérard Macé, Pierre Michon et Pierre Bergounioux sont des écrivains hantés. Ce sont autant d’héritiers dont les gestes reconduisent des vies antérieures, et dont les mots sont comme magnétisés par les parlures ou les inflexions des parents. Ces héritiers sont donc en quelque sorte à la fois dépossédés d’un passé familial qui n’est pour eux que ruines et deuil et possédés par ces êtres absents qui obsèdent leur conscience et parasitent leur parole. L’héritier est alors déchiré par la mélancolie, au point de se faire tombeau de ses ascendants. À travers la thématique spectrale, la littérature contemporaine analyse toute la situation ambivalente de l’individu contemporain, à la fois orphelin et parricide d’un passé familial, et les secousses inconscientes et linguistiques de cette perte.


Revue Romane ◽  
2013 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 119-130
Author(s):  
R.-L. Etienne Barnett

Sociologists and historians of genealogical filiations invoke modernity as the dissolution of traditional communities that formerly, albeit oft tacitly, bound descendants to ancestors. So as to invent oneself spontaneously and without restraint, the modern figure breaks with the strictures of the past, forging a path toward liberation. This newly-minted “emancipation” gives way to a sense of discomfortable culpability among contemporary “scribes.” In quest of remedy, they fashion a space, at once disturbing yet inviting to the ghosts and spectres of primogenitors, a space that both supports and distorts the words of heir(s). In such an optic, Sylvie Germain (1954) and Jean Rouaud (1952), Gérard Macé (1946), Pierre Michon (1945) and Pierre Bergounioux (1949) are powerfully haunted writers. As beneficiaries/successors, their gestures recall past lives and their words replicate their parents’ inflections and manner of verbal discourse. They are, as such, dispossessed of a familial past that represents little but ruin and grief, yet possessed by those absent beings who intrude obsessively on their consciousness and speech. They are heirs torn apart by a melancholy that extends to the grave of their “predecessors.” Contemporary literature vies with this spectral theme to analyze the ambivalence occasioned by such haunting refrains: artistic victims, orphans and parricidal vestiges of a family past, significantly impacted by the unconscious and linguistic upheavals that accompany such compelling loss.


2012 ◽  
Vol 67 (1) ◽  
pp. 126-127
Author(s):  
A. Kawakami
Keyword(s):  

Author(s):  
Laurent Demanze

Même si les textes de Gérard Macé s’inventent à la croisée des genres, on les désigne souvent comme autant de rêveries érudites où s’articulent la dérive de l’imaginaire et les protocoles de l’érudition. L’auteur aime en effet à les désigner comme des essais, en revendiquant une filiation avec Montaigne dans son usage intime et capricieux des savoirs. L’emploi des notes et des scholies semble lester ses textes d’un savoir documenté alors qu’il détourne les pratiques de l’entour pour faire vaciller les frontières entre l’attesté et l’apocryphe, la veille critique et la rêverie créatrice.AbstractEven if the texts by Gérard Macé are located at the crossroads of literary genres, they are often referred to as « rêveries érudites » that articulate the drift of imagination and the protocols of erudition. The author likes to designate them as essays by claiming a descent with Montaigne's intimate and capricious use of knowledge. The use of notes and scholia seems to weigh down his texts with documented knowledge while it transforms the commentary in order to shake up the boundaries between the certified and the apocryphal, as between critical awareness and creative reverie.


Critique ◽  
2019 ◽  
Vol n° 870 (11) ◽  
pp. 915
Author(s):  
Claude Coste
Keyword(s):  

2017 ◽  
pp. 131-170
Author(s):  
Akane Kawakami
Keyword(s):  

2011 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 81-92
Author(s):  
Akane Kawakami
Keyword(s):  

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